La l'opelinière. Voy. p
2. La défaite de vingt-deux enseignes suisses, par Montbrun, près de Die, en \b-]b.
l'estie des grands affaires ; voiant des narrations reprises par trois fois, faire mourir un prince plus d'un coup et en divers lieux; — mais au delà de tous ces péchez (qui seroient encores véniels, comme Tondit) aiant rencontré la prévarication achetée, comme nous ferons voir en quelque endroit (servitude que nous avons reprochée en face à son aulheur et qu'il nous a confessée avec larmes), sur toutes ces connoissances j'ai fait courage de colère, et mon estât de remplacer les deffaux de la suffisance par l'effort de ma fidélité. C'est ce que chacun proteste à son commencement; chacun se vante de liberté, de fouler aux pieds sa passion; et tel qui monstre sa leste tondue, sa plume et sa conscience vendues dés son commencement.
Or, puis qu'il a fallu toucher à regret les deffaux de Poupeliniere, il en faut dire avec plaisir les vertus, n'aiant connu en mon demi-siecle (au jugement des plus doctes), depuis du Haillan ', que deux qui aient mérité le nom d'historiens , savoir lui et M. de Thou. Le premier a porté le faix et les frais des recherches de tous costez, sans avoir devant les jeux un corps d'histoire qui le relevast aux deffauts, ce que M. de Thou ni moi
I. Bernard de Girard, seigneur du Haillan, né en i53 5. mon en 1610.
ne pouvons souslcnir : à cet exercice il a despendu 'non seulement les biens faits de la roine-mere, mais encore son patrimoine entier, qui n'estoit pas mesprisable; et puis il a esté abandonné après avoir jette la pierre qu'il eust bien désiré et ne pouvoit r'appeller : son labeur est sans pareil, son langage bien François, qui sent ensemble l'homme de lettre et l'homme de guerre, comme il s'est signalé et monstre tel en trois actions dignes de lumière. Il estoit de grande lecture, l'abondance de laquelle l'a porté à trop de conférence des choses anciennes aux présentes, ce que plusieurs désirent seulement en une leçon publique. J'ai encore à dire de lui qu'on lui donna de mauvais commissaires pour chastier son livre, qui laissèrent passer les choses qui dévoient estre relevées, et presque par tout le corrigèrent injustement.
Quant à M. de Thou (plein de vie et d'honneur^), s'il ^ a en son œuvre excellent quelque chose à désirer autrement, c'est ce qu'il a pris du premier sans l'examiner, comme vous verrez en son lîeu. Plusieurs ont pour desagréable la trop ennuieuse recherche des hommes de lettres de son temps; les capitaines se plaignent d'y estre mal partagez, qu'il ne falloit rendre cet honneur qu'aux