Poumon
La cavité pulmonaire de la Zmace est à peu près ronde, et beaucoup plus petite que celle du, colimaçon. Le réseau. vasculaire. s'y Compose de mailles. presque semblables entre elles, et couvre le plancher de la cavité. comme son plafond , dans tout ce que n’occupent ni le péricarde, ni le sac glutineux.
Celle du colimaçon est beaucoup plus grande et presque triangulaire. Son plancher est absolument sans réseau :vascu= * laire, et n'offre qu’une simple membrane quirecouvre la cloison fibreuse interposée entre cette cavité et la partie moyenne de celle qui comprend les autres viscères.
Tous les vaisseaux adhèrent au plafond de la cavité pulmonaire; les uns viennent du pourtour du collier, c’est-à-dire , du canal veineux qui le borde; les autres, de toute la longueur de la veine parallèle au rectum, en passant sous celuici et sous le canal excréteur de la viscosité. Les. plus petits de ces vaisseaux sont à peine visibles à la loupe; ils se réanissent suçcessivement en rameaux qui finissent tous en deux branches L lesquelles se réunissent en un gros tronc commun pour aboutir: à l'oreillette du cœur. Ge tronc commun est donc la veine! pulmonaire, ,
Le système ‘des vaisséaux pulmonaires du colimaçon ressemble donc davantage à un arbre , et celui de la limace à. un véritable réseau. Dans celui-ci , les veines pulmonaires: n’aboutissent pas à un tronc unique , mais-elles se rendent par plusieurs branches dans l'oreillette: du cœur: aussi cette oreillette a-t-elle une autre forme, comme nous le verrons bientôt.
Cest à son passage dans ce réseau que le sang de ces mollusques éprouve l’action de l'air, au travers des membranes déliées des vaisseaux , et cette action est absolument de méme: nature que sur les animaux vertébrés, c’est-à-dire qu’elle à lieu par absorption d’oxigène et formation d'acide carbonique , ainsi que S'en sont assurés #'auquelin et Spallanzani. Si l’on prive subitement d'air ces animaux, dans le temps de: la plénitude de leur activité, ils ne tardent point à périr; ce qui n'empêche pas qu'ils ne puissent aussi dans d’autrés
de
temps s’en passer tout-à-fait, puisque les colimacons s’enferment eux-mêmes, pour tout lhiver, dans leur coquille par un couvercle , qui n'y laisse rien pénétrer , ainsi que Spallanzani l’a vérifié par des expériences fort exactes.
Mais nous avons bien d’autres exemples d’une semblable différence , selon les époques de l’année. Les grenouilles passent l'hiver en léthargie, enfoncées dans la vase da fond des marais, et cependant en été elles périssent au bout de quelques minutes , si on les empêche de respirer en leur ouvrant la bouche de force. |
L'air est alternativement introduit et expulsé par la dilatation et par la contraction de la cavité pulmonaire ; l'animal dilate lorifice de la cavité, et le referme ensuite quand il Pa bienremplie; puis il le rouvre pour éxpulser cet air eten prendre de nouveau. ;
C'est surtout en se retirant en partie dans sa coquille eten refoulant ainsi la cloison inférieure de sa cavité, qu'il chasse air au dehors. Il fait entendre alors un petit bruit , produit naturel du passage rapide de Fair par une ouverture étroite. La dilatation de la cavité pour prendre de nouvel air est due en grande partie à la contraction de la cloison inférieure , qui, s’aplatissant , repousse en dehors les organes qui sont dessous, tandis que la supérieure reste tapissant la concavité de la coquille. C'est uu mécanisme. analogue : à celui de notre diaphragme.
- Æl faut pourtant qu'il y ait encore des actions musculaires d’un autre genre ; car , d'une part, lannnal respireet fait gonfler son poumon, méme lorsque la portion decoquille qui lerecouvre est enlevée; d'autre part il respire, aussi lorsqu'enuerement rentré dans sa coquille ne peutguère abaisser son diaphragme.
D'HISTOIRE NATURELLE, 165 9.° Cœur et systeme artériel.
Le cœur de la Zimace est placé presque sur le milieu de la cavité pulmonaire , dans un péricarde qui le retient à la paroi supérieure de cette çayité, immédiatement sous celle de la coquille. |
Sa forme est ovale et sa pointe dirigée en arrière et en dessous. L’oreillette y pénètre par sa face supérieure, venant du côté gauche, où elle se dilate en forme de croissant, dont les déux pointes s'étendent en avant et en arrière, se courbant chacune un peu vers la droite ,.et rassemblant ainsi au bord externe et convexe de loreilleite toutes les veines du réseau pulmonare.
Dans le colimason, le cœur placé, au tiers postérieur de la cavité des poumons , se dirige transversalement, oreillette à droite et la pointe à gauche. L’oreillette , qui n’a qu'une seule grosse veine à recevoir du poumon, formeune pyramide dont Ja basé est adossée à la base de la pyramide plus grande du cœur.
Dans lun et l'autre genre, loreillette a des parois plus minces, des cordes tendineuses plus grèles, et manque de valvules ; le cœur est plus charnu, plus opaque, a des colonnes charnues plus grosses, et son entrée du côté de l'oreillette est garnie de deux valvules membraneuses de forme à peu près carrée, tournées de manière qu'elles y laissent venir le sang . du poumon par l'oreillette, mais qu'elles ne le laissent pas ressortir de ce côté-là.
Je n'ai pu découvrir aucune valvule à l'entrée de l'aorte , ni dans la Zmace , ni dans le colimacon.
L’aorte se divise, tant dans l’un que dans l’autre, dès sa sortie du cœur, en deux troncs, dont l’un est destiné au foie, à l'intestin et à l'ovaire , l'autre à l'estomac, à la bouche , aux organes de la génération et au pied ; mais, à cause de la position différente du cœur et des autres parties . la direction
de ces deux troncs n’est pas la même.
Dans la lmace, après avoir percé le péricarde, ils descendent entre l'un des replis des intestins ; le tronc hépatointestinal se porte directement en arrière ; l’autre se recourbe subitement en avant.
Dans le colimagçon , le premier suit d’abord les circonvolutions de la spire en montant vers la pointe, selon leur con- “vexité ; tandis que, comme nous l’avons vu, c’est en suivant la concavité que la veine en redescend : l'autre va d’abord en ‘dedans, tournant sur le commencement du rectum , et ensuite directement en avant jusque sous la bouche.
Les artères de la Zimace ont un caractère qui leur est tout particulier. C’est une blancheur opaque aussi pure que si elles ‘étoient pleines de lait, et d'autant plus sensible qu’elles rampent sur des fonds très-rembrunis, comme les intestins qui sont d’un verd foncé, et le foie qui est d’un brun noirâtre.
Les mjections les plus parfaites n’ont rien produit d’aussi agréable à la vue que ces ramifications blanches de la /imiace, et surtout de la Zmace notre.
Les artères du colimaçon n’ont point cette opacité, el ressemblent par leur demi-transparence à celles de la plupart des mollusques. Le sang qui y circule offre une légère teinte bleuâtre.
D'HISTOIRE NATURELLE, 165 10.° Organe sécréteur de la viscosité.
Le péricarde est entouré dans les deux genres par un organe’singulier qui se retrouve sous d’autres formes dans beaucoup de mollusques. |
Celui du colimacon présente. à l'extérieur un sac iriangulaire dont l'enveloppe.est lisse et de couleur grisätre.
L'intérieur en est rempli d’une infinité de lames très-minces qui adhèrent aux parois par un de leurs bords, et qui se
“joignent les uns aux autres comme par embranchemens. Le
long du côté du triangle qui est parallèle au rectum, règne
“un canal excréteur qui arrive à l'angle postérieur du sac, à
celui qui touche au commencement du rectum , se recourbe
‘subitement et descend en se tenant collé au rectum lui-même,
jusqu’au grand trou de la respiration , où ce canal se termine par un sillon qui marche le long du bord supérieur du trou, et se dirige en dehors lorsqu'il est arrivé à son bord antérieur.
Dans la limace, cet organe se contourne presque en un cercle complet ; ses lames sont disposées régulièrement comme des dents de peigne ; son canal excréteur fait le même circuit que lui, et vient s'ouvrir par un orifice assez large au plafond
de la cavité pulmonaire , près du trou de la respiration.
Ce sont probablement ces organes qui produisent la viscosité écumeuse que ces mollusques rendent par ce trou
lorsqu’on les irrite.