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I. C'est-à-dire les objets perdus

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ce furent les ministres les plus estimés en ce pays qui donnèrent cognoissance de ce monstre à Aubigné. Estant arrivé en sa maison, il fit deffences à ses enfants et domestiques, sur peine de punition, de ne enquérir le muet sur les choses à venir, et, comme nitimur in vetitum , ils ne l'enqueroyent que de cela.

Il faudroit une histoire à part pour vous dire comment cest homme là monstroit ce que faisoyent tous les grands de la France, les propos qu'ils tenoyent à l'heure qu'on l'enqueroit. On eut soing de sçavoir de la cour, un mois durant, les heures des promenades du roy, qui avoit parlé à luy le long du jour; et cela confronté de cent lieues avec les responces du muet ne manquoit jamais. Les filles de la maison l'enquirent combien vivroit le roy et de sa mort. Il leur marqua trois ans et demi, le carosse, la ville, la rue, et trois coups de Cousteau dans le cœur. Il leur marqua tout ce que fait aujourd'huy le roy Louys, comme les combats maritimes de la Rochelle, son siège, son desmantellement, et les ruines du parti, et plusieurs autres choses que vous pourrés voir dans les Espities famillieres qui s'imprimeront'. Vous saurés par plu-

I . Ces Lettres familières ont été publiées pour la première fois dans le3 Œuvres complètes, où elles occupent les pages 3 52 3 369 du tome I.

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sieurs, nourris en la maison où vous estes, la vérité de ces choses.

Les ennemis d'Aubigné, pour rendre inutiles ses prévoyances, dirent qu'il les avoit aprises du muet, et par tel soupçon rendirent vains ses salutaires advis. Or la vérité est qu'il observa religieusement de ne demander jamais à cest organe une seule chose à venir; mais son employ aux affaires et sa longue expérience luy faisoyent dire ce qu'on a senty depuis.

Il se pourveut donc à deux assemblées de la Rochelle pour déposer ses charges et places entre mains de personnes fidèles, et les oster au duc d'Espernon et à l'evesque de Maillezais', qui par hommes interposez faisoyent traiter avec luy. Une partie de l'assemblée y entendit volontiers, mais la maison de ville de la Rochelle se rendit partie contre luy, et les saindics du peuple, qui estoyent pour luy, ayants choysi l'advocat Bardonin pour se joindre à ses demandes, l'advocat corrompu conclut au rasement du Dognon et de Maillezais s'il se pouvoit : si bien que de là à un mois, monsieur de Villeroy escrivit à Maillezais en ces termes : Que diriez vous de vos amis, pour lesquels vous avez perdu huict mille francs de pension, refusé augmentation de cinq mille, perdu encore la bonne grâce du

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