CI GIT ELISABETH
BOURGUIGNON VEUVE DE lEAN RODOLPH PETITMAITRE DU GRAND CONSEIL DE LA NEUVEVILLE EN SUISSE . DECEDEE AU SEIGNEUR A PIERRE FONTAINE LE i3 JUIN 1754 INHUMEE A LA PLACE DE LEOPOLD CHASSEROT DU DIT PIERRE FONTAINE .
Une iDscriptioD se rapportant à la fondation de Téglise actuelle fut placée à la fin du XVIII® siècle au-dessus de la porte latérale ; sous la Révolution, elle fut mutilée ; aussi est-il impossible de la lire complètement aujourd'hui. Un autre témoin de cette fondation existe : c'est une note que nous avons lue dans une vieille Bible et qui est ainsi conçue : a L*église de ce lieu de Pierrefontaine a été bâtie dans le cours de Tannée mil sept cent quatre vingt trois, par des dons divers et par corvées des protestants. Et la cloche de la même église fondue en l'année 1811 et elle pèse 471 livres et coûte 89 francs ».
XLIX. — - Pont-de-Roide (Doubs). — Village de l'ancienne seigneurie de Neufchàtel. Primitivement, Pont-de-Roide — Pons rigidus — n'était qu'une tête de pont, une tour élevée au bord (lu Doubs et autour de laquelle se groupèrent quelques maisons à partir du XVI« siècle (*). Le hameau de Châté ou Châtel, situé à peu de distance de Pont-de Roide et construit au pied du mont Julien, était le centre d'une paroisse très étendue. Plusieurs chartes du moyen âge mentionnent l'église Sainte
(l) Loye, ouvr. cité, p. 200
Marie du Camp (Sancta Maria iîi Castro) (»), et, plus tard, ChdtelSainte-Marie. Quand le chef-lieu de la paroisse de Châtel eut été transféré à Pontde-Roide (XVIIl« siècle), plusieurs maisons furent bâties autour de la nouvelle église (1756) et donnèrent naissance au village actuel.
La maison Joly conserve une inscription intéressante :
Au-dessus d*une porte de grange appartenant à la même maison, on lit cette date gravée sur une poutre de chêne :
 Chateh quelques restes de Tantique éçitse Sainte-Marie sont encore visibles : un bénitier, deux croix grecques et une table d'autel en pierre, dont le rebord est caractéristique : légèrement creusée, elle devait servir à l'exposition des reliques ou à la distribution des eulogies.
D'après l'abbé Richard, un titre déposé aux archives de Pontde-Roide, porte que la dédicace de l'église de Châtel fut faite en 1043 ('). La table du maître-autel de Saint Etienne de Besançon présente le même caractère que celle de Châtel. Or la consécration de cet autel aurait été faite vers 10i')0(»). Il y a là une coïncidence curieuse, dont les archéologues n'ont pas tenu un compte suffisant.
(1) Trouillal I. p. 171, 264.
(2) Recherches historiques, etc. sur Neufchâtel, p. 414.
(3) Jbid., p. 413.
Deux maisfms anciennes existent encore : Tune porte cette inscription (maison Loichot) :
L'autre (maison Bonvalot).
Cette date est celle d'une restauration, car on lit, sur une pierre employée à la réfection d'une porte, cette autre date :
Nous avons trouvé deux plaques de cheminées anciennes. L'une (maison Loichot), porte cette inscription :
6490) 1634 / J.îs .
L'autre (maison Peseux) :
Notons enfin, à Pont-de-Roide, parmi les objets anciens qu'a rassemblés M. Emile Boillot, un prie-dieu daté de :
en vieux chêne et provenant de Péseux, et une ancienne horbge dont la boite de chêne en marqueterie est de toute beauté : elle porte les initiales et la date suivantes :
Mais elle est plus ancienne, la date ayant été ajoutée après coup. Cette horloge provient d'Appenans.
L. — Porrentruy (Suisse). — Ville très ancienne, dont l'origine est incertaine. Quelques historiens croient y reconnaître des vestiges romains et cherchent à expliquer le nom allemand de Porrentruy — Bruntrut — de diverses manières : pour Trouillat, Porrentruy signifierait : Pont du torrent aux sorciers {Pons Reintrudis); pour Mgr Vautrey, cette ville tirerait son nom de ses fontaines (Bron, fontaine, tru, abondante). De là ce vers proverbial :
Fontibus ex quatuor Bruntrutum nomina sumpsit (»)
La plus anciennne mention de Porrentiuy est de 1136 : dans une charte, par laquelle Tarchevôque de Besançon, Humberl, et l'évéque de Bâle, Adalbéron, confirment la fondalion de l'abbaye de Lucelle, il est question de Régénéras et Gerardus de Purrentru (*). En 1140, le môme archevêque donne à la métropole de Saint-Jean, à Besançon, l'église de Porrentruy : ecclesia de l^ontereyntru (»). Du Xll« au XIV® siècle, une famille noble porte le nom de cette ville (Henri de Porentru : 1175 ; VVilhelni de Pourrentru : 1186 ; Hugues de Porrendrut : 1210 ; Louis de Brunnentrut : 1303 ; Henri de Pourraintruy : 1317) (*). Porrentruy passa aux comtes de Montbéliard en 1236; aux évéques de Bâle, en 1283; aux comtes de Montbéliard (2« fois) en 1386, et revint aux évèques de Bâle en 1461 (^). Ses franchises datent de 1283 (•).
On sait que les évéques de Bâle, après l'introduction de la Réforme dans cette ville, se retirèrent à Porrentruy, où ils résidèrent jusqu'en 1792. Ils agrandirent, restaurèrent ou réparèrent le château qui, aujourd'hui, donne à la ville un relief si intéressant. Les armoiries des évéques de Bâle étaient : d'argent à un étui de crosse d'évéque de sable; celles de la ville de Porrentruy : d'argent au porc ou sanglier de sable. Plus récemment on y ajouta trois montagnes de sinople ; on les coupa ensuite d'argent et de gueules, pour les mettre aux couleurs de Tévéché de Bâle ; on les peignit aussi d'argent à la bande de gueules chargée d'un sanglier de sable, pour les rapprocher des armoiries de Berne.
Les églises de Porrentruy renferment un grand nombre d'inscriptions funéraires. L'église Saint-Germain^ qui est probablement la plus ancienne, porte cette curieuse inscription au dessus de la porte d'entrée :
(1) Abbé A. Daucourt, Dictionnaire historique des paroisses de Vanciefi évêché de Bâle : Tome V, Porrentruy, imprimerie et lithograpliie du Jura. 190:). p. 6-7.
(2) Trouillat, I, p. 264.
(3) Ibid., p. 280.
(V) Ibid., I, II, III. passim.
(5) A. Daucourt, ouvr. cité, p. 13. 14. 33.
(6) Ibid., p. 15 et suivantes.