VI. M. DE BoiviLLs, Alphonse. En exercice depws
Lés principaux lieux -dits sont : les Épréaux , le Montrelet, la Haladrerie vers Saint-Maxent ; le sol y est d*une couleur noirâtre et indique qu'il a été habité.
Buleux a donné naissance à un célèbre chirurgien du xv!"* siècle. Jean Tagault , issu d*une famille très-misérable, étudia la médecine à Paris et ne tarda pas à se faire une grande réputation, qui le fit connaître jusqu'à la Cour. Il s*adonna spécialement à la chirurgie, d'après les conseils du cardinal du Belley et des médecins du roi ; il professa Tun des premiers cette branche peu connue et très-négligée alors, et enseigna particulièrement ce qui concerne le traitement des fractions et des luxations. Tagault mérita le titre de restaurateur de la chirurgie en France , remplit quatre années de suite les fonctions de doyen de la Faculté de médecine (1 ) et publia sur son art plusieurs ouvrages remarquables [2]. Son fils Jean étudia la pbilo^ Sophie et se distingua dans cette science. Il composa plusieurs ouvrages d'érudition et un poème adressé au peuple et au sénat de Genève, dans lequel il décrivit la situation de cette ville. Un poète, du nom de Barthélémy
(1) Voy. Reg. de la Faculté de médecine, vers 1535. (2j M. Louandre. Biographie d'AbhevUU et de se$ ewoirans, p. 313. — Almanaeh ie Picardie, 1767.
TagauU, qui florissait dans le même temps» a failimprimer, €nlSS8, le Bacisfement d:Orithye (1).
Gerisy-Buleux ressortissail à la prévôté de Vimeu.
Sur le point culminant de la belle et fertile plaine du Vimeu s'élève un antique castel , au pied duquel s*étend QD magnifique village : c'est Rambures (Rambore , Bam-hriœ) , qui n*est distant de la vallée de la Bresie que de i kilomètres. Nous ne décrirons pas avec détail ce chà^ teau qu'ont épargné jusqu'à présent et la main impitoyable du temps , et l'action des éléments , et la politique des grands , et le marteau des spéculateurs. Tant d'autres en ont parlé , poètes , romanciers , historiens. Nous y renvoyons (2) et nous nous contentons de quelques mots. Quatre 'grosses tours en briques et en pierres de taille , couronnées d'une galerie couverte et de mâchicoulis , reliées entre elles par des demi-tours , descendent , en s'élargissant^ans des fossés profonds,dans lesquels s'ouvrait, dit-on, un souterrein qui descendait jusqu'à la Bresie. Rappelons les sombres caveauK creusés sous celte masse, les conduits secrets et nombreux dont sont percés les murailles , ces toits aigus aux girouettes criardes , et la harr diesse de ce svelte beffroi qui domine le tout et regarde
(1) BihL untv. de Gesner, — Bihi. fr. de Gcm^et, iom, %n,p, 106. — Bibl. de La Crok du Mtùne, tom. i*', p. 96. — Biogr. midicaley t. vu.
(2) Yoy. M. Louandre , Hist. d'ÂMfmUe, tome ii , p. 329-431. — MM. Dasevel et Duthoit, Le Département de la Somme, desertptwn, etc.; ^ Bambwres , roman historique ; par M. Du Casse.
au loin dans la plaine. Reportons-noiM en esprit à ods brillants faits d*armes de nos proox chevaliers servant la France sous leur pesante armure, eteommelefonlchaqne jour les touristes , allons admirer Timposante majesté de ce château qui n'a plus d*atné dans notre Picardie, pas même de contemporain. Que de vicissitudes il éprouva pendant les guerres de Bourgogne et d'Angleterre, comme dans tous les temps de nos troubles civils !
La seigneurie de Rambures en Ponthieu était tenue de celle du Qnesne, en deux fiefe nommés Dunois et Tancar" ville , en souvenir sans doute de ces illustres généraux sous lesquels les sired de Rambures avaient combattu glorieusement. Sept fiefs en Ponthieu et 41 en bailliage en relevaient, selon D. Grenier. — Sous Philippe-Auguste on voit parmi les fiefs de St.-Yalery celui de Rambures (feodum de Bambwre) tenu du comté d'Aumale (1).
La coutume locale de Rambures, rédigée en 1507 , attribue à la seigneurie toute justice haute, moyenne et basse , sous le ressort de la châtellenie de Gamaches (2).
Le P. Anselme (3) donne la généalogie des Rambures , mais ne remonte pas au^lelà de 1320. Cependant ailleurs (4) il cite un David de Rambures en 1107. Un his^ torien (5) nous montre un demi-siècle plutôt Asson de Rambures assistant à la cour plénière que le roi Henri I*"
(1) MSS. D. Grenier , p. U,^ lettre R, f> 2S.
(t) Contumes Zoealei 4« bailUage d'Amien$ , 1. 1^^, p. 417.
(3) HiiL généologi^ et kUtariqm , etc. tone vu , p. 65 et miv.
(4) Le Palais (d la §Unr€, p. 574.
(5) LecarpeAtier,iffii(otri de CamiMray, Preuves , p. 7. ^ D. Grenier, MS. p. U«.
tint k GoEDpiègQQ le 5 août 10B8; son 61» David mort en tl03 et inbumé en la cathédrale de Gambray, lequel fut père de David que nous venons' de nommer , et aïeul de Jean , lui-même père de Robinet de Bambures , marié à Ivelte de Melun. De ceux*-ci naquirent deux fils: Gull* laume, qui fut la lige des seigneurs de Biencourt, et Jean, sire de Rambures, qui épousa Lutgardede Walincourl, dont issut la postérité que nous allons rappeler et déaigoer. Nous ferons abstraction des précédents documents » afin de «e pas amener de confusion en suivant les listes combinées des généalogistes. Vers 1 320 Jeande Bambures, couffldéré comme premier du nom , était gouverneur de Guise ; il avait épousé une dame nommée Adéline ou Adé* liKJe.Bugues, leurfils^ épousa Jeannedame de Drucat, dont il eut Jean II , qui assista à la semonce faite à Compiègne «Il mois de septembre 1339 et fut gouverneur d'Arrasen 13S0. Son fils André, chevalier, conseiller et chambellan du roi , capitaine de Boulogne et de Gravelines, servit en 1364 , cous le camte de Tancarville, en Champagne, puis en Normandie sous Guillaume des Bordes en 1367 et 1378, enfinsousle sire de Sempy en Picardie pendant les années 1880 et 1381 (1). De Jeanne de Bregny ou de Berny, sa femme, il laissa David, qui fut en 1411 grand maître des arbalétriers de France, chevalier, chambellaii et conseiller du roi. Il servit en Picardie sous le comte de St.-Pol et fut fait prisonnier à Fattaque du château de Mercq. Son mérite le fit choisir pour Tun
(1) Il mourut devant le chÂtçau de M^rcq, près Calais, en 1405, selen le P. Anselme , tome viu^ p. 6S. — Cependant Monstrelet ne le cite point parmi les morts, Voy. Chroniqw^ p. 3&
des 12 gouverneurs des afiiaires de l'Etal pendant la démence de Charles VI (1410) (1). II fultoéà Âzincoart avec trois de ses fils issus de sa femme Catherine d*Auiy. Leur quatrième fils André , 2* du nom , combat*tu les Anglais , en 1421 , sens la conduite de Jacques de Harcourt et leur enleva St.-Riquier , Pont de Remy , Roe et Gamaches. En 1 430 il fut fait prisonnier et emmené en Angleterre , où il resta 10 ans. Il fut mattre des eaux et forêts de Picardie et épousa Péronne de Créquy. Jacques leur fils aurait d'abord servi le roi Louis XI en la guerre du bienpubUc (1405) , et H aurait suivi ensuite le parti des princes , car nous voyons en 1473 la terre de Rambures confisquée et donnée à Joachim Rouault , puis restituée à Jacques de Rambures par un article de la trêve faite en 1475 entre le roi et le duc de Bourgogne (2). Il avait épousé Marie de Berghes et vivait encore en 1488. Leur fils André, m* du nom, chevalier, fut chambellan du roi , sénéchal et gouverneur du Ponthieu en 1492 , mattre des eaux et foYèts de Picardie ; il fonda, du vivant même de saint François de Paule , le couvent des Minimes d'Abbe- Tille , où il fut inhumé en 1513. De sa femme Jeanne de Haiwin - Piennes , il eut 14 enfans. dont Tatné Jean III échansoD ordinaire du roi , mattre des eaux et forêts de Picardie, qui épousa, en premières noces, le 20 novembre 1521 , Anne de la Mark , et en deuxièmes noces le 9 0€h tobre 1538 Françoise d^Anjou , comtesse de Dammartin et de Courtenay. Elle lui donna , entfautres enfants ,
(1) M. Lonandre , Biagrofhie d'AhèemOe, p. 1188.
(2) Oamat^s et ses seigneurs, §. xvii. — Handicquer de IHancoarl, NoMiaire de Picardie, p. 447.
Jean IV, «ré de Bambares , d'Hornoy el de DiinmaKin. dievaliei* de l'ordre do rei , capiteiM de SA hotumes d'armes. Celui-ci épousa le 84 juin 1571 Claude de BeurboD , dame deUgny et de Lambercourt. Leur fits Charles fut créé chevalier de Tordre du Saint-Esprit , dans lapro* molion faite à Paris » en Tégiise des Auguslins le 31 dé^ cembre 1619. Il était capitaine de 80 hommes d'armes des ordonnances du roi , vice-amiral en Picardie, fut gouverneur de Doullens cl du Croloy et maréchal de camp. On ravail surnommé lebrave Bambures. Par suite de blessure qu'il avait reçues à Ivry et au siège d'Amiens , il fut obligé de se faire couper le bras droit. Il mourut à Paris le 13 janvier 1633. De René de Boulainvilliers dame de Courtenay et ch&lelaine de Vaudreuil , sa seconde femme, il eut un premier flls François, tué jeune à la télé de son régiment; une fille , Charlotte , mariée en 1645 à François de la Roche , marquis de Fontenilles , et enfin un second fils Charles , marquis de Rambures el comte de Courtenay , qui épousa Marie Boutru et mourut à Calais le 1 1 mai 1671 , à l'âge de 39 ans. Il fut enterré aux minimes d'Abbeville. Son fils Louis- Alexandre fut tué en Alsace, à l'âge de 17 ans, par une imprudence que raconte à peu près ainsi le registre aux décès du village de Rambures : « Le 23 juillet 1676 , à cinq heures du malin , pendant que ce jeune seigneur s'entretenait avec quelques oflBciers , à la tète de son régiment, un soldat du régiment de La Ferlé déchargea son mousquet devant lui , à 600 pas du groupe , et la balle alla frapper Rambures sous ToBil gauche. Il mourut le lendemain vendredi. C*était le dernier qui portât le nom de Rambures. » Les terres de
cette Ulttstre maisoo fureAl partagées^ellresesdeux doBOrs» ilonl Tatnée » Marîe^Réoée, épousa Joseph Cadart d^Aiieezuoe, duc deCaderousse , et la cadette, Mari^-Armande , épousa Gaapard^ScipioD^Armand de Polignac. fja terre de Bambupes passa depuis daus la maison de La Roche Fou* teDiUes<|ue représentait ea 1763 mesaire Antoine^ésarde La Roche , et en 1788 madame la marquise de Ssbié. Bile appartient aujourd'hui à M."^ la marquise de Fontem'Iies, née de Sablé.
Les Ramburei portaîeiit S or à tms fa$cei de gneule$. Leur cri de guerre était : A mai Bambure$! qu*uii dicton populaire avait ainsi qualifié , areo quelques autres :
Bamhtfêê, Bvhempré, Renty, Bdiêi ame$, pUmuf ery (1).
En 1390 Jehan d*Araines dit Lionnel (S), chevalier, se qualifiait sire de Rambures en partie , selon des lettres de saisine , données par lui le 4 novembre , auxquelles est appendu son scel en cire verte, malheureusement brisé et par conséquent illisible.
L'église de Rambures , sous le vocable de TAssomption de la sainte Vierge, est cachée entre les habitations du village et les murs du parc du château, et n*offre rien de bien remarquable. Son clocher est une flèche octogone en ardoises , posée sur une ancienne tour carrée que soutiennent des piliers montant dans toute sa hauteur. Le chœur a été rebâti , dans la seconde moitié du xvii.*
(1] LftColombière, Science hér<nqiief p. 474.
(t) C'est lui sans -doute qui fut commis par le roi de France à U garde des frontières du Boulonnais, en 1405. — Voy. Honstrelet , Chroniqtkes, liv. l«r, ch. M, p. S6.
sièele, par le ehapttrt de St. -^FlriÉiD** le •Confesseur d*Amien8 , gros décimateur de la ptroiflse.
La chapdle da chAtoau , dédiée à St.-Nicoias et à la la nominatian du seignear , avait un revena d*eiiifiraB cent livres en 1698. EUe était chargée d*une messe par semaioe f mais qm s'acquittait dans Féglise paroissiale , piiroe que la ahapelle était mal entretenue à ladite époque.
Cette paroisse dépendait du doyenné d'Oisemont«
Nous avons trouvé les noms suivants de ses curés :
1. GàCHELEux , Nicolas. 1567. Il fut présent à la révision des contomes, qai eot lien en ladite année.
n. BoulletA. 1669. Mort en 1676.
ui. Rosis, M. 1677.