Voir la quatrième partie
Quand l'empereur Alexandre et lui s'étaient séparés à Tilsitt, ils s'étaient promis de se revoir bientôt. C'était une promesse que Napoléon n'avait aucune envie de tenir, ù moins que l'état de ses affaires ne lui en fît une nécessité. Mais lorsque le général Junot eut été chassé de Portugal par les Anglais'; que le général Dupont eut été forcé de capituler à Baylen% et que l'insurrection générale de l'Espagne eut annoncé une résistance qui pouvait être de longue durée, il commença à craindre que l'Autriche ne voulût profiter de ces conjonctures, et il sentit le besoin de s'assurer davantage la Russie. Alors il désira revoir l'empereur Alexandre, et le fit inviter à un rendez-vous dont on fixa le lieu à Erfurt^ Il voulut, quoiqu'il fiit déjà très froidement avec moi, que je l'y accompagnasse ; il s'était persuadé que cela pourrait lui être utile, et cela lui suffisait. Les nombreux et piquants détails de cette entrevue, forment un épisode à part : j'ai cru devoir en faire aussi un morceau séparée L'intention de Napoléon doit cependant trouver une place ici. Son but était d'amener l'empereur
1. Le général Andoclie Junot, duc d'Abranlès, avait été mis à la tète de l'armée de Portugal. D'abord vainqueur (1807), il fut, le 21 août 1808, battu à Vinieiro par rarinée anglo-portugaise, et forcé de signer, à Cintra, une capitulation aux termes de laquelle il d-'vait évacuer le Portugal.
2. Le général Pierre Dupont de l'Etang (17Gj-1833), avait été, en 1808, mis à la têle de l'armée d'Andalousie. Le 22 juillet, assailli par des forces supérieures, commandées par le gén-ral espagnol Castanos, il capitula en rase campagne près de Baylen.Huil mille soldats français furent désarmés et internés sur les rochers de Cabiera (Baléares), où ils périrent en grande partie de maladie et de misère. Le général Dupont, revenu en France, fut traduit en conseil de guerre et condamné à une détention perpétuelle. 11 sortit de prison en 1814, et fut ministre de la guerre sous la première Restauration.
3. Ville du royaume de Saxe (aujourd'hui réunie à la Prusse), sur la Géra.