‹ Mémoires. Publiés avec une préface et des notes par le duc de BroglieChapitre 53 sur 79 · Am-.I ISO.J · texte numérisé non relu

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eût obtenu tout ce qu'il était possible d'obtenir, le traité ne lui plut pas. Il m'écrivit à quelque temps de là : « Vous m'avez fait à Presbourg un traité qui me gène beaucoup. » Ce qui cependant ne l'empêcha pas de mo donner, peu dj temps après, une grande marque de satisfaction en me faisant prince de Bénèvent, dont le territoire était occupé par ses troupes. Je dis avec plaisir que, par là, ce duché que j'ai conservé jusqu'à la Restauration, a été mis à l'abri de toute espèce de vexation, et même de la conscription.

Le comte d'Haugwitz aurait assurément mérité de payer de sa tète le traité qu'il avait osé faire sans pouvoirs, et contre ce qu'il savait parfaitement bien être le vœu de son souverain ; mais le punir aurait été s'attaquer à Napoléon lui-même. Le roi de Prusse n'osa le désavouer; il eut même la faiblesse de résister aux nobles sollicitations de la reine ; et cependant, honteux de donner son approbation à un pareil acte, il ne ratifia d'abord le traité que conditionnelleraent. Mais à la ratification conditionnelle que Napoléon rejeta, il fallut, sous peine de l'avoir pour ennemi, en substituer uni' pure et simple qui constitua la Prusse en guerre avec l'Angleterre ' .

Napoléon, depuis qu'il était empereur, ne voulait plus de république, surtout dans son voisinage. Eu conséquence, il changea le gouvernement de la Hollande, et finit par se faire demander un de ses frères pour être roi du pays^. Il ne soupçonnait pas alors que son frère Louis, qu'il avait choisi, était

1. Traité déHiiitif d'alliance du 15 février 1806, ratifié par le roi de Prusse le 9 mars.

2. Louis Bonaparte fut proclamé roi de Hollande le 5 juin 1806.

un trop honnête homme pour accepter le titre de roi de Hollande, sans devenir parfaitement Hohandais.

La dissokition de l'empire germanique était déjà implicitement opérée par le traité de Presbourg, puisqu'il avait reconnu comme rois les électeurs de Bavière et de ^Vurtemberg, et l'électeur de Bade comme grand-duc. Cette dissolution fut consommée par l'acte qui forma la confédération du Bhin ^ acte qui coûta l'existence à une foule de petits États conservés par le recès de 1803. et que j'essayai encore une fois de sauver. Mais je réussis pour un très petit nombre, les principaux confédérés ne voulant accepter cet acte qu'autant qu'ils seraient agrandis.

Murât, l'un des beaux-frères de Napoléon, à qui les pays de Clèves et de Berg avaient été donnés en souverainelé, fut compris dans cette confédération, avec le titre de grand- duc; il l'échangea plus tard pour celui de roi, qu'il eût mieux valu pour lui ne jamais obtenir.

Pendant que le roi de Prusse se brouillait avec l'Angleterre en occupant le Hanovre, celle-ci songeait à traiter avec la France. M. Pitt étant mort -, M. Fox qui n'était pas destiné

1. Le vieil empire germanique n'existait plus que de nom en 1806, Napoléon lui porta le dernier coup le 12 juillet 1806, par la convention qu'il signa avec treize princes allemands, dont les principaux étaient le baron de Dalbei-g, archevêque de ilayence, prince primat de Germanie, les rois de Bavière et de Wurtemberg, le grand-duc de Bade, le landgrave de Hesse-Darmstadt, etc. Aux termes de cette convention, les princes coniractants se séparaient de l'empire, et se constituaient en confédération du llluii, reconnaissaient pour protecteur l'empereur Napoléon, et signaient avec lui un tiailé d'alliance offensive et défensive. L'empereur François ne put que reconnaître les faits accomplis : le 6 août suivant, il déclara l'empire germanique dissous, abdi(|ua le litre d'empereur d'Allemagne et prit celui d'empereur d'Autriche.

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