‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 3)Chapitre 70 sur 109 · CHAPITRE xxn. tl · texte numérisé non relu

CHAPITRE xxn. tl

» sont les forces dissémiuëes de Yeimemi^au lieu V de frapper au cœur^ selon l'expression de S. M»

des baïonnettes, répend Angerean. Ija séance continuant sur ce tQn , il se retire ; mais tenant la porte entr ouverte : « Vous pouvez » battre en retraite jusqu'à Paris : je m'en f . . .Quant à moi , mille

• bombes ! je ne le ferai pas, » £k il sortit , laissant les membres du Conseil stupéfaits de sa résolution. Vers deux beivres du matin^ il fut appelé cbez le général en cbef qui , pâle et défait , éta^t encore debout. Augereau en Fabordajit , lui dit : « £h bieif ! qu*as-tu décidé » bier avec ton conseil de guerre? ->- Rien ; mais après avoir loogr « temps réfléchi , je pense comme toi qu'il faut marcher à lennemi^ » et l'attaquer partout ou nous le trouverons. Voici mon plan: ta k marcheras sur Monte-Chiaro ; je m'avancerai avec Massena sur » Lonato ; Sauret ira reprendre ses anciennes positions de Salo , et » débloquera Guy-eux. » Augereau dans Tèffusion de sa joie , s'écria » en se jetant à son cou : « Vive la République ! la victoire est à

* nous. » . ^

Aussitôt sa diyjision se met en marche sur Monte-Ghiait). Obligé de rester encore une heures firescia pour ordonner quelques disr positions relatives aux subsistances et aux munitions, il apprend à un kilomètre de cette ville , que Casiiglione vient d'être évacué. ïl n'y avait pas un instant à perdre : il part au galop avec son état^major et son escorte , pour arrêter ce mouvement rétrograde. En passant à Monte-Chiaro , trouvant les troupes sous le^ armes, il veut en savoir la cause. On lui rapporte que le généi'al; Valette , corn- ^nandant.à Castiglione , vepait d'annoncer qu'il opérait sa retraite, parce que l'ennemi paraissait marcher sur là ville , et d'inviter k «n faire autant» Augereau adressa de violens reproches à ses géné*^ l'aux de brigade , leur rappelant qu'ils n'avaient d'ordre à recevoir que du général en, chef et de lui, et leur enjoignit.de faire former les faisceaux , et d'attendre l'ennemi de pied ferme.

Sur ces entrefaites, paraît le général Valette. Augereau après l'avoir accablé d'invectives , lui retira le commandement de sa brigade, ^t prescrivit au général Robert de la ramener à Mon(e-Chiaro*

Vers ^.h^vut^ après midi^ le. général Bonaparte arriva et des?

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» Elle m'ordonne en conséquence de vous réîlé- » rer ce que je vous ai mandé trois fois par ses

cendit an logement d'Augereau. « Je yiens d^apprendre, Ini dît-il ^ » que Valette a abandonné CastlgUone sans tirer un conp de fasiî » » et que sa tronpe s*est retirée ici et à San>Marco : ainsi , tu vois » qu'il faut effectuer absolument notre retraite. £h ! pourquoi cela, » f.... . , répond Augereau ? au nom de Dieu ! Iaisse*moi faire. Demaiiï » matin , j'attaquerai l'ennemi ; je sais d'autant plus certain de la » Tictoire , que jamais les troupes n'ont montré pins d'ardeur. Je * viens de visiter les camps : offîciers et soldats brûlent d'en venir » aux mains. — Dons ce cas, ajoute Bonaparte, je veux les voir » atessi. » Angereau se disposait à l'accompagner, lorsque tous les officiers généraux et supérieurs de' sa division vinrent offrir lears hommages au Général en chef. « Venez dans nos camps, lui dirent » ces braves , et vous jugerez par vous-même de l'esprit de la » troupe.» Non encore rassuré par ces témoignages, Bonaparte leur dit : « Savez -vous bien, mes amis, que vous avez %S mille » hommes devant vous , commandés par Wurmser ? — C'est égal , -» général! s'écrièrent-ils d'une voix unanime : nous n'avons jamais » compté nos ennemis. Soyez tranquille , et reposez-vous sur nous. » «Bonaparte visita néanmoins le camp : les troupes étaient en bataille^ fans armes, sur le front de bandière; aussitôt qu'elles l'aperçurent , elles l'accueilUrent aux cris de f^içe la Rêptihliijue ! vivent nos hrapes Oénéraiix ! A. V ennemi ! pas de retraite ! quelques volontaires s'élançant hors des rangs et indiquant à Bonaparte de la main le$ hauteurs de Castiglione , « Nous jurons de 'vaincre ou de nous faire » tous ensevelir là, » Alors se tournant vers- Augereau : « Tu as , •* raison , je crois ; avec des braves comme ceux-là , il ne faut ja- » mais parler de retraite. Allons donc, marchons à I^ennemi ! > £â effet , la bataille se livra et valnt une nouvelle victoire aux Républicains.

J'en appelle maintenant à fous ceux qui méditent sur les évéuesiens ; si le duc de Castiglioue eût déployé à Lyon le caractère qu'il montra dans cette circonstance, n'est-il pas permis de croire qu'U aurait changé eu «huit jours la face de» arffaires en Finance?

» ordres. Vous devez, M. le Maréchal , réunît vos » troupes en une seule colonne , vous mettre à la » tête et marcher soit sur le pays de Vaud, soit » sur le Jura , au cas que l'ennemi s'y trouve ras- » semblé.... ; c'est par la réunion des masses qu'on » obtient de grands succès. Je puis d'ailleurs vous » donner l'assurance que S. M. a des motifs trèsiy positifsi de penser que l'ennemi est d'avance' » très-effrayé des mouvemens qu'il suppose que » vous devez faire , et auxquels il doit en effet » s'attendre; Il serait bientôt rassuré si vous vous » borniez à faire faire des courses à des déta* » chemens , en restant tranquillement de ^otre P personne à Lyon* C'est en vous mettant à la tête » djB vos troupes , comme l'Empereur le veut , et j> en agissant vigoureusement , que vous parvien- }> drez à faire une grande et utile diversion. »

, Néanmoins , le gros de l'armée du Rhône fut à peu près stationnaire jusqu'au aS février. Le Maréchal n'ayant, à l'exception de lo mille hommes venus d'Espagne , que des conscrits pu des gardes nationales non instruits et mal habillés, hésitait à s'engager dans un pays de chicane , avant d'avoir complété leur équipement, et par ses motifs justifiait son inaction aux yeux du . Ministre qui , forcé de lui témoigner de nouveau le mécontentement de l'Empereur , lui écrivit le - 23 février ; a S. M. pense qu'il est très-indifférent p que les bataillons de la réserve de Nismes soient

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» mal habilles et mal équipés dès qu'ils ont des » fusils. Elle me charge de vous dire que le corps » du général Gérard , qui a fait de si belles choses 7) sous ses yeux, n'est composé que de coascrits y> à demi-nus. Il a en ce moment une divisioo de 9> 4 niille gardes nationaux en chapeaux ronds , y> en habits et vestes de paysans , et sans giber^nes, » armés de toutes sortes de fusils, dont il fait le >) plus grand cas ; et il voudrait bien en avoir » 3o mille. »

Toutefois, soit que l'Empereur crut devoir accueillir les observations du Maréchal , soit qu'it sentit la nécessité de le mettre à même de lutter avec moins d'inégalité contre les nouvelles forces que les Souverains alliés dirigeaient vers la Saône , il le renforça de tout ce qu'il put. Le Ministre de la guerre donna Tordre le i*''^ mars au duc d'Albufera , de mettre en route une nouvelle division de i o mille hommes , et au prince Bôrghèse d'en réunir une autre de 6 à 8 mille à Turin , et de lui faire repasser les Alpes dans les premiers jours d'avril; enfin il envoya en toute hâte , du dépôt général d'infanterie à Paris , 66 officiers et 286 sous-officiers , pour être placés dans les bataillons de gardes natio^ nales , dont ils devaient soigner l'instruction.

L'inaction du duc de Castiglione donna le temps à son adversaire de se reconnaître et d'indiiquer des points de rassemblement à ses diver»

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