‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique du diocèse de ChambéryChapitre 54 sur 61 · IV. — PRÊTRES DU DIOCÈSE DE GENÈVE · texte numérisé non relu

IV. — PRÊTRES DU DIOCÈSE DE GENÈVE

1° Malin joud Joseph prêta les deux serments et contracta ensuite un mariage civil qui fut convalidé par un bref en

2° Fernex Henri , capucin de Thonon , souscrivit la formule d'Albitte et contracta ensuite un mariage civil. En

1803, il obtint la dispense nécessaire pour le faire convalider.

3° Martin Cadon , maître de musique à Annecy , se maria civilement après avoir souscrit la formule d'Albitte. Ce mariage fut con validé en 1803.

4° Etienne Langard , d'Albens , ordonné prêtre par M. Panisset, prêta les deux serments et se maria civilement. Le bref qu'il obtint ensuite du cardinal Caprara est du 31 décembre 1803.

5° François Crochat , marié civilement après avoir prêté les deux serments , obtint , pour faire convalider ce mariage, un bref du 10 mars 180G.

6° Guers , de Saint-Girod , se maria , se retira à Genève , où il établit une librairie et se fit protestant. Ses arrièreenfants sont aujourd'hui de bons catholiques.

Religieuses qui se sont mariées en Savoie pendant la Révolution.

1° Mareschal Anne-Baptiste, de Saint-Martin de la Porte, en Maurienne , religieuse du Béton , épousa civilement François Puget, d'Arvillard, gendarme. En 1 802 , François Pugct étant mort, elle obtint du cardinal légat l'absolution des censures qu'elle avait encourues et la permission de rester dans le monde.

2° Mansoz Claudine-Marguerite , de Chambéry , ursuline , épousa civilement le sieur de Maisonneuve , moine d'Hautecombe.

3° Arnaud Félicité, de Chambéry, annonciade, épousa un employé qui la conduisit en France.

4° De Rolland Jeanne-Marie, de Villard-Sallet, carmélite , épousa civilement un ouvrier italien.

5° Une demoiselle de Montovra de Barrai, de Chambéry, de Sainte-Claire hors ville , épousa un employé français qui l'emmena.

6° Une demoiselle de Coucy , visitandine , épousa civilement M. de Coucy, son cousin , capitaine de cavalerie.

7° Le citoyen Chambcrliac , officier français qui fut pendant quelque temps commandant de place à Chambéry , épousa une religieuse du Béton, qu'il -conduisit avec lui, lorsqu'il quitta le département.

(Page 383.)

Discours du préfet Verneilh à M& de Méri avilie, le jour de son installation, 23 janvier 1803.

Monsieur l'évèquc, la France était sans culte, et cependant la presque totalité d?s Français avait conservé sa croyance; le Gouvernement a fait cesser cette étrange contradiction. Les autels se sont tout à coup relevés , et la religion sort de ses ruines plus belle et en quelque sorte plus épurée par ses malheurs. Grâces soient donc rendues à celui qui a conçu et si heureusement exécuté la grande pensée de rétablir, au sein de la France républicaine , la foi de ses pères. Grâces lui soient rendues de nous avoir donné dans sa sagesse un prélat expérimenté, aussi recommandable par ses vertus que par l'éminence de sa place.

Depuis longtemps, Monsieur l'évêque, ^otre présence était attendue et désirée dans ce diocèse; mais vous étiez retenu par les besoins d'une égiisc célèbre que vous avez heureusement conciliée et organisée. Vous trouverez celle de Chamb'-ry dans une situation beaucoup plus tranquillisante. 11 semble que le peuple de la ci-devant Savoie, placé en quelque sorte par sa position plus près de la divinité, pouvait moins que tout autre se passer des secours de cette religion antique et bienfaisante, qui adoucit les mœurs, qui épure et ennoblit les sentiments, qui console et fortifie

dans le malheur et qui empêche l'homme puissant d'abuser de son pouvoir et de ses richesses.

Déjà, Monsieur l'évêque, la sagesse de votre administration a dissipa toutes les préventions et fait cesser toutes les inquiétudes; votre caractère bon, franc, indulgent et conciliateur, est déjà connu ; et l'on vous aime en même temps que l'on vous révère. Voyez l'empressement , l'allégresse de ce peuple rassemblé, après dix ans d'agitation et de troubles; il a besoin de sagesse, de calme et de paix; il vous demande des pasteurs à la fois purs, religieux et indulgents , qui ne sachent point séparer l'amour de la religion de l'amour de la patrie; non, ses espérances ne seront point trompées ; votre bon cœur et votre patriotisme éclairé nous en sont de sûrs garants. Les ministres de la religion rendront un juste hommage au gouvernement par qui elle a repris dans nos institutions le rang que lui assignaient la sainteté de son origine et l'importance des services qu'elle doit rendre à la société. Leur influence douce et salutaire , en fortifiant l'exécution des lois, va ramener dans le sein des familles et parmi les citoyens le règne des vertus avec l'union et la concorde.

Il m'est bien doux, Monsieur l'évêque, en vous présentant les clefs de votre église, d'avoir aussi cà vous offrir, au nom de tous les fonctionnaires publics, ou plutôt, de tous mes administrés, en échange de vos soins paternels, confiance, amour, considération , respect et reconnaissance.

Réponse de )fsr de Mérinri/lr.

Citoyen préfet , le rétablissement de la religion dans notre patrie est en effet le plus important pour tous les citoyens , pour les familles , pour le gouvernement et tous les ordres de la société , pour toute la France. Fut-il jamais un État florissant et heureux sans religion ? Mais , aux yeux de la foi qui révèle à l'homme ses destinées éternelles et les moyens

de les remplir , la religion est le bien suprême auquel tous les avantages de la terre sont subordonnés. Qu'il est donc heureux de la voir rétablir cette religion sainte , et qui mieux que ses ministres doit sentir ce bonheur?

Appelé par le premier Consul et envoyé par le Chef suprême de l'Église , pour rétablir et faire refleurir la religion catholique dans ces contrées, je sens combien cette charge redoutable est au-dessus de mes forces, et combien peu je mérite les éloges que vous m'avez adressés; mais les intentions qui m'animent sont pures; mon zèle est tout dévoué au bien. J'épuiserai le reste de mes forces à l'œuvre importante dont je suis chargé. Je serai secondé par le concours et l'exemple des magistrats vertueux , dignes de la confiance et animés de l'esprit du Gouvernement. Je me trouverai soutenu par la sagesse, le zèle et l'autorité du premier magistrat qui préside avec tant de succès et un applaudissement général à l'administration de ce département, et Dieu m'aidera du secours de ses grâces; j'ose espérer atteindre le grand but de mon ministère et coopérer efficacement au bonheur de la patrie en travaillant à la sanctification du troupeau qui m'est confié.

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