‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècle (volume 3)Chapitre 12 sur 54 · PREFACE. XXV · texte numérisé non relu

PREFACE. XXV

quelques auteurs dont les ouvrages étaient peu iniporlants (1).

Tel est le plan de cette nouvelle édition; telles sont les augmentations que nous y avons faites. Nous n'avons épargné ni peines ni recherches pour la perfectionner. JNous avons profilé des conseils de Taniilié et des reproches de la critique. Nous avions prié plusieurs personnes éclairées de nous communi(juer leuis observations, et nous y avons déféré toutes les fois qu'elles nous ont paru fondées. Nous avons supprimé quelcpies détails moins importants; mais surtout nous avons tâché de compléter ces Mé- 7?io/res , et de faire bien connaîtie l'esprit du siècle.

Il y a plus de quinze ans que cet ouvrage nous occupe. Lorsque nous l'entreprîmes, nous étions étonnés qu'il n'existât point encore de corps d'histoire ecclésiastique du dernier siècle. Les faits relatifs à cette paitie se trouvent dispersés dans une foule de livies différents, mêlés avec d'autres faits étrangers, et rapportés, [e plus souvent, d'une manière incomplète et peu satisfaisante. Ils sont même quelquefois si fort dénaturés par l'écrivain qui les raconte avec indifiérence, ou qui les altèie avec pailialilé, qu'on a besoin d'attention et de recherches pour aiiacher le voile dont on couvre la vérité. Vous n'apprenez là que la moitié des faits; pour trouver l'aulie moitié, il faut interroger d'autres monuments , comparer d'autres pièces, et c'est une véritable étude que de réunir ces traits épars et détachés pour en former un tableau qui ait de la suite et de l'ensemble. Nous avons donc parcouru , non-seulement les grandes

(I) Nous avons expli(|ué , à la fin de l'avis placé en tête de ce volume, la modification grave que nous apportions à celte partie du travail de M. Picot, et les raisons qui nous y ont détermines, F.diteni-.

^^yj PRÉFVCE.

collections qui pouvaient nous éclairer sur notre objet, tels que le BuUaire des Papes, les Procès-verbaux du Clergé, le Gallia Chrisùaiia, mais encore une foule de recueils, de mémoires, de pamplilels, de jouinaux, de brochures et d'écrits de toute espèce, où les faits se trouvaient comme égarés. C'est d'après ces pièces que nous avons travaillé. Nous n'avons appelé à notre secours, ni des traditions souvent fort équivoques, ni des anecdotes, ni des oui-dire; nous nous défions de ces sources suspectes, une des causes les plus fécondes des erreurs où tombe un historien. Quand on ne veut lien avancer que de sur et d'exact, il faut peu compter sur ces témoignages fugitifs. Ainsi, que l'on ne s'attende pas à trouver ici ces contes, ces anecdotes, ces épigrammes, ces traits d'esprit et de satire dont sont remplis tant de Mémoires, et qui ont fait entre autres la fortune de ceux de Saint-Simon et de Duclos. Nous nous sommes interdit cette ressource , qui eût peut-être rendu notre ouvrage piquant; mais ce n'a pas été là notre ambition. Nous avons rapporté ce que nous croyons, nous l'avons rapporté d'après des pièces authentiques, et après avoir comparé les rapports et confronté les témoignages. Nous nous étions même proposé d'abord de joindre à ces Mémoires la liste des éciits que nous avons consultés, en faisant connaître le degré de confiance que chacun d'eux méritait à notre avis. C'eût été comme autant de pièces justificatives qui eussent corrol^oré notre travail et rendu compte de notre marche. Mais après avoir commencé cette liste, nous nous sommes aperçu qu'elle aurait grossi considéraijlement nos Mémoires, et nous avons été obligés de renoncer à ce projet.

Quant au ton de cet ouvrage, nous espérons qu'on

PRLFACE. XXVII

V trouvera toute la modération désirable. A la vérité, nous ne nous sommes point proposé celle sorte d'impartialité qui raconterait froidement les avantan;es et les maux de l'Eglise, ne prendrait aucun parti dans les disputes qui la lroul)lent, et se rirait énalemenl et de ses défenseurs et de ses ennemis. Une telle disposition ne seiail pas d'un ami de la religion, et piuurait clie c[ualifiée de partialité véritable. Nous faisons piofession d'étie inviolablement attaché à l'Eglise. Dans le lécit des conibats qu'elle a essuyés, nous avons constamment piisses décisions pour notre boussole, et nous avons regardé comme lépréhensible ce qu'elle nous avertissait de considérer comme lel; mais nous n'avons point clierclié à exai^éier les torts. Nous ne nous attendons pas cependant à recueillir tous les suffiages. L'inmiortel auteur de V Histoire des variations des églises protestantes fut traité de fanatique par les ministres qu'il confondait, et cette dénomination, si commune de nos jours qu'elle a été prodiguée à ceux mêmes qui n'avaient d'autre tort que de croire en Dieu, celte dénominatio!], dis-je, ne flétrira pas apparemment celui à qui elle serait donnée par des hommes auxquels nous ne voulons pas l'appliquer nous-mêmes. Que nous soyons donc accusé de partialité par les partisans de ceux dont nous raconterons les écarts, nous en serons peu surpris. Nos vœux seront salisfaits si ces Mémoires ont Tapprobation des véritables amis de l'Eglise, de ses enfants dociles, et s'ils peuvent conhii)uer à ranimer l'intérêt que tous doivent prendre aux biens et aux maux de celte mère commune des fidèles.

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