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duels. La journée se passera comme cela ; les troupes sont montées au dernier point et n'ont fait grâce nulle part où elles sont entrées ^ En ce moment, nous délibérons sur quelques mesures à proposer aux Chambres.
» A Lyon, tout est à peu près fini ; il y a eu là de sanglantes exécutions. A Châlons, à Dijon, à Saint-Étienne, il y avait certaines tentatives, mais partout les troupes sont restées fermes. La garde nationale de Paris de même, mais ailleurs on ne peut en dire autant.
» A tout prendre, l'événement ou les événements sont de nature à donner quelque force au gouvernement. — Je continuerai à vous tenir au courant jusqu'à l'heure où partira l'estatTette. »
« Même jour, trois heures après midi.
» Tout est à peu près fini dans les rues; on fouille encore quelques maisons, et je ne puis vous donner cette foule de détails qui ne se recueillent que les uns après les autres.
» Nous sommes fort occupés des moyens de tirer parti de ceci pour consolider tout ce qui est si fort ébranlé. Malheureusement, nous ne pouvons rien contre la presse. Demain il sera porté quelque chose aux Chambres, — le quoi ne sera décidé que ce soir. Cela consistera probablement en accroissement d'effectif d'armée.
); Les troupes et la garde nationale sont montées au plus haut degré. Nous expédions des courriers dans toutes les directions, car il faut prévenir partout. Je vous demande pardon d'être si bref et si pressé... »
1. C'est, en effet, au cours de cette lutte que se place le sanglant épisode de la l'ue Transnonain.
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[,!•: l'KINCE I>E TAI.LKVHAND V L' COMTE DE HIGNY.
« Londres, le 17 avril 1834.
» Vous aurez vu par mes i)récédenles dépêches que j'avais devancé les instructions que vous m'exprimez dans votre lettre numéro 30, en agissant par moi-même près des ministres anglais pour les amener à la conclusion d'un traité d'alliance défensive avec nous. La circonstance du traité sur les affaires de la péninsule m'avait paru trop importante pour ne pas la saisir, et si je n'ai pas réussi dans mes tentatives, je suis du moins sûr de n'avoir pas compromis la dignité du gouvernement du roi, dont je n'avais pas eu le temps de recevoir des instructions, lorsqu'on m'a proposé de signer le traité entre les quatre puissances. On attend ici, avec impatience, la résolution que vous aurez prise à l'égard de ce dernier traité ; tous les membres du cabinet que j'ai vus ce matin m'ont questionné avec empressement à ce sujet, et je n'ai pu que leur promettre une prompte décision.
-) On est fort préoccupé des événements de Lyon et de Paris qui ont, pour le moment, effacé tous les autres intérêts. J'ai déjà profité des informations que renfermait votre dépêche numéro 31, et il m'a été facile de faire comprendre les avantages que l'Angleterre, plus que tout autre pays peutêtre, retirerait d'une répression prompte et énergique d'excès semblables à ceux commis à Lyon. L'effet en sera d'autant plus utile ici, qu'il règne depuis quelques jours une agitation assez grave parmi les ouvriers de plusieurs districts manufacturiers d'Angleterre, et qui est causée par des associations de la nature de celles que nous cherchons à détruire en
France, Je puis vous dire cfue l'opinion publique qui comple ici est avec nous dans cette affaire, quoi qu'en disent quelques organes de la presse périodique ; les esprits sages savent gré au gouvernement du roi de ses efforts pour contenir les dispositions révolutionnaires de ceux qui ne cherchent qu'à troubler la paix de l'Europe, en hvrant d'abord la France à l'anarchie... i>
LE COMTE DE RIGNY AL' PRINCE DE TALLEYRAND
o Paris, le 17 avril 1834, à quatre heures. » Mon prince,
» C'est autant un chagrin qu'un embarras pour rnoi, que de vous envoyer des observations, au lieu d'une positive affirmation.
« J'ai trouvé bien des scrupules, non sur le fond, parmi mes collègues, car votre idée d'une alhance défensive est adoptée par tous, mais sur la forme. Le roi partageait ces scrupules et se trouvait mal à l'aise, placé dans un préambule qui reparaissait au milieu du traité.
» Si secrète que demeure cette convention pendant quelque temps, elle sera dépistée, et vous sentez ce qu'on peut dire, si l'article V laissait trop entrevoir qu'à la réquisition des trois cours nous fournirions armes et soldats, non pas certainement que nous fussions engagés par votre rédaction, mais enfin on pourrait nous le reprocher, et ces reproches, injustes d'ailleurs, affaibliraient l'effet de cette convention, quant au fruit même à en retirer, qui est une plus apparente union avec l'Angleterre.
» Nous reconnaissons bien ici la diiliculté sérieuse dont vous
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avez eu à triompher pour obtenir une première concession ; le moment était contre nous; l'avenir paraissait de même : les affaires de Lyon, celles de Paris, les impressions, tout était contraire. Aujourd'hui, la situation est meilleure, et je n'ose pas vous dire, mon prince, que vous pouvez en tirer parti, parce qu'on ne nous juge peut-être pas encore à Londres comme nous nous jugeons ici.
» Tout ceci va influer notablement sur les élections, car c'est surtout la classe bourgeoise électorale qui est menacée par ces agitations ; elle le sent, et l'effet en est incontestable à Paris, Si donc nous pouvons hâter la fin de la Chambre et la convocation, le système sera raffermi. C'est l'opinion des esprits réfléchis.
w Je quitte lord Granville à l'instant, et lui ai donné toutes les raisons que j'ai entendu développer ce matin au conseil. Il écrit à lord Palmerston par notre estafette, et ma paru entendre nos motifs.
w Dans la dépêche officielle, j'ai essayé de vous aider en la rédigeant de manière à être montrée à lord Palmerston.
» Si, en adoptant le fond de notre pensée, il ne s'agissait (|ue de changer ou de tourner autrement la rédaction des deux articles restant à leur place, dans le contreprojet, nous concevons, mon prince, que vous ne vous croyiez pas obligé dans ce cas, et vu l'urgence, de nous les renvoyer ici.
)) Nous voyons que cela presse, et que nous ne devons pas laisser aller seule l'action de l'Angleterre sur l'Espagne. Nous nous sommes prévalus d'une note antérieure de Martinez de la Rosa, et ceci rappelle à peu près ce qui s'est passé lors du traité du 6 juillet 1827, relatif à la Grèce, dans
lequel nous intervînmes, à l'aide d'une demande du gouvernement grec.
)) Après tout, le traité quel qu'il soit fera du bruit dans le nord; nous ne le redoutons pas, si nous pouvons parvenir aie rendre défendable pour nous à l'intérieur. Vous seul, mon prince, pouvez résoudre ce problème, et le roi s'abandonne avec confiance à votre haute influence et à votre sollicitude... »
LE PRINCE DE TALLEYRAND AU COMTE DE RIGNY
a Londres, le 19 avril 1834.
» Monsieur le comte,
» J'ai reçu hier la dépêche télégraphique que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser le 17; et ce matin, votre dépêche numéro 32 à laquelle était joint le projet modifié du traité entre les quatre puissances.
» J'avais hier, avec votre dépêche télégraphique, contenu à grand'peine l'impatience des plénipotentiaires des trois cours, qui s'étaient persuadés que votre consentement n'était pas douteux.
)> Aussitôt après l'arrivée de mon courrier ce matin, j'envoyai à lord Palmerston le paquet de lord Granville qui lui était adressé, et je lui demandai un rendez-vous dans la matinée. Il me répondit une heure après par la lettre dont j'ai eu l'honneur de vous transmettre une copie (voir page 37", pièce n° 1), afin que vous jugiez de la nature de l'opposition que je devais rencontrer. Je me rendis chez lui à l'heure qu'il m'avait indiquée ; et, quelque préparé que je fusse aie trouver animé sur cette affaire, il l'était encore plus cepen-
RÉVOLUTION DE 1830 (1833-183'i). 375
dant que sa lettre ne me l'avait laissé pressentir. Une difficulté à laquelle je ne pouvais pas m'attendre augmentait mon embarras : on avait écrit de Paris que le gouvernement du roi approuvait le traité, tel que je l'avais envoyé, et qu'on pouvait compter que les objections que je ferais venaient de moi seul. C'est alors que je dus faire usage de votre dépêche numéro 32; j'en lus une partie à lord Palmerston, et, en développant les considérations qu'elle renferme, je me retranchai nettement dans la résolution de ne signer qu'aux conditions que vous m'aviez imposées. Quant à l'observation qui m'était personnelle, je fis remarquer qu'elle ne pouvait point être exacte, attendu que tout ce qui, dans ce traité, se rapportait à la France, étant du ressort de l'opinion publique, je n'avais pu, placé comme je l'étais, en juger les inconvénients, et que c'était le gouvernement du roi qui, seul, était en état de les apprécier.
» Lorsque je quittai lord Palmerston, il se rendait au conseil, où j'ai su que la discussion avait été très vive et où on n'avait pas facilement admis nos observations. A l'issue de ce conseil, je me suis rendu successivement chez lord Palmerston et chez lord Grey. Ils étaient encore fort éloignés de se montrer convaincus de l'importance de nos objections; mais, après une conversation de plus de deux heures, j'obtins enfin que des changements notables seraient faits à la rédaction du traité. La lettre de lord Palmerston, que je reçus dans la soirée et dont je vous envoie une copie avec celle de la note qui y était jointe (voir pièces n°^ 2 et 3), vous donnera une idée du progrès que j'avais déjà fait. Il n'y avait plus qu'un seul préambule dans lequel la France et la Grande- Bretagne étaient placées sur la même ligne à l'égard de l'Es-
pagne, ce qui, à mes yeux comme aux vôtres je pense, monsieur le comte , était le point essentiel. Mais il restait encore deux autres difficultés : l'article qui nous concerne dans le traité était rejeté à la fm, après les articles relatifs à l'amnistie en Portugal et à la dotation de l'infant don Carlos; mais, ce qui est plus grave, on voulait que cet article fût rédigé ainsi qu'il suit :
» Sa Majesté le roi des Français s'engage à fournir, pourat- » teindre le but qu'on se propose par le présent traité, tel » secours qui sera déterminé d'un commun accord entre lui » et les trois autres parties contractantes, et lorsqu'elle sera » invitée, par elles, à le faire.
» Je viens d'écrire à lord Palmerston, en lui renvoyant son projet de traité, pour lui demander le retranchement des mots : et lorsqu'elle sera invitée, par elles, à le faire, comme formant une répétition de la même idée dans le même article. J'ai réclamé aussi plusieurs autres rectifications. Je ne pourrai avoir sa réponse que demain matin, car il est onze heures du soir, et je me décide à relarder le départ de mon courrier afin de vous faire connaître le résultat définitif de la négociation qui sera très probablement terminée dans la journée de demain. »
0 Le 20 avril.
)) J'ai reçu ce matin de lord Palmerston le billet dont la copie est jointe (voir pièce n° 4) et je me suis empressé de lui répondre que j'insistais pour le retranchement des mois que j'avais demandé hier, ou du moins pour une autre rédaction de l'article. Il vient de m'envoyer celle que vous trouve-
rez dans la copie du traité qui accompagne cette dépêche^; je l'ai adoptée, parce qu'elle m'a paru être sans inconvénient et que j'étais au terme des difficultés que décemment il m'était permis de faire. Vous pouvez regarder le traité comme arrêté, tel que je vous l'envoie. Il faut qu'il soit soumis à l'approbation du roi, qui est à Windsor, et copié dans les quatre langues, ce qui me fait craindre qu'il ne puisse être encore signé demain. Je vous l'enverrai aussitôt qu'il le sera, mais ne l'ébruitez pas, de peur qu'il ne soit connu à Madrid avant que le ministre d'Espagne ait eu le temps de l'y faire parvenir.
» Je dois vous faire remarquer que je ne vous ai communiqué les lettres de lord Palmerston que pour vous donner une connaissance précise de la marche de la négociation. Il est très essentiel que ces lettres restent entièrement secrètes ; la moindre révélation indiscrète dans ce sens compromettrait nos relations avec l'Angleterre, et rendrait ma situation ici extrêmement désagréable et difficile. Je m'en rapporte à vous pour anéantir les copies des lettres lorsque vous les aurez lues. »
Pièces jointes à la lettre précédente.
^'0 ^er LORD PALMERSTON AU PRINCE DE T ALLE YR A N D.
« Stanhope-Street, le 19 avril 1834.
» Mon cher prince,
» J'ai reçu avec bien des regrets le paquet que vous m'avez envoyé ce matin . Il est fâcheux de trouver tant de difficultés là où nous ne nous y attendions pas. On paraît avoir mal