ASOCHAVXLEI AVRIL M . DCC . XL
Les armoiries des Rosen sont encore très visibles au-dessus de l'épitaphe : d'or à trois roses de gueules deux et une.
Saint-Simon, dans ses Mémoires, trace à plusieurs reprises un portrait peu flatteur du comte de Rosen, auquel Louis XIV donna un jour le bâton de maréchal (14 janvier 1703) en même temps qu'à Chamilly, d'Estrées fils, Vauban, Harcourt (♦). C'était, dit il, « un Allemand rusé et fort délié sous une apparence et même une affectation de grossièreté et de manière de
(1) ïbid., p. 97.
(2) Trouillat, I, p. 414 cl 495.
(3) Ibid., p. 682.
(4) Mémoires, VI, p. ?59 : éd. Garnier. 1853.
retire..., il commandait l'aile droite comme premier lieutenant général... il voulait être maréchal de France » (0* Ailleurs : « Rosen, devenu ofiicier, fut attiré et protégé en France par Rosen, son parent de même nom, qui avait un régiment et mille chevaux sous le grand Gustave-Adolphe, à la bataille de Lutzen ; puis, sous le duc de Weimar, commanda en chef pour le roi en Alsace, et mourut en 1667, ayant donné sa fille en mariage à Rosen dont je parle » («).
Revenons à Madame de Rosen. Pourquoi, morte à Sochaux, fut-elle inhumée dans le temple d'Exincourt ? Nous en avons trouvé l'explication dans une requête présentée le 23 mai 1740 au prince de Montbéliard par les (ils de cette dame, Friderick-Meinard et Charles Guillaume Planta de Vildenbei^. Ils disent qu' « ils n'ont point hésité de la faire inhumer dans l'église d'Exincourt, comme l'endroit le plus proche de sa demeure, ainsi qu'elle l'avoit désiré et qu'elle en étoit convenue avec les habitants de ce village ». Ils demandent, outre la permission de faire enterrer leur mère, qui est étrangère, l'autorisation « de faire mettre contre le mur voisin une autre pierre portant ses armes en sculpture avec son nom et sa naissance gravez en bas ».
Mais voici que l'aflaire a pris une tournure inattendue. Il avait été convenu que ces travaux se feraient d'un commun accord entre les habitants et Madame de Rosen. Or, pendant les travaux , des esprits soupçonneux se plaignirent au conseil de Régence « qu'une pierre gravée d'un épitaphe avec les armoiries des maisons de Rosen et de Planta, jointe à la somme de lOO^ léguée par la défunte aux pauvres de la paroisse, pourroit devenir, par la suite des tems, un titre suffisant pour prétendre dans le village d'Exincourt au droit seigneurial ou du moins un droit pour les descendans de la défunte, de se faire enterrer dans la même église ». Ils prétextaient aussi qu'un fils de Madame de Rosen étant catholique, il pourrait dans la suite a faire des tentatives contre les intérêts de la religion évangélique ». Le conseil de Régence, le même jour, donna gain de cause aux fils de Madame
(i) Ihid., VI, p. 145
(2) Ihid,, Vil. p. 2. 8. — V. XXII, p. 251-25 ^ les dernières années du maréchal retiré en Alsace et passant son temps en promenades, en exercices de piété et en bonnes œuvres.
(le Rosen, laquelle fut enterrée daos le temple d'Exincourt (( ensuite de permission précédente et du consentement des paroissiens ». (*) Cette formule est très intéressante, parce qu'elle nous fait connaître une ancienne coutume du comté et l'administration des princes de Montbéliard.
Dans le temple d Exincourt, une boite et une cruche en étain servant à la communion portent toutes deux cette inscription :
401 •) EXINGOVRT
et la marque IM du potier Jean Morel (XVlll*' siècle).
La maison Morel, ou château d'Exincourt, porte une inscription sur une pierre d'angle, à droite, que masque en grande partie le sol :