CHAPITRE V
Troisième partie du Code . illuminé ; . d^icxi^mfi grade préparatoire , AùadénUe dfSK.Villianir nùme , ou bien les/rèr^s de Minerçe^ . cr
Weishaupt tout occupé encore de^ lajLÔuVyure ^^^^ qu'il donneroitau code de.^on lUumiuisnie» pour^f^r en rendre la niarche plus captieuse, et plus înfau- ^V"*'^'^ lible, s'eiprimoit lui-même en ces.tçfmes, siir l^ps grades préparatoires qui dévoient ^succéder, au noviciat de ses élèves : « Dans la classe 3uivai|ite , p je pense à établir une espèce d'aqsîdémie ae » savans. Je veux que Tétuoe des fijnciens ,' l'art » d'observer et de tracer les caractères historiques , 9 et ceux des personnes ,vivantçs,\je veux que. * des traités , que des questions, pxpposées au » cQAçour^ ^ Cttrâu i^U ocçupatioi^de. nos lélcve^.
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» Je veux encore ici spécialement en faire les e*- 3f> pions les uns des autres , et de tous. De cette » classe seront pris ceux qui auront montré plus j> d'aptitude pour les mystères. Je veux enfin ici , p que Ton travaille à la connoissance et à Textir- 3» pation des préjugés. Chaque élève doit nous 7( déclarer par exemple y une fois par mois, quels » sont ceux qu'il a découverts dans lui-même » p ^ quel est le dominant , et à quel point il a réussi > à s'en défaire, i»
Plein lui-même ici de ses préjugés contre les Jésuites y il ne craint pas de dire : Je veux que cette déclaration soit cnez nous ce que la confes* sion étoit chez eux. Il ne pouvoit guère choisir 'plus mal ses exemples. Car précisément dans les collèges des Jésuites, les supérieurs Ventendoient jamais les confessions des inférieure; et cette disposition rendoit impossible chez eux l'abus atroce ■ par leand Weishaupt prétend excuser celui qu'il a fait ae la confiance de ses élèves , lorsque nous l'entendons ajouter : <« Je vois par ce moyen ceux x> qiii montrent de l'inclination pour certaine doc-p trine spéciale , relatii^e aux gouiPcrnemens , à 3» la religion. » ( Ecrits origin. tom. i , lett. 4 & , Caton. ) ,
tJn j^eii plus réservés sur Fobjet du grade Mi- ; tierval , jes statut:; de ce grade portent simplem^t : i« Notre Ordre ici ne veut être consiaéré » que comme une société savante ou une aca* » demie , consacrant ses soins à former par « l'exemple et l'instruction , le cœur et l'esprit p de ses élèves, p ( Statuts de ce grade , N.^ 1 6. ) Ceux-ci sont appelés les frères de Minerçe ; les maîtres de ces frères sont les Illuminés mineurs ou bien majeurs. L'académie illuminée propre* -ment dite est composée de dix à douze , et quelquefois quinze Mioerçalistes^ dirigés ei instruits par un illuminé majeur.
DE l'Impiété et de l'àna&chte» 6^
Dans le calendrier de la secte , ses jours aca^ ^?^ dénii<{ues sont appelés saints ; les assemblées se miq^* tiennent ordinairement deux fois par mois, et}"***»^^ toujours à la nouvelle lune. Dans le langage il- ^* luminé y la salle académique est souvent appelée église* lElXe doit toujours être précédée aune antichambre , fermée par des verroux intérieurs » pendant que les frères sont assemblés ; et tellement disposée, que les curieux ne puissent ni voir ce qui s'y passe , ni entendre ce qui s'y dit* ( Voyez le rite BifinervaL )
Au commencement de chaque assemblée, le président doit toujours lire et commenter à sa manière quelques endroits choisis de la Bible j ow de Sénèçue , d'Epictète , de Marc-Aurèle et de Confucius. ( Ibid. ) Le soin qu'il aura de donner à tous ces livres la même autorité , sera déjà une leçon suflSsante aux élèves , pour juger de la Bible, à peu près comme ils jugent des philosophes du paganisme.
Cette leçon donnée , les élèves sont interrogés tour à tour « sur les livres qu'ils ont lus depuis 3» la dernière assemblée , sur les observations ou » découvertes qu'ils ont faites , et sur leurs tra-* j» vaux ou services relativement à l'Ordre. »
Les livres qui occupent les frères et dont ils ^^J^ doivent rendre compte , ne sont pas abandonnés nerYaie. ^ à leur chpix. Il est ,, autant que les circonstances le permettent , une bibliothèque dans le goût de rOrdre , attachée à chacune de ces académies. La secte d'ailleurs a soin de fournir les ouvrages Moyen* qui tendent à son but. Elle a pour enrichir ses ^^oîrwT bibliothèques trois ressources spéciales : la pre- Bibiîodiè* mière est l'argent que les frères y consacrent , la ^'**'* seconde est la précaution d'exiger qu'ils fournissent de leur propre bibliothèque , les ouvrages dont celle de l'Ordre pourroit avoir besoiu ; la
'fji ' CoNSPIBtATÏON ' DES SOPHISTM '
r troisième est fondée sut ce grand principe de ' Weishaupt , 'que tout ce qui est utile est un acte . de Qertu. Comme il est trés-uiile à l'Ordre de sa procurer c^ livres rares ou ces manuscrits précieux,-que les princes , les seigneurs, ou bien les religieux tiennent soigneusement renfermés dans leurs archives ou dans leurs bibliothèques, les nitmiiilés qui remplissent auprès des souverains ou des grands seigneurs les fonctions d'archivistes ou de bmliothécaires , sont avertis et sérieusement
{iressés , exhortés d(; ne pas se faire scrupule dtt arcin secret , qui mettroit la secte en possession de ces livres ou manuscrits. C'est là une de ces leçons que Weishaupt donne le plus formelle-*ment à ses adeptes, tantôt en leiu* disant de ne pas se faire un cas de conscience de donner aux irères ce qu'ils ont de la bibliothèque de la Cour; tantôt en envoyant la liste de ce qu'ils peuvent prendre dans celle des religieux carmes , en ajou^ tant : Tout cela seroit bien plus utile chez nous. ~ Que font ces drôles-tà de tous ces liçres ? ( Ecrits origin* tom. i , lett. 4^* )
Au reste , quelque soin que le fondateur semble prendre d'écarter certains ouvrages de la main de . ces Minen^alistes , on voit assez par la manière dont il compose les bibliothèques de TOrdre , qu'il ne craint pas de leur en livrer un bon nombre ] tendant au môme but , et de ceux-là sur-tout qui
Seuvent commencer par leur inspirer le mépris e la religion. Il voudroit voir, enir'auères, dans ces bibliothèques une Histoire prétendue impar^ tiale de V Eglise , et il se propose avec le temps de la donner lui-mcme de sa façon ou d'y contri- ' bfier. Il veut que l'on ne laisse rien échapper de " Sarpi , du Magasin de le Bret et de tout ce qui a été écrit contre les religieux. ( Ibid. ) H avok même mis au nombre de ces livres qui doivent
M LiMPIÉrf ET DE L^AnARCHîE. ji!
enrichir les bibliothèques de ce grade , les œuvres si impies, publiées sous le nom de FréreU Sa prudence sembloit avoir oublié ici qu'il falloit moins précipiter sa marche auprès de ses élèves ; mais averti par Kiiigge , il corrigea cette faute. ( LeU. de Philon à Caton. ) D'ailleïu*s il devoit y avoir dans la bibliothèque Minervale , une foule d'autres livres qui en cachent l'objet. C'est dans reusemble de ces livres que le maître illuminé choisira ceux qui conduisent peu à peu ses élèves aux opinions de la secte , en se ressouvenant que les plus impies ou les plus séditieux soniréserçés à des grades plus aisances. S'il trouvoit chez un de ses élèves , le Système de la nature , la PolU tique naturelle , tielçétius de Vhomme , et antres semblables , sans les louer ou les blasphémer , il lui laissera. ( Lett. 3 à Caton. ) £n un mot, c'est dans ces écoles Mînervales que les frères instituteurs exerceront plus spécialement ce grand art de faire trouver par les adeptes mêmes les opinions de rOrdre , plutôt que de les dévoiler ; afin que , les regardant comme les leurs propres , comme la découverte de leur génie, ils j adhèrent aussi plus fermement.
11 est dans ces écoles une autre manière d^at- Trayanx tacher les adeptes à Tordre même. Dans les pre- ^ l'^^r raiers temps de sa réception , tout frère illuminé nentXu doit déclarer de quelle espèce d'art ou de science il veut foire sa principale occupation /lorsque son étal , son génie ou bien des circonstance particulières ne l'appellent à aucune profession littéraire. Dans ce dernier cas , il faudra que ses contribua tîons pécuniaires fSiyent les services que les frères ne peuvent attendre de son esprit. ( Ecrits orig. t. I , sommaire de V Institut , A^.^ 9. ) Si les frères se décident pour l'étude , l'Ordre prend avec eux rengagement de leur fournir tous les
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secours possibles , pour les aider à se distinguer dans Tart ou la science qu'ils ont choisie , à Pexception pourtant de la théologie et de la jurisprudence ^ deux sciences formellement exceptées de la promesse. ( Statuts du Mînerval , N.^ i . ) Ces secours pour le frère Miuerval sont de deux espèces. D'abord , pour s'assurer qu'il ne néglige point la science à laquelle il a dit se vouer , i( faut qu'il rende compte au moins une fois par an des progrès qu'il a faits , des découvertes aont il peut se féliciter , et des auteurs qu'il a extraits. £n second lieu , les autres frères adonnés au même
genre d'études sont priés de l'aider de leurs moyens, 'il se rencontre des difficultés qu'il ne puisse pas résoudre, il peut s'adresser au supérieur, qui les résoudra lui-même, ou bien les fera parvenir aux divers membres de l'Ordre les plus experts dans ces matières , et qui doivent contribuer à éclairer leurs frères. ( Ibîd. iV.° 2. ) Pyî, Enfin , pour donner encore plus spécialement Wcid^mi- à ce grade Minerval toute l'apparence d'une so- ^"*'' ciété littéraire , les Supérieurs proposent chaque année , au concours , quelques questions intéressantes. Les réponses ou dissertations sont jugées comme dans les académies , et le discours qui a remporté le prix est imprimé aux frais de TOrdre. Le même avantage est offert aux adeptes pour tous les ouvrages qu'ils voudront publier, pourvu toutefois qu'ils ne s'écartent pas des vues du fondateur. {Ibid. iV.®'6 et lo.Uls entreroient doublement dans son intention, si leurs œuvres étoient de ces brochures que Weishaupt appelle despas^ jquilles , qui font rire les peuples aux dépens du sacerdoce , et des mérités religieuses , des parodies sur les lamentations de Jérémie , des imitations burlesques despropliètes , en un mot de ces satires qui disposent les peuples à l'objet de la seclQ»
DE lImpiété et de l'Anarchie. 73 Telles sont les meilleures preuves que le Minerval puisse donner de ses progrès. La secte a ses Zîhraires , qui les débiteront , et Tordre en fera entrer le profit dans sa caisse. ( Ecrits origin. lett. ^^^ ' de Wcish. i5 fevr. 1 778, et 4 avril 1 779. ) mi^iM
Il est à observer que si le frère Minerval ou même les adeptes des autres grades viennent à découvrir dans leur art , dans un genre quelconque , des secrets lucratifs , sous peine d'être regardes comme faux frères , ils sont obligés d'en faire part à l'Ordre » à qui ces secrets mêmes seront regardés comme appartenans , si la découverte en a été faite par les frères depuis leur admission. ( Voyez sommaire de VlnsU N.^ 11 , et le çérit. Illum. )
Pour n'être point perdu de vue dans ses voyages même , le Minerval ne doit en entre-
1)rendre aucun sans avertir ses supérieurs , qui de cur côté doivent lui donner des lettres de recommandation pour les frères qui se trouveront sur sa route. Mais en revanche , il aura soin de rendre dans ses lettres un compte assidu de tout ce qu'il verra de dangereux ou de flatteur pour l'Ordre. ( Statuts du Minen^al. N.^ i i . )
N'oublions pas de dire que dans ces assemblées ,i.^J^^^J académiques , le directeur illuminé doit au moins , démîques une fois par mois, passer en revue les principales ^*' fautes qu'il auroit à reprendre dans ses élèves. Il doit les interroger eux - mêmes sur celles qu'ils anroient observées ; et ce seroit y lui disent les statuts, une chose impardonnable que chacun prétendit n'avoir rien observé en ce genre dans l'espace d'un mois entier. Ce seroit prouver une extrême paresse à se former Vesprit observateur. Le su^ périeur ne souffrira pas une pareille négligence- 11 fera lui-même ses observations de manière à exciter une attention sérieuse , à faire impression , pour qu'elles ne soient point perdues , et que