‹ Mémoires pour servir à lhistoire du JacobinismeChapitre 3 sur 37 · IX · texte numérisé non relu

IX

concours et la fatalité des circonstances vous entraîneroient malgré vous ; ce que vous auriez fait pour vous y soustraire appelleroit peut-être le fléau , et ne feroit que hâter vos malheurs.

Croiroit-on que j'ai vu dans une erreur si propre à rendre les nations victimes d'une fatale sécurité , jusqu'à ces hommes mêmes que LouisXVI avoit placés auprès de sa personne , pour l'aider à détourner les coups que la Révolution ne cessoit de lui porter ? J'ai entre les mains le mémoire d'un ex -ministre consulté sur les causes de celte Piévolution , et en particulier sur les principaux conspirateurs qu'il devoit mieux connokre , et sur le plan de la conspiration. Je l'ai vu prononcer qu'il seroit inutile de chercher , soit des hommes , soit une association d'hommes qui eussent médité la ruine de l'autel et du trône , ou formé aucun plan que l'on puisse appeler conjuration. Infortuné Monarque! quand ceux-mêmes qui doivent veiller pour vous ignorent jusqu'au nom et jusqu'à l'existence de vos ennemis , de ceux de votre peuple , est-il bien étonnant que vous et votre peuple en soyez les victimes !

Appuyés sur les faits , et munis des preuves Vérités îi qu'on trouvera développées dans ces Mémoires , TcX nous tiendrons un langage bien différent. Nous P^*^'"''"^«

o o erreur.

dirons et nous démontrerons ce qu'il importe aux peuples et aux chefs des peuples de ne pas ignorer; nous leur dirons; Dans celte Révolution française,

tout jusqu'à ses forfaits les plus épouvantables , tout a été prévu , médité , combiné , résolu , statué : tout a été Teffet de la plus profonde scélératesse , puisque tout a été préparé , amené par des hommes qui avoient seuls le fil des conspirations long -temps ourdies dans des sociétés secrètes , et qui ont su choisir et hâter les momens propices aux complots. Dans ces événemens du jour 5 s'il existe quelques circonstances qui semblent moins Teffet des conspirations , il n'en étoit pas moins une cause et des agens secrets qui appeloient ces événemens , qui savoient profiter de ces circonstances ou bien les faire naître , et qui les dirigeoient toutes vers l'objet principal. Toutes ces circonstances ont bien pu servir de prétexte et d'occasion ; mais la grande cause de la Révolution , de ses grands forfaits , de ses grandes atrocités , en fut toujours indépendante ; cette grande cause est toiUe dans des complots ourdis de longue main.

En dévoilant l'objet et l'étendue de ces complots , j'aurai à dissiper une erreur plus dangereuse encore. Dans une illusion funeste il est des hommes qui ne font pas difficulté de convenir que cette Révolution française a été méditée ; mais ils ne craignent pas d'ajouter que dans l'intention de ses premiers auteurs elle ne devoit tendre qu'au bonheur et à la régénération des Empires ; que si de grands malheurs sont venus se mêler à leurs projets , c'est qu'ils ont trouvé de grands obstacles 5 c'est qu'on ne régénère pas un grand

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