Voy. Œuvres, t. I, p. '64, Lettres familières
2. Bertrand de Vignoles, chevalier du Saint-Esprit, mort en i636.
MÉMOIRES d'aUBIGNÉ i35
deux tiers d'Espagne, ne fust libre pour le pain de l'armée du roy , laquelle d'ailleurs auroit le pain bien cher, s'il falloit que les vivandiers passassent, à la miséricorde de ces places, le destroit d'entre Surgeres et Mozé, et qu'elle ne receust vivres, qui ne fussent escortez ou perdus. Il adjousta d'autres choses à la conséquence ; mais pour la force il rapporta que Maillezais cousteroit tousjours un bon siège royal, elle Dognon plus à estre assiégé que la Rochelle à estre prise. Voila sur quoy on despecha des mestres de requestes pour traiter. Monsieur de Montelon ' en eut la première charge, et, au desfaut de luy, la Vacherie. Il feroit bon voir toutes les ruses par les quelles ce traicté [fut] protelé^ environ deux ans, sur la fin desquels le duc d'Espernon, par le moyen du marquis de Bresé, fit offrir jusques à deux cents mille francs contant, et en payement fait sur la foy du vendeur. Mais Aubigné déposa ses places entre les mains de M. de Rohan pour cent mille, moitié contant, moitié à venir. De là il fit sa retraitte à Sainct Jean d'Angeli, où, s'estant meublé, il acheva l'impression de ses Histoires s, tout à ses despens, tint à grand