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Lu mer du Nord, qui nous étonne par sa fécondité en êtres animés, lorsque nous la comparons avec les terres des mêmes latitudes, produit entre autres , avec une abondance extraordinaire , un petit mollusque, d’une forme assez particulière, dont nous allons nous occuper dans ce mémoire. Dans les temps calmes , l’eau semble en fourmiller ; ils viennent en foule à la surface comme pour respirer un Mu mais à peine I lont- ‘ils touchée , qu’ils se précipitent de nouveau vers le: fond. La mer en est tellement remplie dans certaines saisons , que les baleines , ces autres habitans de l'Océan glacial, ne peuvent, pour ainsi a. ouvrir la bouche sans y engouffrer des milliers de ces petits mollusques ; et quoique ces baleines mangent aussi des méduses et d’autres petits animaux marins , l'espèce dont nous parlons surpasse tellement les autres en quantité , que les matelots anglais lui ont donné plus particulièrement le nom de péture de la baleine.
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pour vous faire sr l'importance du don que vous a fait
le citoyen Geoffroy, et le mérite de l’empressement qu'il a mis à vous le faire. Nous ne doutons point que vous ne *
jugiez, ainsi que nous, qu'aucun voyageur , depuis le célèbre
Dombey , n’a donné à vos collections un ACC OISE ERA aussi
considérable.
Fait au Muséum d'histoire naturelle, ce 19 fructidor an 10.
Signé, G.Cuvrer, Lamarcx, et B. G. E. L. Lacérène.
L'assemblée des professeurs approuve le rapport de ses commissaires, en adopte les conclusions, et en arrête l’enss
voi au ministre de l’intérieur.
Pour extrait conforme.
Êr Signé, Desronraines, directeur, et À. Broncewntarr, secrétaire.
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premier qui en ait parlé,iet qui en aitidonñ une figure dans son voyage au Spitzberg et au Groënland. Sa notice, fut ; à
la vérité, longtemps négligée par les naturalistes : Ring T4 n’en parla point même dans sa: dixième édition ; mais ayant . adopté,» dans sa douzième, le genre Clio x établi par Brown
‘dans l'Histoire naturelle de læ Jamaïque , il crut devoir
y rapporter par conjecture l'animal de Martens, et il en
parla de cette manière , en note, sous l’une des espèces de
Brown.
Cependant il était facile de voir. qu’il s'agissait d'animaux assez différens ; les Clio de Brown avaient des fourreaux de diverses formes, dans lesquels leur corps était attaché , et Linnæus remarquait lui-même qu’on n’en voyait aucun dans l'animal de Martens.
Pallas ayant reçu, quelque temps après, ce dernier de la
“mer du Nord, le décrivit extérieurement sous le nom de Clione borealis , et cette espèce s’étant trouvée par-là ; de toutes, la mieux connue , elle est devenue dès-lors le. type du genre. |
Otton Fréderic Fabricius la prit par erreur pour la même que le Clio retusa de Linnæus ;, qui était une des espèces
# dé Brown , et lui appliqua ce nom ; et M. Gmélin adoptant
| cette erreur, et y ajoutant comme à son ordinaire, laissa le
pi synonyme de Brown avec la description de Fabricius sous ce nom de Clio retusa , plaça, séparément celle de Paillas sous celui de Borealis , comme si elle eût appartenu à une autre espèce ; et en fit encore une iroisième du Clio limacina de Phips , qui n’est toujours que l'animal de Martens , cette péture des baleines , et par conséquent que le Clio borealis.
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2 4 4 NNNALES DU MUSÉCM"
Ce même M. Gmélin demande, à la fin de son énumération des Clio, si le mollusque décrit par La Martinière (Journal de phys. 1787, novembre, pag. 366, PL II, n° 16), n’est pas une espèce de ce genre. Un coup d’œil
suffit pour faire voir que c’est un: Scyllaa; maïs La Martinière paraît réellement avoir décrit et grossièrement figuré un Clio, (mème année, octobre, pag. 207, PL II).
Bruguière a commencé à éclaircir ce chaos ; il n’a laissé dans le genre Clio que le Borealis , et une espèce nouvelle découverte par lui; et il a renvoyé aux Teszacés les espèces de Brown, qui sont pourvues d’étuis , promettant qu’il en traitéroit au genre Fissurelle.
Comme il est mort avant d’avoir fait ce genre, nous ne savons pas ce qu’il en auroit dit ; maïs s’il avoit en vue de placer dans ses fissurelles les patélioe: à sommet percé, auxquelles le citoyen Lamarck donne anjourd’hui ce nom, on ne voit guère comment il pouvoit y placer aussi ces Clio: Bruguière annonce encore que La Martinière ayant observé un des Clio de Brown, il s’étoit assuré qu’il étoit du même genre que l’Azomia tridentata de Forskaehl, nommée depuis Lyale par le citoyen Lamarck. Aucun écrit de La Martinière n’a été publié à ce sujet ; et comme il a péri avec La Peyrouse, nous ne pouvons savoir sur quoi il s’appuyoit ; mais, à en juger sur les apparences, son opinion avoit bien peu de fondement,
Il est toujours résulté que, d’après les changenrens faits par Pallas ét Bruguière, le genre Clio ne se trouve plus comprendre aucune des'espèces qu’y plaçoit son fondateur Brown, ét qu’une espèce étrangère, qui my étoitentrée d’abord que par tolérance, et sur une simple conjecture de Linnæus, a fin:
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par en expulser toutes les autres, sans qu’on sache encore bien où celles-ci doivent aller ; ce qui est peut -être la faute la plus fâcheuse qu’on POI frire en nomenclature.
On juge aisément qu'avec des idées si peu arrêtées sur ce genre, et des connoissances si superficielles. de ses !espèces, on devoit être embarrassé sur la place qu’il devoit occuper dans l’ordre naturel, et sur ses véritables rapports avec les autres genres.
Une certaine ressemblance extérieure, et ce sac que lon prétendoit recevoir son corps , me l’avoient fait rapprocher des sèches ; mais il me restoit trop d’incertitude, pour que je ne desirasse pas d’observer et de disséquer moi - même cet animal,
Je m’adressai à mon célèbre et savant ami, M. Fabri-
cius, que son séjour à Kiel, et ses relations avec les pays
plus au nord, mettoient à même de me satisfaire ; il s’adressa
lui-même à M. Vahl, célèbre botaniste de Copenhague, qui s’est aussi beaucoup occupé des mollusques et des vers, et qui en possède une belle collection. Ce dernier étant venu à Paris peu de temps après, m’apporta un individu de Clio parfaitement conservé , et j’eus la satisfaction d’y faire toutes les observations anatomiques nécessaires pour en prendre une notion exacte.
Cette anatomie auroit été plus détaillée , si j’avois eu un plus grand nombre de Co ; mais si on considère la difficulté de tout voir dans un seul individu ét de si petite dimension, j’espère qu’on me saura encore quelque gré des précautions que j'ai prises pour décrire et pour conserver tant de parties. ti
Le Clio borealis.a environ trois centimètres de longueur
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sur douze millimètres de largeur. Son corps est oblong, un peu aplati, se terminant en pointe postérieurement , et se rétrécissant en avant en une espèce de cou, qui le distingue de la tête.
Il n’y a rien qui ressemble au sac ouvert des sèches : l'enveloppe commune est, à la vérité, beaucoup plus ample que la masse des viscères ; mais elle n’a point d’autre ouverture que celles de la bouche, de l’anus, et des organes de la génération.
Il n’y a point non plus de disque propre à ramper comme dans les limaces, ni de sillon propre à s’attacher comme dans les scyllées ; et les bras et les cotylédons des sèches manquant aussi, il est clair que le Clio doit toujours flotter dans l’eau quand il n’est pas couché au fond.
La tête, placée à l’extrémité antérieure du corps , est divisée par un sillon en deux tubercules sphériques , percés chacun d’un trou ou d’un ombilic , dans lequel se retire un petit tentacule conique.
À la jonction du corps et de la tête, sont attachées deux pièces membraneuses , ovales, pointues , et que l’on a comparées à des ailes; Panimal les meut, dit-on, fréquemment , et s’en sert comme de nageoires , pour se porter d’un lieu à un autre. Il n’est pas moins certain qu’elles lui tiennent lieu de branchies. Leurs faces, vues au microscope , présentent un réseau de vaisseaux si régulier, si serré, et si fin, qu'il n’est pas possible de douter de cette destination : leur connexionavec les vaisseaux intérieurs et le cœur, confirme d’ailleurs cette idée.
La bouche est entre les Lases des deux tubercules de la tête , et celles des branchies : elle est entourée de deux ten-
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taculestriangulaires, qui forment eux-mêmes comme deux petites ailes entre les deux grandes. L'ouverture de la bouche a trois angles comme la plaie qu’aurait faite un trois-quart; on voit, à l’intérieur, des rides longitudinales que Pallas et Fabricius paraissent avoir prises pour des dents , mais qui n’ont rien de dur, et sont entièrement charnues. |
Si on fend la première enveloppe , on voit que c’est une peau mince , demi-transparente , molle, qui recouvre une seconde tunique. Celle-ci, qui double absolument la première., est plus épaisse , et présente des fibres musculaires longitudinales très-sensibles , qui viennent de deux faisceaux principaux, attachés aux côtés du cou. L’effet de ces fibres doit être de raccourcir l’enveloppe générale du corps, et de la rapprocher de la forme sphérique.
Je ne sais de quoi est rempli, dans l’état de vie, linter valle entre cette tunique charnue et la masse des viscères ; mais il est certain que celle-ci n’occupe pas la moitié du vide que renferme celle-là. Il est probable qu’il y a naturellement quelque liquide épanché ; ou peut-être est-ce seulement une masse d’air que l'animal peut comprimer à son gré pour s’enfoncer dans l’eau , et dilater pour s’y élever.
Les viscères sont rassemblés par les vaisseaux et les cellulosités qui les unissent en un petit paquet, rapproché du cou. Le foie en couvre la plus grande partie, excepté un angle qui est occupé par l'ovaire et le testicule. Quand on à employé les procédés anatomiques convenables, pour détacher les diverses parties qui composent cette masse , on y remarque ce qui suit. |
L’œsophage , qui est assez long , descend de la bouche
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au travers du cou, et va se dilater en estomac, vers le fond de la masse. De là le canal intestinal , après avoir fait un seul repli , revient directement à l’anus, situé sous la branchie du côté gauche.
Le foie est composé de plusieurs lobes et lobules , et envelope intimement l'estomac et une grande partie du canal intestinal : je n’ai pu voir linsertion du conduit hépatique.
Deux longues et étroites glandes salivaires flottent aux côtés de l’œsophage , et vont insérer léurs conduits excréieurs dans la bouche.
Le cerveau est à deux lobes , placés sur l’origine de l’œsophage; de chacun d’eux naît un petit filet , qui se renfle en un gros ganglion , lequel s’unit à son correspondant sous Pœsophage. Ces deux ganglions donnent chacun plusieurs filets aux parties environnantes ; deux de ces filets , un de chaque côté, se renflent encore en ganglions , qui s’unissant ensemble par un nouveau filet qui traverse sur Pœsophage , y forment ainsi un second collier ,:lié avec le premier par le dessous ; ils donnent eux-mêmes, chacun un filet deux fois renflé, et c’est de tous ces petits nœuds-de matière médullaire que naissent les différens nerfs. Il n’y a point d’œil visible ,; ni aucun organe particulier des sens extérieurs , excepté l’organe commun:et général du toucher.
Pour la: circulation, chaque branchie donne une veine, qui s’unissant en Ÿ à sa correspondante, forme le: tronc qui aboutit au Cœur. Celui-ci, situé daïris son péricarde:au côté gauche du paquet des viscères, donne sans doute des artères pour tout leicorps , mais il ne an’a: pas: été possible de les suivre. ! Enfin les organes .de la: génération offrent