‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 133 sur 159 · SCEL . DE . LA . SEIGNEURIE . DE . CHATELOT · texte numérisé non relu

SCEL . DE . LA . SEIGNEURIE . DE . CHATELOT

LVII. — Sainte-Suzanne (Doubs) — Village de l'ancien comté de Montbéliard, mentionné pour la première fois en 913 dans une charte où Conrad I^', roi d'Allemagne, confirme

(1) E. 924 : Arch. du Doubs.

(8) E. 926 927 : Àrch. du Doubs.

(3) 1787 : les armoiries sout celles des comtes de Monlbéliard : Teck bannière de l'Empire, Montbéliard, Eidenbeim et Wurtemberg.

à l'abbaye de Murbach ses privilèges et la possession des églises de Saint-Dizier, de Sainte-Suzanne et de Delle (^). En 1294, cette abbaye céda au comte Thierry de Montbéliard tous les droits qu'elle possédait sur Sainte - Suzanne, Delle, Bethoncourt, Saint-Dizier, Croix, Essert et Lebetain, tant en hommes qu'en prés et champs, avec le patronage des églises paroissiales et des chapelles situées en ces lieux (*). Au XVI® siècle, des pèlerins venaient de loin vénérer dans l'église « un morceau de la vraie croix. »

Au XIV® siècle, il y eut à Sainte-Suzanne deux fiefs possédés par les sires de Cusance en Franche Comté et par Thiébaud de Saint-Maurice-en-Montagne. En 1580, ces fiefs furent incorporés directement au comté de Montbéliard. Vers le milieu du XVII® siècle, Léopold-Frédéric donna à Pierre Vessaux, dont nous avons parlé plus haut, le fief de Sainte-Suzanne, avec dilîérenls droits et avantages. Vessaux fit bâtir dans ce village une maison d'habitation. Il fut enterré dans l'église de Sainte-Suzanne, après avoir subi une longue captivité au ehâteau de Blamont (»). Ses biens furent rachetés vers 1715 par Léopold-Eberhard, qui en fit donation à sa maîtresse, M^^® de l'Espérance (*).

Les anciennes familles de Sainte-Suzanne portaient les noms suivants : Bertet, Euvrard, Jeanperin, Mazimann, Parrot, Pillard, Quelave, Richard de Roz, Truchot, Vurpillot, Ziégler, Grosclaude (*).

La paroisse de Sainte-Suzanne possède des vajies de commnntow anciens. Une coupe, argent et or, d'un très beau travail, porte cette inscription :

72f) CALICE . POVR . LEGLISE . DE . S.SVSAiNNE . FAIT. AVX . FRAIS . DES . PAROISIENS . DILEC . 1618 .

Une boîte en élain (marque I M) est plus récente :

722") 17. St S. B. C. D. 46.

(Sainte-Suzanne, Bart, Courcelle, Dung)

(!) Tuetey, Carlulaire, page 6.

(2) H. L'Epée, Notice sur Sainle-Suzanne, Montbéliard. 1892. p. 10

(3) Ibid, p. 15

(4) Ibid., p. 16

(5) E 945, 9 6 : Arch. du Doubs.

Deux pois en étain portent ces sigles :

Ils sont contemporains de la botte en étain, comme nous le voyons par la marque du potier : IM, Jean More!.

Notons enfin, au-dessus d'une porte de Téglise, cette inscription :

7240) RENOVA / TVS / 1748.

LVIII. — Soohauji (Doubs). — Village de l'ancien comté de Montbéliard, mentionné pour la première fois dans une bulle du pape Clément 111 en faveur de l'abbaye de Belcbamp : elemosinas que [acte sunt vobis apud Sotichy (1189) (0.

Léopold Eberhard, au XVII1« siècle, chargea un nommé Jacques Sendt de Taubenheim, qui avait épousé Sophie de Lespérance, fille de Sébastienne Curie, de construire à Sochaux un battoir d'écorce. Quand ce prince fut mort, Jacques Sendt intenta au Conseil de Régence un procès, qu'il perdit et où il réclamait aux héritiers de Léopold-Eberhard les sommes qu'il avait payées pour cette construction (1722-1737) (*). Il vendit sa maison d'habitation, en 1723, à la baronne de Planta (•). Cette maison passa, après 1740, à un sieur Menoth, qui la convertit en une fabrique d'indiennes (*). Cette fabrique eut une durée éphémère. Rachetée par Jacques-Frédéric lenné, elle devint un tissage de coton à bras. Or, une inscription, qui se voit sur un bâtiment de la brasserie de Sochaux, doit certainement se rapporter à la maison dont nous venons de raconter l'histoire :

Page 1