‹ Mémoires, ou, Recherches anatomico-pathologiques surChapitre 2 sur 30 · VJ AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VJ AVERTISSEMENT

d'hui pour la première fois (i). Les premiers ont été revus avec soin , nous en avons fait disparaître les longueurs et les obscurités qui en rendaient la lecture pénible , et nous avons fait des additions importantes à plusieurs d'entre eux. Les nouvelles observations que nous y avons ajoutées ont confirmé celles que nous avions recueillies d'abord , en sorte que nous avons pu étendre nos conclusions sans les altérer.

Quelques-uns de nos premiers Mémoires portent sur des objets qui n'avaient pas encore fixé l'attention des auteurs, ou même étaient entièrement nouveaux à l'époque de leur publication ; d'autres , en traitant de lésions déjà anciennement connues, nous ont semblé répondre quelque jour sur leur histoire , et ces différens motifs nous ont porté à les réunir à ceux que nous publions aujourd'hui pour la première fois.

S'ils n'ont pas tous exactement la même forme, ils sont au moins rédigés dans les mêmes principes , avec l'exactitude et l'im-

(i) Mémoire sur l'état de la Moelle épinière dans la carie des vertèbres.

Sur les Morts subites, ou survenues très-promptemeut , et tont-ifalt imprévues.

Sur les Morts lentes et prévues , dont on ne saurait se rendre compte par l'état des organes.

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partialité dont nous sommes capable ; et dans tous nous avons noté la proportion des cas , ou le nombre de fois que telle ou telle lésion s'est offerte à notre observation, sur un nombre déterminé d'individus (i). Bien que la somme des faits que nous avons recueillis jusqu'à ce jour, soit loin d'être assez considérable pour fixer cette proportion d'une manière définitive , elle peut aider à atteindre ce but; et si tous ceux qui s'appliquent à l'observation suivaient la même marche, on pourrait, dans un certain nombre d'années, savoir à quoi s'en tenir à cet égard ; et le même travail , continué pendant un laps de temps plus considérable encore , donnerait le moyen de décider si , comme l'ont dit quel-^ ques médecins , et entre autres M. Laennec , les mêmes lésions organiques présentent, sous le rapport de la fréquence , de grandes variations à des intervalles de temps plus ou moins éloignés.

En jetant un coup-d'œil général sur notre ouvrage, on nous reprochera peut-être de n'y avoir exposé en quelque sorte que des

(i) Presque tous nos relevés portent sur une masse de quatre cent cinquante individus morts dans les salles Saint-Jean et Saint-Joseph de l'hôpital de la Charité (service de M. Cliomul) , depuis la fin de 1821, jusqu'au commenc«ment de mai de cette année.

Tli) AVERTISSEMENT.

faits relatifs à des individus qui ont succombé, et , au lieu d'insister sur le traitement , de nous être borné à quelques indications thérapeutiques. Mais c'est à la science, et non à nous, qu'il faut adresser ce reproche ; car tant qu'on ignorera le siège, la nature et les symptômes de beaucoup de maladies , et on est loin de les connaître sans exception, les travaux des médecins devront être dirigés, avant tout, vers cet objet : et comment atteindre le but sans la double considération des symptômes et de l'état anatomique des organes ? Ajoutons que nos recherches étant relatives à des maladies ou à des lésions pour la plupart extrêmement graves , et dont quelques-unes sont mortelles de leur nature , il était impossible d'en donner une juste idée , sans faire suivre, dans tous les cas particuliers qui y sont relatifs , l'histoire des symptômes de celle de la lésion.

Peut-être encore nous reprochera-t-on le nombre, la longueur et les détails de nos observations. Nous avons déjà, en grande partie, répondu à ce reproche, dans l'Avertissement qui se trouve en tête de nos Recherches sur la Phihisie : nous ajouterons qu'en médecine, comme dans les autres branches des connaissances humaines , il v a deux espèces

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d'ouvrages : les uns destinés à exposer l'état actuel de la science , les autres à faire connaître les faits nouveaux qui y sont relatifs, ou les recherches entreprises pour en éclaircir des points encore obscurs. Si l'on peut et si l'on doit, dans le premier genre d'ouvrages, se borner à des descriptions générales , il n'en est plus de même dans le second , où il faut marcher les preuves en main , c'est-à-dire appuyé sur des faits précis et environnés d'assez de détails pour en donner une idée nette et empêcher de les confondre avec des faits d'une autre espèce, qui auraient quelque ressemblance avec eux. Les observations particulières et suffisamment détaillées forment donc la base de cette espèce d'ouvrage, et les réflexions qui les accompagnent ne peuvent avoir pour but que de faire ressortir les faits généraux qu'elles contiennent , ou d'en montrer la valeur par des rapprochemens naturels. Ceux qui veulent éclairer un point quelconque d'histoire citent à chaque pas leurs autorités , accompagnent leur récit de pièces justificatives : les faits particuliers sont-ils autre chose pour le médecin ? Et comment celui qui s'occupe d'une science toute pratique, pourrait-il se soustraire à l'obligation imposée à l'historien ?

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