‹ MémoiresChapitre 23 sur 113 · V. Le même Jazbt. 1807- ix. M. Dohint, Hubert. £b · texte numérisé non relu

V. Le même Jazbt. 1807- ix. M. Dohint, Hubert. £b

1813. exercice depuis 1845.

(1] Hasardons-nous à en expliquer quelques-uns . N'est-ce pas an Rideau au Gibet que se dressaient jadis les fourches patibulaires? — PUe vient du mol pUa^ qui avait le sens de ma strata, agger , chemin empierré, chaussée, selon Du Gange: ce que nous dirons plus loin , à l'Art. Frettemeule , le confirme. — VÂngélus , n'était-ce pas une terre dont le cens annuel était affecté à la sonnerie de l'Angélus ? — La masure aux Œufs vient sans doute de cette famille dont un membre Guillaume Auxœufs prenait à cens quatre journaux de terre du fief St-Hilaire en 1554. — C'est auprès du Camp Poitou qu'ont été découverts les tombeaux dont nous venons de parler.

On trouve aux archives communales les Registres de rÉtat civil à partir de 1693, c>st-à-dire à peu près depuis I*édit du Roi qui en a réglementé la tenue (octobre 1^1 ).

RouYincourt était partie en Ponthieu et partie en Yimeu, selon Ricart (1). Délegorgue (2) le dit tout en Ponthieu.

Nous rectifierons , en passant , une erreur de Piganiol de la Force , (3) qui croit Âzincourt sur la Bresie et le confond sans doute avec Bouvincourt. Nous avons trouvé cette opinion répandue dans le pays. Est-elle due à la lecture de Touvrage que nous citons , ou à quelque fait militaire autre que la défaite d'Âzincourt ? Il se pourrait : car on assure et il est de tradition qu*un combat entre les Français et les Anglais eut lieu , à une époque qu'elle ne détermine pas d'ailleurs , non loin de Bouvincourt , sur la rive gauche de la Bresie , en un lieu nommé le Quesne à leu , que visitent les Anglais qui viennent dans le pays.

PiLERiNAGB DE Saint-Sauvedr. — Eu dchors du village de Bouvincourt et sur la route qui mène à Eu , on rencontre une chapelle dite de St-Sauveur , qui depuis des siècles est en grande vénération dans la contrée et attire beaucoup de pèlerins , particulièrement de pieux marins du Tréport et de Gayeux , dont la dévotion se traduit par de nombreuses oblations. C'est une ancienne Maladrerie, dont les lettres de fondation remontent à Tannée 1203.(4} Elle était à la collation du seigneur de Gantepie. Le re-

(1) Commentaires sur les CovUumes d* Amiens , p. Ixxj. Édit. in-lï.

(2) Notes sur la Coutume de Ponthieu, Tome l*'', p. x. (3] Description de la France , t. 2^ Picardie y p. 412. (4) D. Grenier , Mrod. à Vhist, de Picardie , p. 487.

gistre-pouillé de 1692 dit que depuis cinq à siii ans personne ne se présentait pour recevoir le revenu qui portait sur trois journaux et demi de terre . et que le curé était obligé de les Taire labourer pour avoir sa dime.

La chapelle actuelle est neuve , bâtie en briques en 1852. Elle n*a de remarquable qu'une maladroite imitation du style ogival. Cette chapelle en a remplacé une autre très-défectueuse depuis longtemps et sans caractère, qui se trouvait un peu plus près du village. Cette substitution a été accompagnée de circonstances assez singulières et a donné lieu à un Incident bizarre. Voici les faits en quelques mots. L'ancienne chapelle était érigée. sur une pièce de terre qui est possédée maintenant par Thospice de Doullens , probablement à cause de Fannexion de la Maladrerle. Les nombreuses aumônes étalent annuellement absorbées par d'imparfaites réparations , lesquelles ne purent arrêter la chûle d'une partie des murs et du toit. C'est alors que le zèle des habitants ayant été stimulé par leur desservant , curé de la paroisse .de Beauchamp, ils se cotisèrent pour construire une autre chapelle à environ 60 mètres de l'ancienne , sur un terrain communal. Elle fut ouverte et bénie et on y transporta proccssionnellement les statues de l'ancienne chapelle , le 5 juin 1852, veille de la Trinité. Cependant les pèlerins se divisèrent: les uns continuant d'aller prier dans l'ancienne, les autres venant dans la nouvelle chapelle. L'hospice dénonça les faits à l'autorité , demanda la ré. Intégration des Saints dans la vieille chapelle , à laquelle il se mit en mesure de rendre quelque solidité , puis il ob-

tiotde M** révoque d'Amiens riDterdicUon de la chapelle rivale. Mais des scènes scandaleuses eurent 4ieu en 1853, le jour de la Trinité , et il ne fallut rien moins que la présence de la force armée pour arrêter la colère des villageois, fondateurs de la chapelle neuve. Plus tard cependant on s'entendit : F hospice de Doullens céda et 1856, moyennant finance , eon droit et âa chapelle* qui fut immédiatement démolie,

La statue connue sous le nom de St.-Sauveur paraît fort ancienne. Le personnage est revêtu des habits sacerdotaux ; la chape antique est retenue par une agrafe en forme de trèfle ; Taube et Tétole sont croisées, la tête est belle, couverte d'une couronne fermée ; leà cheveux tombent en boucles sur les épaules et la barbe est partagée. Il y a aussi une vieille statue de St.-Jacques, avec le bâton et la gourde du pèlerin.

Le jour de la fête de la Trinité et pendant la neuvaine suivante, tes cultivateurs amènent, de villages même assez éloignés, leurs chevaux et leurs vaches à St-Sauveur. Ils font , avec ces animaux , trois fois le tour de la chapelle, en priant pour qu'ils soient guéris ou préservés de mala*dies. Il est à remarquer que ce pèlerinage a lieu surtout la nuit. Il commence vers minuit , cette heure mystérieuse des superstitions. Gela ne peut-il pas faire soupçonner une origine fort ancienne ? Nous réservons , du reste, notre appréciation sur l'origine de cette Maladrerie et du pèlerinage , comme aussi sur la relation qui peut exister entre celui-ci et l'étymologie du mot Bouvincourt , pour notre travail projeté sur les maladreries. Disons toutefois

dès à présent qu*il nous semble possible que la déyotion populaire ait dévié : que ce n'était peut-être pas au Sauveur des hommes , mais à St-Salve ou St-Sauve , ap6tre du pays^ qu'elle s'adressait dans Torigine^et que c'est peutêtre en son honneur que la chapelle primitive fut élevée entre Bouvincoart et Oust , lieu que Théodoric , roi des Franks , avait donné à ce saint évêque d'Amiens , entre les années 675 et 686.(1}

Dabosibb. (Comeliotte. )

Dargnies (Dargny , Daregni , Dergny , Dareneyum) est situé dans la belle plaine du Yimeu , qui s étend d'Oisemont à la mer , entre les rivières de la Somme et de la Bresle. Cette commune qui comprend l'ancien fief de Cornehotte , ressortissait tout entière à la prévôté de Yimeu. Le fief de Gornehotte était-il distinct de ce qu'on appelait le petit Dargnies fminor Daregni) dans une charte de 1S29 (S) , portant échange de 4 journaux de terre , entre les religieux du Lieu-Dieu et les religieuses de Berteaucourt ?

L'emplacement de l'ancien château de Dargnies ne pré-

(1) Voy. BoUandus , tome !•'. p. 706 , col. 2. -:- Selon M. Gttilmeth , p. 5 , Picardie , saint Sauve avait b&ti à Oust un monastère, qui fut détruit sans doute pendant les invasions normandes. — On voit au-dessus d'Oust, dans la plaine vers Meneslies, un tertre élevé, de grande dimension, qu'on nomme la TombeUe des Romains.

(2) Cartulaire de Berteaucourt. — Manuscrits de Dom Grenier , paquet 24®.

senle plus aujourd'hui que quelques tertres et monticules, au milieu d*un herbage.

Le premier seigneur de Dargnies que nous ayons vu figurer aux actes , c'est en 1623 messire Charles Pascbal, cheyalier , seigueur et vicomte de la GcBute ou la Queute , la Barre, Dargny , Cornehotte , etc., conseiller du roi , demeurant audit lieu de la Queute , dépendance de Francières , près d'Abbeville. II était né le 19 avril 1547 à Goni en Piémont , de Barthélémy Paschal , gentilhomme piémoutais , et de Catherine de Fiesque. Après avoir fait ses études à Paris , il se décida à se fixer en France et s'adonna surtout à la jurisprudence. Le roi Henri III l'employa en qualité d'ambassadeur en Angleterre et en Pologne. Puis, en reconnaissance de ses bons services , il le fit chevalier et ajouta une fleur de lis d'or à ses armes (Avril 1578). Paschal portait dor à la bande d'azur de gauche à droite ; c'est au milieu de cette bande que fut placée la fleur de lis. Charles Paschal voyant qu'il n'avait pas d'enfant de son épouse Marguerite Manessier, issue de l'une des plus anciennes familles d'Abbeville et aupara* vaut veuve de Claude Lavernot , sieur de Feuquières , adopta un jeune homme dont, suivant Dom Grenier, on ignore le nom defamille^ et qui était, selon M. Louandre, le fils que sa femme avait eu de son premier mari. Il le fit héritier de son nom et de ses biens. Les lettres-patentes du roi pour cette adoption sont du mois de mai 1607 , régistrées en 1608. Charles Paschal fit son testament devant Pierre Lefébure , notaire royal en Ponthieu , le 26 juillet 1625 et mourut à la Queute , d'une attaque d'apoplexie ,

le 26 décembre suivant , dans sa 79* année. Oo trouve dans le P. Ignace et dans les manuscrits de D. Grenier, la liste détaillée de ses ouvrages (1) , dont Tun intitulé Yirtutes et fritia , fut par lui dédié à son fils adoptif, Philippe Paschal, seigneur d'Épagne. Celui-ci fut un personnage très-estimé, connu sous le nom du président Paschal (2).

Un siècle après, en 1713, on trouve dame Marie de Paschal (3) , veuve de messire André du Quesnoy, chevalier , seigneur de Saucourt , elle dame de Dergny (4) , de Gornehotte et du quint de Gornehotte , qui légua à Jean- Baptiste Fesnel et à Suzanne Renée Fesnel , ses neveu et nièce , la seigneurie et les fiefs dont il s'agit , lesquels consistaient en maison seigneuriale, bois , champart , moulin , censiveset terres labourables, selon testament du 15 avril de ladite année , déposé à Legriel, notaire royal à la résidence deGamaches. Elle mourut au commencement de Tannée 1721. En 1765 le seigneur de Dargnies était messire Etienne Louis Fesnel de Beaumont.

Depuis lors les archives du lieu ne nous donnent plus aucun renseignement sur les seigneurs de Dargnies. Le registre-pouillé manuscrit des paroisses de 1698 nous

(1) Yoy. Ft<{tF<i»ftoMPf&racftit«tta, Paris, 1584, in4S, traduite en français par Gui Du Faur , descendant de Pibrac. Livre eurienx.

(2) Yoy. Histoire eedémstique d'I&bevtUe, par le P. Ignace, p. 511 et suiv. — MSS. D. Grenier , paquet U\

(B) Nous suivons Torthographe des titres. On lit en 1623 : Paschal et en 1713 , de Paschal.

(4) Il est remarquable que les villageois prononcent encore ainsi le nom du lieu.

apprend qu*à cette époque la terre était en décret. — Nous avons vu (1) qu*en 1733 P. H. de Fontaine s'intitulait seigneur de Tuily , Tlsle, St.-Hilaire et Dargnies. Peut-être cette seigneurie était-elle fractionnée ?

L'église de Dargnies est dédiée à saint Wandrille. Elle date de diverses époques. Le soubassement et certaines parties des murs de la nef paraissent anciens ; le silex taillé y est mêlé au tuf. Le portail est tout en tuf; il est petit et s*ouvre en ogive du xiii'' siècle. Dans la nef on remarque quelques tèles grimaçantes. Elle est peu éclairée ; les fenêtres , au nombre de i , sont petites et demicirculaires. Le chœur plus élevé que la nef est du xv* siècle. Il est à présumer qu'il était le commencement d'une église nouvelle, qui ne fut pas continuée. Les fonts baptismaux sont en pierre » monopédiculés et de forme octogone.

Sur une épaisse plaque de cuivre de 47 centimètres de haut y sur 29 de large , appliquée contre le mur gauche de ia nef, on lit une inscription gravée en lettres gothiques, commémorative d'un legs fait à l'église en 1433. Vers le bas^ le. donateur est figuré revêtu du surplis à larges manches, l'aumusse sur le bras, à genoux devant un priedieu chargé d'un livre ouvert. A côté est l'écu de ses armes. Ce personnage est placé sous un baldaquin dont les irrégularité satlestent une main moins habile (Foy.p/. m). L'inscription est suivie de l'épitaphe du neveu de ce bienfaiteur de réglise, en caractères plus petits. En voici d'ailleurs le texte fidèle :

(1) § IV ci-dessus.

€an h( ixace . tm mt.txx • m matdtte Quille tt faulciiueur oratemt t nattf IDargng icl)anouf tre0 conxioxst nobken^o laps t)toat l)one$tiethet ofittctal damte fut Uguemet t en aon dernier an cnre 2ie ci)eend. a légale hmt Mmage^ au t)trû|; Mre <$rebetmat0ng £t le Colie ponr Ittg et pmt le6 dtèna ^1 $ont staw ^aw ^ point eâtretiire mai» le cure aéra tenu Ve dire et célébrer trotB me^ae^ en la aepmatne le^ anucl)tei (l) (aire coe îieaire le lieu la cl)00e et a l)eure cl)artatne Ut est areete par sentence l)aultatne honet limite 2ie fi lotCtcial cotre ung cure qn^ Ittt en gênerai q les mt$$t} plu0 gl ne cl)anter0tt maio fut 3u0^ bit en eapectal coe lea aultre auotet fait 31 ferott pourtant • prions cl)in en aon endroit a tout cure} en (aire leur debuoir et ie prier pour lug apre^ touo 2>io que ^on a ame puiot la truite ootr bictej pour lug cl)in 5e pro(ttnîno +

Cl||; jtst <!hitlU le CuttUqitf ur neoeuE ^u^n matstre <!^tttileii Ugcte a IfgU ht Barjuj trots |ournaettx déterre a U (t)frgf ht (tUhxtx •xm» xàtsats tons Us ans et st hùihntl htxt iù\ Us vtnhxthxs hts quctre tays ft les itnit(t|e£ f

(1) Probablement des annuels : on trouve dans Roquefort (Gloss, deh langue Romane) le mot annudes dans le sens d'annuités.

fflfttioirf^ W Ifl pofirtf iips Jlnlii)U(ii)-fS itJ^mxlÀt.

MCmiAlME lE FAlUCQIIEIiri, OFFICIAI D'AMIGHS.

d'aorès Irnscnction en brorze de Daronies

Les caraelères profôndéfflent gravés ont été remplis d'une sorte de cire brune. Ce petit monument est remarquable parce qu'on rencontre peu de gravures anciennes sur métal. Il est à présumer qu'il a été fait dans le village même, qui s'adonne depuis longtemps au travail des métaux pour la serrurerie.

Le 28 mai 1687 Louis Aconger, sculpteur et menuisier à Eu (1), lit-on aux archives locales, s'engagea à faire en chêne, la table et les marches de l'autel de notre église de Dargnies , semblables à celles des dames hospitalières d'Eu , plus deux ang^s adorateurs ajoutés un de chaque côté, le tout moyennnant 300 liv. Cet autel n'existe plus.

Une crypte , peut-être de celles qui servaient de refuge pendant les guerres d'invasion, peut-être un simple caveau où reposent les cendres des anciens seigneurs , o^iste sous l'église et se prolonge sous la place publique. En 1855 il s'est fait à l'extérieur une effondrée qui l'a fait connaître.

L'église et toute la dtme de Dargnies furent confirmées par Louis VII , avec celles de Woincourt , au nombre des possessions de l'abbaye de saint Wandrîlle deFontenelle , en 1177. Elles prévenaient, dit l'acte, des dons du roi Childebert (1).

La chambre des requêtes séant à Paris , par sentence

(1) Peut-être le nom est-il estropié et serait-ce le parent des deux célèbres sculpteurs François et Michel Anguier, natifs d'Eu, dont le père était aussi menuisier.

(1) Amplissima colleciio , tom. 1^^, col. 900. — D. Gronier, manuscrits, paquet 14*.

du 20 octobre 1650, condamiia Nicolas Desmarets, laboureur à Dargny , fermier des droits de dtme sur ladite paroisse, moyennant une redevance annuelle de 1 JOOO liv. tournois, d'en verser Timportance pour les réparations du chœur de Téglise.

On lit aussi aux archives locales que le bénitier {qui d'ailleurs n'existe plus] fut relié en 1707 , pour quoi il fut dépensé 8 sols ; que l'année suivante le chœur et la nef de l'église furent blanchis par Charles et Nicolas Béninois, auxquels il fut payé 85 livres , et à Loisel , chaufournier, pour 2 muids de chaux, 5 liv. 10 sols; enfin que les cloches furent refondues en 1778 par Maire , Henriot et Dubois , auxquels on paya 290 livres.

La cure de Dargnies était à la nomination du chapitre de Fouilloy. Elle rapportait au xni* siècle 10 livres ; en 1092 la Mmple portion congrue , probablement 500 liv., chiffre que Ton voit figurer en 1736.

Voici la liste des curés, depuis deux siècles et demi.

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