‹ Mémoires;Chapitre 101 sur 222 · COMPLEMENT DE SUCCES · texte numérisé non relu

COMPLEMENT DE SUCCES

hommes. C'était un de ces faits d'armes que l'on n'oserait pas consigner si Ton n'en avait été témoin, tant il peut paraître invraisemblable ou fabuleux.

La victoire avait été moins facile dans les montagnes, par où s'avançait le second corps du chevalier Micheroux; il avait rencontré nos carabiniers d'abord, qui s'étaient fort heureusement repliés, le bataillon ensuite, enfin legénéral G..., devant lequel il avaitpris position. On sait que ce corps marchait en trois colonnes. Au lieu de réunir ses forces sur la colonne la plus facile à aborder ou bien sur celle qui. battue, faisait couper la retraite aux deux autres, en occupant par des tirailleurs celles dont on différait l'attaque, le général C... crut mieux faire en opposant colonne à colonne, c'est-àdire en divisant ses troupes en trois fractions de sept cents hommes chacune. C'est à peine si le chef de la 17% dont les représentations ne furent pas plus écoutées que les miennes, put obtenir au moins que chacune de nos faibles colonnes fût précédée de cent tirailleurs et marchât moitié en bataille, moitié en colonne. Ce chef de la 47% qui était par bonheur bien moins étranger que son général aux calculs de la manœuvre, put prendre, à mesure qu'on avançait, assez de latitude pour parer aux mauvaises dispositions de la marche. Les troupes napolitaines composant ce deuxième corps, fortes de leurs six pièces de montagne, contre lesquelles on n'en avait aucune à opposer, ne quittèrent leurs positions successives qu'après des prodiges de valeur de nos soldats. Elles se retiraient toujours en ordre et toujours prêtes à de nouveaux efforts; enfin, après bien des combats, après une dernière charge de deux de nos colonnes réunies et dans laquelle le général, blessé d'un coup de feu au visage, eut son second chapeau troué de balles, l'ennemi se replia, abandonnant son artillerie.

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