‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 116 sur 129 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

lie prendre TofFensive aussitôt que les premier» seraient à même de les soutenir.

Napoléon de son côté,s'apercévantd'unepartie de ces mouvemens , crut que son adversaire remettait au lendemain la bataille , et n'en fut pas fâché , espérant sans doute avoir dans la nuit j des nouvelles du duc de Raguse ; il ordonna à l'infanterie de hivouaquer où elle avait combattu ; la division Friant et toute la cavalerie , à Fexceptionde la brigade polonaise , repassèrent le ruisseau de Chivy et allèrent s'établir à Etoù* velle , Chavignon , Mons et Laval ; le général Grouvelle fut détaché sur Soissons.

Tandis que les Français se disposaient à pren- -Aifaûredemût dre quelques heures de repos , Iç général Yorck faisait ses dispositions pour culbuter le maréchal de Raguse. Le prince Guillaume de Prusse soutenu des brigades Horn et Rlux , fiit chargé d'attaquer par la droite du village d'Athies. Le lieutenant-général Ziethen devait, avec toute la cavalerie prussietibe , donner contre celle qui lui était opposée , en tourner le flanc droit et là rejeter sur l'infanterie. Le général KJeist reçut l'instruction de combiner tellement son attaque sur la gauche du maréchal , que son avant-garde, soutenue de la brigade Pirch, côtoyât le bois vis-à-vis lec^el elle se trouvait , et vînt se réunir sur la chaussée au corps d' Yorck.

On ne se doutait de rien dans le camp français ,

4l6 CAMt>AGN£ Dfe 18149

et les troupes allumaient les feux dans leiirs U^ vouacs, lorsq^ue tout^à-coup le prince Guillaume de Prusse débouche en colonne serrée à droite et à gauche du village d'Athies , et tombe sur la brigade Lucotte. Au même moment, la cavalerie du général Zietben descendant çntre Salmoucy et le petit étang , assaillit celle du comte Borde^ souUe et la culbuta sur la chaussée* Les Prussien» n'éprouvant aucune résistance , arrivent précédés de la terreur et de répfmvante sur la colline boi* sée où campait le gros du 6^ corps et les réserves d'artillerie , et font main basse sur tout ce qu'ils rencontrent sans défense. A peine les piècçs en batterie eurent- elles le temps de faire une ou deux décharges : les canonniers les entraîné' rent à la prolonge vers la chaussée y mais un grand nombre resta dans tes fossés qui la bordent Tout le monde s'y amoncela avec l'intention de ^$e rallier, et déjà l'ordre commençait à se rétablir, lorsque l'avant -garde du général Kleist remonta le ruisseau de Sauvoire et se fit entendre sur les derrières : les premiers coups de fusil de ses tirailleurs saisirent les troupes d'une terreur panique ; celles déjà ralliées perdirent toute contenance : cavalerie , infanterie , artillerie , tout s'enfuit à la débandade jusqu'à Fétieux, où les plus fatigués reprirent haleine. La déroute n'aurait pas eu un terme si rapproché, si le détache*

Page 1