‹ Mémoires pour servir à l'histoire et à l'anatomie des mollusquesChapitre 41 sur 107 · D’ HASSITO MR E NA TURN · texte numérisé non relu

D’ HASSITO MR E NA TURN

J'ai représenté ceux de dessus, p/. ZIT, fie, 1.

Ils forment entre eux , et avec les nerfs, un entrelacement assez agréable à la vue.

La masse de la bouche est vue au côté Noir és IT, fig. 5,

avec ses muscles inférieurs, qui tendent tous à la porter en avant.

Il n’y a point de mâchoires, ni rien qui en tienne lieu ; seulement les lèvres, qui sont fendues verticalement, sont garnies chacune d’une plaque cartilagineuse , mince et lisse, qui les garantit un peu lors du passage des alimens.

Tout le mécanisme de la déglutition consiste, comme dans les sèches, dans les mouvemens en quelque sorte péristaltiques d’une membrane cartilagineuse et armée de très-petits crochets, comme ceux d’une carde à'carder, dont les pointes sont dirigées en arrière. On peut voir la bouche fendue, la langue, le palais.et les deux lèvres, pl IT, fig. 6. ;

Les glandes salivaires sont minces et très-longues; leur extrémité postérieure va s'attacher au second estomac; leurs canaux excréteurs s’insèrent dans la houghe aux deux côtés de l’origine de l’œsophage,

6. L’œsophage ; les estomacs et le reste du canal intestinal ;

Le foie.

- L’œsophage, d’abord étroit, se dilate subitement pour former le premier estomac, ou le jabot, qui est une grande et large poche, à parois membraneuses très-minces, sans apparence glanduleuse ; il fait ordinairement un tour presque en spirale. On le trouve rempli de débris de fucus et d’algues, et de fragmens de petites coquilles. Ce jabot est suivi d’un gésier

ox AN NT A É DST DU AUS Eu où en forme de cylindre cotrt, et dont les parois sont musculaires et très-robustes ; elles sont garnies intérieurement d’une armure fort extraordinaire, et dont je ne trouve poixit d’analogue exact, quoique les pièces osseuses de l’estomac des bullées y aiènt quelque rapport. Qu’on se représente des pyra= mides à base rhomboïdale, et dont les faces irrégulières se réunissent en ‘un sommet partagé en deux ou trois pointes mousses. Leur substance-est démi-cartilagineuse, et composée de couches parallèles à la base; leur nombre ; dans les individus où je les ai ‘recuvillies avec soin ; s’est trouvé de’douze grandes , ‘placées en quinconce sur trois rangs, et de quelques petites, rangées sur le bord supérieur de ce gésier. L’adhérence de ces pyramides à la veloutée est si légère, que le moïrdre contact.les fait tomber, sans qu’on aperçoive de traces de membrane, ni d’aucun autre moyen d'union. Les endroits auxquels elles adhéroient sont bien marqués néanmoins par une surface lisse et saillante , tandis que les intervalles sont un peu creux et légèrement ridés. Les hauteurs de ces pyramides sont telles, que leurs pointes se touchent au milieu du gésier, et qu’il reste entre elles très-peu d’espacé pour le passage des alimens, qu’elles doivent, par conséquent, broyer avec force.

Le troisième estomac, aussi large que le premier, quoique moins long, a une armure aussi singulière que le second: ce sont de petits crochets pointus, attachés à l’un des côtés de sa surface interne, mais presque aussi légèrement que le sont les pyramides du ‘gésier ; leurs pointes sont dirigées vers le gésier , et je ne puis leur concevoir d’autre usage que d’arrèêter au passage les alimens qui n’auroient pas été suffisamment triturés dans ce gésier : en effet, on ne distingue’ presque

DH TS © 0 DR É (N A TUIR ELIL(E. 805 plus la forme des substances alimentaires qui occupent le troisième estomac.

Près du pylore sont deux petites crêtes membraneuses, saillantes en dedans, entre lesquelles on remarque l'orifice du cœcum et ceux des vaisseaux hépatiques.

Le cœcum est aussi long que le second estomac, où il aboutit; mais son diamètre est petit, ses parois simples et sans valvules, ni autune partie saillante en dedans : il est absolument caché dans le foie.

Le canal intestinal est également uniforme dans son diamètre , à parois minces et transparentes, plus que celles du troisième estomac, et s’en distinguant subitement par cette différence de qualité ; il fait deux grands contours, embrassés par les divers lobes du foie, et se termine à lanus par un rectum qui s’y rend transversalement. On ne voit dans son intérieur ni papilles ni valvules, et il n’a ni étranglement

ni dilatation sensible.

:. L’intestin et. le cœcum sont unis au foie par une grande quantité de vaisseaux sanguins. Les excrémens se moulent, dès les environs du pylore, en filamens minces, cylindriques, comme articulés , et d’une longueur prodigieuse.

Le foie est d’un brun verdâtre très-foncé , et d’une apparence grenue ; il se divise en beaucoup de lohules, réunis en irois masses principales; dont les limités sont marquées par les contours de l'intestin, |

Les vaisseaux hépatiques sont d’un très-grand diamètre ; ils viennent s’ouvrir autour de orifice du cœcum, dans le “troisième estomac, par plusieurs trous très-visibles , qui donnent les uns dans les autres,

306 ANNALES DU MUSÉUM Toute la masse des intestins est environnée d’une membrane péritonéale très-fine , quoique assez forte.

x sir .

FA Organes de La génération.

Ce qu’ils ont de plus remarquable, outre la réunion des deux sexes dans chaque individu, commune aux laplysies et au plus grand nombre des mollusques gastéropodes, c’est leur dispersion aux deux extrémités opposées du corps, et sur-tout la séparation des deux parties qui constituent l’organe mâle. En effet, le testicule et l’ovaire sont d’un côté, et la: verge de l’autre; et les œufs et la semence ont un contact nécessaire avant de sortir du corps.

L'ovaire est une masse ovale qui occupe tout je fond postérieur de l’abdomen, et qui, dans l’état ordinaire, est d’une couleur blanchôtre ; l’oviductus y prend son origine par plusieurs vaisseaux qui viennent des différentes parties de la masse, comme les vaisseaux propres d’une glande sécrétoire, et qui se réunissent en un seul : celui-ci, après avoir serpenté le long du côté droit du testicule , devient subitement très-mince, se contourne autour de la sommité de cette glande, et forme un canal, qui, après avoir été collé pendant quelque temps au canal déférent , finit par y déboucher après avoir reçu une poche ou boyau aveugle qui est rempli des mêmes matières que cet oviductus , et qui sert sans doute de réservoir aux œufs dans certains cas.

Le testicule est d’un beau jaune, et ressemble à un sphéroïde elliptique qui seroit entouré d’un ruban en spirale; son milieu est assez compact, et semble presque homogène.

Le ruban qui paroît l’entourer est lui-même divisé en

une bande principale, finement strice ,et dont les stries sont probablement autant de vaisseaux propres, et en deux lisières lisses, qui sont des vaisseaux excréteurs. La lisière supérieure est le canal déférent commun à tout le testicule, et quitransmet la semence au-dehors.

Le gros cordon qui va à l'extérieur du corps, est d’abord divisé en deux canaux, Celui qui vient du testicule est formé d’une membrane plus mince et très- -plissée ; l’autre, qui vient de l’oviductus, a des parois plus épaisses. Unetfente établit entre ces deux canaux une libre communication dès le premier tiers de la longueur; mais ils restent néanmoins distingués par une er Pc SE 4 saillante. C’est vers le deuxième tiers que s’ouvre, par un petit conduit particulier, Ja vessie ovale que Swammerdam a regardée dans la limace comme le réservoir de la pourpre, et qui doit être un organe assez essentiel; car on le trouve dans tous les gastéropodes , et même dun les clio. Ne seroit-ce pas tout simplement un analogue de la vessie urinaire ? mais alors où seroient les reins ? La partie du double canal située plus loin que l’orifice de cette vessie forme une saillie visible À l’extérieur au côté droit du corps, et son orifice se continue avec une rainure profonde qui règne le long du côté droit du cou, et qui sillonne le corps de la verge. Cette raïinure sert-elle à conduire la liqueur séminale d’une laplysie dans le corps de l’autre? C’est de cette question que dépend lexplication de la manière dont ces animaux se fécondent? Mais pourquoi une telle rainure n’existe-t-elle pas dans tant d’autres gastéropodes qui n’ont pas non plus de communication intérieure entre leur pe et leur testicule ? Je crois qu’il est essentiel à présent qu’un naturaliste intelligent cherche à observer les laplysies avant, pendant, et après leur accouplement.

308 AUNON A LES D: UM USE M | 8, Cerveau et système nerveux.

Ce système est fort intéressant par la dispersion de ses masses, qui forment cinq ganglions principaux , a peu de chose près égaux, et ayant presque autant de droits l’un que l'autre à porter le nom de cerveau; de plus, par deux particularités de stucture qui méritent d’être développées. La première, c’est que , tant le cerveau que les ganglions sont d’une substance rougeâtreet grenue, très-différente de celle des nerfs, qui est blanche et homogène; les ganglions même les plus éloignés sont semblables au cerveau à cet égard, et ne peuvent conséquemment être pris pour des replis ou des lacis de nerfs. On voit la même chose dans le bulime des marais et dans d’autres gastéropodes. La seconde, c'est que toutes ces parties sont enveloppées de gaînes membraneuses ou de méninges plus larges qu’elles. L’intervalle du cerveau ou du nerf à son étui est rempli dune cellulosité lâche , de manière qu’on pourroit souffler ou injecter les gaines, sans, pour cela, avoir rien introduit dans le nerf. |

Cette circonstance, qui est plus ou moins commune au système nerveux de tous les mollusques, a fait croire à Le Cat que les nerfs de la sèche étoient creux, et a fait prendre à Poli le système nerveux des moliusques acéphales pour leur système lymphatique. Il est bon d’avoir ainsi l’explication des erreurs dans lesquelles sont tombés des hommes de mérite. Voici maintenant la distribution des nerfs.

Le cerveau est, comme à l'ordinaire, sur l’œsophage ; de chaque côté est un ganglion à trois lobes , joint au cerveau par trois filets; et un troisième filet, qui passe sous l’œsophage,

DYHIE S TO IR E -N AT U:R E LL X. 309 achève le collier, et réunit les ganglions. La gaine de tout ce collier est très-large. Les deux ganglions sont encore réunis par un second filet qui embrasse le grand tronc artériel.

Le cerveau s’unit par deux filets avec un troisiéme ganglion à deux lobes, situés transversalement sous la masse charnue de la bouche, |

Enfin chacun des ganglions latéraux donne un gros neri qui va s'unir à son correspondant très-près de l'origine du ‘grand tronc artériel et de l'orifice des œufs. en un ganglion ovale un peu plus petit que les trois autres.

Voyons maintenant les nerfs qui naissent de chacune de ces cinq masses cérébrales.

Le ganglion antérieur ou suboral en donne quatre de chaque côté, un pour l’œsophage et les glandes salivaires , et trois pour les musclés de la bouche,

Le cerveau en fournit trois de chaque côté pour les parties musculaires de la tête, dont ceux du côté droit donnent des filets à la verge, et un pour le grand PÉTHACULE, qui donne une branche à l'œil,

Chacun des ganglions latéraux en donne douze ou treize , qui se perdent tous dans les parties musculaires de la grande enveloppe du corps; je les ai représentés avec exactitude. Le petit collier qui passe sous l'artère en donne un impair.

Les viscères reçoivent les leurs d’un ganglion à part, qui fait. per conséquent l'office de sympathique ; c’estle quatrième ou le pêtit. Il donne un nérf au foie et aux intestins, un autre aux parties de la génération : celui-ci forme encore un ganglion presque impérceptible, mais rouge comme les autres ; un troisième, aux branchies; le quatrième se perd. dans les parties musculaires situées sous le couvercle,

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