‹ MémoiresChapitre 57 sur 154 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

En même temps, je songeai à rassembler les Montagnards et la garde républicaine.

Les gardes répul)licains avaient été repoussés du service de l'Assemblée; et, le jour de l'ouverture, ils n'avaient obtenu qu'à grand'peine une place au cortège. De plus, ils s'étaient pénétrés de l'idée qu'on avait le projet de les licencier, attendu que , malgré les démarcbes de leur colonel et les miennes, ils attendaient vainement depuis un mois la confirmation des nominations d'officiers, acceptées par le ministre de l'intérieur.

Quelques compagnies avaient même dit qu'elles ne marcberaient pas, si elles étaient appelées à un service irrégulier, comme on paraissait vouloir l'exiger d'elles.

J'ordonnai qu'on fît venir cinq cents hommes à la Préfecture, et le reste fut consigné.

Le lieutenant-colonel Caillaud , que j'avais envoyé à la caserne Saint-Victor, pour connaître les dispositions des Montagnards, me transmit cette note :

« Citoyen préfet, « Comme vous me l'avez ordonne , je suis allé

Ii2 MÉMOIRES DE CAUSSIDIERE.

ce matin à la caserne Saint-Victor pour m*assurer si les Montagnards étaient dans Tintention de se joindre à la manifestation en faveur delà Pologne. J'en ai trouvé un grand nombre dans la cour, occupés à faire l'exercice; ils m'ont dit que telles étaient tors intentions.

« Je leur annonçai que vous étiez instruit que des gens malintentionnés se trouveraient à cette réunion pour y répandre des idées autres que celles dont ils étaient animés; qu'en conséquence, vous les engagiez à venir à la Préfecture pour y rendre des services, dans le cas où il y aurait tumulte.

« Il a été décidé que vingt d'entre eux seulement se mêleraient à la manifestation , sans marques distinctives , afin d'arrêter les perturbateurs qui, en leur nom, tenteraient de troubler l'ordre.

«^5 mai 1848.

« Le lieutenant-colonel f

« Caillaud. »

Ils arrivèrent, en effet, une heure après, au nombre de trois cent cinquante, à la Préfecture. Sur les onze heures du matin, je me levai avec la

Page 1