GÉORGIQUES
Jusqu’ici j’ai peu su la cause Qui reproduit cet univers ;
Mais, depuis que j’ai lu tes vers,
Je crois à la métempsycose :
Delille est un nom supposé ;
, Je reconnais dans ton langage
Virgile même, francisé, .
Qui nous traduit son propre ouvrage.
Par un Ecolier.
Telle est la manière dont M. de La Harpe, petit compagnon travaillant au Mercure, sous le sieur Lacombe, a présenté cette pièce dans le volume de ce mois, quoiqu’il sût très-bien qu’elle était de M. Dorât. Cette petite niche a vivement piqué ce dernier, et cela forme entre ces deux messieurs une guerre poétique qui amuse les spectateurs.
10. — M. Coqueley de Chaussepierre, avocat plus renommé par ses bouffonneries que par son éloquence, vient de lancer dans le public un persiflage contre ces drames monstrueux si à la mode aujourd'hui, péchant également contre le bon sens et contre la nature. Il a fait un poème en quatre chants, intitulé -le Roué Vertueux, dans lequel, après avoir conduit son héros à travers les aventures les plus merveilleuses, les plus compliquées et les plus noires, il le fait arriver à une catastrophe pro-
portionnée aux horreurs qui la préparent. Tout cela est indiqué dans quelques arguments, et le dialogue n'est autre chose que des exclamations vagues, et sans ordre, et sans aucun sens, entremêlées d’une immensité de points et d’énormes lacunes indiquant les réticences. Chaque chant, ou acte, est précédé d'une magnifique estampequi représente la principale scènedu moment. Le tout est accompagné des ornements typographiques sous lesquels nos auteurs modernes cachent leurs haillons et leur misère.
11. — Entré tous les quolibets qu’a fait enfanter M. l’abbé Terray, le meilleur sans contredit est celui qu’on attribue à M. le duc de Noailles, depuis longtemps en possession d’en dire d’excellents sous le nom du duc d’Ayen, et qui n’a pas dégénéré. On criait à Versailles les nouveaux arrêts du Conseil, quoique ce ne fût pas l’usage autrefois; mais cela se pratique aujourd’hui. Le roi, peu accoutumé à ces clameurs, demanda ce que c’était : « C’est, lui dit le duc de Noailles, la grâce de Billard qu'on crie ! »
1 3. — Une jeune personne ayant écrit en vers à M. de Voltaire, ce patriarche du Parnasse, reprenant sa lyre, a répondu par ceux-ci :
Ancien disciple d’Apollon,
J’étais sur le bord du Cocyte,
Lorsque le dieu de l’Hélicon Dit à sa muse favorite :
« Ecrivez à ce vieux barbon. »
Elle écrivit : je ressuscite (i )j
15. — M. l’abbé Galiani, auteur des Dialogues sur le commerce des blés, n’est plus secrétaire d’ambassade de Naples. On prétend que le ministre, fatigué des lazzis continuels de cet abbé d’une politique très-plaisante, sur le gouvernement, l’a obligé de retourner en Italie, en lui déclarant qu’il n’avait rien à craindre du ressentiment de la France, et même en le pensionnant.
10. — On assure que M. de Belloy, qui se brouille et se raccommode avec les Comédiens, avec une facilité merveilleuse, leur a permis de jouer scs pièces nouvellement imprimées, dont
(t) On trouve, dans les Œuvres de Voltaire, une version un peu differente de ce* vers adressés à mademoiselle de Vaudeuil.
la barbarie du style a éloigné la plupart des lecteurs, et qu’on assure pouvoir mieux réussira la représentation.
17. — Le sieur Paulin, acteur de la Comédie Française, est mort il y a quelque temps. C’était un médiocre acteur pour le tragique. Dans le comique, il faisait assez bien les rôles de paysan. On a su, à sa mort, qu’il avait été bas-officier des Invalides. En conséquence, il a joui d’un honneur singulier pour un comédien, et a eu l’épée croisée sur son cercueil.
21. — Il y a quelque temps qu’une novice du couvent de , l’Assomption, à la veille de prononcer scs derniers vœux, se pendit en présence de ses père et mère, obstinés à forcer sa vocation; du moins, le fait a passé pour constant. M. de La Harpe, voyant que la nation se familiarisait insensiblement avec toutes | les horreurs, a fait de celle-ci un drame en trois actes, intitulé Mélanie ou la Religieuse. Comme une pareille pièce ne pouvait être jouée sur le théâtre de Paris, l’auteur a eu recours à la protection de M. le duc de Choiseul pour la faire imprimer. Ce ministre lui a répondu par une lettre obligeante et ingénieuse : il s’y défend de lui accorder la grâce demandée, qui dépend de M. le chancelier; mais il lui marque en même temps qu'il se retient pour sou libraire, et lui envoie en conséquence mille écus à compte sur l’édition.
23. — On continue les quolibets : on dit que M. l’abbé Terrav est sans Foi, qu’il nous ôte Y Espérance et npus réduit à la Charité.
M. l’abbé Terray, malgré les soins du ministère, a aussi des saillies. On raconte qu’un coryphée de l’Opéra pour le chant, pensionnaire du roi, ayant été solliciter le contrôleur-général pour son paiement, il lui avait répondu qu’il fallait attendre; qu’il était juste de payer ceux qui pleuraient, avant ceux qui chantaient.
24. — C’est une fureur pour entendre la lecture de la tragédie de M. de La Harpe, intitulée la Religieuse. On s’arrache cet auteur; il ne peut suffire aux dîners ou soupers auxquels on l’invite, et dont ce drame fait toujours le meilleur plat. On assure qu’il est très-bien fait, et qu’on ne peut se refuser à s’attendrir jusqu’aux larmes à cette lecture intéressante. Les acteurs sont le père, la mère, la religieuse, l’amant et le curé. Quoi qu’il en soit, ces éloges de coterie sont toujours suspects, et, d’ailleurs.
M. de Fontanelle a devancé cet auteur pour l'invention, dans sa tragédie de la Vestale (I), même sujet que celui-là, traité d'une façon plus décente et plus susceptible d’être adapté au théâtre.
26. — Si l’on est mécontent de la nouvelle salle de l’Opéra, les curieux vont s’en dédommager en foule à Versailles et y admirer la magnifique salle qu’on vient d’y construire. Indépendamment du beau coup d’œil qu’elle présente, de sa coupe avantageuse et de la magnificence de son ensemble, le mécanisme de son intérieur offre des détails immenses et admirables à ceux qui s’y connaissent. On peut en faire également et promptement une salle de spectacle, une salle de banquet royal et une salle de bal. Le roi veut que cela ait lieu dès le premier jour.
Toute cette partie du travail appartient au sieur Arnauld, cidevant machiniste de l’Opéra, mais qui, malheureusement trop occupé de la salle de Versailles, n’a pu donner ses lumières pour celle de Paris, qui ne se ressent que trop de son absence.
27. — 11 y a quelques jours que le sieur Dalainville, frère du sieur Mole, faisait le rôle de Gustave à la Comédie Française; dès le commencement de la pièce, le parterre témoigna son indisposition si fortement, et cette rumeur générale s’accrut à tel point, que Facteur ne put continuer son rôle; en vain l’on arrêta quelques mutins, le déchaînement ne fit qu'augmenter, et l’on fut obligé d’interrompre la pièce. On a découvert depuis que ces mouvements tumultueux étaient la suite d’une cabale excitée par le nommé Chevalier, acteur du même théâtre, qui, jaloux des médiocres talents de Dalainville et du crédit qu’il pourrait acquérir dans la troupe à la faveur de Molé, son frère, avait redoublé d’efforts pour en dégoûter le public. Ce fait bien constaté dans l’assemblée des Comédiens, il en a été rendu compte aux gentilshommes de la Chambre, et Chevalier a été expulsé ignominieusement. Quant à Dalainville, fortement touché de l’humiliation qu’il avait reçue, il est parti sur-le-champ en poste pour retourner à Lyon dont il faisait les délices. 11 est certain que la perte n’est pas grande, et que ce n’aurait jamais été qu’un ac-
(I) Érieieoula Veslale, drame en trois actes, fut imprimée deux fois, en 1768 et 1769, sous la rubrique de Londres, et sans nom d’auteur, avec une permission tacite de la police.
leur médiocre. Avant de partir, et dans le moment même du tumulte, on assure qu’instruit qu’il y avait au corps de garde quatre séditieux arrêtés, et sur le point d’être conduits en prison, il a eu recours au sergent-major, et a supplié qu’on les élargît, ce qu’il a obtenu.
Mars. — 2. — M. de Voltaire, pour préliminaire de la farce spirituelle qu’il se propose de jouer vraisemblablement pour la troisième fois à Pâques prochain, vient de se faire nommer Père temporel des Capucins de la province de Gex. Ces bons Pères, qu’il a tant bafoués et sous le nom desquels il a fait paraître tant de brochures impies et scandaleuses, sont aujourd’hui sous sa protection. On sait que le devoir de cette place est de soutenir l’Ordre, de le défendre. En conséquence, il sollicite ordinairement les plus grands seigneurs de vouloir bien l’accepter. M. le comte d’Argenson était Père temporel des Capucins de la province de France, et M. le marquis de Voyer, son fils, a bien voulu le remplacer. Le patriarche de la littérature vient d’apprendre la nouvelle en question à plusieurs de ses amis, et il en rit dans différentes lettres, où il en parle avec cette grâce et cette légèreté, qui lui sont propres.
3. — Le wauxhall des Champs-Elysées, ce vaste monument qui a essuyé tant de contradictions, repris et interrompu plusieurs fois, vient de reprendre enfin une nouvelle activité, au moyen d'autres souscripteurs, que les entrepreneurs ont persuadés de la majesté, de l'utilité et de la sûreté de leur projet. On espère toujours que ce Colysée sera fini pour le mariage de M. le Dauphin, et que la ville y donnera des fêtes à cette occasion.
Le peu de succès de celui de la Foire Saint-Germain expose les entrepreneurs à perdre la plus grande partie de leurs fonds; mais le Gouvernement, qui sent les avantages et la douceur, pour le public, de ces voluptueux établissements, pour encourager les auteurs, accorde à ceux-ci toutes les facultés possibles, afin de ramener les amateurs refroidis. Ils ont imaginé une loterie, qui a commencé avant-hier. Au billet que l’on donne à la porte pour y entrer, et qui ne coûte qu'un écu, comme à l’ordinaire, on joint un numéro, jusqu’à la quantité de douze cents. Ces numéros auront part à un tirage, et concourront à la distribution de douze lots en bijoux, de la valeur totale de six cents
livres, qu’on paiera en argent à ceux qui l'exigeront. Cette loterie doit se tirer à une heure fixe, quelque nombre qu'il y en ait en diminution et sans qu’il puisse jamais exeéder celui de douze cents. Deux enfants feront le tirage en présence des spectateurs, et cette amusette sera un nouveau véhicule pour attirer les assistants, qu'elle occupera.
5. — M. l’archevêque de Reims, président de l’assemblée du Clergé, poussé par les prélats ses confrères, n’a pu s'empêcher de témoigner au roi la douleur du corps épiscopal, de voir, au moment où il allait s’assembler, élever sous ses yeux, dans la capitale de la France, un monument à l’erreur et à l’irréligion, par la nouvelle édition qui s’y faisait du Dictionnaire encyclopédique, ouvrage contre lequel il avait toujours réclamé et anathe'matisé de tant de censures canoniques. La religion de Sa Ma jesté ne lui a pas permis de refuser au clergé la justice qu'il demandait. En conséquence, la nouvelle édition de ce Dictionnaire est arrêtée, et M. le comte de Saint-Florentin a fait déposer à la Bastille tous les exemplaires dés trois premiers volumes de ce livre déjà imprimés. On se flatte . qu’après la dissolution de l'assemblée, l'édition se reprendra, et on le présume par l’attention avec laquelle on conserve ce qui en *est fait, et qu’on aurait dû brûler avec authenticité, si l’on eût voulu donner sérieusement satisfaction aux évêques.
8. — 11 y a dans Paris une petite rue, près la place des Victoires, qu'on appelle la rue Vide-Gousset ; un de ces jours, on a trouvé ce nom effacé, et l’on y avait substitué : rue Terray.
On voit despasquinades de différentes espèces, entre autres une caricature représentant un lièvre avec un cordon bleu, après lequel court un lévrier traînant une canne à bec-de-corbin. Sur le plan de derrière, est un bomme en simarre, avec un fusil à deux coups, qui paraît viser le premier et attendre successivement le second.
On a frappé aussi une estampe, où l’on remarque les fermiersgénéraux à genoux, et M. l’abbé Terray qui leur donne des cendres, avec cette inscription au bas : Memento homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris.
9. — VERS A MADAME LA COMTESSE DU BARRY, A L’OCCASION DE SA DIVISION AVEC M. LE DUC DE CHOISEUL (1).
Déesse des plaisirs, tpndre mère des Grâces,
Pourquoi veux-tu mêler aux fêtes de Paplios Les noirs soupçons, les honteuses disgrâces?
Ah ! pourquoi méditer la perte d’un héros?
Ulysse est cher à la patrie,
Il est l’appui d’Agamemnon :
Sa politesse active et son vaste génie Enchaînent la valeur de la flère Ilion.*
Soumets les dieux à ton empire :
Vénus sur tous les cœurs règne par la beauté:
Cueille, dans un riant délire,
Les roses de la volupté;
Mais à nos veux daigne sourire,
Et rends le calme à Neptune agité.
Ulysse, ce mortel aux Troyens formidable,
Que tu poursuis de ton courroux.
Pour la beauté n’est redoutable,
Qu’en sommant à ses genoux.
10. — On a appris que M. l’abbé Chappe d’Auteroche, de l'Académie des Sciences, connu par ses travaux astronomiques, est mort, en arrivant en Californie pour y observer le dernier passage de Vénus sur le Soleil.
— SUR l’association DE m. LE CHANCELIER AVEC M. LE CONTROLEUR-GÉNÉRAL.
Maupeou, que le ciel en colère Nomma pour organe des lois,
Maupeoli, plus fourbe que son père,
Et plus scélérat mille fois,
(I) Ces vers sont attribués à M.Lantier, par A. A. Barbier, dans son Supplément ii la Correspondance littéraire do Grimm ; d’autres les donnent à Boufflers. Ils ont été compris dans l’édition des Œuvres de ce poëte, publiée en 1826, chez Fnrne. — R.
. , Pour cimenter notre misère,
De Terray vient de faire choix.
Le traître voulait un complice :
Mais il trouvera son supplice Dans le cœur de l’abbé sournois.
12. — Madame la duchesse de Villeroi, très-renommée par son goût pour les fêtes et pour les spectacles, et d’ailleurs à même d’influer grandement dans cette partie, étant sœur de M. le duc d’Aumont, premier gentilhomme de la chambre, a fait préparer une espèce d’opéra à machines, intitulé : la Tour enchantée, qu’elle compte faire exécuter pour le mariage de M. le Dauphin. Elle a extrêmement à cœur de faire réussir ce spectacle, pour lequel elle se donne beaucoup de soins et entre dans les plus petits détails. On ne doute pas de' la beauté, de la magnificence et du génie, qui régneront dans cet ouvrage, presque tout entier de féerie. On croit que c’est M. de Sauvigny, qui, inspiré par cette Muse, a composé les paroles du poème, la moindre chose de cette composition à grandes machines.
14. — M. Dupuy Demportes, auteur plus fécond que précieux de différentes pièces de littérature, vient de mourir. Il a écrit aussi sur la politique et sur quelques autres sciences.
20. — L’affaire singulière dont on a parlé dans son origine (1), entre le sieur Mouton, élève de l’Académie de Peinture à Rome, et le sieur Natoire, directeur de cette école, était pendante depuis longtemps au Châtelet. Le temps nécessaire pour avoir les certificats et pièces justificatives, pour établir les preuves auxquelles le sieur Mouton avait été admis, avait allongé de beaucoup cette contestation. Les juges viennent enfin de prononcer en première instance. Le sieur Natoire est condamné envers le sieur Mouton à vingt mille livres de dommages et intérêts, à tous les frais et dépens. Permis au sieur Mouton de faire afficher un certain nombre d’exemplaires imprimés de la sentence, tant à Paris qu’à Rome, aux frais et dépens du sieur Natoire.
21. — Le sieur Duclos, de l’Académie des Inscriptions et Belles- Lettres et de l’Académie Française, est connu pour être extrêmement lié avec MM. de La Chalotais. On a parlé, dans le temps,
(J) Voy. 14 mai 1768.
de la chaleur qu’il mettait à défendre en public ces procureursgénéraux, et des craintes qu’il avait inspirées à ses amis par ce zèle inconsidéré. Il est parti depuis peu subitement pour se rendre à Saintes, lieu de l’exil des magistrats. On croit que M. le Chancelier a voulu employer cette dernière ressource pour négocier avec MM. de La Chalotais, et les séduire, s’il est possible. Comme le sieur Duclos est un homme sans conséquence, en cas de refus M. le Chancelier prétend qu’il ne sera pas compromis. Ceux qui connaissent le négociateur, peuvent juger par là de l'embarras où se trouve le chef de la magistrature, pour avoir recours à cet homme turbulent, plus propre à brouiller qu’à pacifier, et dont le caractère n’annonce aucune des qualités nécessaires à une négociation aussi délicate.
22. — On prétend que M. de La Chalotais, prévenu de l’arrivée du sieur Duclos, lui a demandé, dès le premier instant qu’il l’a vu, s’il venait le voir comme son ami, ou comme son tentateur ; qu’en la première qualité, il serait le très-bien venu et pouvait rester ; qu’en la seconde, il ne voulait ni ne pouvait l’écouter. Sur quoi la franchise de l’Académicien ne lui a pas permis de dissimuler qu’il était chargé de le solliciter de la part de la cour, et de lui détailler les propositions qu’il avait à lui faire d’après les instructions de M. le Chancelier. A quoi M. de La Chalotais ayant absolument fermé l'oreille, le négociateur était reparti, comme l’huissier de Rennes, sans qu’on eût ouvert les paquets.
25. — M. l’abbé Trublet, archidiacre de Saint-Malo, vient d’y mourir, le 14 de ce mois, après avoir langui plusieurs années. Il était de l’Académie Française, où il avait brigué une place pendant longtemps. Tout son mérite consistait dans une grande vénération pour Fontenelle et pour Lamotte. Il avait fait plusieurs rapsodies, qui avaient donné lieu à ces vers caractéristiques de M. de Voltaire :
U compilait, compilait, compilait.
Ce vers l’avait rendu plus célèbre que ses œuvres.
26. — On prétend que l’auteur du placard affiché à la porte du Contrôle-général, oii il était écrit : « Ici l’on joue au noble
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JEU de billard, » a été arrêté, et que, pour entrer dans les vues de douceur et d’indulgence de M. l’abbé Terray, on lui en a rendu compte, mais que ce ministre avait décidé qu’il fallait le laisser à la Bastille jusqu’à ce que la partie fût finie.
30. — On a trouvé, ces jours derniers, affiché à la chapelle de l’abbé Grisel, à Notre-Dame (I), un écriteau portant ces mots : « Relâche au théâtre. » Ce quolibet sacrilège a fait frémir les premières dévotes qui l'ont lu : on en a instruit le Chapitre, qui a fait arracher l’écriteau, et on l’a déposé au greffe du bailliage, sans autre formalité.
Avril. — 3. — M. Saurin, de l’Académie Française, ayant adressé à M. de La Harpe des vers extrêmement fades et doucereux sur sa Mélanie, un inconnu a parodié ces vers, et s’est servi des mêmes rimes pour présenter l’inverse des mêmes pensées.