‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1812 en RussieChapitre 17 sur 24 · AU ROI DE WESTPHALIE EN · texte numérisé non relu

AU ROI DE WESTPHALIE EN

«Sire, j'ai reçu ce matin la lettre qaeVotre Majesté m'a feit rhonneur de m'écrire pour m'exprimer le désir qu'elle aurait que les deux régiments, restant de son corps d'armée^ se rendissent à Magdebourg. Dès qu'il me sera possible de les y renvoyer, je le ferai avec plaisir. Mais je ferai observer à Votre Majesté que cette brigade se trouve en ce moment à Custrin où elle s'est arrêtée, d'après les derniers événements passés sur le Bas-Oder. Ces troupes, d'après les ordres de l'Empereur, se rendaient à Stettin, pour y former un corps d'observation. Je

(i) Nous ajouterons aux lettres de TEmpereur à son frère, trois dépêches du Vice-Roi qui offrent un certain intérêt historique, et sept lettres du Msjor-Général.

pense que Votre Majesté peut toujours diriger sur Magdebourg les recrues qu'elle veut bieiF désigner pour ces régiments.

» Je me chargerais de leur assigner une destination ultérieure^ si je ne pouvais pas disposer de ces corps suivant Tintention de Votre Majesté.

» Koepniek, le 23 février 1S13, au soir.

» P. S. Cette lettre a été expédiée hier au soir par erreur, à Voire Majeslé, par la voie de Testafette. Je la remets ce matin , par duplicata, à son courrier. Ce n'est que ce matin que j'ai reçu la première lettre qu elle m'avait écrite* Quand il y aura quelque chose de nouveau, J^aurai soin d'en informer Votre Majçsié.

» L'ennemi n'a encore h\i passer l'Oder qu'à des partisans. Mais ces partis de cavalerie nous inquiè* tent beaucoup, vu le manque total où nous sommes de celte arme. Les cantonnements que j'ai fait prendre à l'armée autour de Berlin ont momentanément éloigné l'ennemi de cette capitale* »

m RUSSIE. â87

« Sire y je m'empresse d'informer Votre Majesté que toutes les nouvelles que je reçois annoncent que l'ennemi s'occupe sérieusement du passage de l'Oder sur divers points. Déjà 8,000 chevaux ont passé en face de moi avec de l'artillerie ; l'infanterie a commencé hier son passage sur les points de Freyenwalde et de Wrietzen; et le général Witgenstein était hier, avec 80 pièces d'artillerie, sur la rive droite de l'Oder. Dans ces circonstances, je ne dois pas prolonger davantage mon séjour en Prusse ; et quoiqu'il m'en coûte d'abandonner Berlin, le manque total de cavalerie me force l\ retirer sur FElbe les troupes que j'ai avec moi. On ne peut douter à présent que l'ennemi n'effectue un prompt passage en Silésie, et je ne veux pas risquer que le gros de son armée puisse arriver sur l'Elbe et se trouver sur les grandes communications de Leipsick avant moi. Je regrette bien d'être obligé à ce mouvement ; mais le retarder, serait compromettre mes troupes, et j'espère trouver en arrière de moi des

renforls en cavalerie et artillerie qui nous permettront d'arrêter Tennemi sur l'Elbe.

» Sch6nberg, près Berlin, le 3 mars iS13.

» P. S. J'allais expédier la présente lettre, Sire, lorsque le courrier de Votre Majesté m'est arrivé. Elle répond aux diverses questions que Votre Majesté m'adresse. Le corps du général Lauriston était déjà en.Westphalie et autour de Magdebourgy les principales forces de l'ennemi paraissent d'ailleurs agir par laSilésie sur Dresde, j'ai jugé que la position des troupes était plus convenable vers Leipsick. Je compte donc établir mon quartier-général entre cette ville et Wittemberg, où j'ai fait faire une tête de pont, et que je ferai occu* per par ma division.

» 3 mars au soir. »

« Sire, j'ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le 8 courant. J'ai fait les dispositions nécessaires pour défendre l'Elbe depuis Dresde jusqu'à Magdebourg» avec les corps saxons,

bavarois^ et ceux des généraux Grenier et Lauriston. Le prince d'Eckmûhl est parti pour Dresde à l'effet de prendre le commandement de la droite. Quant à la partie de l'Elbe au-dessous de Magdebourg sur laquelle Votre Majesté témoigne des craintes, je dois la prévenir que le général Lauriston y a une division et que le duc de Bellune y mardie avec tous les seconds bataillons des 1*" et 2"* corps, organisés en 2 divisions. Il aura sous ses ordres 560 gendarmes montés : ce n'est pas assez de cavalerie^ je ne puis y en envoyer davantage, et je prie Votre Majesté d'y diriger le plus tôt possible celle dont elle pourra disposer.

«L'Empereur a dû écrire à Votre Majesté de diriger une division de ses troupes sur Hawelsberg ; je serais fort tranquille sur ma gauche si Votre Majesté pouvait y envoyer promptement celte division.

» Je renouvelle à Votre Majesté l'assurance de tous mes sentiments, de Votre Majesté, le très affectionné neveu.

» Eugène Napoléon.

» Leipsick» le il mars iSi3. »

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