JUIN 1 7G G
membres. M. Marmontel a commencé la séance par la lecture d’un roman intitulé : Bélisaire. M. de Nivernois a lu ensuite cinq fables de sa façon, et enfin M. l’abbé de Voiscnon a adressé au prince son compliment, consistant en une pièce de vers, où, apres avoir félicité l’Académie du bonheur de posséder ce héros, il s’est rejeté sur les fêtes qu'on lui donne, en a fait voir le ridicule, en ce qu’elles sont toutes dans un genre qui ne lui convient pas. Il s’est moqué de lui, de nous et de tout le public. MM. Duclos et d’Alembert ont ensuite reconduit ce prince à son carrosse. On lui a donné deux jetons, comme aux autres Académiciens. 11 a d’abord fait quelque difficulté, c’est-à-dire témoigné sa surprise. Le présentant lui a déclaré qu’ils lui convenaient d’autant mieux qu’ils contenaient sa devise au revers, s’il voulait la lire. 11 les a retournés, et il a trouvé ces mots : A l’immortalité.
30. — On parle d’un bon mot du roi à M. le comte de Lauraguais. Ce seigneur, de retour d’Angleterre depuis peu, est allé, suivant l’usage, faire sa cour à Versailles. Le roi ne faisait pas d’abord grande attention à lui : il s’est si fort avancé, que Sa Majesté l’a remarqué, et lui a demandé d’où il venait : « De l’Angleterre, Sire. — Et qu’avez-vous été faire là? — Apprendre à penser. — Des chevaux? » a repris le roi. Cette allusion a d’autant plus de force, que M. de Lauraguais se pique d’être grand connaisseur en chevaux.
Juin. — 13. — Madame Pitrot, ci-devant mademoiselle Rei, celle célèbre danseuse qui brillait à la Comédie Italienne et en partageait la gloire avec son mari, a perdu, vendredi dernier, son singulier procès dont nous avons parlé (1), où elle prétendait n’être point mariée avec lui, et s’être débarrassée de toute formalité en jetant au feu son contrat de mariage. Elle est reconnue femme véritable et légitime dudit Pitrot, obligée de retourner avec lui, déclare le chef de la communauté. Pour se soustraire à l’autorité conjugale, elle est entrée depuis quelque temps à l’Opéra (2).
(1) Voy. 1er et 14 septembre 1765.
(2) C'était un des privilèges de l'Opéra, que toute lit la ou femme, qui s'y faisait recevoir comme sujet se dérobait ainsi au pouvoir paternel ou conjugal. — R.
29. — M. l’abbé Ameilhon (I), censeur royal et sous-bibliothécaire de la Ville, vient d’être reçu à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, oii il a remporté trois prix.
Juillet. — 1 . — Malgré les espérances que le public avait de voir jouer La Partie de chasse de Henri IV, il est à craindre que la représentation de ce drame n’ait pas lieu. Il s’est tenu, ces jours derniers, un grand conseil à Versailles sur cette matière. M. le due de Choiscul, M. le prince de Soubise, étaient pour la permettre; M. de L’Averdy, M. le duc de Praslin, s’y opposaient Enfin la pluralité a été pour qu’on ne traduisit point indécemment sur la scène ce grand roi.
4. — 11 n’est question que des fêtes que madame Geoflrin a reçues dans tous les lieux où elle a passé. L’Empereur a voulu voir celte femme singulière, et s’est trouvé à sa rencontre incognito. Presque toute la noblesse polonaise est allée au-devant d’elle. L’impératrice-reine a dîné avec elle.
C. — Le roi a nommé une Commission pour examiner les instituts des différents ordres religieux et y faire la réforme nécessaire. Cinq archevêques sont à la tête de ce tribunal : ce sont M. de La Uoche-Aymon, archevêque de Reims ; M. Phelypeaux, archevêque de Bourges ; M. Dillon, archevêque de Narbonne; M. de Brienne, archevêque de Toulouse ; enfin M. de Jumilhac^ archevêque d’Arles. Voici l’épigramme qu’on a faite en conséquence :
On a choisi cinq évêques paillards,
Tous cinq rongés de v..... et de ch
Pour réformer des moines trop gaillards :
Peut-on blanchir l’ébène avec de l’encre?
8. — On doit se rappeler que le fameux J. -J. Rousseau est passé en Angleterre sous les auspices de M. Hume, auteur célèbre de la Grande-Bretagne, et qui y jouit de la réputation la plus flatteuse pour un homme de lettres. On avait imaginé d’abord que l’arrivée de l’ex-citoyen de Genève à Londres y ferait sensation, et tout le monde a été trompé dans cette attente. Rousseau
(i) Hubert-Pascal Ameitlion, né à Paris, le 5 avril 1730, y est mort te 13 novembre 18! I.
s’est retiré à la campagne, où il menait une vie fort ignorée; mais ce à quoi l’on ne s’attendait pas, c’est à la lettre qui vient d’être écrite par M. Hume à un homme de ses amis à Paris, M. le . baron d’Holbach. Il n’entre dans aucun détail sur les motifs qui lui donnent lieu de se plaindre du philosophe genevois; mais il marque que c’est un serpent qu’il a porté dans son sein et un monstre indigne de l’estime des honnêtes gens. On attend avec bien de l’impatience le détail de celte querelle.
1 4. — Les détails qu’on a reçus jusqu’à présent sur les plaintes que forme M. Hume contre J.-J. Rousseau, ne sont pas assez, clairs pour qu’on puisse en inférer l’opinion que les antagonistes du ci-devant citoyen de Genève veulent faire prendre sur son compte, et l’on doit suspendre son jugement surcet homme singulier, jusqu’à ce que cette discussion soit éclaircie. La cabale encyclopédique jette les hauts cris et met tout le tort du coté de M. Hume. Cependant on rappelle une aneodote sur le compte de M. Rousseau, qui rendrait tout croyable de sa part. On prétend qu’il a été autrefois colporteur de dentelles en Flandre, et que madame Boivin, fameuse marchande en ce genre, fut chargée, il y a déjà longtemps, d’une lettre de change et d’une contrainte par corps contre lui. Il avait enlevé la marchandise et l’argent.
M. Rousseau demeurait alors dans la rue de Grenelle-Saint-Honoré. C’était dans le temps où son Discours, couronné par l’Académie de Dijon, commençait à le rendre célèbre. Madame Boivin, s’en étant informée, et ayant appris sa célébrité et la médiocrité de sa fortune, ne voulut point se charger de mettre à exécution contre lui les pouvoirs qu’elle avait, et renvoya le tout à ses correspondants (1).
18. — Un curé de campagne, d’Êpinay, nommé l’abbé Dubault, s’est avisé de mettre en vers français le Télémaque de M. de Fénelon. On sent combien il est ridicule d’entreprendre une pareille tâche. Ce laborieux auteur en est pourtant venu à bout.
Il a enrichi le tout de notes, de préfaces, de dissertations et d’avertissements. 11 est parvenu à en former cinq volumes, qu’il a copiés de sa main. 11 a fait relier le tout très-richement, et s’étant rendu à Louvres, au passage des Enfants de France, l’année
(I) Cet arficle est remarquable par son inexactitude, comme l’a fait observer Musset-Pathay. '
dernière, il a présenté ce singulier mélange au duc de Berry. Comme cette anecdote n’a été consignée nulle part, du moins à notre connaissance, nous en faisons mention ici pour la rareté du fait. Ce manuscrit se trouvera quelque jour peut-être dans la bibliothèque des princes, sans qu’on en sache l’auteur ni l’origine.
25. — Si l'on en croit les nouvelles de Londres sur la personne du célèbre Genevois, ses torts tiennent à la nature de son caractère, dont l’orgueil et l’amour-propre font la base. M. Hume, qui l’a conduit en Angleterre, ayant cherché à lui être utile, avait obtenu une pension qui lui assurait un bien-être pour sa vie. M. Hume prétend n’avoir fait des démarches pour obtenir cette grâce, que de l’aveu de M. Rousseau, qui, loin d’en convenir, s’est répandu en invectives sur ce qu’on cherchait à le déshonorer, en lui prêtant une avidité qu’il n’avait pas, et a prétendu qu’il n’avait besoin des bienfaits de personne ; qu’il n'avait jamais été à charge à qui que ce fût ; qu’il ne prétendait pas qu’on mendiât sous son nom des grâces qu’il dédaignait. M. Hume, justement piqué de ces reproches, a rendu publiques des lettres qui démontrent la fausseté de Rousseau, ce cynique personnage lui témoignant sa reconnaissance des soins qu’il voulait bien se donner pour lui ménager une pension du roi d’Angleterre. Voilà, d’après les lettres venues de la Grande- Bretagne, le fond assez bien éclairci de la querelle qui divise ces auteurs.
28. — Le Journal de Trévoux passe en de nouvelles mains. Ce n’est plus M. Mercier, le bibliothécaire de Sainte-Geneviève, qui en aura la direction ; c’est M. l’abbé Aubert, connu par des ouvrages d’agrément, mais dont les talents, dans le genre de la critique, ne sont pas encore développés. Son ouvrage commence de ce mois-ci.
30. — On parle beaucoup d’une Lettre du docteur Maty, médecin très-renommé de Londres, à M. de La Condamine, en date du 18 juin, pour la communiquer à l’Académie des Sciences. 11 y assure que l’équipage entier d’un des vaisseaux de guerre anglais qui viennent de faire le tour du monde, a vu et examiné cinq ou six mille Patagons de neuf à dix pieds de haut. Il en conclut l’existence des géants en corps de peuple, et que ce ne sont
point des variétés rares, individuelles et accidentelles dans l’espèce humaine, comme l’ont soutenu nos plus célèbres naturalistes (I).
Août. — t. — C’est très-clandestinement qu'il paraît dans le public la brochure in- 12 de quatre-vingts pages d’impression, petit caractère, portant pour titre : Mémoires de M. de la Chalo lais, procureur général au parlement de Bretagne. Le premiei contient trente-neuf pages., et ne parait avoir été fait que sur des imputations vagues ; le prisonnier ignorait alors sur quels chefs précis d’accusation on voulait asseoir la procédure. Le second continue jusqu a la page 68. Tous deux sont datés du château de Saint-Malo, savoir : le premier du 13 janvier 1766, et le second du 17 février suivant. Celui-ci est plus direct, et paraît embrasser tous les griefs dont on charge cet illustre criminel. A la suite est une Addition , de même format, jusqu’à la page SO. C’est une petite défense particulière, dirigée contre un magistrat, M. deCalonne, que l’accusé semble regarder comme son ennemi personnel. 11 y est peint sous des couleurs très-flétrissantes. On lit, entre autres choses, dans ces Mémoires, qu’ils ont été écrits avec une plume faite d’un cure-dent, de l’encre composée d’eau, de suie de cheminée, de vinaigre et de sucre, sur des papiers d’enveloppe de sucre et de chocolat. L’auteur débute ainsi : « Je suis dans les fers; je trouve le moyen de former un Mémoire. Je l’abandonne à la Providence. S’il peut tomber entre les mains de quelque honnête citoyen, je le prie de le faire passer au roi, s’il est possible, et même de le rendre public pour ma justification et celle de mon fils. »»
6. — Il court trois lettres manuscrites, datées du 6 juillet, sur l’affaire et l’exécution de M. de La Barre, gentilhomme brûlé à Abbeville pour sacrilège. On attribue ces trois lettres à M. de Voltaire : elles en sont dignes par ce cri de l’humanité qu’il fait entendre partout, et parce sarcasme fin dont il assaisonne tout ce qu’il dit. 11 cite, entre autres choses, dans ces lettres, l’histoire d’un M. Le Camus qui, étant jeune prêtre, communia un cochon avec une hostie, et ne fut qu'exilé. Ce même Le Camus, parent
(I ) L'abbc Cojrer publia, à cette occasion, sa Lettre au docteur Maty, sur les géants Patagons. Bruxelles (Paris), 1767, in-12. — R.
17 8 MÉMOIRES SECRETS DE BACH Al' MONT.
de M. (le La Barre, fut depuis cardinal. Le parlementes! furieux contre ces Lettres, et l’on assure que le premier président en a porté des plaintes au roi. On y semble rendre compte de tout ce qui s’est passé à Abbeville, ainsi que de la fermeté avec laquelle M. de La Barre a souffert son supplice.
S. — M. de Bouftlers, officier, amateur plein de goût et de talents, a dessiné tout nouvellement, au château de Ferney, le portrait de M. de Voltaire, et l’a gravé en profil dans un ovale de huit pouces de hauteur sur sept de largeur. Cette gravure parait faite à l’eau forte cttenninéeà la pointe, dans la manièrede Rembrandt, avec beaucoup d’art et d’esprit. L’amateur habile a saisi en quelque sorte l’âme et le feu de son modèle. Il l’a représenté d’un air pensif, mais animé, devant son bureau, ayant une main posée sur un papier, et tenant del’aulre une plume, etprêt àécrire ce qu’il médite. La tète est coiffée d’un bonnet, sur une grande chevelure .Une ressemblance parfaite, une attitude facile et intéressante, une exécution nette et brillante, un vrai qui se fait sentir, rendent cette estampe très-précieuse (1).
1 1 . — Le bruit se confirme de plus en plus des plaintes portées au roi par le parlement contre M. de Voltaire et sa licence à critiquer ses arrêts (2), ainsi qu’à écrire sur des matières dangereuses et propres à répandre l’athéisme partout. On prétend que, pour en empêcher les suites fâcheuses, ses amis l’ont engagé à solliciter une retraite auprès du roi de Prusse.
11 est question d’une nouvelle lettre sur le jugement de M. de Lally, qu’on attribue à M. de Voltaire, où il fronde encore le jugement du parlement. Il voudrait le faire réhabiliter comme les Calas (3).
12. — Pièces posthumes de l'auteur des Cinq Années Littéraires (i). Cet auteur, comme l’on sait, est M. Clément, de Genève. H y a peu d’ouvrages périodiques écrits avec autant de feu, avec
(I) Il n'esl pas certain que cette estampe soit de Bouftlers. On lit au bas : Destiné à Femey, él gravé pur M. B... 176S. — R.
(i) Voy 6 août 1766.
(3) Voltaire, au lit de mort, eut la consolation d’apprendre la cassation de l’arrêt qui avait condamné Lally. On peut voir, dans sa Correspondance, le billet touchant qu'il adressa au fils du général. — R.
(I) A Amsterdam, et se distribuent chez le défunt, place Saint-Michel. 1766, in-8«. Cet article est emprunté au Journal encyclopédique, août 1766, p. 136. — R.
AOUT 17f,G.
autant d’esprit, de véhémence, que cette Année Littéraire. Cet ouvrage, où l'auteur avait dit peut-être sa pensée avec trop' do liberté, lui occasionna quelques chagrins. Une "longue maladie lui fit discontinuer ses travaux littéraires. M. Clément donna une tragédie de Méropc, dans des circonstances qui en empêchèrent la représentation, mais dont la publication fut reçue avec plaisir. Les pièces qu’on donne aujourd’hui au public respirent encore le feu de ses premières années. 11 y a plusieurs lettres en vers; quelques-unes sont écrites de Charenton, où l’auteur avait été mis. Elles ne se ressentent point des accès de folie qui firent renfermer en pareil lieu ce nouveau Tasse.
13. — Un arrêt du Conseil, du 18 juin dernier, et qui n’avait été connu jusqu’ici que parla voie de la Gazette de Hollande, vient d'être rendu public aujourd’hui et vendu dans les rues de Paris. Cet arrêt supprime un Mémoire attribué à M. de La Chalotâis, sans désignation de format, ni citation de la première et dernière phrase. 11 y est seulement dit qu’il est imprimé sans nom d’imprimeur, ni permission ; qu’il est répréhensible, comme contenant des faits calomnieux et injurieux à des personnes chargées d’exécuter les ordres de Sa Majesté. De sorte qu’on ignore si cet arrêt regarde le Mémoire imputé à M. de La Chalotais, dont on a parlé (l).Cc Mémoire fait un bruit du diable ; il est recherché de tous les curieux et forme une pièce de bibliothèque très-précieuse.
17. — Une rixe élevée entre deux hommes qui se piquent de bel esprit et qui tiennent un rang dans la littérature, et comme auteurs et comme Mécènes, fait beaucoup de bruit,: elle intéresse MM. de Lauraguais et de Villelte. Elle a donné lieu à des épîtres de part et d’autre, peu dignes d’être rapportées. Elle est née à l’occasion d’un pari prétendu fait entre les deux adversaires, et que M. de Villette avait perdu. Il était question d'une course à exécuter par les chevaux et coureurs de ces messieurs. Le dernier n’a pas voulu donner le tableau en jeu, soutenant qu’il n’avait point parié. Ces deux champions, étant sur le point d’entrer en lice, se sont trouvés arrêtés par les gardes des Maréchaux de France, et l’affaire est au tribunal. Elle occupe
(I) Voy. 1" août lTfid.
beaucoup les gens de lettres, qui prennent parti pour ou contre.
18. — Nous -avons oublié de faire mention de la mort de M. Bon ne val, auteur lyrique, mort il y a quelques mois. Un acte (I) de lui qu'on va donner, en rappelle la mémoire. 11 avait été intendant des Menus ; il était trésorier de la reine, et est mort, à soixante ans environ, de chagrins domestiques. Tous ses ouvrages n’ont eu aucun succès.
2t. — Voici des détails plus exacts sur la rixe dont on a parlé. La course d'un cheval de M. de Lauraguais, monté d’un postil- ’on, avait occasionné plusieurs paris. Par un malentendu entre M. le marquis de Villette et M. le’ comte de Lauraguais, ce dernier a prétendu avoir gagné un tableau de 'prix au nouveau marquis (2), qui s’en est défendu. M de Lauraguais, piqué de la négative, a écrit à M. de Villette une lettre qui n'était pas faite pour flatter son amour-propre. Blessé 'de l’épîtrc, il y a répondu par des épigrammes, et s’est rendu chez mademoiselle Arnould, pour y rejoindre, soi-disant, M. de Lauraguais. Mais, comme cette histoire avait déjà fait bruit, à peine y était-il que, suivant de près, des gardes des Maréchaux de France se sont attachés à leurs personnes. Comme l’un et l'autre ont réellement beaucoup d’esprit, ils en ont fait usage pour s’expliquer avec plus de sang-froid, et se sont réconciliés de façon qu'ils sont devenusles meilleurs amis, ne se quittant presque plus, à la promenade, aux spectacles, etc. M. de Villette a acquitté le pari; en revanche, M. de Lauraguais lui a fait présent d’une jolie voiture. Tout cela allait le mieux du monde; malheureusement, il a fallu comparaître au tribunal de MM. les Maréchaux de Fran ce, et s’y expliquer sur le fond de l’affaire. Ce respectable aréopage, après les avoir ouïs et pris connaissance de beaucoup de détails dans lesquels il n’est pas possible d’entrer, a cru devoir prononcer un jugement ; mais il doit être confirmé par le roi, avant qu’il s'exécute. Cette aventure a fait ici beaucoup de bruit et n’a
(1) Lindor et fsmène.
(!) Le père de Villetle avait acheté, peu de temps avant sa mort, le titre de mar- •|uis. La bravoure du tils lui attira l’épigramme suivante :
Villette a tout interverti :
Soit qu'il se balte ou qu’il caresse,
* 11 ne voit point son ennemi,
Et n'ejl pis vu de sa tniitresse. — R.
point surpris de la part des auteurs. M. le comte de Lauraguais n'est pas un homme ordinaire, et M. de Villette a fait ses preuves. 11 est fils de l’ancien trésorier-général de l’extraordinaire des guerres, et est aujourd’hui chevalier de Saint-Louis. 11 était, dans la dernière guerre, aide-major-général des logis de l’armée.