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SITUATION ET LES TRAVAUX

DE LA SOCIÉTÉ D'EMULATION

pendant l'exercice 1904-190;»

PAR

M. le Docteur A. PFISTER

Stcrttaire-(Jritrru.l.

Mesdames. Messieurs,

Vos suffrages m'ont appelé aux fondions de Secrétaire général, je vous en remercie. Mais c'est une tâche trop lourde pour des épaules trop jeunes et je réclame Imite votre indulgence. Je ne la mettrai pas à une longue épreuve, je serai bref; je me bornerai à exposer les faits qui vous prouveront que la Société ne reste pas inactive.

Voici pour commencer la liste des travaux lus à la réunion générale de Juin 1!»4 :

("ompte-rendu de M. le Président de deux voyages faits pour représenter la Société, l'un à l'Académie de Besançon, l'autre au congrès des Sociétés savantes et au centenaire de la Société des antiquaires de France, à Paris.

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Rapport du Secrétaire général sur la situation et les travaux de la Société pendant l'exercice 1903-1904, dans lequel il insiste sur le projet de révision des statuts et sur l'organisation du concours photographique.

M. le pasteur Biaise Mériot, notre secrétaire adjoint actuel, analyse une série de lettres du capitaine Bouthenot, relatives à son séjour dans les Indes (1770-1783;. Ce document contient de curieux détails sur la rivalité des Français et des Anglais.

M. Pau) Bernard signale le passage en notre pays d'un oiseau des plus rares, le jaseur de Bohême qui n'y avait pas paru depuis trente-sept ans, et dont les migrations sont restées une énigme.

M. Roux lit quelques fragments de son i m portant travail sur les origines de l'imprimerie a Montbéliard. Ce fut en 1587 que sortit des presses de Jacques Foillet le premier ouvrage imprimé dans notre ville.

M. Sahler donne lecture d'une notice qui fait partie d'une série intitulée « Il y a cent ans ». C'est l'iuventaire des biens do Charles-Louis Duvernoy fait par son fils, le fameux auteur des Ephémérides.

Enfin M. Lods communique une note rédigée par le professeur Emmanuel Fallot sur les recherches de houille entre Montbéliard et Villersexel, dues à l'initiative du regretté Auguste Schwander.

A la suite du banquet qui réunissait les membres de la So ciété, de nombreux toasts ont été prononcés. Je signalerai enliv autre celui de M. Kohler, président de la Société Jurassienne d'Emulation de Porrentruy, qui a rappelé que cette ville était une sentinelle avancée de la langue et des idées françaises dans le canton de Berne.

Dans la séance de Novembre, M. Georges Bernard, trésorier, présente les comptes de la Société. La situation est bonne encore, mais les travaux étant de plus en plus nombreux et im portants, les factures d'impression augmentent tandis que les recettes restent stationnai res. Je profite de cette occasion pour vous prier de nous amener de nouveaux membres et de stimuler le zèle de généreux donateurs.

Le projet de révision des statuts, présenté par le bureau, a été définitivement accepté par l'assemblée générale, et ils seront insérés dans le volume de 1905.

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Nos Mémoires contiendront eu nuire : l'allocution du président, le i apport du secrétaire général, la liste des membres et relie des dons et acquisitions du Mu siée , puis les travaux suivants :

« L'imprimerie a Monlliéliard de lîï«7 à 1733 », par M. Houx. « II y a cent ans », par M. Léon Saliler ('). Les notes de M. Ein. Fallot sur les h Recherches de houille. »

Ce volume est sous presse el paraîtra certainement à la lin de l'année.

Vous avez été appelés dans cette séance a remplacer les membres dont les fondions expiraient à cette dale.

M. A. Roux a été renommé président.

Le Docteur Pfister, secrétaire général.

M. le pasteur B. Mérint, secrétaire adjoint.

M. Georges Bernard prorogé dans ses fonctions de trésorier.

Il avait été préalablement question du concours photographique au prolit duquel une somme de 300 francs avait été allouée. Le nombre des concurrents fut restreint, si restreint que tous furent lauréats, et que le jury décida de ne distribuer que 200 francs. Par contre, la qualité racheta amplement la quantité. M. Alfred Groshens reçut le premier prix. M. Armand Jacquot, dessinateur, le second. M. Coûtai u, procureur de la République, le troisième. M. Jacques Viénol, ouvrier d'usine à Valentigney, le quatrième . el M. (ïeorges Bouleiller, élève aux Arts et Métiers, le cinquième.

D'après ta règlement du concours, étail admis tout ce qui avait trait au pays, soit comme vues, soit comme reproductions d'œu vies d'art. Ces conditions ont élé remplies et vous pouvez admirer dans la salle du vieux Montbéliard. soit les vues de l'Allan, soit les meubles du célèbre Coulent.

Vous savez, Mesdames et Messieurs, que l'église de Dambenois renferme quatre tombes des membres de la famille de Forstner. Jusqu'à l'année dernière, elles étaient placées à terre, au niveau du sol, sous tas derniers bancs de l'église. Dans cette situation, les inscriptions qu'on pouvait y lire devaient être effacées tôt ou tard. C'est pour éviter de tels dégâts que ta

: litre put celui plus général de

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Conseil presbyléral de Dambenois. sou» l'inspiration de M. le Pasteur Mériot, se mil a l'œuvre et releva ces tombes gui furent lixées verticalement contre le mur du fond de l'église.

La plus ancienne de ces tombes est celle de Christophe de Forstner, le célèbre chancelier, né en 1598, le 27 Septembre, mort le 29 Décembre 1677. Il fut le premier Forstner établi dans le pays, et c'est a lui que le comte Léo pold- Frédéric lit don du fief de Dambenois.

Deux autres tombes sont celles de ses fils Louis-Christophe et Frédéric Christophe. Le premier, né le 13 Octobre 1633, mort le 7 Aoùl 1690, fut conseiller et intendant généra) des domaines de Monlhéliard ; le second, né en 1626 ou 1636, après avoir été bailli d'une ville du duché de Wurtemberg, revint à Montbé liard où il mourut célibataire le 15 Avril 1680.

La quatrième tombe est celle d'Eherurdiue Henriette-Louise, comtesse de Sponeck, qui épousa Louis-Christophe Forstner, petit-fils du conseiller Louis Christophe dont nous venons de parler, et arrière-pelit-lils du chancelier. Elle naquit en 1724 et mourut en couches le 16 Février 1745, âgée de vingt ans, neuf mois et 19 jours.

Ces tombes, vous le voyez, sont un précieux souvenir et la Société d'Emulation a pensé qu'elle ne pouvait rester étrangère a ce qui avait été fait pour leur conservation. Aussi a telle couvert la moitié des frais occasionnés par ce travail et prié M. le Pasteur Mériot de transmettre ses remerciements aux habitanls de Dambenois.

Avant de passer aux dons et acquisitions , je vous signalerai que la Société espère arriver, grâce a un arrangement avec la Municipalité, à loucher le legs de 1000 francs que lui a fait le regrellé docteur Beurnier.

Nous adressons au nom de la Société nos remerciements aux personnes qui ont bien voulu enrichir nos collections.

M11** Hoth nous a envoyé différents objets ayant appartenu à son grand-père, garde forestier du prince ; entre autre les bois du dernier cerf tué dans le pays, et M11" Haag, une curieuse serviette damassée représentant une vue de la ville de Vienne en Autriche et les armes impériales. M. (îruet vient de nous adresser de jolies étoiles brodées.

Je vous citerai encore un livre de patrons de tissage, du XVIIIe siècle, trouvé à Colombier- Fontaine et donné par M. Bourcart.

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l'iie pierre sculptée de l'époque romaine, don de M. Péquignot, et un fragment de vase en (erre fine, don de M. Bouchot, de Mathay.

A coté de ces dons, la Société a fait différentes acquisitions :

Trois manuscrits, entre autres un exemplaire des franchises de Monlbéliard annotées par le docteur Carolus Molinarius, jurisconsulte de France et de Germanie.

l'ne queue d'ustensile a léte de bélier, en bronze, de l'époque romaine.

lu vase en terre grossière et une petite statuette en bronze représentant une femme coiffée d'un casque.

Ces dernières acquisitions proviennent de Mandeure dont les richesses sont décidément inépuisables ; on y a en etlet trouvé un nouveau petit taureau à trois cornes, en bronze. C'est une précieuse trouvaille, car jusqu'à ce jour il n'y en a pas plus de vingt connus. C'est le second que notre Musée possède; si le premier a plus de fini , celui-ci à plus d'allure et donne bien l'impression d'un animal lier et vigoureux.

A ce sujet je ne puis mieux faire que de vous lire une partie de la notice que M. Charles Lalance écrivait en IK90 sur le premier taureau :

« L'attention des archéologues est, depuis un certain temps, « mise en éveil par des découvertes plus ou moins récentes de « ligures représentant des taureaux à trois cornes, toutes k peu v près de même aspect et — chose à retenir, — rencontrées « toutes sur le sol de l'ancienne Gaule.

» M. de Rossi, le célèbre archéologue romain, écrit qu'il n'a « vu de taureau à trois cornes dans aucun musée italien el que « les savants consultés dans cette région n'en connaissent « nulle part qu'en France.

(i Nous laissons à d'autres, plus compétents que nous, le pro- « hlètne à résoudre : « Que symbolisaient, dans l'antiquité, les « taureaux à trois cornes? » ; nous bornant a établir très mo- « destement, mais non sans un sentimeut de bien vive satisfac- « tion, que, cette fois encore, Mandeure est venu apporter son « contingent à une question qui préoccupe le monde des archéo- « logues. »

Et M. de Villefosse écrivait à M. Lalance à la même date : « J'ai présenté à la Société des Antiquaires la photographie d'uu petit taureau à trois cornes trouvé à Saint Rémy (dans les

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Bouches du Ithone) qui est loin d'être aussi joli que celui de Mandetire, mais dont la provenance est intéressante, car, jusqu'ici, ces représentations n'avaient été recueillies qu'en Bourgogne et en Franche Comté. »

La Société s'est offert un objet de plus grande valeur encore, c'est une statuette de Vierge à l'Annonciation venant de Neucliatel. Je ne vous en dis rien, M. Itoux vous la présentera luimême tout à l'heure.

Nos relations avec les Sociétés correspondantes se poursuivent dans les meilleurs termes, ainsi qu'en témoigne la présence dans cette assemblée de MM. les délégués des Sociétés savantes de Vesoul, de Mulhouse et de Neuchâtel.

Mon rapport sera fini lorsque j'aurai adressé un souvenir ému à la mémoire de MM. Chate) et Wuillamier et que j'aurai souhaité à MM. Kurtz. Sahler et Beess, nos nouveaux collègues, la bienvenue parmi nous.

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