‹ Mémoires of général Count Rapp, aide-de-camp to NapoléonChapitre 47 sur 60 · RÉ · texte numérisé non relu

RÉ

^ du général Rapp^ 537

Réponse.

Sulmîn , le i5 juin i8i3,

J'aî reçu la lettre que votre excellence m'a fait rhonneur de m'écrire en date du 14 jtiin, et je dois lui ayouer avec franchise que je ne puis trop m'eipH« quer les motifs des mésentendus qui existent relative^ ment à Vexccution littérale des articles ue la trêve.

Ce traité ayant déterminé des bases fixes pour éTiter tout sujet de contestation , il me semble quil se^it infiniment plus simple et plus naturel de s'y tenir eh^ tié'rement. J^ayoue a yotre excellence que c'est ayec une véritable peine que je consens à m'en écarter d'après sa proposition. Il me semble que, par cet ar» rangement qu'elle désire , nous outre '- passons d'une certaine manière tous deux nos pouvoirs* , et qu'il vaudrait beaucoup mieux ^e régler entre nous le rayon de n,eutralité d'après le sens littéral de l'armistice* Cependant, pour éviteAoutes discussions ultérieures, je consens, d'après sa proposition , de laisser les choses sur le pied actuel ; j'ordonnerai même aux chefs de mes avant-postes de s'entendre avec les vôtres pour faire quelques arrang^aènts qui pourront lui être agréables relativement à m es •vedettes etàmes piquets^ pour empêcher toute collision entre nos troupes légères* . '

Pour ce qui concerne Tarticle des. subsistances, la commission rassemblée à cet effet a déjà commencé ses séances , et j'espère que M. le colonel Richemont sera bientôt en état de pouvoir lui annoncer que cet article a été définitivement réglé.

Quant à ce qui regarde4e8 deux officiers que yotre excellence voudrait envoyer auprès des commissaires destinés à régler définitivement toutes les difficultés qui paraissent naître relativement aux stipulations de la trêve, je dois vous observer, monsieur le comte, que je nai point le pouvoir de leur accorder les passe*, ports nécessaires: larticle des subsistances qui sera réglé incessangnent permettra, dans peu de jours, a M. le capitaine Planât de se chi^i^er de cette commission.

» Veuillez tous persuader au reste, mon général, qu accoutumé, depuis yingt-cinq ans de, service, à remplir avec une parfaite exactitude les ordres de mon souverain, j'aurais agi dune manière bien différente si j avais consenti aux propositions qui m*ont été faites par M, le colonel Richement, et qui s'écartaient si essentiellement des articles dune trêve dont les expressions simples et natùelles ne laissent aucune latitude à la moindre discussion.

VotrjB excellence me trouvera au reste toujours prêt â faire tout ce qui pourra lui être agréable et qui s ac cordera; avec mes devoirs. Je saisirai de même ^ avec empressement tontes les occasions où je pourrai la convaincre que rien n'égale la très-haute considération avec laquelle j ai l'honneur d'être, etc. ..

Signe y ÀLexANDRs, duc de Wurtemberg.

du gérféral Rapp.

Lettre du duc de Wurtemberg à sqtï excellence

le comte Rapp^

De mon quarjder-général^ le 12 juillet i8i3, (Arrivée le 14^ quoique le duc ne fî(kt Cfo^h % lieuet deDantxic»)

Général,

Un courrier, qui vient de m'arriver du c[Uartiergénéral,' m'apporte l'ordre de suspendre le« fournitures cpii ont été faites jusqu'ici à la garnison de Dant^ic. Le corps de To|ontaîres qui se trouvait sous les ordres du major prussien Lutzow ayant été attaqué, pendant la durée de là trêve, sans le moindre motif, on m'an* nonce que c'est la raison qui a causé cette détermi^ nation , qui doit avoir son cours jusqu'au moment où cette affaire sera réglée définitivement.

En communiquant les ordres que j ai reçus à votre excellence, je la préviens en même temps que cette affaire, qui sera probablement bientôt réglée, ne change cependant point les autres articles de la trévCi qui doit subsister dans toute sa teneur.

J'ai l'honneur, etc.

Signé, ÀMXANDBB, duc de Wurtemberg,

général de cavalerie.

Réponse.

DantzîCy le i4 juillet i8i3.

Monsieur le duc,

Depuis les arrangements convenus entre- nous par suite de Tarmistice, fài tu ayec beaucoup de peine que TOtre altesse^ royale ne les remplissait pas avec l'exactitude qn exigent de pareilles conventions.

J'ai aperçu^ dans le retard de toutes les livraisons^ une gueri*e sourde ^i détruisait par le fait Fesprit de l-armistice* Malgré mes continuelles réclamations, on' a laissé arriérer une grande partie des fournitures; vous n avez pas même acquitté le 'courant , et c'est ' dans cet état de choses que je reçois , aujourd'hui 14, la lettre de .votre, altesse , en date. du la juillet, qui me. prévient quelle a ordre de suspendre les fournitures. Cefte cessation a* effectivement ^ieu depuis quatre jours, c'est-à-dire depuis le 10; et comme notre correspondance peut nous parvenir en deux heures, je ne cacherai point à votre altesse avec quels sentiments je 'dois apprécier ta différence de la date et ^e l'arrivée dé votre dépêche.

Les conditions d*un armistice, monsieur le duc lient également les deux parties; et dés que Tune d'entre elles se permet d'en annuler une des clauses prûicipales et des plus' essentieUes , l'armistice est dés lors rompu, et elle se met en état de guerre contre l'autre : et c'est ainsi que je considère , dés à présent^ la déclaration que vous me faites; et quoique votre altesse ' m'annonce que les autres articles de la trêve subsisteront,^ elle sentira que je ne puis recevoir de

du général Rapp.

pareilles* modifications que par les ordres de * mon souyérâin. H ne me reste donc 'plus ^'à la prier de me faire savoir si les six jours qui doivent précéder la reprise des hostilités courront du 12& à une heure du matin, ou du i4 à midi.

, Il

Je dois lui déclarer , au surplus , que je la rends responsable de la rupture d*un armistice conclu entre nos souverains , et que je ne puis entendre à aucune explication évasive qu'après la réception de tous les yivres qui me sont dûs.

Signé ^ comte Bafp.

Lettre du duc de\fVurteTnberg au général comte

Rapp.

De moD quartier-général, le i5 juillet i8i3.

Je viens d^ recevoir la lettre que vous m'avez écrite» ' et je ne puis dissimuler à votre ei^eellence que j'ai été plus, que surpris de son contenu. ^

II' sei*ait absolument inutile de répeter encore a votre excellence ce que MM. les généraux Borosidih et Jelebtzow n'ont pas manqué de lui' observer â-plusieurs reprises, c'est-à-dire que les retards momentanés qu'a éprouvés la garnison de Dantzic dans son ravitaillement n'ont été occasionés que parce que rar|angement proposé et damandé par votre excellence, de faire acheter des vivres par ses propres commissaires, a été changé subitement, ce qui n'a^pas

vunMpié de produire les plus grands embarras, les commissaires prussiens s*étant excusés sur le dénû^ ment total des proTÎaces Umitropbe^ de Dantzic, qui •ont déjà chargées depuis si long-temps de lapprovisionnement de mes troupes. Si , comme je Tayais déjà demandé plusieurs fois , il y ayait eu ici, à mon quartier - général, conformeraient aux stipulations de la trêve, un commissaire français en permanence, il aurait pu se conyaincre lui-même de Fembarras extrême qu^ont eu les commissaires prussiens pour se procurer les' charrois et les yivres nécessaires pour le ravitaillement de la place de Dantzic , et pour Fentretien de mes propres troupes, de manière que ce nest point Tarmée formant le blocus qui a mis des entrayes.-att ra« vitaillement de la place de Dantzic. Au reste , ce n est qu*à mon souverain, Tauguste empereur Alexandre, auquel je dois rendre compte de mes actions.

Je viens maintenant à un article beaucoup plus important, puisqu'il pei^t ayoir des suites très -conséquentes 5 car il parait , d*aprés la lettre de yotre excellence, quelle est décidée à recommencer les hostilités de son chef, tandis . que les places de Stettin et de Custrin sont aussi privées momentanément, comme Dantzic 9 des fournitures stipulées dans Tarmistice. J>spére au reste quelle fera de mûres réflexions sur ce qu'elle entreprendra ; et c est moi qui la rends responsable de toutes les démarches qu^elle fera , et qui pourraient eihpêcher les puissances belligérantes de se rapprocher. ;

^ Je lui, envoie ci-joint la copie exacte de la lettre que j'ai reçue de M. le commandant en chef de toutes

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les armées, Barclay de ToUj; elle Terra que bien loin c[u'il soit question de recommencer les hostilités^ cela m'est expressément interdit.

Si, malgi'é toutes mes observations, momsienr le général, dont au reste j*ai prîs acte devant mes généraux, commandants de corps, tous ne jugiez pas â propos d'attendre patiemment que Taffaire de la légion de Lutzow, qui a causé la suspension momentanée du raTitaiilemeut de Dantzic^ dont les arrérages au reste ne sont que suspendus, et des autres forteresses, soit réglée à Tamiable , et que vous m attaquiez, je tous ' prouverai que mes braves Russes ne craignent les menaces de personne , et qu ils sont au Ireste prêts à verser leur sang pour la cause de tous les souverains et ' de tous les peuples. ^

Signé f Albxaudrb, duc de Wurtemberg*

Réponse.^

Danuic, le 16 juillet i8i5.

J*ai reçu la lettre que votre altesse royale ma fait rhonneur de m'écrire, le 1 5 de cé-mbis. Je ne reviendrai pas sur les diverses observations quelle me fait sur la non-exécution des conditions de Tarmistice, reUtivement aux vivres ; elles^ ont été Constamment reproduites et toujours victorieuseinent refutées, et ne présentent rien de nouveau. Le général Heudelet, que j ai envoyé à la cbnférence demandée par M. le

générai Borodsin ,< a fait connaître de ma part les seuls moyens d^arrangement proyisoire ^[ui pouyaient encore avoir lieu entre nous«

•Dans une lettre du 149 j'ai prié yotre altesse royale de me ftxer à quelle époque devaient commencer les six jours entre la rupturp et la reprise des hostilités; je n ai pas eu de réponse positive. Je dois donc la prévenir que la lettre de votre altesse royale dujs ne m*étânt parvenue que le 14 à midi, et ne pouvant considérei^ son refu^ positif et officiel de continuer les fournitures que comme une rupture de farmistioe, les hostilités recommenceront le 20; je dois cette détermination à rempereur et à rhônneur de mon^ corps d*armée. Six coups de canon tirés des divers forts de Dantzic, à midi, ne laisseront aucun doute à ce sujet. " *

Je prie votre altesse royale de ne pas considérer comme une menace Tobligation^ où je me suis trouvé dlnterpréter la violation d'un des articles du traité commf^ une déclaration formelle qui annulle farmistice ; je connais les braves troupes russes , qi^e j*ai souvent combattues, et je sais quelles sont dignes d'être opposées aux nôtres*

Ma lettre serait finie ,' monseigneur, si je n étais dans Tobligation de faire remarquer à votre altesse royale, relativement à quelques expressioiis' de' salettre du i5, que je ne dois ég^ei&ent compte quà mon souverain de mes déterminations ; que , quant à jce que votre altesse appelle la cause de tous lès souverains et de tous les peuples, ces phrases sonf bien extraordinaires dans ^la lettre dun prince qui* sait mieux, que personne que femperenr Al\3!]Landre , . son souvera^, a été- engagé pendant cinq ans dans notre

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alliance contre le despotisme d*ane paissanoe mari* time qui voudrait avoir tout le continent pour tributaire , et que son auguste frère , le roi de Wurtemberg, a été depuis long -temps lun des plus fermes soutiens de cette même cause^ *

' Signé y Comte Rapp.

Lettre du duc de fVurtemberg au général Rapp.

De mon quartier-général, le 17 juillet 18 13.

Monsieur le général,

Je n^aurab plus riex^ à ajouter à la lettre que j*ai écrite à votre excellence en date du i5 juillet ^ si la guêtre formelle qu^elIe me déclare comme de puissance à puissance ne m'obligeait de faire encore quelques remarques essentielles, ayant le commencement des hostilités quelle "va entreprendre.

Je lui observerai donc, quoiqu il me soit absoliunent impossible d'accepteip officiellement la déclaration quelle va recommencer les hostilités, et en vous rendant ^encore une fois responsable, mon général, de toutes les suites que produira cet événement, que si, malgré mes observations , vous persistiez cependant dans uite détermination qui , à ce que je crois , ne sera pas même v^pprouvée par Tempereur Napoléon, que le tesme de la rupture que Vous fixez- au 20 juillet à midi est. contraire : aux ai'ticles 2 et 3 de Tarmistice, puisqu après le 20 juillet, le terme de fexpiration de

lâ tréye, les hostilités ne pourront cependant recomtaencer , d'après Tarticle 9 , . que six jours après le 20 juillet, ce qui nous mènerait donc au 26 de ce mois; et il serait vraiment jsxtraprdinaife que nous fussions les deux seuls chefs de corps *sur le théâtre de la guerre qui recommençassent les hostilités.

Je suis convaincu qu'avec un peu de patience nous aurons bientôt la nouvelle que les affaires des cabi» nets prennent une autre tournure. Quel serait alors le regret de votre excellence si , par une trop grande précipitation, il pourrait diD nouveau naître des embarras entre les cours, dont la mienne, au reste; na aucun reproche à se faire',) puisqu'il était bien naturel qu'elle usât momentanément de représailles après avoir appris la destruction du corps de Lutzow au mkieu de farmistice, les honune ne pouvant point renaître, au lieu quil sera très -possible de fournir à la garnison de Dantzic les ravitaillements arriérés.

Je finis ma lettre, mon général, forcé de tous faire quelques observations sur les dernières phrases de la vôtre, qui m*ont paru extrêmement étranges. L^u* rope entière , et. j*ose dire la France même , connaît parfaitement les raisons qui ont causé la rupture de la paix signée à Tilsit. Elle connaît de même aussi le ton dictatoiial dont' s*est servi fambassadeur comte Lanrtston au sein de la capitale de Pierre -le «Grand. L*auguste empereur Alexandre a dû appeler, à cette audace extrême, à son glaive; il a dû s'entourer de ses preux , ouvrir les églises saintes , et se confier au peuple i^néi*eux et fidèle qui lui a prouvé ce que peut linè nation heureuse dans ses guérets, mais qui n a pas* balancé un instant de s'armer pour la défense de son honneur et de son souverain.

Pour ce qui concerne mon frère, le roî de Wurtemberg, que YOtre .excellence appelle un des plus fermes soutiens de la cause qu'elle défend , je puis assurer votre excellence qu un général en chef russe ne se croit point inférieur en aucune manière a un roi de la confédération, puisqu'il ne dépend que de Tempereur Alexandre de m'élever à cette dignité, s'il le juge à propos, et alors je serai roi comme un autre : jy mettrai cependant une petite condition, c'est que ce ne soit point aux dépens d'aucune puissance, ni de personne.

Signé ^ Alexandre, duc de Wurtemberg,

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