CHAPITRE V
Second moyen des Conjurés. Extinction des Jésuites.
L'hypocrisie de d'Alembert et de Voltaire avoit triomphé de tous les obstacles. Ils avoient si bien su présenter les ennemis de l'Encyclopédie comme autant de barbares et de fanatiques ennemis de toutes les sciences ; ils avoient trouvé successivement dans les ministres d'Argenson , Choiseul et Malesherbes , des protecteurs si puissans , que toute l'opposition du Grand-Dauphin , du Clergé et des écrivains religieux , n'empêchèrent pas que
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te dépôt de toute impiété ne fût regardé comme un ouvrage désormais nécessaire. Il étoit devenu en quelque sorte le fondement de toutes les bibliothèques publiques et particulières, soit en France , soit même dans tous les pays étrangers. C'étoit par-tout le livre à consulter sur toutes sortes d'objets. C'étoit bien plus spécialement encore le livre où toute ame simple , sous prétexte de s'instruire , pouvoit sans s'en apercevoir avaler le poison de l'incrédulité ; celui où tout sophiste et tout impie dévoient trouver des armes contre la religion. Les conjurés s'applaudissoient de ce premier moyen. Ils ne se dissimulèrent pas qu'il existoit des hommes dont le zèle , la science , la considération et l'autorité pouvoient encore faire avorter la conjuration. L'Eglise avoit ses défenseurs dans le Vœn g& corps des évêques et dans tout le clergé du second coniuns ordre. Elle avoit de plus un grand nombre de s°r k* corps religieux , que le clergé séculier pouvoit rt.iig[cp,!x. regarder comme des troupes auxiliaires , et toujours prêtes à s'unir à lui pour la cause du christianisme. Avant de dire comment les conjurés s'y prirent pour ôter à l'Eglise tous ses défenseurs , je dois d'abord parler d'un projet que Frédéric forma pour la ruiner , et dont nous verrons naître la résolution de commencer par la destruction des Jésuites , pour arriver à celle de tous les autres ordres religieux , à celle des évêques et de tout le sacerdoce.
En l'année i 743 , Voltaire avoit été chargé Premier
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a une négociation secrète auprès du roi de Prusse. Frédéric Parmi les lettres qu'il écrivoit alors de Berlin , il V0U£
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en existe une, adressée au ministre Amelot , et giiSe conçue en ces termes : « Dans le dernier entretien » que j'eus avec sa Majesté Prussienne , je lui » parlai d'un imprimé qui courut il y a six se- » maines en Hollande , dans lequel on propose
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