‹ MémoiresChapitre 25 sur 113 · VIII. M. FouRNiER, Pierre-Valéry, nommé en 1850 et actuel · texte numérisé non relu

VIII. M. FouRNiER, Pierre-Valéry, nommé en 1850 et actuel

lement encore eu exercice.

La population de Dargnies est de 820 âaies. A la fin du xvii* siècle on comptait seulement 250 communiants , selon le registre-pouillé des paroisses , et 340 habitants enl700,selonM. Briez(l).

Le territoire contient 370 hectares , et le village , 192 maisons. En 1763 il n'y avait que 11 2 feux. L'impôt foncier est de 3,82S fr. et Timpôt mobilier de 7SS.

Les principaux lieux dits sont : les terres du presbytère, les terres baudet , les presles , les rippeaux , près la haute borne, les capelles , Gornehotte et rue de la Houi.

L*écoIe est fréquentée par 53 garçons et 13 filles.

La serrurerie occupe à Dargnies un grand nombre d'ouvriers. Il y a un important atelier de confection et une fonderie de cuivre. Sa population a la passion de la lime , pour employer la juste expression du statistioien que nous venons de citer.

Les registres civils de la commune remontent à 1095.

Nous avons trouvé une telle différence entre la moyenne des naissances et des décès du commencement et celle de

(1) Notice sur la serrurerie de Picardie, 1857. , p, 62.

la fin du XVIII* siècle , que nous la ooustalons ici , pour qu'on puisse en tirer des conséquences au besoin. De 1697 à 1706 la moyenne des naissances fut de 13 , celle des décès, près de 7. De 1780 à 1789 , la moyenne des naissances fut de plus de 17, et celle des décès de 13.

Le registre aux décès rapporte, lo S6 mars, jour du vendredi-^aint 1717, à Toccasion de la mort, à Tâge de 90 ans, du nommé Jean Hochart, natif d'Ouste, ^lu'après avoir longtemps exercé la profession de cordonnier , il était devenu charpentier si habile qu'il fit et éleva la charpente du toit de l'église neuve d'Âult avant même que celle-ci ne fût bâtie.

Le tremblement de terre du l"*' novembre 1755 se fit sentir à Dargnies : la mare du château bouillonna , un grand nombre d'habitants en furent témoins (1 ).

EuBEviLLE. (Huqtteleux.)

Le village d'Embrevi Ile ^jErnirm/Za, Hamberi villa) est séparé de Dargnies par une faible dislance , mais par un profond ravin qui rend les communications d'une commune à l'autre des plus difficiles.

La terre d'Embreville était un fief tenu du roi en pairie (i). Elle était, avant la réunion du Comté de Ponthieu

(1) Almanach de Picardie , 1757 , p. 230.

(2) Le fief tenu en pairie différait seulement du fief noble en ce qu'il payait au domaine du roi 10 liv. de relief , au lieu de 60 sols. Le possesseur d'un tel fief était astreint à rendre la justice : ^^sses-

sores dicuntwr pares curiœ domini, quia domino judicanti cotmliftn»

deherUf dit Du Fresne , sur l'article 7 de la Goût. d'Amiens. Voyez Duchesne , sur la Coût, de Ponthieu, art. 4.

à la couronne (14 mars 1380) , tenue en foi et hommage du comte de Ponthieu. Ce fief consistait» à celte dernière époque, en un manoir à Embreville, S5 journaux de terre en deux pièces , plusieurs autres pièces dé terre en domaine , un four et un moulin banaux , plusieurs masures et plusieurs- terres aux champs tenues à cens , enfin deux arrière-fiefs , dont Tun rendait annuellement une paire d éperons en fer.

Cette terre appartenait» au commencement du xiv*siècle, à Willaume d'Embreville , qui laissa plusieurs enfants , dont une fille devenue seule héritière de sa maison par la mort de ses frères. Celle-ci avait été arrachée des mains de sa nràre et enlevée , malgré ses cris , par le sire de Beauchien , qui Tépousa vers 1317 (1). La terre d'Embreville semble être passée ainsi dans cette maison, puis être venue , pour partie seulement , dans celle de Rouault, par l'alliance de Âloph Rouault avec Jacqueline de Soissons , qui descendait des Beauchien par sa mère. Quoiqu^il en soit, hommage fut rendu au roi d'Angleterre, en sa qualité de comte de Ponthieu, en 1279, par le sieur de Vinacourt ; et le 10 septembre 1380 , Jean de Monchaux, chevalier , seigneur dudit lieu et d*Embreville en parité , avouait tenir en pairie du roi de France , un manoir à Embreville , domaine , cens et mouvances (2).

Suivant un registre-terrier de 1717 environ , la terre,

(t) Voy. ci-devant §. m. — M. Marnier , Coutumier vnéêU de Picardie , p. 39.

(2) MSS. de Dom Grenier, paquet 24. — Reg. Bureau des Finances d^Amiens.

pairie et seigneurie d'Embrevilleappartenait à Nicolas René Gaillart sieur de Lannoy, moitié e& qualité de frère et héri« tier de GlaudeEmmanuel Gaillart, fils et héritier de Jacques Gaillart sieur de Lannoy , conseiller d*honneur an siège pré* sidial d'Abbeville, et l'autre moiUéen qualité de donataire et légataire de Nicolas Gaillart , sieur de ConlontUlans , ecclésiastique , son oncle paternel. D'après les notes de D. Grenier , Jacques et Nicolas représentaient leur père Jean , fils atné et héritier de Claude » lui-même fils et héritier d'un autre Jean , qui s'était rendn adjudicataire de ce domaine» en 1600, sur les de Paillarl (1). Notre registre porte comme appartenant à Claude Jean-Baptiste Hyacinthe Joachim Rouault , chevalier » marquis de Gamâches , le fief du Trmquelet, situé en partie sar Embreville et en partie sur Beanchamp, lequel était mouviiit de ladite pairie et consistait ^ettlement en censives. Les biens du domaine de la seigneurie et pairie d'Embraville se composaient , à la même époque , d'un certain nombre de censives, de 82 journaux de terre , de 7 journaux de bois et de droits de champartet de terrage sur 30 journaux de terre, dépendant de la ferme de Grand-Sel ve qui appartenait a lacommanderied'Oisemont» Les censives de cette seigneurie consistaient en argent» chapons et poules ; seulement M* Cosme Joseph Du Liège , avocat en parlement, demeurant à Amiens , était tenu y pour un journal de terre , outre 20 deniers y de fournir un chapeau de rases le jour de la saint Jean , à peine de 60 sols parisis d'amende.

(1) Mém. topogr. sur lePonlhieu. — Mss. D. Grenier, paquet 24.«, lettre E, f.«> 153.

Un fief dit des VmUx Moreaux, qtti dépendait alors de la baronnie d*Héllooart et fiiit maintenant partie da territoire d'Bmbreville , offre cette particularité que la mesure y était plus petite qu'ailleurs. Ainsi le journal qui teit à Embreville de 75 verges , n*était ici que de li et demie, rq>résentées aujourd'hui par 39 ares 30 cait.

L'église d'Embreville , de construction toute récente . sans aucun caractère , est dédiée à l'Assomption de Notre- Dame. Autrefois succursale de Reauchamp» elle fut» vers 1770,érigéeen paroisse.car à cetteépoqueon voit l'ancien vicaire Desmarets prendre le titre de curé. Toutefois les choses s'étaient préparées graduellement. En 1758» le lieutenant dubaitliage délivra des registres ci vils et inscriviten tète : ce premier registre, attendu qu'il n'en a jamais été délivré pour telle église. » Bientôt madame Jeanne Gabrielle de Lamotte-Houdencourt, grande d'Espagne et marquise de Gamaches» après avoir obtenu de monseigneur l'Évéque la permission de construire des fonts baptismaux à Embreville, fit présent de tous les vases nécessaires pour leur usage. Ce don semble avoir eu lieu à l'occasion du baptême du nommé Testu , Jean-Parfait-Amand-^Marie-Fidèle , dont la mar-* quise fut marraine, et M. Jean-Baptiste*Jacques de ftontde-Mazin, officier de dragons du régiment de Thiange, fut parrain , le 25 mars 1758. Une tradition du pays veut qu'à cette occasion le marquis de Gamaches » sollicité par on accès de jalousie plus ou moins fondée , ait fait administrer à la marquise une honteuse correction, presque publiquement , par ses gens. Si le fait est vrai , le choix seul des prénoms de l'enfant semble le justifier : car on peut remarquer que le premier prénom du parrain

(Jean) el un prénom de femme (Marie) quoiqu'il ne paraisse point parmi ceux de la marraine , sont mêlés à d'autres et combinés de manière à former une protestation de cœur assez significative.

Nous avons vu à l'article Beaughamp que les deux chapelains de saint Jean-Baptiste de la cathédrale prenaient toute la dîme d'Embreville.

Des réparations importantes furent faites à l'ancienne église ou chapelle en 1778. Le comble et toute la voûte furent rétablis à neuf; pourquoi il fut payé au nommé Roussel 700 livres , et à un couvreur en chaume 5 liv. 12 sols 6 deniers pour avoir travaillé 7 jours et demi à raison de 15 sols par jour, plus S liv. 5 sols pour la boisson et la soupe dudit couvreur.

Le cimetière d'Embreville n'est point auprès dePéglise, mais en dehors du village » sur le chemin de Beauchamp.

Voici la liste des vicaires-desservants et des curés:

Vicaires :

I. Hbbbrt , Denis. 1664. — ii. Turpin , Nicolas. 1698. — m. MOEBL^Aotoioe. 1719-1730. — iv. Cardon. 174M759. — • V. Bbrnard. 1759-176Î. — vi. Dblaportb, Firmin. 1762.

— vn, Dbsvarets, Jean-Baptiste-Nicolas. 1767. Le 15 avril 1770^ il figure encore comme vicaire, et le 2 1 septembre suivanty comme curé.

Curés:

I. Le même Dbsmarbts. 1770-1790. Après la révolution el le concordat, il fat rétabli dans sa cure jusqu'à sa mort (1 SOS). Puis la cure fut desserviejusqu'en 1808 par le curé deDargoies.

— II. PoiRB. 1808-1892. — III. Doublet. 18M-1830.— iv. Db-

LAMOTTB. 1830-1835. — V. M. Palpisi. 1835. Encore en exercice.

Il existe dans les archives de la fabrique 4 ou 5 testaments originaux ; du reste , presque aucun papier.

A Toccasion d'une maladie dite mal des ardents , qui affligea le village vers 1707, les habitants allaient chaque année en pèlerinage à saint Antoine de Tilloy le 29 juin. La procession des pèlerins se borne maintenant à parcourir une partie du territoire.

Selon le dernier recensement , on compte à Embreville 468 habitants*. Son territoire est de S33 hectares , dont 19 en bois. Les maisons sont au nombre de 128 ; en 1763 Expilly donnait 206 feux à Beauchamp et Embreville réunis ; Taugmentation ne serait donc que de 14 pour les deux communes depuis un siècle. L'impôt foncier s'élève à 2,925 francs et le mobilier à 545 fr.

L'école est fréquentée par 24 garçons et 17 filles.

Nous avons remarqué les principaux lieux-dits suivants : les Groisettes , où il existait jadis une croix de pierre , au pied de laquelle , en descendant au cimetière de la paroisse à Beauchamp , on plaçait de petites croix, selon l'usage dont nous avons parlé ; le bois Billoire , le Fontenelle , les terres vineuses : celles-ci sont une sorte de coteau. Y aurait-on jadis cultivé la vigne ? — Une rue du village , celle qui longe l'herbage de la ferme de Huqueleux dont nous allons parler , porte encore le nom de rue des Huguenote. 11 en est de mèiae du puits percé dans cette rue. La tradition ne nous apprend rien sur Vorigifre de cette dénomination.

,Les maires depuis 1791 furent :

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