‹ MémoiresChapitre 55 sur 113 · I. DUFLOS · texte numérisé non relu

I. DUFLOS

H. ROTJTiBii , Cbarles-Prançois. 1793-AnXI. m. PoTBL, Jean-Baptiste. 1807.

iv. OuvE, Pierre-Alexis. 1813-18S5.

y. DuFLOs , Nicolas-Angastin. 18Î6-188S.

Yi. Routier , Auguste , 183S-1841.

vu. Dupont , Jean-Baptiste. 1841-1847.

vui. M. Verdure , Louis , en exercice depuis 1847.

Les principaux lieux-dits du territoire sont : les Pointes, le Mont-Rôti , les Panettes , les Fées , les Masures : en ce dernier lieu, assez éloigné du village, on rencontre des ruines , ce qui en explique le nom.

Les registres de Tétat-civil remontent à Tannée 166i. Ils constatent , chose assez rare , qu'en l'année 1768 il n'y eut ni mariage , ni baptême dans la ptiroîsae*

Ricart met Framicourt en Vîmeu. Délegorgne dlslingtle et met le petit Framicourt en Ponthieu, et Witainéglise partie en Yimeu et partie en Ponthieu.

Bouiixahgoubt-bh-Sbrt. (Watteblérie.)

BouillavGourt ( Boullaiocourt , Bolencuria) est situé tout près des bois nommés autrefois les bois de Sery (1), nom qui nous semble, comme nous l'avons déjà dît, avoir été appliqué à une étendue de terrein assez considérable. Ce village était autrefois qualifié bourg, tant à cause de sa forteresse, qu*à raison de sa population (2).

Il y existe un château moderne bâti sur les ruines d'une forteresse du moyen-âge. L'enceinte intérieure était flanquée de huit tours , dont les créneaux étroits étaient à Tusage de la flèche et antérieurs à l'usage des armes à feu. L'enceinte extérieure était aussi défendue par plusieurs tours et protégée par un fossé sec , assez profond , garni d'un parapet. Cette forteresse fut-elle de celles que fit raser Richelieu ? Nous ne savons. Mais on reconnaît encore deux restes de tours contre les murs actuels, et en faisant, il y a quelques années , des opérations de bornage , on retrouvait dans le voisinage l'emplacement, le pied même des tours disparues.

La terre et seigneurie de Bouillancourt-en-Sery était tenue noblement , en deux hommages par indivis , de la châtellenîe et seigneurie de St.-Valery-sur-la-mer (3). Elle appartenait, dès lexii'' siècle, à la maison deCayeu et ses descendants figurent comme seigneurs de Bouillan-

(1) Gartalatre de Sery. Carte de Picardie |de Sanson, de 1656. (t) ExpiUy , Dielionnaire géographique et historique. (3) Voy. M. Bouthors , Coutwms locales du haiUiage d'Amiens , lomel", p. 388.

court daDS les chartes de i*abbaye de Sery. Bouillancourt semble être passé, au milieu du xiv* siècle, à N. de Cayeu, soBurde Jean , épouse de N. de Bruières , qu*on voit cités devanl le prévAt du Yimeu , en 1B63 , pour entreprise sur Tabbayede Sery. En 1400, N. Des Bordes, chevalier, châtelain de Beaumail et chambellan du roi , était , probablement comme mari d'une fille héritière de la dame de Bruières , seigneur , au moins en partie , de Bouillancourt , qui passa à Hugues de Cayeu, évéqued*Ârras,par testament [du 19 septembre 1418, selon l'auteur d'une histoire manuscrite de Sery (1). Hugues de Cayeu fut le dernier représentant de cette illustre famille. Il vendit la terre de Bouillancourt au comte d'Etampes , vers 1435. Elle appartenait , lors de la première rédaction des Coutumes (1507], à Anthoine de Mailly , chevalier, conseiller et chambellan du roi ; en 1 567 lors de la révision des Coutumes (2) , à Henriette de Clèves , épouse de Ludovic de Gonzague de Clèves, duc de Nivernois, prince de Mantoue , comie d'Eu. Cette dame mourut en 1595. Son fils Charles de Gonzague vendit Bouillancourt en 1628 à Charles , sire de Rambures. Il fut dit dans l'acte que le prix de la vente serait employé à secourir plus promplement ledit seigneur en la conservation de ses états de Mantoue. Mais cette terre fut retirée par Henri d'Orléans duc de Longuevîlle , seul héritier de Catherine de Gonzague , sa mère , et revendue par le duc, en 1634 , à Jean

(!) In-fr par le F. Hyacinthe Sauvage; 1677. — Voy. l'extrait de

cette histoire à la Bibl. S. ^Geneviève de Paris, MS. n» 962, p. 316.

(8) Voy. Procès-verbal à la suite du. Commantatre de Ricard , p.

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Lyver (1) , devant Vautier , notaire au Ghàlelet de Paris. L*un de ses descendants , Charles Lyver du Quesnoy , fils putné d'un autre Jean , qui parait être le fils de Louis Lyver et de Charlotte d' Aignevlllp , nommés comme seigneurs dlnfray au § xi , vendit Boulllancourt à Jacques- Louis-François Roussel , conseiller au Parlement , par qui il fut revendu le 8 mars 1753 , devant Garcerand notaire au Châtelet , à Jacques-Nicolas Le Boucher d'ÂIUy , chevalier , seigneur de Richemont , Wiry et autres lieux. Son fils messire Jacques-Joseph Le Boucher , possédait en 1780 la terre de Bouillancourt. Il est représenté aujourd'hui par M. Camille-Emmanuel Le Boucher de Richemont , son fils.

En février 1204, le seigneur de Bouillancourt (Willaume de Cayeu] fit réparation au comte de Ponthieu pour désobéissance.

En 1692» le seigneur de Gamaches était seigneur de Bouillancourt en partie , selon le registre-pouillé des pa-roisses.

L'église de Bouillancourt est sous l'Invocation de saint Jacques-Ie*Majeur. Elle fut bâtie à la fin du xv* siècle, en remplacement de celle qui» trop voisine du château, avait été détriiite. Le chœur est moins large que la nef, qui est voûtée en planches et ornée de corniches en bois à figures grimaçantes. Les fenêtres sont bipartites, en ogive trilobée, à nervures flamboyantes. L'une d'elles est garniede vitraux coloriés, où l'on voit saint Martin divisant son man-

(1) Il portait : d'argent, à 3 roses de gueules ; et sa femme Anne de BellengreviUe : d'azur à la croix cantonnée de 4 molettes d'éperon de même.

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teau à la perle d'ÂmieDS, et aussi rAnaonciatioD, avec les mois de la salutalioa angélique en écriture anguleuse dite gothique. Au bas on lit les noms du donateur : xtnt titcùU dttrot ente hnM lien. — Le bénitier est semblable à celui de Gamaches» en forme de mortier, de 35 centimètres de diamètre. Il a pour supports des anges.

Dans le chœur, une charmante peinture sur toile représente Tadoration des bergers. C'est une fraiche et naïve pastorale biblique, où les figures sont fort expressives. Marie découvre avec complaisance le nouveau-né que saint Joseph désigne du doigt. Les anges, du haut du ciel, contemplent cette scène mystérieuse, qui se passe dans le voisinage d*un temple. Cette peinture, d'environ O^SS sur 0" 33, est enfermée dans un cadre richement sculpté.

L'église n'était point encore pavée en 1692. Elle appartint à l'abbaye de Sery dès les premiers temps de son établissement.

Vers l'année 1430, pendant la guerre contre les Anglais, Hugues de Cayeu fit raser l'église de Bouillanconrt, parce que, se trouvant élevée au devant de l'enclos de la bassecour et à 5 ou 6 pieds seulement du château, il craignait qu'il ne lui en advint quelque dommage. Depuis 20 ans les habitants étaient privés d'église, lorsque, sur leur demande, Jean de Bourgogne, comte d'Étampes, seigneur de Bouill ancourt, par lettres données à Hesdin, le 20 septembre 1450, leur accorda la permission de rebâtir une église au lieu où était le presbytère et de reporter celur ci sur l'emplacement de l'église démolie : « Laquelle, y est-il dit, pour ce que la place où elle souloit estre est si

prodialnede nostre dilte fortereMe, ils D^onduroieDl bonnement se rassurer et la faire faire en laditte place, doublant que en temps à venir elle ne fut de rechief desmolie et abbatue, et pour ce éviter, si nostre plaisir estott, la feroient volontiers asseoir au lieu et en la place là où est le presbytère, etc (1). i> Toutefois Téglise ne fut reb&tie telle qu'on la voit aujourd'hui que 30 ans après. — Le presbytère, que remplaça Téglise, était autrefois un manoir à quelque distance de Téglise, qu'avait donné au couvent de Sery, en Tan de grâce [anno gratiœ) 1218, Wiilaume de Cayeu : a Totum managium quod est cilrà capellam B. Jacobi{i). x>

Les curés dia Bouitlancourt n'ont été que des vicaires amovibles jusqu'en 1660 qu'ils ont pris des provisions des évêques d'Amiens ; ils ne portaient même que le titre de cbapelains, et leur église celui de chapelle, comme on le dit ci-dessus et en une donation faite en 1400 par Adam Gouvion : (c Ensemble a délaissé et aumosné ledict Adam au cappelain desservant la cappellerie de Bouillencourt 10 solz de rente ou cens annuel pour dire et célébrer ebascun an perpétuellement en ladicte chapelle de Bouilleocourt, chinq messes de requiem, etc. »

Voici les noms des prieurs-curés que nous avons trouvés antérieurs à la révolution :

I. DuROT, Nicole-René. Nommé sur le vitrail. II. Dblattkb. 1617. Mort en 1640, seloo le nécroioge de Sery au 22 septembre.

(1) Yoy. Extr. de Phist. Ms. de Sery, p. 42.

(2) Ibid., p. 38.

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