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leuse à la hauteur de l'anus; il y devient un simple oviduetus très-mince, qui pénètre dans le tube en forme de trompe dont nous avons déjà parlé plusieurs fois, s’unit à son congénère en un Canal très-mince, qui en parcourt toute la longueur et se termine au petit orifice de l'extrémité de ce tube.
C’est par là que sortent les œufs; mais avant de les répandre au dehors, l'animal les conserve assez long-temps en paquets, cachés entre son corps et son manteau, et y formant comme deux ou trois coussins de forme irrégulière. Lorsqu'on les trouve, l'animal est vide d'œufs, et a ses testicules beaucoup moins gorgés, ce qui prouve que la ponte est faite et la saison de l’amour passée, si toutefois l’on peut nommer amour cette fécondation solitaire.
Lorsqu'on a enlevé les organes de la génération d’un côté, on trouve ceux de la digestion, car le canal intestinal marche entre les deux testicules. Il se compose de l’œsophage, auquel aboutissent les deux glandes salivaires x, fig. 8 et 9; de l'estomac #, ib.; et de l'intestin proprement dit, x x. L’œsophage est fort court. L’estomac présente à l'extérieur des parois toutes bosselées, et qui se soutiennent. par leur propre élasticité; leur couleur est brune, et elles sont enveloppées extérieurement d’une couche glanduleuse. A la partie inférieure de ce viscère, tiennent deux appendices ou cœcums, # , #, fig. 9, qui n’en sont que des prolongemens et qui. sont bosselés comme lui. A l’intérieur, l'estomac et les cœcums sont creusés de cellules qui répondent aux bosselures du dehors, et dans le fond desquelles paroït se verser la liqueur bilieuse secrétée par le tissu glanduleux qui enveloppe l’es-
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tomac. Du moins je n’ai trouvé aucun autre organe qui puisse être analogue au foie. La fig. ro qui représente la bouche, Pestomac et le commencement de l'intestin ouverts, donne une idée de ces cellules.
L’intestin, x, x, est simple, tout d’une venue, sans cœcums ni étranglemens, et sans valvules remarquables à l’intérieur. Il se termine, comme nous Pavons dit, à la base du tube en forme de trompe, après s’être un peu rétréci, pour former un petit rectum.
Je n'ai trouvé dans l'estomac et dans les intestins qu’un magma, où aucun débris ne m’annoncoit la nature des alimens que choisit l’anatife.
Le système nerveux de l’anatife est tout-à-fait semblable à celui des animaux articulés. On le découvre aisément lorsque l'animal a macéré pendant quelque temps dans l'alcool, soit en le fendant par le dos, et en enlevant les viscères, soit en enlevant simplement la bouche, et la peau du ventre, entre les pieds. C’est de cette dernière façon que le représente lafigure 11. À A est le gros muscle transverse des valves; BB, la masse des viscères et des ovaires; C, l’œsophage dont la bouche a été coupée; dd, les deux glandes salivaires; e, le cerveau composé de quatre petits lobes placés en travers sur l’œsophage et donnant quatre principaux ‘nerfs ff ff, qui se rendent aux muscles et aux viscères. Les deux cordons latéraux qui forment, comme à l'ordinaire, un collier autour de l’œsophage, donnent chacun un nerf gg. Puis ils se réunissent assez bas, en , par le moyen de deux ganglions d'où partent les nerfs de la première paire de pieds; les deux cordons marchent ensuite parallélement le long du ventre,
12 DES ANATIFES entre les bases des pieds, se renflant d'espace ent espace en doubles ganglions, #, 4, Z, mm, comme dans tous les animaux articulés, et donnant de chacun de ces ganglions les nerfs des parties environnantes. ; J’aurois voulu constater et décrire aussi bien le système de la circulation, mais cela ne n’a pas été possible, On distingue encore assez les vaisseaux y et z, fig. 2, quiserendent des branchies p et o, vers le dos de l'animal, où l’on apercoit à travers les tégumens un tronc commun et longitudinal; mais je ne suis pas parvenu à Fisoler ni à voir un véritable cœur. Cependant M. Poli assure avoir vu battre cet organe en arrière, vers l’origine du tube en forme de trompe; un peu ‘plus haut que l'anus, à l'endroit marqué x, fig. 7. L'organisation que je viens de décrire dans le {pas anatifera, se retrouve sans différence sensible dans Pernserifera, le scalpellum, le pollicipes, le nutellæ, le dentata Brug. , et dans l'espèce que Bruguière a représentée, pl. del Encycl., vers. 166, fig. 4, mais dont il n’a point parlé dans son texte. Seulement dans le scalpellum, la valve principale est subdivisée, et dans le po/licipes et le mrtella, il se joint à ces subdivisions une rangée de petites valves tout autour de la base.
Le Zepas aurtta L. (leporinæ Pol. ) et le Z. coriacea, sont plus remarquables en ce que leur manteau cartilagineux n'offre que quelques vestiges de valves, bien, éloignés de 3ouvoir le garantir dans sa totalité. Nous donnons l’aurita fig. 12, Ses deux appendices creuses, en forme d’oreilles, rendent son aspect singulier. Percées d’un très-petit trou à leur sommet, elles communiquent par une large ouverture
ET DES BALANES. + de leur base avec la cavité du manteau. On ne voit aucun organe dans leur intérieur. ” |
L'animal même, représenté fig. 13, est surtout remarquable par ses nombreuses branchies, à à. On lui en compte huit de chaque côté, toutes terminées en pointe grèle. Ses pieds sont ‘plus courts à proportion que dans l’anatife commune.
Nous donnons, fig. 14, une espèce d’anatife que nous appellerons quadripalyis et qui nous paroit remarquable, parce qu’elle nous conduit aux balanes. Son pédicule est velu, court, et ventru; et au lieu de se terminer au manteau, qui en seroit une dilatation, il enveloppe le manteau luimême, et une partie du corps de l’animal, à peu près comme fait le tube calcaire des balanes. L'ouverture est garnie de quatre valves, qui, si elles étoient un peu plus égales, ressembleroient aussi beaucoup à celles des balanes. On voit, fig. 15, l’épiderme du pédicule ouvert, bb, et le manteau & resté entier et.se continuant avec la peau du même pédicule. Fig. 16 : on a ouvert le manteau même pour montrer le corps de l'animal c suspendu entre les deux petites valves.
Le corps proprement dit des balanes, ressemble parfaitement à celui des anatifes; ce sont les mêmes pieds et en même nombre, la même bouche, le même tube terminal; mais il y a une grande différence dans les branchies, qui sont en forme de deux ailes frangées et attachées à la face interne du manteau. Lie manteau est tubuleux, doublant de toutes parts le tube caleure de la coquille, portant dans sa, partie antérieureiles quatre petites valves mobiles, et fendues entre elles pour laisser passer les pieds et le tube de l'animal.
Le corps de celui-ci adhère au manteau, vers l’un des bouts
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de la fente, et est attaché aux deux valves mobiles les plus voisines par des muscles analogues à ceux de l’anatife. Il est couché transversalement dans le tube calcaire, et se recourbe pour faire sortir ses pieds et son tube par la fente. Les deux branchies sont couchées à ses côtés.
On peut voir, fig. 17, un balane dans sa coquille enlevée de dessus un corps étranger et vue par sa base ouverte : a est le tronc; à 8, ses pieds; ee, ses branchies; 4 d, le pourtour celluleux du tube calcaire.
La fig. 18 représente cet animal arraché de sa coquille : a est la fente du manteau; à 4 D, les muscles qui vont du tube calcaire aux valves mobiles et qui les entr’ouvrent; cc, les branchies ; d, le tronc; e, la bouche; f f, les pieds; g, le tube proboscidiforme.
Nous voyons par la figure que donne M. Orhon Fabricius , dans les Mémotres de l’Académie des Sciences de Copenhague, tome VI, rer. cah. , pl. IE, f 2, que les coronuzes Lam. doivent avoir à peu près le même animal que les balanes ordinaires.
Les quatre valves mobiles des balanes, sont dans l’épaisseur des bords du manteau, entre le derme et l’épiderme, comme des coquilles ordinaires, et croissent comme elles par stratification; mais la partie fixe de leur enveloppe calcaire, ou leur tube, n’est point organisée et ne croît pas de cette mamière. Elle a toujours l’épaisseur de ses parois divisée ‘en tuyaux, ou en chambres qui ont la forme de cônes, ou de pyramides placées à côté les unes des autres, montant de la base vers les bords de l'ouverture supérieure, et dans lesquelles pénètrent des productions du manteau,
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Lorsqu'il n’y a pas de fond’ calcaire, et nommémient dans les coronules, c’est le manteau qui ferme ce tube par dessous, et qui se fixe aux corps extérieurs; il n’y a point alors de difficulté à entendre comment ses productions pénètrent dans les chambres coniques, et en transsudant de la matière calcaire les allongent avec tout le tube qui en est composé,
Lorsqu'il y a un fond calcaire, comme dans le Zepas tulipa, par exemple, j'ai trouvé généralement tout autour de la base intérieure du tube des pores qui communiquoient avec ses cellules et qui pouvoient donner passage à des productions du manteau. Ainsi, comme l’accroissement des coquilles ordinaires est comparable à celui des dents simples, je pense que l’organisation et l’accroissement de la coquille des balanes doit être comparé à ce que j'ai fait connoître dans mes Lecons d’ Anatomie comparée , tome IIT, p. 114 et 125, de certaines dents composées, nommément de celles des diodons et des tétrodons.
On pourroit donner de même à cette coquille le nom de coquille à tissu composé.
On comprend aisément comment le tube s’élargit à sa base à mesure qu'ils’allonge, puisque les cellules ou chambres ont une forme pyramidale, et évasée par en bas. |
Mais comment s’élargit l'ouverture supérieure, celle que ferment les quatre valves. mobiles? ut
Dans certaines espèces il m'a paru qu’on pouvoit expliquer son élargissement, par une simple détrition de ses bords, produite par le frottement même des valves mobiles; c’est même le seul moyen que l'esprit puisse admettre dans les espèces dont le tube calcaire n’a pas de sutures longitudinales.
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Mais lorsqu’ xl ya de ces sutures, chacune des valves fixes, que ces sutures distinguent, peut-elle s’écarter des valves contigués, et s’élargir par ses bords? Bruguières est de cette opinion; mais il me paroît qu’elle ne doit être vraie que pour les très-jéunes individus, et qu’à un certain âge les valves doivent être soudées à demeure. C’est ce que les observateurs qui habitent les bords de la mer pourront aisément
nn constater. AUSÉUS
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