‹ Memoires posthumes du feldmarechal comte de Stedingk (volume 5)Chapitre 1 sur 13 · ARTHUS-BERTRAND, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

ARTHUS-BERTRAND, ÉDITEUR

I.IVMAIRE •! LA SOCIÉTÉ DB uiOGHAPHIB ET DB LA SOCliti KOTALE D^S ANTIQUAIBES Dl) NORD,

RUE HAUTEFBUILLE , 33.

Les mémoires que nous publions contiennent la relation des principaux événements militaires et politiques auxquels le feld-maréchai comte de Stedingk a pris part pendant sa longue et glorieuse carrière.

Us retracent les premiers événémentsde sa vie , Famitié qui se forma déjà alors entre lui et le roi Gustave III. Ils renferment la correspondance de ce roi avec M. de Stedingk, laquelle correspondance se rapporte à Texpédition aux Antilles et en Amérique, sous les ordres du comte d'Estaing, à laquelle M. de

Stedingk prit part comme colonel au service de France; elle se rapporte à la cour de Versailles (de 1781, 1787) et à la guerre entre la Suède et la Russie (1788, 1789 et 1790) , où M. de Stedingk commandait dans le nord de la Finlande.

Ces mémoires contiennent une série de dépêches que M. de Stedingk adressa à sa cour comme ambassadeur de Suède en Russie, pendant les règnes de Timpératrice Catherine et des empereurs Paul et Alexandre , dépêches qui retracent , sous les couleurs vives de Fimpres-sùm du moment j les grands événements de cette ^poquemémoraUa Ib donnent des renseignements sar la guerreque la Russie fit à la Suède en 1806 et 1809 , et qui coûta à celle-ei la Finlande , sur la déchéance de Gustave IV, Tavénement au trône de Suède de Charles XIII , et la paix deFredricàshamn, négociée et lignée par M» de Stedingk. Ils résument les événe-

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ments subséquents dans le nord de l*Europe, rélection du prince de Pante-CcifDù (maréchal Bernadette) comme prince royal de Suède, rinvasion de la Poméranie suédoise par des troupes françaises , et la rupture qui en fut une suite avec Napoléon. Ils contiennent la relation des événements principaux des campagnes de 1815 et de 181& en Allemagne, pendant lesquelles le maréchal commandait le corps d'armée suédois, faisant partie de la grande arméedu Nord , sous les ordres du prince royal Charles- Jean de Suède, la paix de jRjW, qui unit la Norwège à la Suède , et celle de Paris , dont M. de Stedingk fut un des co^signataires. Enfin ces mémoires s'étendent jusqu'au commencement du règne de l'empereur Ntcoka^ troisième empereur que le maréchal a vu couronner à Moscou.

Cette belle et glorieuse carrière , qui s'étend de la guerre d'Amérique jusqu'à celle qui brisa

le pouvoir de Napoléon , qui prend part aux grands événements politiques de l'Europe pendant {dus d'un demi-siècle, et qui brille à la cour de Louis XVI comme à celle de Nicolas, est trop remarquable pour ne pas être consignée dans les annales de la Suède, ce que les propres dépêches et lettres du maréchal que nous reproduisons ici^ feront mieux que toute autre chose.

Revêtu des premiers cordons des trois puissances du Nord , il joignait au Séraphin de Suède , au Saint-André de Russie , et à T Aigle Nour de Prusse, le Saint-Louis de France et le Gincinnatus , qui lui avait été conféré par Washington. Aux avantages du rang, de la naissance et de la faveur, M. de Stedingk unissait une affabilité extrême et une modestie parfaite. Il joignait aux lumières du siècle une foi vive et pure, et alliait aux qualités de rboDdme d*État la douce gaieté de Thomme

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du monde. Chez lui, les belles formes de Tancienne cour de France se mêlaient à une grande simplicité , le tact prudent du diplomate à la franchise du vieux militaire, et le dévouement du loyal sujet à Tindépendance du bon citoyen. Son éducation classique lui donna la pureté etFélégance de son style; il narrait à merveille , et, ayant tant vu , son entretien, était des plus instructifs.

Sa physionomie, pleine de noblesse et de douceur, inspirait la confiance, et ses cheveux, blancs comme la neige, conservés en profusion jusqu'à la fin de ses jours , entouraient sa tête d'une espèce d'auréole que nous n'avons vue qu'à lui; sa taille était bien prise et moyenne , droite et sans roideur.

Honoré et aimé par ses rois, il le fut de même par ses concitoyens ; l'armée voyait en lui son plus bel ornement. Chéri par une famille nombreuse, regretté de tous, ne laissant aucunen—

nemi, il mourut comme il avait vécu, en preux chevalier sans peur et sans reproche.

Le maréchal avait épousé Frédérique Ekstrôm, dont les qualités dit cœur et le bon jugement ont adouci sa vie , et lui ont servi de conseil dans des moments difficiles. M. de Stedingk a laissé après lui un fils, colonel des gardes à cheval , et cinq filles. L'une qui avait épousé le comte d'Ugglas, un des plus grands seigneurs de Suéde, mourut jeune il y a quelques années , aimée et regrettée de tous ceux qui Tont connue. La seconde est mariée au général comte de Bjomstjerna, ministre de Suède à Londres^ qui publie ces Mémoires. La troisième est dame d'honneur de la reine , et les deux autres mariées à des gentilshommes suédois.

C'est en 1837 que le maréchal termina sa belle carrière , emportant dans sa tombe une couronne de chêne et de laurier , que le

roi, son souverain et son ami , déposa sur son cercueil comme un dernier hommage rendu à sa mémoire et à ses longs et glorieux travaux.

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