‹ Mémoires relatifs à l'emprisonnement de l'Honorable D.B. VigerChapitre 14 sur 15 · LORD JOHN RUSSELL · texte numérisé non relu

LORD JOHN RUSSELL

Oct. 18, 1839.

ENCLOSURE 1, IN No. 26.

Montréal, 18 Octobre, 1S39.

Monsieur,

J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre de ce jour, adressée au shéiiffde Montréal. Ayant eu, en ma qualité de magistrat, plus souvent occasion que mon collègue, Mr. Boston, l'occasion devoir (t visiter les prisonniers politiques, je crois devoir vous donner privément toutes les informations que vo>>s désirez et qui sont plus particulièrement à ma connaissance. J'ai visité Mr. Mc- Donnell, presque tous les mois, avant qu'il ait plu à Son Excellence de me nommer au shériffàt de Montréal, et chaque fois je n'ai en que des réponses satisfaisantes de ce Monsieur sur la manière dont il était traité par le geôlier et ses employés.

Depuis ma nomination, j'ai eu occasion de le visiter plus souvent ; ses réponses n'ont jamais cessé d'être conformes et toujours faisant le plus grand honneur à l'humanité du géolïcr. Dans une de mes premières visites à la prison, en ma qualité de shériff, un dss employé* ni infoni, a que .Monsieur Viger avait quelques plaintes à me faire* Je m'empressai de montera sa chamhre pour en prendre connaissance et je sus de ce Monsieur que, depuis quelques semaine-, il lui avait de défendu de jouer du flaséôlet qui était, disait-il, pour lui le seul passMems agréahlo

qu'il put avoir dans la soirée, et que, depuis le môme temps, on Pavait privé de la liberté que lui avait fait donner Son Excellence de .-'e promener durant le jour dans les cours intérieures de !a prison. Il ajouta qu'il savait que ces ordres ne venaient pas du Gouverneur et qu'il croyait inutile de me nommer celui qui les avait donnés, n'ayant aucun doute que Son Eccellence en étant informée les contremanderait aussitôt. Je lui promis de voir Son Excellence à ce sujet et je m'enquis si du reste il était satisfait et bien traité. Voici sa réponse aussi fidèlement rapportée que possible et que, je ne doute pas, ce Monsieur donnerait lui-mêm« par écrit, s'il était nécessaire. i% Jl Vexception de ces petites misères, que je dois attribuer à la faiblesse de J\ïr. de Si. Ours, j'aurais bien tort de me plaindre ; Wand (le geôlier) est le meilleur homme du monie et plein de complaisance pour moi ; je suis l'objet des égards et du respect même de ses employés. Si j'ai à me plaindre de l'injustice d« mon emprisonnement, dont je ne blâme pourtant pas autant Son Excellence que ceux qui l'entourent et qui l'ont conseillée, je serais bien injuste de me plaindre de la manière dont on me traite ici." Je dois ajouter, relativement à ce Monsieur, qu'il est à ma connaissance personnelle qu'il a été donné la plus grande facilité à toute sajamille et à tous ceux qui ont voulu le visiter. Quant aux autres prisonniers, je les ai visités, il y a quelques jours, avec Monsieur le surintendant de police et un Monsieur étranger qui désiraient connaître l'intérieur de la prison. À toutes les questions que j'ai faites, presque à chacun d'eux en particulier, je n'ai entendu que les réponses les plus satisfaisantes sur la conduite des employés de la prison à leur égard. Je pourrais appuyer ce que j'avance du témoignage de ces Messieurs et de quelques autres, s'il était nécessaire, pour rétorquer les allégués de quelques journaux en Angleterre sur la sévérité exercée envers les prisonniers dans cette prison*. Il est peut-être peu de pays où ils soient aussi bien traités qu'ici et il ont presque généralement tout autant de liberté qu'il est permis de leur ea accorder avec la sûreté de leur garde.

J'ai bien l'honneur d'être, Monsieur, votre

(Signé)

Thomas Leigh Goldie, Ecr, Secrétaire Civil, &c. &c. &c.

Obéissant serviteur, H. EDMUND BARRON.

No. 5.

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