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François Blanchard de Cluseau

MEMOIRES D AUBIGNE 21

enlevé par le pont levis en la place et ne fut rendu qu'avec elle; et puis, pour dernier traict de ces guerres, vous voyez la prise de Pons à la fin du 24e chap. du 5e livre.

Mais encor faut il dire qu'au retour de là, durant que la paix se menageoit, le régiment d'Anieres, passant avec grande crainte auprès de Rojan, nostre enseigne nouveau, ayant eu congé de mener à la guerre trente arquebusiers à cheval, fit une si belle contenance à la teste du baron de la Garde', qui marchoit pour desfaire le régiment, que, tournant sur soy l'eschec, il sauva ses compagnons; mais, deux heures après, une fiebvre continue le mit au lit; et là, estimant mourir, il fit dresser les cheveux à la teste des capitaines et des soldats qui le visitoyent, ayant principalement sur son cœur les pilleries où il avoit mené ses soldats, et notamment de n'avoir peu faire punir le soldat Auvergnac, qui avoit tué un vieux païsan, sans raison : là il faisoit valoir sa faute d'avoir osé commander avant que l'aage lui eust donné autorité. Geste maladie le changea entièrement et le rendit à luy mesmes.

La paix des troisiesmes guerres civiles faicte^,

1. R. Escalin, baron de La Garde, dit le capitaine Polin, lieutenant général des galères,

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