‹ Mémoires pour servir à l'histoire et à l'anatomie des mollusquesChapitre 53 sur 107 · CAP ES · texte numérisé non relu

CAP ES

Fée

La verge de la Zimace, aui est beaucoup plus courte, est aussi obligée de.se retourner; mais ses replis intérieurs , qui servent comime ceux du colimacon à donner à sa tunique interne l'étendue qui lui est nécessaire pour devenir externe dans le renversement ; ces replis intérieurs, dis-je, ne sont pas ‘transverses mais longitudinaux. Il y en a surtout un trèsremarquable et qui forme encore une crète dentelée lorsque la verge est retournée ; mais il est propre à la grande limace grise tachetée de brun.

La verge de l'un et de l’autre genre est pourvue d’un muscle rétracteur. ME

Celui du colimacon est grèle, vient de la face inférieure: de la cloison qui sépare la cavité. pulmonaire de la grande cavité, et Sinsère au côté de la verge à peu près au même: endroit que le canal déférent.

Celui de la imace est plus court et plus large, et vient avec: les autres muscles dessous la partie postérieure du manteau.

Le canal de la vessie est en proportion avec la longueur.de: la verge. sans. qu'on puisse deviner la raison de ce rapport. Gelle du colimagçon S'étend jusque derrière la cavité. pulmonaire où elle est couchée sur l'estomac. Son canal se colle à la matrice sur presque toute sa longueur, et c’est dansila fin, de ce canal que la matrice débouche par un orifice rond dont les. bords sont renflés: et ridés.

Dans la mace., au contraire, le canal court et ample dela vessie et celui de la matrice aboutissent chacun séparément, quoique très-près lun de l’autre , à la bourse commune: de la génération:

- Il faut bien que cet organe que j'ai nommé vessie ait quelque fonction essentielle , puisqu'il ne manque à aucun des 2astéropodes que j'ai décrits jusqu'ici ; mais j'avoue que j'ignore

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entièrement quelle elle est, à moins qu'elle ne consiste à fournir la matière propre à enduire les œufs et à leur former une enveloppe. Dans ces deux genres, cette vessie contient ordinairement une substance concrète d’un brun rougeâtre à peu près de la consistance du savon. Swammerdam a pensé que la pourpre du murex est contenue dans un organe analogue ; mais je me suis assuré du contraire, ainsi qu'on l’a déja vu à l’arucle de l'aplysie. Se

La cavité ou bourse commune , ou ; comme on pourroit encore l’appeler, le vestibule.de la génération, est, dans la Zmace , une grosse bourse ronde à-parois épaisses, spongieuses et fibreuses, qui se renverse aisément au dehors, probablement par un mélange d’une sorte d’érection et de Paction musculaire exercée par les fibres de l'enveloppe générale qui dilatent l'orifice de cette cavité en même temps qu’elles compriment le corps entier. Dans le colimascon, elle est presque: réduite à rien quand les parties sont rentrées et tranquilles, mais elle prend du volume lorsqu'elle se renverse pour laccouplement. Ps

Les vésicules multifides du colimagon qui manquent à la limace et à la plupart des autres gastéropodes ; et qui ne: sont représentées méme dans la parmacelle que par des vésicules simples, aboutissent dans la portion du canal de la vessie située entre le point où celui de la matrice sy rend, et son entrée dans la bourse commune. Cette portion du. canal de la vessie , qui.est plus large que le reste, pourroit, si on le vouloit, prendre un nom particulier.

Les vésicules multifides méritent en effet ce nom, parce qu’elles se composent chacune d’une trentaine de petits tubes. grèles et aveugles s’unissant deux à deux, rois à trois, avant de se confondre tous avec le canal commun qui pénètre de

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chaque côté dans celui de la vessie par un trou à peine grand comme une piqure d’épingle; dans d’autres espèces d’hé/ix, le nombre des petits cæcums est peñteeup moindre et.se ré duit à cinq ou Six ; il ÿ en a même où les vésicules sont SimaphÉSs comme dans la parmacelle..

Ces vésicules produisent et versent dans le canal de la vessie, qui est aussi dans cet endroit celui des œufs, puisque la mairice y a débouché au-dessus une liqueur opaque et blanche comme du lait, mais d’ailleurs irès-fluide ; dont il est bien difficile de deviner l'usage, puisqu'il faut que cet usage soit particulier au genre du colimagçon.

Ün autre organe propre au cokmacon, c’est la bourse du dard , ainsi nommée de l'instrument singulier qu’ellé contient et qu'elle produit.

La figure de cette bourse est celle d'une cloche allongée; sa nature musculaire, ses parois fort épaisses à proportion. . Eile donne dans la cavité commune de la génération, et pis comme elle , se renverser entièrement en dehors.

Ses parois intérieures ont quatre sillons longitudinaux , et, dans son fond est un mammelon dont la surfacé sécrète une matière calcaire et comme spathique , qui, s’allongeant toujours par de nouvelles couches intimement collées aux précédentes, et se moulant dans les quatre sillons de la bourse, finit. par former un dard'à" quatre arêtes, qui ressémbleroit aux lames d’épées ordinaires , si°ce n'est que celles-ci n’en ont que trois.

Ce dard renaît quand il a été perdu ou cassé. |

C’est avec ce singulier instrument que les colimacons préladent à leurs caresses amoureuses. Lorsque deux individus'se rencontrent, ils comuinencent par:se toucher , par. se frotter Jun contre l’autre par toutes les parties de leur corps. Après ètre restés plusieurs heures dans cette occupation, on voit la

Lu

ë “ D'HISTOIRE NATURELLE. 192 bourse commune sortir et se gonfler ; bientôt après se manifeste la bourse du dard, et celui des deux individus qui la renverse le premier cherche à piquer, sil peut, quelque endroit du corps de son camarade. Je dis s'il peut, parce qu'à peine celui-ci aperçoit-il la pointe du dard, qu'il se réfugie dans sa coquille avec une promptitude que cesanimaux n’ont guère ac coutumé d'avoir. Îl n’y a point de lieu particulièrement destiné à cette sorte de blessüre. Ordinairement le dard se rom: pt aussitôt qu'il a effleuré la péqui; quelquefois il y reste fiché mais le plus souvent il tombe à terre. Le deuxième cehoiacon ne tarde point à faire sortir le sien et à l'employer de la même façon. Ce n’est qu'après ces cérémonies préliminaires que le véritable accouplement a lieu par linsertion réciproque des verges.

Mais ce dard, à quoi sert-il? Est-ce pour réveiller un peu par sa piqüre l'énergie de ces animaux apathiques? Mais pourquoi manqueroit-il à la limace et à tant d’autres mollusques qui n’ont guère plus de vivacité ?

Quant à la verge, il est probable qu’elle pénètre dans le canal de la matrice, ou au moins vis-à-vis de son issue dans. celui de la vessie. Ses rapports de longueur avec le canal de la vessie nront fait soupçonner autrefois que c’est ce dernier qui est destiné à la recevoir. On ne pourroit vérifier cette conjecture qu’en mutilant avec adresse deux colimaçons accouplés; mais cette Opération me paroît bien difficile , et je me l'ai point tentée.

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