‹ Memoires. ProfChapitre 42 sur 90 · DEUXIÈME RÉFLEXION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME RÉFLEXION

Autant qu'il me sera possible, je dois dé-lober à toutes les personnes que je vois, la connaissance de mes infirmités, et surtout de mes chagrins. Tout est égal aux indiffe'rens : les sots font des commentaires, les méchans triomphent, l'amitié s'afflige; eh! chez ces derniers même l'ennui , le dégoût, suivent de près la compassion î Je n'ai presque jamais retiré de mes plaintes que des avis inutiles ou des convictions déchirantes,

' Il faut donc tâcher d'acquérir assez de grandeur, de courage pour suffire seule à mes peines, et pour ne montrer chez les autres et chez moi que les agrémens qui peuvent me faire désirer.

Je ne dois jamais oublier que je suis née dans l'obscurité la plus profonde : en murmurer serait un crime; en rougir, une sottise. Tout ce que je puis est de l'éparer cette volonté du sort par la douceur, l'honnêteté, l'égalité d'humeur, les connaissances de l'esprit et les vertus de l'àme.

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