‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 110 sur 159 · EN TRES PRE NES DE LAN X BEN · texte numérisé non relu

EN TRES PRE NES DE LAN X BEN

La maison Robardey, à Urlière, (^) conserve une plaque de cheminée portant celte inscription :

QVO. FATA. TRAHVNT.

Cette plaque provient de la demeure des Robardej', qui était construite au pied du château et dont on voit encore les ruines. L'abbé Richard nous apprend qu'une autre maison, située à côté de la précédente, servait de salle d'audiences, et qu'on lisait sur la porte d'entrée ces trois mots :

621») AVDL VIDE. TACE.

La salle d'audiences avait une vaste cheminée, dont les restes appartiennent à la famille Meiner, à 1 Isle-sur-le-Doubs, et qui portait cette date et cette inscription : .

622<>) i4ai

COMMORANDL NON. HABITANDL LOCVS. («)

Neuf Thiébaud de Neufchatel se succédèrent de 116o à 146ÎK portant au plus haut degré la gloire de leur maison. Thiébaud IX mourut le 4 décembre 1469. Il fut inhumé dans la chapelle des Neufchatel, à l'abbaye des Trois-Rois, à l'Isle sur le-Doubs. Sur son mausolée, on lisait l'inscription suivante, en lettres de laiton :

623o) CY . GIST . HAVLT . ET . PVISSANT . SEIGNEVR . MGR . THIEBAVD . SEIGNEVR . DE . NEVCHATEL .

DE . CHATEL - SVR - MOZELLE . ET . DEPINAL .

MARECHAL . DE . BOVRGOGNE . QVI . TREPASSA .

LE . 4 . DECEMBRE . 1469 . ET . AVPRES . GIST . HAVLTE . ET . PVISSANTE . DAME . M»^ BONNE . DE .

CHATEAVVILLAIN . SA . FEMME . QVI . TREPASSA . LE . g- lOVR . î)AOVT . LAN . i474 . DESQVELS DIEV AIT LEVRS AMES. (»)

(1) Hameau situé au-dessous de la colline que couronnait le château de Neufchatel.

(2) Recherches sur Neufchâchel, p. 193, noie 1.

(3i Abbé Bichard, ouvr, cité. p. 212 ; abbé Loye, ouvr, cité, p. 188.

Thiébaud IX avait, eu douze enfants. Aucun de ses fils ne laissa de descendance mâle. Sa petîle-fiUe Bonne de Neufchâtel apporta à Guillaume de Furstemberg, son mari, la seigneurie d'Héricourt. La maison de Furstemberg portait : d'orà Taigle éployée de gueules, becquée et membrée d'azur.

Nous avons pu réunir quelques inscriptions provenant des sceaux des sires de Neufchâtel. Elles intéressent spécialement Thistoire de notre pays :

624") ^ J^I. IPGOBHDDI : DG : nOYO : CHj^Tï\0.

(Thiébaud II, f 12i>9(*). Sceau de 1252 : Armoriai de Monibéliard, Bibliothèque de Montbéliard).

625o) J^I. T.IjeOBHliDI : DOMI»I : «OVI : CHj^Tï^I,

(Thiébaud III, ditlegrand sire, qui épousa Marguerite de Montbéliard, fille de Thierry 111, dit le grand baron : f 1270 (''J. Trésor des chartes : J. 254, n" 5 : Arch. Nationales).

628») ^I. ip^GOBjIDDI : DOMINI : ïlOYICHj^JPÏ\I.

(Thiébaud IV : f 1308 (*). Sceau de 1301. Cavalier à cheval tourné à dextre, brandissant une épée. Ecu aux armes des Neufchâtel : Armoriai de Montbéliard).

627") jrfi. DaDoaici : Gomiipijsf : GT : Dm :

(Louis (^), premier mari de Bonne de Neufchâtel et comte de Blâment, en Lorraine : fin du XV® siècle. Musée de Montbéliard).

XLVII. — Nommay (Doubs). — Village de l'ancien comié de Montbéliard. En 1147 il est appelé Novomm (*), ce qui signifie : à la maison neuve, ou : aux maisons neuves. D'après M. Perrenot, le village primitif aurait été Villem/ynt (1181 : Wille-

(n Loye, ouvr. cité, p. 95.

(2) Ibid., p 104.

(3)/Md., p. 117.

(4) Ibid., p. 199

(5j Tuetey, Cariulaire, p. 64 ; mas dérive du la Un maiisus, maison.

mont) (*), dont l'emplacement actuel porte encore le nom de VoyémonU Villemont disparut au XIV« siècle (*). Le prieuré de Lanthenans possédait des biens à Nommay dès le XI^ siècle (*) ; celui de Chatenois y jouissait aussi de certains immeubles au Xni® siècle. Ces immeubles passèrent en 1435 au chapitre de l'église collégiale de Saint-Maimbœuf, à Montbéliard, et devinrent, après rintroduction de la Réforme dans le comté, la propriété de la recette des églises protestantes du pays de Montbéliard (*). Il y eut à Nommay, dèsleXV« siècle, deux fiefs, dont Tun fut possédé par les sires de Grammont : îl comprenait un château-fort ('), un moulin, des prés, des champs, et s*étendait sur les villages de Dambenois, Brognard, Chatenois et Vourvenans. Une partie de ce fief fut cédée à Henri de Franquemont vers 1440. Le duc Frédéric reprit le fief des Grammont en 1597 et en opéra la réunion au comté de Montbéliard. Quant au fief de Henri de Franquemont, il fut vendu, en 1582, à Pierre Beutrich, de Montbéliard, puis au sieur Morlot. Le prince Louis- Frédéric le racheta en 1622 pour le réunir à ses domaines {•).

La seigneurie de Belfort, par suite du mariage de Jeanne de Montbéliard avec Raoul deHe^se, marquis de Bade, possédait à Nommay une seule famille, qui resta catholique après rintroduction de la Réforme dans le comté de Montbéliard. Cette famille C) jouissait des droits de boui^eoisie et s'est perpétuée jusques aujourd'hui.

Il y eut peu d'affranchissements à Nommay, parce que la plus grande partie des habitants dépendaient des vassaux du comte de Montbéliard. En 1773, sur trente-deux familles, il en restait vingt assujetties à la mainmorte. En 1681, il y avait à Nommay quatre-vingt-six habitants; en 1718, cent vingt-sept ; en 1793, deux cent vingt-quatre ; en 1872, trois cent quarante-deux. Parmi les anciennes familles de Nommay, nous citerons les Monamy, Donzé, Caburet, Pelletier, Martinet, Marchand, Ridey, Humbert, Richard, Thevenot, Maitrol, Wiltmer, Morel, etc. («)

(1) Tuetey, Cartulaire, p. 91 .

(2) Perrenot, outr. cilf^, p. 32.

(3) Tueley, Cartulaire, p. 64,

(4) B. 1783 : Àrck. du Doubs.

(5) Le coteau sur lequel il était bâti s'appelle encore Coteau de la tour.

(6) V. Beurlio, Notices fiistoriques sur les communes de la paroisse d'Àllenjoie ; — E. 813 — 8i7 : Àrch. du Doubs.

(7» Famille Donzé.

(8) E, 820, 821, 822, 823: Àrch, du Doubs.

Une pierre, qui est entrée dans la construction de la maison Emonnot et qui provenait d'un ancien pont, porte cette inscription :

Peu d'anciennes maisons ont subsisté :

629o) JJ. 1686. N K (maison Clémence Thevenot).

630o) I G R D / 1747 {maison Georges).

6310) 17 DD 30 (maison Donzé).

632o) PRC. 1780 (maison Richard).

6330) 1787 .PDZ (Maison Wiltmer).

6340) DV 1790 G I C DZ (maison Schor Henri).

6350) I C R C / 1806 (maison Schick).

Dans la grange Donzé-Marchand, on a mis au jour un bloc de pierre sur lequel on lisait cette date :

Cette maison, dite grenier du prince, abritait le produit des dîmes.

Une plaque de cheminée de

est encore visible dans la maison Georges.

Entre Nommay et Chàtenois, une ancienne borne, qui séparait le comté de Montbéliard du comté de Belfort, porte cette inscription :

Page 1