‹ Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinismeChapitre 14 sur 61 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

Quatrième partie du Code illuminé ; troisième grade ; V Illuminé mineur »

PonMe -LiE grade enluminé mineur n'a pas seulement rijjiidc pour objet de disposer de plus en plus les frères et: grudc. ^^^ secrets qu'il n'est pas encore temps de leur révéler , il faut qu'il les mette en état de présider eux-mêmes à ces académies mînervales, dans les-* quelles ils ont fait distinguer leurs talens et leur zèle pour la secte. La méthode qui doit produire ce double effet , est sur-tout remarquable par un de ces artifices qu'il étoit donné à Weishaupt seul d'imaginer.

Les illuminés mineurs ont leurs séances comme

DE lImpiété et de l'Anarchie. 77 les académies minervales. Leur président est essentiellement un de ces adeptes initiés aux premiets mystères de rilkmiinisme , sous le nom de Prêtres. Seul dans ces assemblées à connoUre ces preçiiers mystères, il faut qu'il tienne ses élèves dans la persuasion que dans le grade où il se trouve il n'a |)oint de secret à leur apprendre ; il n'en faut pas moins qu'il fasse en quelque sorte éclore dans leiur esprit la plupart des opinions dont ces mystères sont le développetnent. Sans s'en apercevoir , il fant que les illiuninés mineurs deviennent en quelque sorte eux-mêmes les auteurs, lesinventeurs, les pères des erreurs de Weishaupt ; qu'ils les regardent comme le fruit de leur génie , «t se trouvent par cela même plus zélés pour leur défense et leurpropagation.Ilfaut, suivant l'expression du code même , que l'adepte puisse se regar der comme lefoiidatewrdunous^el Ordre , afin de concevoir la même ardeur pour son triomphe. Il est pour cet objet un discours prononcé à l'initia- p<)u7?<!' tion du nouveau grade ; ce discours est du genre p*-*^*"**' de ceux dont l'obscurité afiectée peut o£frir à Tes- ** ^^^ prit bs erreurs les plus monstrueuses , sans eu exprimer clairement aucune. Le voile qiii les couvre n'est ni assez épais pour les cacher, ni asse;( léger pour les laisser clairement distinguer. Tout œ que les nouveaux initiés peuvent en concevoir lors d'une première lecture , c'est que le but de t Ordre est le plus digne de leur admiration et de leur zèle ; c'est qu'il faut brûler d'enthousiasme

S oar obtenir ce but, pour arriver à ce dernier objet e tous les travaux de l'illuminisme ; que pour jouir de ce bonheur , il faut de la part des adeptes bien plus d action que de paroles* Mais quel est donc ce but, et auels sont les obstacles à vaincre? de and genre doivent être les actions , les travaux de 1 adepte , pour y parvenir un jour ? C'est là-

7 8 CONSPIRATIOK DES SOPHISÎtES

dessus que roulent les <5nigmes et les obscnrit^; c'est là-dessus que doit s'exercer son génie. Pour qu'il crée lui-rnéboie et qu'il enfante toutes ces erreurs que Ton n ose encore lui dévoiler , ce même discours sentira désormais de texte à ceux qu'il doit lui^m^éme composer pour Rassemblée des Frères. Le président aura soin de choisir les articles énigmatiques , mais dont l'obscurité se prête au développement de l'opinion qu'il cherche à reconnoître dans ses élèves. II fera de ces éut^ mes le sujet de leurs thèmes ; et il exigera surtout que les conclusions soient pratiques. ( I^e véritab. lllum. instruc. pour les supérieurs dé ce grade. ) Pour donner une idée de ce que doivent être ces thèmes ou commentaires, citons au moins ici ime partie du texte :

« Il est assurément dans ce monde des délits généraux , avxqucls le sage et rhonnéte homme i>oudroient mettre un terme. Quand nous considérons que chaque homme dans ce monde si beau, pourroit être heureux , mais que notre bonheur -est souvent troublé par le malheur des uns , par la méchanceté et par terreur des autres , que les méchans ont la puissance sur les bons ; que Vopposi^ tion ou rinsurrection privée est ici inutile; que la peine tombe presque toujours sur l'homme de bien; — alors s'élèi^e naturelternent le désir de uoir se Jbrmer une association d'hommes à l'ame forte et noble , capables de résister aux méclmns , d'aider les bons , de se procurer à eux mêmes le repos 9 le contentement, la sûreté, -^ àe produire tous ces effets par des moyens fondés sur le plus Juiut degré des forces de la nature humaine* Uh pareil objet dans une société secrète ne seroit pas seulement le plus innocent , il seroit le plus digne de l'homme sage et bien pensant* {Disc* de ce grade.) .

DÉ lImpiété et de l^'Anarchie. 79

Sur j:e texte seul ; combien de choses peuvent se présenter aux commentaires de rillumlné mineur! II faudra ou'U devine dans un premier thème quels sont ces délits généraux auxquels la secte veut mettre un terme ; quelles sont les erreurs ^ et quels sont les méchansqui troublent le bonheur de ce monde par la puissance exercée sur las bons ; quelles sont les sociétés secrètes qui rempliront les vœux des sages , non par des insurrections privées , mais par le plus grand degré des forces de la ruiture humaine ; et quel est enfin cet ordre de choses vers lequel il faut diriger tant de forces pour triompher de Tordre actuel ?

Plus le frère chargé de ces commentaires entrera dans Tesprit de la secte , plus il sera estimé digne de remplir le second objet de son grade. Il ne doit pas encore dans ce grade présider à l'académie des frères ; il est encore censé novice dans Tart des supérieurs. L'Ordre ne lui confie qu'un ou deux élèves de Minerve ; mais il peut se consoler de Texiguité de son troupeau, en Usant dans ses instructions que , n'eût-il forme à tordre quun ou deux hommes dans sa i>ïe , il aura fait quelque chose de grand.

Pour réussir dans celte mission ; toute borné» qo'çlle est encore, l'illuminé mineur n'est point abandonné à sa propre prudence ; il est dès in<(^tructions qui le (lîrigent. J^ai prévenu que dans cette partie des mémoires sur le jacobinisme , mon objet étoit. non-seulement de prouver la conspiration des. illuminés , mais plus spécialement encore de rendre sensibles les dangers de là société, en feisant connoUre 1^ moyens propres à la secte. Parmi ces moyens , il faut certainement disiihguér les lois données^ par Weishaupt à ces iiliuiiinés mineurs ^ qu'il aispose par l'autorité qu'il leur imine ^ et par la manière dont il leur apprend à

8o Conspiration des Sophistes

l'exercer d*abord sur un ou deux membres , k une supériorité plus étendue. Ces lois , ces instructions me semblent un chef--d'œuvre de cette prudence du serpent , si malheureusement bien

{>lus ingénieuse et plus laborieuse pour la scéératesse et la séduction , que les honnêtes gens ne le sont pour la vertu* Cette partie du code de Weishaupt est intitulée :Jnstructwnspgurj[^^ des collaborateurs utiles à rHunfimsme. Je vais /- / ' ^ en extraire une grande partie. Que le lecteur médite et juge ce qu'il doit redouter de tant de pré* ceptes, de tant de lois et d'artifices» tous tendans à former les adeptes de la plus étonnante , de la plus universelle des conspirations :

VojeoM ^ Ayez assidûment les yeux sur chacun des J^d frères confiés à vos soins ; observez votre élève , •bj«t« siu*-tout dans les circonstances où il est tenté d'être ce qu'il ne doit pas être. C'est là le moment où il doit se montrer; c'est alors que vous verrez les progrès qu'il aura faits. Ayez les yeux sur lui encore dans ces momens ou il ne croit pas être observé , où l'on ne peut pas dire que le désir d'être loué , la crainte d'être blâmé y ou la honte ou la réflexion sur la peine influent sur sa conduite. Soyez exact alors à écrire vos notes ou vos observations , vous y gagnerez infiniment pour vous , pour vos élèves. »

« Que vos jugemens ne se règlent pas sur vos propres inclinations. Ne croyez pas un homme excellent , parce qu'il a une qualité brillante ; ne le croyez pas méchant , parce qu'il a un défaut marquant. C'est là une très-grande faute de la part de ceux qui se laissent prendre au premier coup d'oeil. »

« Ne croyez pas sur-totit votre homme un génie » transcendant , parce qu'il brille par ses discours.

»Ce

^ ClesoBt les faits y les faits qui montrent l'homme I» fortemèht convaincu »

« Ne vous fiez pas facilement àiix riches ^ aux » puissant : leur conversion est lente. )»

« Ce qlill faut chercher à former ^ c'est le cdeun Celui qui ne ferme point Poreiile aux plaintes dd malheureux ; i^elui qui est cônstaiU dans l^advér-^ site et inëbranlablé aans ses projets ; celui qui se «eut Tame faite pour de grandes entreprises , et celui-là sur -tout qui s'est accdiitumé à l^esprit observateur, voilà rhommemi^il nous faut* Laissez* là ces âmes étroites ei-ioîmes qui ne savent pa$; 5'ëlancer au delà de leur sphère. f>

y» Avec vos élèves lisez ces livres faciles à comprendre , riches en images et qui élèvent Tame* Parlez-leur beaucoup ; mais que vos dis^ cours sortent du cœur et non pas de la tête. Yod liuditeurs s'enflamment quand ils vous voient vous^ même tout de feu# Ftutes^ei soupirer aptèi Pins-*' iarU où h gfand ptùjet s^accomplira.

* Pùr*dcssus tout excitez t amour duhut. QuUU ie iH>ien€ grand ^ important , lié ai^ec leurs iniéféts et leurs pasSionsfai>ùrttes. Peignéz4eûn>i0e* l c. 1 / ment la misère du monde ; dites^leur ce que les] I hommes sont et ce qiuùils pourroient être ; ce qu'ils ' auroient à faire; combien ils méconilpissent leur pro^ pre intérêt y combien notre société s'en occupe ; et ce qu'ils peuvent attendre sur cet objet y de ce que nous faisons déjà dans nos premiers grades. » «Evitez toute familiarité et toute occasion de a montrer totre câté fôible } parler toujours de p Filluminisme avec dignité.

« Inspirez Testime et le respect pour nos supé> n rieurs ; faites sentir la nécessité de l'obéissance » dans une société bien ordonnée, d

« Réveillez Tardeur par l'utUké de nos ^^g^ taux; évitez la sécheresse et une inutile métantiv« ToMB. IIL F

8« Conspiration des Sophistes

sique. Mettez à portée de vos élèves ce que voifi exigez d'eux ; étudiez la manière propre à chacun. On peut tout faire des hommes , quand on sait tirer avantage de leurs penchans aominans. »

« Pour leur inspirer Tesprit observateur y commencez par de petits essais dans la conversation. Faites-leur des questions faciles sur Fart de pénétrer un hoDune malgré toute sa dissimulation. Faîtes semblant de trouver leur réponse meilleure que la vôtre ; cela leur donne de la confiance ; vous aurez occasion une autrefois de dire votre propre pensée. Faites-leur part de vos observa-tions sur la physionomie , la démarche , la voir; Dites-leur quelquefois qu'ils ont d'excellentes dis-

{)ositioiis , qu'il ne leur manque en ce genre que 'usage. Louez les uns pour animer les autres. «»

« A présent que i^ous sai^ez combien il en coûte y» pour amener les hommes où on çeut les ai^ir^ » ne négligez aucune occasion de répandre les » bons principes par-tout où cous pourrez ; d^ins- ^ pirer à tous du courage » de la résolution. Mais » observez bien ceci : Qui ueut changer à la/ois » tous les hommes ne change personne* Dans les » villes que vous habitez , partagez ce tramil » açec les Illuminés de i^otre grade. Choisissez- » un ou deux y tout au plus trois Minerçains ^de » cefix auprès de qui cous ai^z le plus de crédit » et d'autorité; mais consacrez-leur tous t^os soins^ » toute iH)tre peine. Fous aurez beaucoup /ait , » si dans cotre pîc wus formez deux ou trois 3» hommes* Faùesdeceux que cous aurez choisis 7i Fobjet constant de vos observations. Lorsqu'un j) moyen ne réussira pas , cherchez^n un autre y p jusqu^à ce que vous ayez trouvé le bon. Etudiez » à quoi votre élève est propre ; quels sont les f> les principes intermédiaires qui lui manquent » pour admettre les Jbndamentauxi Le grand

Ds lImpiété et de t^ANARCmE. 83 > art est de profiter du irai moment. Là , &est 9 de la chaleur , ici c'est du sang froid qu'il » Jaut. Faites que votre élèi^e s'attribue à lui-* » même et non pas à cous ses progrès^ S'il s'em^ j» porte j point de contradiction ; ce n'est pas le « moment de rien entreprendre ; écoutez-le j cfuoi^ j» qu^il ait tort. N'attaquez jamais les consé^ » quences , toujours le principe. Attendez Fins^ » tant où iH>us pourrez cous expliquer , sans 9 açoir F air de contredire. Le meilleur moyen 3» seroit de wus entendre ai^ec un autre, que çcus j» feriez semblant de combatte dans des con^ » çersations y où celui que i^ous ai^ez en vue de » convaincre ne sera plus partie , mais simple » auditeur : alors pressez vos argumens dans » toute leur force. >>

tt Les fautes que vous voulez corriger en lui > » ne les présentez pas comme les siennes. Racon^ p tez la chose comme si un autre Tavoit faite. » Demandez -lui conseil et qu'il soit ainsi soa 9 propre juge« »

« Pour tout cela il faut du temps. Ne précipitez rien ; c'est de la solidité et de la facilité pour l'action qu'il faut à vos élèves. Souvent lire ^ méditer , écouter , voir la même chose , et agir ensuite ; voilà ce qui donne cette facilite qui de- Tient habitude >»

a Yoidez-vous arracher son opinion ? proposez-» lui quelque discours à faire sur aes questions rela^ rives à votre objet , comme pour exercîer son esprit. Par Jà y il apprend lui-même à réfléchir sut les principes ; et vous découvrez , vous , ceux que TOUS devez plus spécialement déraciner en lui. >«?

« Instruisez , avertissez ; mais point de froides déclamations ; quelques mots pleins de force et à propoé , quand soa esprit se trouve dans une situation convenable. »

8'4 Co*TswïiAnoN dès Sophistes

<sc N^exigez jamais trop à la fois. Soyet ptê^ f> voyant ,' paternel ^ soigneui* Ne désespérez pas# ' » On fait aes hommes tout ce qu*on i^ut* »

« Etudiez les motifs ^ les principes qne votfe ji élète tient de son éducation. SUls ne valent rietti h pour nous , affbiblîssez^les peu à peu ; substi^ p tuez et fortifiez-en d^autres. Mais il faut ici de j> la prudence. »

« Voyez ce que les religions , les sectes , ia politique font faire atix hommes. — On peut leiir inspirer de Tenthousiasme potu- des folies ; c'e^t donc dans 1^ manière de les prendre que doit être l'art de donner la prépondérance à la vérité et à la vertu* Servez -v^us pour le bien des mêmes moyens que les fourbes emploient pour le mai , et vous réussirez» Si les médians sont puissant ^ c'est que les bons sont trop peu actifs et trop timides. Il est des circonstances où il faut ausisi ' swoir montrer de t humeur , de la bile , pour ' défendre les droits de Vhomme. »

« Dites à vos élèves qu'ils ne doivent chercher dans l'Ordre que la bonté du but ; qu'antiquité , puissance , ricnesse > tout cela doit leur être iii«différent» »

<( Dites-leur que sHls trouvent ailleurs une so* ciété qui les mène plus vite ^ plus sûrement au ))ut , toute notre douleur est de ne pas la connoître ; ^- qu'en attendant , nous obéissons aux lois de nos supérieurs ^ travaillant en paix et ne persécutant personne» -^ Suivez ces règles de conduite , et encore une fois vous aurez beaucoup fait pour le monde , si vous formez deux hommes d'après nos principes* »

i w Jyez soin encore de sa,isir t instant oà \K>tre \ , élève est mécontent de ce monde , oit rien ne va suivant son ca*ur; où le plus puissant même sent le besoin quHl a des autres' pour arriver à un

DE l'Impiété et de l'Anarchie. 86 meilleur ordre de choses» C'est alors qu!U faut presser ce cœur sensible^ redoubler sa sensibilité » et lui montrer combien les sociétés secrètes sont nécessaires pour arriver à ce meilleur ordre de choses» »

« Mais ne croyez pas trop aisément à ïa constance de ces mouvemens. L indignation peut être t^ei d^une crainte , d*un espoir passager^, d'une passion çu*on wudroit satisfaire. Ce n^est pas encore là de Thabitude. Les hommes ne .devien* nent pas si yiteboiis. Cassez toujours au pire , et insistez» Un cœur facile à s'émouvoir peut encore changer*»

« r<e promettez pas trop » pour tenir davantage^ EleYez les courages abattus ^ réprimez Texcès d'ardeur. Inspirez l'espoir dans le malheur, la crainte dans la prospérité. »

« Voilà nos règles » pour faire de vous un bon instituteur et conducteur des hommes. C'est en les suivant que vous ajouterez à l'armée des élus« Si votre propre bonheur vous est cher , travaillez sous potre conduite, à délivrer de la nécessité! d'être méchans , tant de milliers d'hommes qui voudroient être bons. *« Croyez^-nous; c'est Tex* périence qui nous Ta dit : ôtez au vice sa puis« sance — et tout ira bien dans le monde. Mais si le vice est puissant , c'est que parmi les bons , les ans sont trop paresseux , les autres trop ardens r c'est que les bonunes se laissent diviser , ou se reposent sur l'avenir du soin dfamener les révo<» bitions : c^esi qu^en attendant ils aiment mieus^ courber le dos et plier sousle foug , que résister efficacement au vice. S'ils savoient que la çertu y M*est puis toute dans la p&tience ^ mais dans fac^ tion , ils se réveilleroient de leur sommeil.*-- Pour vous f unissez^vous aux frères > ayez confiance à .notre société i rien ne lui est impossible si nouj^

Fa

86 Conspiration des Sophistes

suivons ses lois. Nous travaillons pour rendre au mérite sa rëcompense , aux foibles leur appui, auK mëchans leurs chaînes , à Thomme sa dignité. C'est là le second Canaan , la nouvelle terre pro* mis-' » terre d'abondance et de bénédiction , que nous ne découvrons , hélas ! encore que de loin. » ( Extrait des instructions C et T) pour les Illu-^ viinés mineurs. )

J*ai voulu quelquefois interrompre cet extrait par mes réflexions ; mais quel lecteur a besoin «être aidé pour se dire à lui-même : Quel zèle dans Weishaupt et quelle étrange ardeur a pu dicter et conibiner tant de conseils si propres à captiver Tesprit de ses élèves ? Est-il jin père , est-il un instituteur à qui Tamour de son enfant y de son pupille en ait suggéré de plus efficace ? Et cependant ce n'est encore là qu'une partie des leçons que Vlllurrdnè mineur doit toujours-avoir présentes à Tesprit , pour former des élèves à la secte. Il ne suffît pas seul à cet objet. Il faut que tous les Frères de ce grade se partagent le soin et l'inspection du grade inférieur ; que chacun marque sur ses tablettes jusques aux circonstances les plus insignifiantes. 11 faut ensuite que ces observations se comparent^ se rapprochent , et que de cet ensemble résulte le tableau sur lequel chaque élève sera jugé par ses supérieurs. ( Instruct* C y ^ect. II y A 2. ) Cependant quels sont donc les principes auxquels il s'agit de former ces élèves ? Quelle est donc cette vertu sublime qui doit être le fruit de tant de soins ? Nous le verrons bientôt; eé sont les principes de la scélératesse même. Cette i^ertu sublime , c'est tout ce qui peut dis-

Î)bser les esprits au règne de la corruption et de 'anarchie la plus générale. Nous le verrons , ce fj même homme , qui dit à ses élèves : Sen^ez-i^us ■ vour le bien des moyens que les fourbes em-

M hlmiirt ET DE L^ANARCIfiE. S/

fioientpour le mal, n'est lui-mcme que lehëros des fourbes , conduisant ses élèves aux forfaits ^ préparant les désastres de la société, avec plus d'ardeur , avec plus d'artifices que les bons ne mettent de zèle et de sagesse dans leurs travaux pour la vertu et le maintien des lois. Pour disposer plus efficacement Tesprit des adeptes , riUuminé mineur est encore aidé et surveillé lui-même par les Frères Illuminés ma/ei^r^, c'est-à-dire par ceux du grade les plus avancé dans la classe appelée préparatoire.

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