POLOGNE
La Pologne suit la religion catholique, sani proscrire les iccte^ qui ôftt abandonné l'église romaine. Les dl.<isi-
dents jouissent dans ce pays d*one tolérance presque entière. On ne s^en était écarté, dans le siècle précédent, qu*enYers les sociniens, qni, à force de répandre leur système anti-chrétien, avaient provoqué Fattention et la sévérité du législateur. On avait aussi sévi contre un Polonais qui avait prêché hautement Tathéisme. Du reste, les catholiques, qumque dominants en nombre, laissaient les protestants fort tranquilles.
La Pologne se divise, quant au gouvernement eccléâas*tique, en deux métropoles, celle de Gnesne et celle de Léopol. L^archevcque de Gnesne est investi des plus belles prérogatives. Il est primat du royaume, le premier des sénateurs, légat né du saint Siège, et r^;ent de la république pendant les interrègnes. Il convoque les diètes et proclame les rois. Il y a rarement en Pologne un autre cardinal que lui, parce que la pourpre romaine ne donne aucune préséance dans le sénat, et qu*un évcque cardinal serait obligé de renoncer à son rang de sénateur pour soutenir celui de membre du sacré collège. L*archevêqne de Gnesne, en 1701, était Michel Radziejowski, cardinal depuis 1686. Dans la dernière élection, il avait été favorable au prince de G)nti, qui avait disputé la couronne à Auguste. L'archevêque de Gnesne a sous lui neuf suffragants, savoir : Cracovie, Wladislaw, AVilna, Posen, Plosko, Warmie, Lucko, Culm et Samogitie. L'évéque de Warmie était André Zaluski, prélat célèbre par son savoir et par ses libéralités, et qui a laissé quelques ouvrages. Léopol a quatre suffragants, Premislaw, Chelm, Kiow et Kaminieck. Tous ces évéchés ont de grands revenus, et donnent aux titulaires le droit de siéger dans le sénat. Mais le clergé inférieur est peu nombreux. Il y a plusieurs villes où il y a deux évéques, Tun du rit latin, Fautre du rit grec. La plupart des Polonais, qui suivent ce dernier rit, sont unis au saint Siège. Seulement ib conservent les cérémonies et les usages particuliers de leur Eglise. Il y a moins de couvents en Pologne que dans les autres parties de la chrétienté. Les religieux du rit grec
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sont de Tordre de saint Basile^ qui est fort accrédité dans ce pays, et qui fournit ceux qu'on élève à Tépiscopat. Le roi doit être de la religion catholique.
Auguste, qui régnait en 1701 , n'avait pu êlre élu qu'en renonçant au luthéranisme. Il avait même eu peine; malgré ce changement, à l'emporter sur son compédteur, le prince de Conti, à qui sa réputation et les insinuations de Vabbe de Polignac, ambassadeur de France à Varsovie, avait formé un parti puissant. Auguste avait eu recours k d'excessives libéralités, et même aux armes, pour faire prévaloir ses intérêts dans la diè(e. Il s'était appuyé du Donce du Pape, qui avait certifié la vérité de sa conversion. II finit par gagner le primat et ceux qui lui avaient d'abord été le«plus contraires. Mais il ne resta pas longtemps paisible possesseur de ce qui lui avait coûté tant de travaux et de sacrifices. La guerre qu'il eut à soutenir contre Charles XII, roi de Suède, lui prépara de nouveaux embarras. Il fut forcé de descendre du trône, et de se retirer dans son électoral, où il acheta la paix par un traité humiliant. Un autre roi fut élu en sa place, et Stanislas Leczinski régna quelque temps sous la protection de Charles XII.
Pendant ces guerres, la Pologne fut un théâtre de dissensions et de ravages. Les deux partis se traitaient sans ménagement. L'impérieux Charles XII, qui conduisait tout militairement, et qui ne souffrait aucune résistance à ses volontés, faisait la loi en Pologne. Il s'emparait des églises et installait des évêques à main armée. Le clergé polonais lui-même était partagé. Le cardinal Radziejôwski, l'évêque de Posen, Swocieski, et quelques autres, s'étaient déclarés contre Auguste. Le Pape leur écrivit avec force pour les engager à rester fidèles au prince élu par la nation. Il les manda tous deux à Rome pour y ren«- (Ire compte de leur conduite. L'évêque y fut conduit en effet et mis au château Saint-Ange. Le primat se retira àDantzick, où il mourut en 1705, laissant son pays en proie à la guerre civile. L'élection de son successeur fut
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mette ntié nouvelle cause de querelle. Le Pape et Auguste avaient fait archevêque de Gnesne, M. Szembeck^ évéque de Wladislaw, qui prit possession de son nouveau siëge. Les Suédois le chassèrent , et firent nommer, de force, administrateur du ^diocèse, un certain Dzulenski. Clément Jkl cassa son élection Illégale. Le même Pontife protégea de tout son pouvoir Auguste contre son compé* titeur, et ne reconnut pas Stanislas comme roi de Pologne. Ce dernier ne resta pas longtemps tranquille dans sa nouvelle élévation. La défaite de son protecteur à Pultawa, en 170Ô, lui 6ta tout appui, et Pélecieur de Saxe recouvra la couronne avec plus de facilité qu'il ne l'avait perdue. Au milieu de ces révolutions, l'Église et l*Êtat curent beaucoup à souffrir. Dans les brefs de Chément XI, on etf trouve un grand nombre relatifs aux affaires de la Pologne. Il écrivait fréquemment au primat, aux évéques, au roi Auguste, pour adoucir leur chagrlti, pôUf exciter leur courage, pour ranimer leur zèle. Il s'inléfessa particulièrement en faveur des princes Sobîeski, fils du grand Sobieski, roi de Pologne, mort en 1696. Auguste avait fait arrêter deux de ces princes dont il redoutait les prétentions au trône. Clément XI réclama instamment leur liberté. Le nom de Sobieski était cher à là religion, depuis que le dernier roî avait sauvé Vienne, assiégée par les TurcS •, et Taîné des fils aurait été probablement élevé au trône, si sa mère eut ménagé avec plus d'adressé les esprits des Polonais. C'était utie Française , fille du comte de la (xrange d'Arquien. Elle se retira à Rome, puis à Blois, où elle mourut en 1)^16. Son père , Henri de la Grange d'Arquien , obtint un chapeau de cardinal, en 1695, sur la présentation du roi Son gendre. Il alla aussi se fixer à Rome, et y mourut, en 1707, dans un âge très-avancé. Quant aux princes Sobieski, l'ainé, Jacques, donna une de ses filles en mariage au fils de Jacques II, roi d'Angleterre, tfn auUc, Atexfiindre, mourut à Rome, en 1714, ayâilf, tin peu avtirtt sa mott, fait profession de là règle dei Câpucms.
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Kouâ avons peu de ehoâe.à dire sur Tétât des sciences et des lettres ecclésiastiques en Pologne du commence-- ÏÙétki dit dix-huidème siècle. Nous âVôns nômmë M. Zalilski, ëvéque de Warmie, célèbre par la belle biblio* tBêqtie qu'il avait formée aVec autant de grandeur que ié gûût. On y joindra, si Ton veut, parmi les protestants, Dâiiiel-Ernest Jabtonski , théologien calviniste, né à Datit:2ick^ en 1660, du dernier évéque des Bohéaies> et âëpuis ministre de la cour h Berlin. Il fit paraître beaufiôUp de zèle contré rathéisnié ,et le déisme, et pour la t^dilntûri des deux grandes branches dit protestantisme. Da a de lui des sermons, des traités de théologie, et des MiWâges Sur l*Êcriture sainte.