‹ Mémoires pour servir à l'histoire du chapitre de la cathédrale de S. Jacques de Montréal [microforme]Chapitre 48 sur 49 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Avant de terminer, nous désirons faire observer que l’Evêque, en établissant le chapitre de la cathédrale, accomplissait un devoir bien important, puisqu’il se conformait au droit commun de l'Eglise et à la volonté de son prédécesseur. C’est ce qui a toujours fait sa règle de conduite tout le temps qu’à duré son administration.

IL comprit tout d’abord qu’en succédant à un homme d’un grand mérite, et orné de qualités éminentes, il lui fallait user de beaucoup de prudence et de sagesse pour continuer les œuvres qu’il avait commencées ou qu’il avait projeté de faire, s’il n’eut été prévenu par une mort, hélas ! trop prompte.

Jeune encore, il se voyait chargé d’un diocèse nouveau où tout était à faire ; ce qui, dans les commencements, ne pouvait manquer de créer de sérieuses difficultés. Il était donc naturel qu’il cherchât des appuis pour pouvoir faire face à toutes ces difficultés. Cet appui, il le trouvait dans un chapitre composé d’hommes sages et éclairés.

Attaché à la personne de Monseigneur Lartigue en qualité de secrétaire, Monseigneur Bourget n’avait pas rempli d’autre office, et il n’avait par conséquent, exercé aucun ministère dans le diocèse. Il se trouvait donc sans expérience pour le gouvernement des paroisses, la direction des communautés,

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l'administration des biens ecclésiastiques, la charge d’aumônier, le soin des pauvres, et pour les autres emplois qui requièrent tant de sagesse chez ceux qui sont appelés au service de l'Eglise. Rien donc de surprenant, si le chapitre qu’il était appelé à fonder s’est trouvé tout d’abord composé de curés, de directeurs de séminaires, de confesseurs de religieuses, de prédicateurs de retraites, de rédacteurs de journaux, enfin d’hommes capables de siéger dans un Sénat Apostolique, pour aviser PEvêque et travailler eux-mêmes, sous sa direction, à donner à tout le diocèse le mouvement et la vie.

On s’étonne quelque fois de toutes les œuvres qui se sont faites et ont surgi comme par enchantement. En effet, on ne saurait y croire, si on ne voit à l’œuvre que l’Evêque seul ; mais qu’on le considère entouré d’une dizaine d'hommes dévoués, ne faisant qu’un cœur et qu’une âme, pour travailler avec désintéressement à la gloire de Dieu et au bien de la religion, et l’on pourra se rendre un compte juste du bien qui a pu se faire dans le diocése de Montréal avec une telle administration.

Il ne faut pas en être surpris, parceque l'Esprit Saint qui gouverne l’Eglise, ne peut manquer de

bénir tout ce qui se fait conformément à ses sages

institutions parmi lesquelles il faut, sans aucun doute, compter l’établissement des chapitres. Aussi le St. Siége qui est l’organe de cet esprit de sagesse

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a-t-il fait l'éloge, comme on l’a vu plus haut, du chapitre de Montréal.

Toute administration épiscopale, quelle que soit sa nature, rencontre nécessairement des oppositions ; elle ne plait pas à tout le monde ; elle a ses contradictions, et parfoiselle blesse. Ceux qui croient avoir des sujets de mécontentement, ont nécessairement des rapports avec les chanoines qui entourent l’Evèque et ne font qu’un avec lui. Ils ont par conséquent occasion de décharger leurs cœurs et de leur communiquer leurs peines. Leur intention est de faire passer, par eux, leurs plaintes jusqu’à PEvêque. Il s'ensuit des explications confidentielles et amicales ; ainsi des choses mal rapportées finissent par s’expliquer; certains préjugés qui avaient blessé des personnes d’ailleurs bien intentionnées, s’évanouissent et font place à des sentiments de cordialité qui resserrent les liens de la charité. Voilà ce qne PEvêque gagne a être assisté par des hommes influents et bien intentionnés qui font cause commune avec lui. Tels sont les heureux résultats que produisent les bons rapports qui existent entre ceux qui administrent et ceux qui sont administrés.

Ce qui fait la force de administration épiscopale c’est harmonie qui règne entre l’Evéque et ceux qui l’approchent, harmonie qui se communique à tous ceux qui y participent ou qui en sont les objets ; or, pour atteindre ce but désirable, rien de plus ef-

ficace que de s’épancher souvent et cordialement, C’est ce qui s’opère nécessairement, lorsque des hommes qui ont à promouvoir les intérêts d’un diocèse, sont dans l’heureuse nécessité de se voir, de s’entendre, de s’expliquer pour l’amour de la religion et le bien des âmes. Il s’ensuit toujours des' résolutions bien motivées, dégagées de tout intérêt humain et tendant à l’unique bien de la religion. De telles résolutions ne sauraient être changeantes, car elles sont fermes et généreuses; aussi, sontelles bien accueillies de tous les esprits sérieux qui n’ont en vue que le plus grand bien.

Telles sont les principales raisons qui font voir la sagesse de l’Eglise, en voulantque chaque Evèque s’entoure d’un certain nombre d’hommes dévoués aux intérêts de la religion, qui soient son conseil ordinaire, et forment comme un sénat apostolique, pour nousservir des termes usités dans le droit Canon.

Ces hommes qui se sont donnés à Dieu, pour célébrer les offices Divins, après avoir puisé dans la prière la sagesse d’en Haut, travaillent avec édifi. cation au salut des âmes, en mettant au service de toutes les bonnes œuvres les talents qu’ils ont reçus de Dieu pour l'honneur de la Religion,

En parcourant les notices que nous venons de donner sur chacun des chanoines titulaires, quelque courtes et incomplètes qu’elles soient, on pourra se

convaincre que le chapitre de la cathédrale de Mont-

ent. réal a été vraiment un Sénat Apostolique. Aussi, des par la large part qu’ils ont prise dans les œuvres dio- qui se sont faites, par la constante et généreuse de assistance qu’ils ont donnée à l’Evêque, par les luttes reli- qu’ils ont soutenues de concert avec Lui, pour le des’ plus grand bien du diocèse, les membres du chapitre érêt ont bien mérité de l’Eglise et de leurs concitoyens. lon. Et tous ceux qui voudront parler sans passion et tas; sans préjugés, leur rendront cette justice que Nous sl leur rendons Nous-même.

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