Voy. Hist. univ., t. III, p
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qui se nommoit L'Eronniere, maieschal des logis du conie de Tonnerre, cestui-ci ne respondit qu'injures et reniements, le desfiant au combat, lequel il pensoit pourtant impossible, à cause d'un fossé hors de toutes mesures qui estoient entre deux. Aubigné, qui vit à cest homme des armes argentées, se résolut de le voir de plus prés, mais, à cause de l'Orge qui estoit entre deux, il n'avoit pas recognu le fossé, bien estonné, quand il s'en veit sur le bord de si prés, que vousist ou non, il luy fallut donner de l'esperon, et hasarder tout. Bien luy servit d'avoir un cheval grand sauteur, l'autre le reçeut sur le bord d'un coup de pistolet, mais tout aussi tost il sentit celuy de son ennemi au défaut de la gorge qui luy fit demander vie et se rendre de tout point, quoy que huit ou dix chevaux s'avançassent à son secours; il fut amené vif au prince de Conti et à monsieur de Chastillon, qui n'estoyent point plus prés que Vaugirard. Le roy ', au commencement de sa blessure, resjouy de ceste action, voulut voir le prisonnier, mais Aubigné, quoy que son maistre luy eust commandé, ne voulut faire (comme il disoit) le charlatan.
Le roy de Navarre, maintenant roy, avoit mené la nuit dans la chambre du roy mourant huit des
I. Henri III qui venait d'être assassiné (2 août) par Jacques Clément. Il mourut le lendemain.
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siensavec la cuirassine soubs le pourpoint, et, parmi les diverses peines où il se trouva, enferma dans une chambre La Force ' et Aubigné qui parla comme vous voyez au chapitre 2 3^ du livre 2 2.
[iSgo] Le premier soir que les armées Françoise et espagnole se virent entre Cheles et Lagny3, le roy commanda à Aubigné de lever les vedettes qui avoyent servi le jour : les carabins espagnols, le prenant pour homme de commandement, l'engagèrent en une escarmouche, où il falut se mesler en la desmeslant. Le lendemain, estants soubs la cornette du roy, Picheri et luy se desroberent pensants aller réchauffer l'escarmouche qui leur sembloit trop froide, puis servirent à Roulet de ce que vous voyez à la fin du ye chapitre, livre 3^; et encore au mesme lieu c'estoit luy qui faisoit le tiers entre le roy et le mareschal de Biron 4.
Au mesme livre, chapitre lo^, il exécuta les choses que vous voyez desduites au titre de mareschal de camp, et encor ce qui est dit du capitaine qui causa la prise de Montrueiiil 5.
1. Jacques-Nompar de Caumont, marquis, puis duc de La Force, maréchal de France (162 1), né le 3o octobre i558, mort le 10 mai i652.