CONSEILLER DU COMTE GEORGE DE MONTBÉLIARD
(Suite et fin.) Voyez le compte-rendu de 4857.
Le bon Dieu nous mette en une bonne et heureuse année.
Le 3, on enterra Monseigneur le chancelier Forstner; on le porta en Féglise allemande et toute la cérémonie se fit à Montbéliard , et , par après , on mit le coros sur un brancard et on le mena , le même jour , à Damoenois où il fut inhumé au chœur de l'Eglise. Les procureurs le portèrent en terre, avec les S" prevost YurpiUot, gr^BSer Brisechoux, Léonard Thevenot régistrateur et Etienne Lecomte receveur de la seipeurie , qui portoyent eux quatre les bords du drap.
Le 6 le S^ Treyer est parti pour Vienne où S. A. S. l'envoyé pour porter des lettres par les quelles on croit qu'elle se plaint à la Diète des affironts que les bourgeois luy font tous les jours.
Le 23 de Janvier , les Bourguignons ont commencé de réfugier icy pour crainte qu'ils ont que les François ne subjuguent la Bourgongne ; on attend tous les jours le siège devant Dole.
Le 26, les S" Kœnig, Chastelot, peletiers, retournèrent de leur voyage de Besançon où ils croyoient aller pour requérir leur marchandise , mais il n'y ont pu aller , crainte des soldats François ; ils sont retournés depuis Roulan et leur marchandise est demeurée à Besançon.
Le 28 , tout au matin ^ sont partis les S'* Henry Forstlier (1), prevost Vurpillot, Bodon, homme de chambre de S. A. S. atec un vallet^ pour aller treuver le Roy et pour le prier d'avoir pour recommandé notre petit pays qiii est comme enclavé dans la Bourgohgnê.
Le 29 , les nouvelles sont venues de Qerval que Besançon s'est rendu au Roy.
Ce qui est véritable , et S. A. S. a envoyé les S" Dodelan et maire Duvemoy peur aller congratider Hons. le Prince de Condey , qui y est entré avec trois mil chevaux et deux mil hommes de pied. Salin a lost suivi Besançon.
Le 1 febvrier , Blons. le Conseiller Thevenot est envoyé ^ de la part de S. A. S. à Stukard.
Le 3 du même mois , à trois heures après minuict sont arrivées les nouvelles qu'il y arrivoit à Chastenoy bien cinq cent chevaux, furieuse allarme. Sur quoy au matin, S. A. S. a envoyé le S' conseiller Duvernoy à Brisach pour voir ce que c'est : tous les paysans du pays réfugient.
Le même jour , au vespre , sont retournez les S" Forstner et prevost Vurpillot avec leur suite.
Le 6 sont venues des lettres de Besançon qui portoyent que Dole estoit rendu et que le Roy y estoit entré le -^ ^ jour de Hardy gras , d'où ils allèrent attaquer Gray et la Gamette messager d'icy est de retour de l'armée le 15 dudit, qui a rapporté qu'il estoit aiiâsy rendu, de manière que Sire Louys a conquis , dans moins de trois sepmaines , autant que fut le roi son père à conquis de plus l'espace de vingt ans , sans perte d'aucun homme considérable.
Le 3 Mars , le S' Henry Forstner est parti pour la Hol-^ lande, où il s'en va treuver des princes de Silésié qUi sont à la Haye;
Le 27 eist arrivé en cette ville le S' Frischman , résidant à Strasbourg pour le Roy ; on ne sait à quel subject.
Lé 30 Apvril est parti Mons. le maire Duiwnôy pouf aller treuver Mons. l'intendant Peletier, intendant pour S; M. T. C. au comté de Bourgongne , pour faire que le Rojr ne cothise point les subjectsdeS. A. S. de Montbéliard qui sont à Noircfontaîne et villages circonvoislns et où les Bourguignons prétendent à tord d'estre souverains.
(1) Fils cadet du chancelier.
Le 40 May, le S' maire Duvernoy est retourné de Bourgongne.
Le 19 , Monseipeur l'Evesque de Pourrentruy a esté en cette ville pour voir S. A. S. , où s'en retournant on luy fit une belle parade , où Mons. Gueidrich frotta un certain bourgeois de Montbéliard , nommé Henry Charpiot , où il pensa arriver du malheur ; on tira aussi du canon à sa sortie , son arrivée ayant esté à Timproviste. S. A. S. le fut conduire jusqu'à Arbois (1) ou 1 avant quitté , il alla voir le Sieur Estienne Barbaud à la forge d'Audincourt » où le dit Monseigneur Evesque fut régalé et où Ton beut si puissamment que le S"" Freidel , haut-gruyer pour S. A. S. ayant reconduit Monseigneur l'Evesque jusqu'à la forge, tomba en bas de son cheval où il demeura tout le long de la nuict , après avoir fait voir à tous les Messieurs plusieurs actions de jeunesse.
Le 20 , le baron de Moron , commandant au chasteau de la Roche , ayant preste serment de fidélité au Roy très chrétien , se révolta et fit semblant de vouloir tenir bon , ce qui occasionna Mons. le comte de Cadagne , gouverneur pour le Roy au comté de Bourgongne de s'y acheminer et le fit sommer , ce que veu , le dit S' Moron se rendit , lequel fut amené garotté et lié avec son fils naturel et 14 des siens à S^ Hypolyte où ils sont en prison , et ne sçait-on que c'est qu'on en veut faire.
Juillet, à 8 heures après midy, tonnerre et foudre excessif , même est-il tombé à Vallentigney.
Le 21 est parti Mons. le Conseiller Thevenot pour l'AUemagne où S. A. S., l'a envoyé.
Le 27 est parti S. A. S. , tout au matin ; on ne sçait où Elle est allée ; Elle est retournée le dimanche après , 30 du même mois.
Le 2 en septembre, S. A. S. a envoyé Monsieur le Maire en Allemagne ; on ne sçait bonnement où.
Cette année a esté très fertile tant en vin qu'en grain et fort saine. Le bon Dieu veuille que celle où nous entrons la ressemble.
(1) Arbouans.
Le bdn Dieii nous donne une heureuse année.
Le 5 JaiiVier ) sont arrivées des nouvelles ici qu*il y avoit arrivé plusieurs troupes en Bourgonpe.
Le 11 est parti le S^ prevost Vurpillot , envoyé de la part de S. A» S. Madame ^ pour Coligny; le bon Dieu le veuille conduire et le 31 est retourné.
Le 8 febvrier , il s'y est fait une allarme à Montbéliard , à 7 heures du soir ; on croyait estre les Bourguignons mesiéâ avec quel(j|ues Lorrains qui venoient pour surprendre la neufve Ville , mais c*estoit un yvrongne qui croyant rentrer en ville , escaladoit les remparts de la neufve ville. On tira trois coups sur luy.
Le 26 en Mars ^ S.^ A. S. envoya aux S^* Mader et diacre Wàlter un ordre par exprès de ne se plus meshuy attaquer comme ils faisoient ^ particulièrement leurs fem-^ mes , au grand scandale d'un chacun.
Le 27 en Juin , la nuict du lundy , entre minUiet et une heure , les S" receveur de Blamont Brisechoux ^ Vallet et la Lance se battirent contre le cousin Vurpillot , tes trois fils du S** la Chambre et bien encore ^ix ou sept autres. Le S' Vurpillot receut un coup d'estoc environ 4 ou 5 pou- Ces au dessus de la mamelle droite , Pierre la Chambre « coutellier , fut accomodé en fils de bonne maison , après avoir esté estropié d'un pouce » après que les trois autres furent blessés.
Le 20 a esté achevé le bastiment de pierre du moulin et d'estre à couvert.
Le 6 en décembre , le S** ministre Macler ayant rompu et brisé deux portes en la maison de S. A. S. ou demeure Mons. Walter, lequel en ayant esmis ses plaintes à S. A. S. on dit qu'Elle fut fort indignée contre ledit S' Macler. Les dits deux S" Macler et Walter , par la médiation de nos Seigneurs, se réconcilièrent le 10 Décembre.
Le 17 le S' Conseiller Thevenot est de retour de son voyage de Speir où il est demeuré six semaines ou envi-' ron, pour les affaires de S. A. S. nostre maistre» contre ceux de Colmar.
Le jour de Noël, le S" ministre Grangier a déclamé contre trois de ses proches pour des choses qui ne méritoient point le parler.
Cette année a esté fort sèche et chaude , assez fructueuse en graine ; pour le vin , on n'en a pas heu beaueoiq) en ce pays , pour la gelée de Garesme,
Dieu nous comble de ses grâces et nous fasse savourer sa bonté dans le progrès et la fin de cette année , comme ses châtiments ont esté appesantis sur nous au commencement d'iceUe. (1)
Le 21 de May , Madame nostre Sérénissime Princesse est heureusement délivrée d'un beau Prince (2). Le bon Dieu le conserve en santé et le comble de ses grâces , afin de pouvoir heureusement gouverner son peuple en toute justice et le conserver dans sa saincte et orthodoxe religion.
Le lendemain il a esté régénéré par le moyen du S^ Sacrement du baptême et a esté présenté par devant le Ministre au nom de Monseigneur le Prince Eberard , Madame la Princesse Douairière d'Héricourt , Madame sa sœur. Ensuite du baptême de S. A. S. nostre jeune prince , Monseigneur son père donna aux pauvres de Montbéliard cent escus blancs , le 23 May.
Le 30 en Juin on a fait l'inauguration du Collège de Montbéliard , où le S' Rômer , premier professeur en jurisprudence a fait une oraison de ampliatione prindpatus et où a assisté S. A. S. avec Messieurs du Conseil, les S*"' Ministres tant de la ville que des villages. (3)
A la foire de la S'-Martin, on a tiré la première fois sur la Croste depuis qu'elle est couverte.
Cette année a esté fort seiche et presque sans vin ni fruict de bon. Le bon Dieu soit loué de ce qu'il nous a fait passer cette année en assez bonne santé , quoyque non sans chagrin et diverses fascheries.
(1) Perdrix avait perdu son fils le 1« Janvier.
(9) Léopold Eberard , successeur du Comte George.
(3) Voyez l'Essai historique sur les écoles de Montbéliard avant i 792 par M. Tuefferd. Compte-rendu de la Société d'Emulation de Montbô- Uard, iS57.
Le Î6 janvier , j'ai esté reconduire la niepce Alexandrins Barbaud en la forge d'Audincourt ; les eaux estoient fort grandes ; ayant demeuré deux ou trois heures à la forge , à mon retour Teau venoit jusqu'à la selle de mon cheval devant le pont.
Le 4 Novembre , un quart avant midy , est décédé de ce mortel monde , le S** Jean George Grangier , vice-superintendant en l'Eglise de ce lieu; le S' Ministre d'Héricourt, Charles Duvemoy luy a succédé en sa primauté de ministre ; le S' Beurlin a esté fait superintendant et ministre de cour qu'il estoit'desjà ; le S*" Barthol ministre à S'^Haurice a succédé au S' Duveraoy.
La veille de Noël , le S' diacre Barthol fit up presche préparatoire tout rempli de passion contre son oncle, premier ministre , H"" Charles Duvemoy , et néantmoins ne laissèrent pas tous deux de se présenter le lendemsdn aju S' Sacrement 4e la Cène.
Le bon Dieu nous donne une bonne et heureuse année.
Le 2 Janvier , le S" maire Duvemoy est parti de la part de S. A. S. pour aller à la r^contre de sa Majesté Trës- Chestienne , que Ton tient devoir venir à Chaalons en Champagne pour faire reveue de ses troupes que Ton dit devoir passer pour aller contre Golongne.
Le Vendredy après est retourné le S' maire, qui n'a esté que jusqu'à Saveme ; leur voyage ayant esté interrcHnpu par les nouvelles que le Roy n'alloit point à Metz.
Le 37 Apvril S. A. S. avec toute la Cour est retournée à Richevil.
Le 8 Juillet , le S' procureur général est allé en la tour , à l'effet d'examiner le maire d'Abévillers , qui est détenu prisonnier pour avoir couché avec une autre femme que la sienne.
Le 2 en décembre, à un peu moins de la demie deux heures après midy , il s'y est tait un horrible tremblement de terre en ce pays ; le bon Dieu veuille avoir pitié de nous et nous pardonne nos fautes. Il y en a quelques uns qui veuillent dire qu'il y a heu du tonnerre meslé.
Le 11 les S" Barbaud ont esté mis en possession des terres de Florimond , Grandvillars et Thiancourt , par les S" Glinglin et un autre ConseiDer de la chambre d'Ensisseim , après que Mons. Mazarin luy a beaucoup heu disputé la dite possession ; ils sont seigncnrs des dites terres.
Le S** Spindler conseiller de S. A. S. de ^tukard arriva en ceste ville le 15 de Mars pour estre, comme Ton disoit, Baillif en ceste Ville , aussy estoit-il venu sur la rescription que le S" Ludv^ig Forstner luy avoit faict et pour manier les forges d*icy, mais il s'en retourna le 31 assez mal satisfait.
Le 19 je partis d'icy pour Baden en Suisse ; la première débridée fut à Séix)is et le même jour soupe à Basle où je demeuray deux nuicts et un jour.
Le 21 parti pour Zurzach ayant passé le pont du Rin au dit Basle.
Le M parti de Zurzach et arrivasmes à Baden ayant tournoyé la montagne. Nous passâmes par Sigtal et delà à Baden où il y a des bains au deçà et au delà de la rivière qui s'appelle Limate qui vient de Zurich, ayant laissé environ une heure et demie au dessus l'Harr qu'on dit venir de Berne.
Je logeai à Baden où je donnai tant pour moy que pour mon homme (1) douze quardécus par sepmaine pour le bain , pour le logement et pour la table, sans y comprendre les extra ; j'y ay baigné cinq septmaines et en ay esté pour dix sept ducats, sans compter ce que je donnay au médecin , apoticaire et sirurgien , qui revenoit à douze quardécus , sans conter les autres extra qui se faisoient en compagnie.
Le 22 Juin , 23 et 24 arrivèrent à la diette de Baden , Messieurs les ambassadeurs de France , Mons. d'Héron , baron de S^ Romain , chevalier de Tordre de S' Lazare , abbé de S^ Léonard de Corbinace,
de la part de l'empereur
d'Espagne Cassati
d'Holande Halapert qui demeure à Zurich.
Le 22 arrivèrent les cantons en Tordre qui s'ensuit : Zurich, Berne, Lucerne, Urich, Suisse, Onderwald, Zug, Claris, Basel, Fribourg, Soleure, Schaffhausen, Apzel, S* Gai qui n'est des cantons le prince.
Le 25 un de chaque canton avec plusieurs autres de la ville de Baden allèrent au logis du S' de S' Romain pour
(1) Doraeitiqiic.
ic cercher au Conseil où estant il fit sa proposition très^ laconique tendant iceUe à ce que Mess les Cantons ne per-r missent le pî^ssage aux troupes impériales et espagnoles par dessus leurs terres et après Hess, les Cantons furent régalez par iceluy de S' Romain.
Le Vendredy aprè^, Hons. Malapert Fit sa proposition en faveur des Hollandais par laquelle il pria Mess, tes Cantons de ne plus donner du monde aux François , pour à quoy les esmouvoir, il déplora la misère de la Hollande, par un discours latin bien tiré et net.
Les ambassadeurs de l'Empereur et d'Espagne ne firent leur proposition en publicq , ains les envoyèrent cachetées à Mess, les Cantons. Ce qui leur fut donné en réponse , cela ne se décèle pas ; toutefois on me dit que le François avoit esté fort satisfait.
Le 30 je partis de Baden pour retourner à Montbéliard. Le grand Dieu veuille que les bains m'aient bien profiité.
Le Si Juin , Madame U douairière d'Héricourt partit pour aller à Thavannes.
Le 31 dudit, Mess, les 3arbaud ont quitté les forges de S. A. S. après qu'ils ont souffert beaucoup , même iceux estant à leur debvoir pour sa M. T. C. on luy fit arrester et descharger leurs gueuses par les chemins , sans autre forme de procez, soubs prétexte qu'ils n*en voulaient vendre à S. A. ; ce qu'on ne luy a iamais demandé. S. A. leur fit relâcher tout et luy fit donner descharge entière des dites forges. Il appert par tout ce qui précède du peu de politique de beaucoup de Messieurs. Et quoy que S. A. S. les voulut donner à Mess. Barbaud pour le même prix qu'ils avaient idesia, ils l'en ont remercié.
Les S" Chemilleret les ont p(mr les 24 mille francs par an.
Le 15 en Juillet S. A. S. ayant esté lasse de faire aller ses forges par commis qui estoieht le S' Hypp libraire et Petit Jean George , tous deux gens d'élite , les a relâchées aux dits S" Chemilleret et s'en e^ allé avec une partie de la cour à RicheviUe.
Le 17 est parti le S' maire Duvemoy pour aller trouver S. A. qui le doîbt envoyer à Nancy vers S. M. T. C. qui y est.
Le 1*' Août on a décapité un suisse nommé Rosière qui $'estoit venu habituer en ce pays et la femme la Marclii^
nommée Catherine , pour cause de meurtre , empoisonnement ; la femme du Ducat qui est chargée s'est sauvée et Lacour, qui jouait du violon et soldat ici, qui avoit donné le coup de la mort à la musnière de Longevelle , laquelle Lacour et la dite Catherine * conduisirent hors de la ville à deux heures après minuict , ayant faussé les fossez de la dite ville, luy firent croire qu'ils la vouloient mener à Longevelle et ainsi qu'ils furent venus auprès du misnerois de S^* Suzanne , ayant pris le haut , le dit Lacour , qui est eschappé , luy voulant laseher un coup de pistolet dans le dos la manqua , il rajuste son dit pistolet , la tire et la renverse , la tue et la vole , luy prit des ducats qu'elle avoit et les partagèrent eux deux Catherine Lamarche , la mirent au fin fond du creux d'iceluy minerois et s'en revinrent en ville sans que l'on pust savoir qu'estoit devenue la dite musnière , jusqu'au biout de six sepmaines ou de deux mois , Dieu ne pouvant meshuy soufi'rir telle énormité , descouvrit le fait par le moyen dés chiens qui allèrent manger le cada* vre de la dite musnière , une fois entre autres , les mineurs travaillant sur le dit minerois virent un chien qui trainoit le crâne et des tresses , de quoy advertis , Hess, de la Justice , on descouvrit aussytost le fait ; on se saisit des susdits , on les examina ; ils confessent et après avoir demeuré en prison deux ans et six sepmaines on les exécuta comme sus est dit.
Le lendemain Lamarche fut fouetté par la main du l)ourreau pour avoir sceu le complot et n'en avoir rien dit.
Depuis le gouvernement de S. A. S. il y a plus de 19 à 20 meurtres commis en ce pays.
Le l*" Augst , même jour que dessus , a esté fait pri* sonnicr Jean Migot pour crime de sodomie ou vice tendant à iceHe.
Le 9 sont retournez les S" Ludvig Forstner et Maire Duvemoy, savoir le S*^ îfeire Duvernoy, qui estait venu de Nancy à Ricbeville , est arrivé le 9 dudit à HontbéUard tandisque le S*" Forstner est demeuré au dit Richeville.
Ils ont esté complimenter le Roy de la part de S. A. S. auxquels il a fait présent d^une chesne d'or de cinq cent et quelques escus avec sa médaifle ; ils l'ont partagé.
Le 12 sont partis de Hontbéliard les S**' Freidel, le cons, Duvernoy et prevost VurpiDot avec vingt cinq ou trente chevaux , pour aller trcuver S. A. S. à Reichville , pour delà passer à la rencontre de S. M. T. C,
Le 21 sont retournez les S" Bernard, Satder, Fallot etc. de Richeville oii ils estoient allez pour servir S. A. S. à la rencontre du Roy de France (1) qui est venu de Nancy à Brisach et qui a démantelé Colmar, Sleestatt, avec le reste des villes impériales , ayant désarmé tous les bourgeois et pris aux dits Colmar et Sleestatt bien 150 pièces de canon. La Reine , la duchesse de Vaujour , autrement la Valière , Madame de Hontespan ont accompagné le Roy jusqu*à Bri^ sach et s'en sont retournées par le même chemin , estant allées le même jour coucher à Ribaudvillers et ont repris leur même route de Lorraine,
Le 12 Octobre , les nouvelles sont venues en cette ville de la publication de la rupture entre la France et l'Espa-
Îne , même la guerre a esté déclarée à Besançon entre les eux couronnes , avec commandement exprès à tous les François qui estoient en Comté de vuider hors de Bourgongne ; même a esté donnée patente pour courir la vache en Alsace et au duché de Boui^ongne. Le grand Dieu veuille calmer ces bruits et nous renvoyé une bonne paix pour le servir et honorer avec plus de seing et de diligence que par cy devant , nous pardonne nos péchez et ne nous traite selon nos démérites.
La nuict du 13 les Espagnols et Italiens estant en nom* bre de 150 se sont emparés du chasteau de Grange que S. A. S. tient de fief du roy d'Espagne. (2)
Le 28 d'Octobre , Mons. le Marquis de Vaubrun , gou* vemeur de la haute et basse Alsace, en chef, envoya un de ses gentilhommes à S. A. S. nostre maître, pour luy faire compliment et le sonder par des paroles couvertes, et veoir
(I) « liorsque nous parUmes de S^^-Marie aux Mines, dit Mii« de HoDtpenaier , dans m» mémoireê , un petit souverain vint saluer le roi ; c^ëtait le prince de Montbéliard , de Wurtemberg ; je l'avais vu autrefois à Paris lorsqu'il avait épousé MU* de CbatiUon , fiUe du Maréchal. Il me parut affreux , habillé comme un maître d'ééole de village , sans épée, avec un méchant carrosse noir , parce qu'il portait le deuil dé l'impératrice ; ses chevaux avaient des housses noires jusqu'à terre , et ses pages et laquais étaient vêtus de jaune , avec des garnitures de rubans rouges. Il avait quinze ou vingt gardes avec les casaques de même livrée, assex bien montes ; il me souvient que toute sa cour était dans on même «carrosse , duquel on vit sortir dix ou douce personnes , pour s'en iiiire honneur, s (EphemO
(S) Les tours et remparts du château de Granges furent 'démolis et n'ont plus été relevés.
s'il ne voudroit point agréer une garnison Françoise, de quoy S. A. S. le remercia et traicta Tenvoyé du S"^ de Vaubrun avec toute indifférence , luy ayant laissé payer son escot chez Thoste , de quoy le dit envoyé se formalisa fort. S. A. S. voulant répondre en quelque façon aux bonnestetés dudit &^ de Vaubruti , luy envoya Mess. Forstner gentilshommes ( le consi Thevenot et cela le lendemain 29 dudit mois et an , qui furent tout à fait mal reçus par le S*^ de Vaubrun , notanmient le S*^ conseiller Thevenot qui fut tiltré d'Espagnol, ce qui le rendit si confus qu'ils s'en revindrent en cette ville avec tout le mécontentement imaginable , jetteront la frayeur en notre ville de Hontbéliard , si qu'on croyait que le dit S' de Vaubrun venait pour nous surprendre la nuit du 30 , où Ton fut continuellement soubs les armes et du depuis on fait très-bonne garde. S. A. S, fit prêter serment aux boui^eois de se défendre au cas ils fussent attaqués , laquelle n'a autre dessin que de se maintenir dans la neutralité envers les deux couronnes.
Le 3 de Novembre , le S' de Bugny capitaine de cavalerie dans le régiment du S' de Vascal colonel Vallon pour le service de sa Majesté très-chrestienne , ayant son quartier à Dole , s'en vint à Montbéliard et désiroit de faire la révérence à S. A. S. , laquelle fit dire qu'elle estoit hors de la ville.
Le vendredy 7 dudit mois et an , le S*^ de Bugny fut sonder tous les guez d'icy alentour par lesquels on pouvoit passer
f)Our aller en Bourgongne , c'est à dire Voujaucourt et la orge, le gué d'Audincourt avec celuy de Valentigney. J'eus l'honneur de disner avec luy la première fois qu*il festina chez M. Barbaud.
Le 7 de Novembre , la nouvelle vint que les Boui^uignons avoient reçu nouvelles ordres pour courir l'Alsace avec les autres provinces qui appartiennent au Roy T. Ch. , même que les dits Boui^gnons avoient des courses au delà de Bourgonpe ; pour cet effect, on envoya le chevalier de Perigny avec quelques soldats pour commander en chef h Belfort, auquel S. A. S. envoya mon frère le Conseiller, le il des dits mois et an , à l'effect de le complimenter et de l'asseurer de son affection , lequel receut ce compliment avec toute démonstration d'amitié , et promit à mondit frère que l'intention du Roy n'estoit que de la maintenir neutre dans ses états tt qu'il ne demandoit qu'une bonne voisinance.
Le lendemain , après le retour de mon frère , qui estoit le 13 du même mois de Novembre, le S' Du bonuet, V capitaine à Belfort fut complimenter, de la part du S' de Perigny, S. A. S. et en même temps se plaignit à icelle de quelques mots qu*on avoit proférés dans la prière du matin et du soir, qui sont que comme la paix accordée à FEmpire deois il y a assez longtemps sembloit se vouloir troubler par les finesses et astuces de Tennemy de la chrestienté , demandant qui Ton entendoit par l'ennemi de la chrestienté , voulant inférer de là qu*on tenoit sa majesté très-chrétienne pour ennemy de la chrestienté, à quoy S. A. S. a répondu que bien loing , qu'on entendoit parler du diable , le but duquel ne vise que la guerre, la discorde et desunion. Le dit Sieur du Bonnet se dit estre de la religion , il descendit assez mal satisfait pour n'avoir esté retenu à disner au chasteau. Le bon Dieu qui régit le cœur d'un chascun nous aye soubs sa sainte protection et veuille changer en bien les dessings qu'on pourrait avoir en mal contre nous.
Il y a venu des nouvelles , en même temps , que les Bourguignons avoient l'intention de surprendre le chasteau de Goumoy que S. A. S. relève de fief de S. A. de Pouraintruy.
Le jour de la foire de S*-Martin , le 17 Nov. environ minuict, Pierre Gros, enseigne du S*^ la Lance, avec Jean Colin sergent , par un concert fait entre eux , vindrent , sçavoir les dits Gros et Colin avec huit musquataires de la garde, le fusil bandé, en la maison de chez Mons. Estienne Barbaud , le firent relever avec le S*" son frère Nicolas , firent perquisition chez eux de certains estrangers qu^ils disoient y estre , avec discours très-insolens , des quels ils usèrent envers les dits sieurs Barbaud , et ce de leur propre autorité ; le matin venu, ils s'en allèrent plaindre à S. A. S. qui ne les voulut point entendre au matin , ains envoya cercher les dits la Lance et Gros en même temps que les dits Barbaud furent descendus du chasteau , sans avoir peu obtenir audience ; ils furent aussy , en même temps , esmettre leurs plaintes par devant Hesseigneurs du Conseil , les Sieurs Maire et neuf bourgeois ; les dits Sieurs Barbaud estant remontez au château après le disné, ils ne receurent aucune satisfaction, ains S. A. S. vouloit qu'ils missent leurs plaintes par escrit, sur quoy les dits Barbaud usèrent de menaces et, à ce que l'on dit, de paroles un peu fières, ce qui
obligea S. A. S. de les laisser descendre saûs autre sati»' faction ; toutefois , le 19 S« A. S. envoya cercher Mons. le Maire ^ auquel il enjoingnit sérieusement de faire sçavoir à Hess, les Maîtres boui^eois et dix huict, s'ils entendoient parler à qui que ce fût de traitre et de traîtrise, de les rapporter par le serment de fidélité qu'ils avoient fait à S* A. S< qui les châtiera exemplairement.
Le même jour y le S** Macler fit calangé et auquel on fit une mercuriale pour un prêche qu'il avoit fait eu l'église de Montbéliard, le vendredy auparavant, quoy qu'il n^eust rien dit que ce que l'on dit partout*
Le 19 le sieur prévost Wurpîllot fut envoyé de la part de S; A* S. au S' Barbaud le père pour l'asseurer de son affection et dire les raisons pour les quelles il n'avoit encore pu donner satisfaction à ses fils, de quoy le dit sieur Ni-* colas adverti prit le devant au S' Prévost et fut à Dole avant luy où il reçeut le dit sieur avec toute sorte de paroles pleines de civilité ^ et en luy faisant reproche de ce qu'on ne leur avoit pas voulu faire justice de l'insulte et de l'affront que son frère et luy avoient reçus en sa maison de Montbéliard. Toutes fois^ pour donner quelque sorte de satisfaction au dit Barbaud fils^ S. A. S. renvoya la chose à Mess, les Bourgeois qui , après avoir pris information du fait, rendirent sentence la quelle portoit que le laquais du S' Estienne Barbaud seroit vingt quatre heures en prison , les S" la Lance capitaine et Gros enseigne seroient calangés par Messieurs les bourgeois et Colin serait aussy 34 heures eu prison , la quelle sentence fut suggérée par N B et la quelle n'a esté enregistrée ny mise à exécution ; il est vray que le S' Barbaud fit retirer le laquais et la chose est demeurée au crocq<
Le 29 Décembre et 8 Janvier 1674, les François qui estoient environ douze cent ont voulu entrer en Bourgongne ; ils ont esté arrestéz par ceux du village d'Ersey (1) s'estans retirez dans leur église ^ où après avoir tué quelques François, ils ont esté entièrement destruits et leur village bruslé et réduit en cendres , leurs bestiaux emmenés à Belfort. Le grand Dieu veuille appaiser son ire !
Les Bourguignons avoient commencé et avoient esté courir
(1) Uu récit contemporain âe ce fait a été inséré dans l'Annuaire du Douhrde 4844, DictioDiiairedeiCommones. art. Arcey.
la Yâche sur les terres de Belfort , le 13 du même mois , et , qui plus est, le propre jour de nostre Noël, le S' de Pilosey fut recogDoitre avec cinquante hommes jusques sur les frontières de S^-Disier , lequel ayant heu vent qu'on les poursuivoit se retirèrent incontinent et prindrent seulement deux chevraux et une biche dans les forêts appartenant à S. A. S*
Le 9 j*ay esté mis au nombre des officiers de S. A. S., et en cette qualité , je vais escharguetter avec ceux qui n*ei[itrent dans le Conseil , à la réquisition de Messieurs les Bourgeois.
Le 11 le S' N. Beautru, sieur de Vaubrun est arrivé à Belfort.
Le 13 il envoya un ayde-majorà S. A. S. pour Iny demander permission de pouvoir faire faire trois mil rations de pain de bled bis , en payant , ce qui luy fut accordé contre son opinion , et permission au boulanger Champagne de le servir toutes les fois que requis en seroit ; il fit marcltef avec ledit Champagne pour les trois mil rations à une libvre et demie la ration et cent vingt cinq libvres de pain dans un sac de quatre quartes , de manière que la quarte de farine ne debvoit donner que 31 libvres */»» laissant le dit ayde de camp le reste pour la façon du boulanger. 11 donna six quarts d'escus du sac au dit Champagne , luy ayant advancé seize Louys d'or en quatre pièces de quatre au coin d*Espagne pour trente six sacs de froment à deux escus le sac faisant septante deux escus, et luy fut advancé cinquante neuf escus , reste à treize faisant 39 quarts d'escus. De Belfort , le dit de Vaubrun s'en alla à Grandvillars. Son A. S. de Montbéliard l'envoya saluer par les S" Forstner et Thevenot à Belfort où ils ne le rencontrèrent plus » s'en estant allez audit Grandvillars , d'oii il passa à Courtelevans avec vingt cinq cent hommes tant cavalerie , infanterie et quelques dragons et passa de là à Halle sur les terres de l'évesque de Pourrentruy, pour y rencontrer quelques troupes impériales qui passèrent sur les terres de la dite évesché pour venir en Bourgougne , les quelles n'ayant esté rencontrées par le dit S' de Vaubrun , quoyque son Altesse R. luy eust promis qu'elle n'en laisseroit passer aucune ; néantmoins celles-là estoient passées. Cela mit en telle colère ledit S' de Vaubrun qu'il a logé dans Bbsle , Courenaud, Courgenay, Courtemache, pillé Glovillé et dans les dits quartiers jusqu'au 32 où ils ont vescu avec assez de libertinage. Le traité et accord ayant esté moyenne par Mess, les petits cantons d'entre le S' de Vaubrun et le S' évesque dudit Pourraintruy , on a reçeu nouvelles que les troupes
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dudit S' de Vaubrun debvoient venir icy et loger sur !(*» terres de S. A. S. nostre Prince et Seigneur , de quoy ledit S*^ Nicolas Barbaud ayant voulu donner advis à sadite A. S. et estant monté au chasteau avant le pf esche du vendredy 23 on luy a dénié audiance aiis^y bien qu*au S'' JacquiH qui estoit aussy allé pour avoir attestation que , tant luy qu0 le S" Estienne Barbaud , estoient boui^eois d*icy , afin de la pouvoir envoyer à Mons. d'Alveda , gouvertieur de Bourgougne qui avoit fait barrer et arrester les effects des dits sieui^ et à ce moyen pour faire lever la barre contre eux faite et comme faite non sur les ennemis de sa M. C. mais contre les subjects de S. A. S. qui est prince d'Empire et qui tient la neutralité. Le grand Dieu veuille avoir pitié de soù pauvre monde.
La nuict du 25 qui estoit le dimanche, lé S' de Vaubrun arriva avec environ 4 mil hommes sur les terres de S. A. S., passèrent depuis Grandfontaine , Réglère, proche de Blamont , vindrent à Escurcey « Handeure , Audlncourt et à la forge , où le S*^ de Vàubrun et le S*^ Barbaud disnërent à leurs despens « sans que le S** Chemilleret s*y rencontra nv aucun des siens pour disner avec le S*^ de Vaubrun , aussy n y furent-ils pas priez.
Le S** de Vaubrun laissa cinquante soldats à la dite foi^e et à Belchamp pour les garder. Delà ils s'en allèrent droit à S*-Zéphorien , Matthay et Bourguignon où deux maisons de ce dernier village avec une grange furent bruslées et ce par l'insolence des maîtres d*icelles qui dirent au S' de Vaubrun qu'il bruslat s'il estoit si hardy , que le lendemain on luy tailleroit de beaux bonnets rouges.
Le 26 les nouvelles vindrent de la part de Mons. de Vaubrun que les Bourguignons avoient abandonné le Pont de Roide duquel il s'estoit emparé et y avoit mis deux cent hommes de garnison. Le S*^ Barbaud, qui estoit retourné depuis Audincourt à Hontbéliard le 25 , après son disné à la forge , lui envoya du pain de munition par ses ordres , avec commandement d'escrire à Belfort pour avoir du canon , ce que le S"" Barbaud fit aussytost , le quel croid qu'on luy eti mènera le 27 ou le 28. On se craint fort icy pour nostre ville où je croy qu'il n'y a aucun danger , s'il plait à Dieu.
Les soldats ayans passé à Audincourt et Handeure ont fait quelque insolence en passant.
Le 30 Janvier , le S"" de Yaubrun ayant esté faire une cavalcade en Bourgougne avec ses troupes , et n*ayant freuvé aucune résistance , s*en retournant à Brisach , passa par devant Héricourt , s'en aHa coucher à Belfort et ses troupes à Breuvelier et à Eschenans.
Le 29 les Bourguignons prindrent le mangueur , Risot et Wetzel avec leurs chars et chevaux, qui avoient mené du pain à Mons. de Yaubrun ; ils furent en danger de leur vie.
Le 2 en febvrier , sur la brune , ceux que le S' de Yaubrun avoit laissés au Pont de Roide s'estant rendus aux Boui^ignons, faute de secours, quoy que le chevalier de la Poterie , qui est commandant à Belfort le seut dois la nuict du 31 Janvier , et ayant obtenu une honéte capitulation , sçavoir de sortir hors du Pont de Roide tambour battant, la mèche allumée aux deux bouts et avec une promesse que les dits Bourguignons leur firent de les rendre à Belfort ; la dite capitulation estoit signée par le S' de S*- Horis qui commandoit les dits Bourguignons , le S^ de Pilosey , qui estoit capitaine soubs luy et un certain Magny de la part des François , du S*" du Buisson lieutenant, qui commandoit les François et d*un sien sergent qui a fait lire la dite capitulation à Blamont, Nonobstant, ayant quitté la tour du Pont de Roide et les Bourguignons faisant semblant de les conduire , ils ne furent pas esloingnéz du village environ un demi quart d'heure , que les Bourguignons qui les escortoyent ayant fait demi tour à droite , les François furent chargez et accueillis de plus de cinq cent coups de mousquets et demeurèrent presque tous sur la place , sauf une huictaine qui eschappèrent comme par un miracle , entre autres ce sergent qui arriva à Blamont où qu'il fut, le S" Klest luy tira une balle du corps qu'il avoit receu dans la démêlée. Le S' du Buisson receut deux coups de fusil , çt voyant qu'il s'en alloit mourir , il demanda un prêtre pour le confesser , y en ayant là deux présens , ils n'y voulurent jamais aller , ains dirent : ces chiens de François sont indignes de confession. Si c'est tenir leurs promesses que de tuer le monde après une capitulation signée de part et d'autre , je ne scay et quels prétextes que pourront apporter messieurs les Bourguignons pour pallier une telle action ; à peine éviteront-ils le blâme qu'ils ont mérité , non plus que le S"" de la Poterie de ne leur donner le secours qu'il devoit et
qu^il pouvoit, puisqu'il l'avoit sceu deux fois viiigt quatre Heures avant le malheur arrivé*
Meeredi 4 febvrier ou a coniDneficé des presches extraordinaires de repentance , le S' Duvemoy i*''' ministre en l'église françoise de ce lieu commença le i&atin et prit son texte en Tapocalypse 2, au commencement. On y retourna à tme heure après midy où Ton chanta la psaume entière avec la demi pause du 61 , après cela le S' diacre Banhol monta en chaire et y leust la prophétie entière de Jonas , aprte il fist une trèsi-belle prière et puis descendit ; l'ofi commença à chan^ ter le reste de la pause du psaume SI , quoy fait , le S' Mader ministre monta en chaire, prit son texte au 2 de Joël , verset 12 et il prescha jusqu'au son de la cloche pour la prié* re , et ayant achevé sa prédication » il fist la prière du soir et on chanta après , pour s'en aller , du fond de ma pensée , Psal 130. On continuera vendredy et ainsy deux iours de la sepmaine , durant le mois de febvrier.
Les 12 et 13 d'apvril, Monsieur de Turenne est venu en Alsace , où S. A. S. de Montbéliard a envoyé les S" Forstjier et Scharpaur pour le complimenter , qui le rencontrèrent dans un village , lequel s'en venoit proche de Basle avec plusieurs troupes , pour empescher le lorrain de passer à Reinfeld et secourir la Bourgougne.
Le 20 du dit, lundy après pasques, l'alemand messager pour S. A. S. est revenu de Besanç(m, qui a rapporté que Monsieur le duc d'Anguien avoit investi le dit Besançon.
Le 22 , S. M. T. G. est arrivée devant Besançon qu'il tient assiégé. L'on ne sçait ce qui en arrivera. Le Roy , Monsieur son frère , Messieurs les ducs de Luxembourg , de Rochefort , M' de Vauban ingénieur, S'«Hylaire, avec toute la maison du Roy y sont. M(ms. de Turenne est tousiours aux environs de Basle et va £ure garde aux portes de Reinfeld à la portée du canon.
Le 5 May la ville de Besançon s'est rendue au Roy par eomposition.
Le 11 la citadelle du dit Besançon a esté remise entre les mains du Roy par messieurs de Vaudemont et le baron de Soye qui sont sortis avec deux pielces de canon, tambour battant , mescbes allumées et toute sorte de munitions.
Le 4 en juin , le S" Daubigny commandant à Belfort s'en vint avec soixante chevaux jusqu'aux portes de Mont-* béliard où il donna l'alarme et ayant approché jusqu'au bord
du fossé de la citadelle , il manqua d*étre tiré de la sen«* ûnelie.
Le... (1) Monseigneur le maréchal de Turenne a battu les Lorrains , Caprara et les troupes du cercle de Saxe , où il y a demeuré plusieurs braves françois, entre autres le lleu^ tenant général St.... et son fils , les sieurs de Beauvezé et Coulaoges etc.
Le même seipeur a encore chassé les n^émes troupes au delà du Necker , aux quelles il a pris canon , bagage et leurs tambours. Même dit^on que si Mess, de Franckfort ne leur eussent ouvert les portes que leur arrière garde y fust entier rement demeurée. Mons. de Roye, nepveu de Monseigneur de Turenne, qui commandoit une brigade de cavalerie, y a fait des merveilles.
Le 2 en juillet , est décédé de ce mortel monde Monsel-^ gneur le duc Eb^hard, (1) en Veage de cinquante neuf ans et sept mois , pour s'en aller en la bienheureuse immor* talité.
Le 24 on a fait dans ce pays , le prêche funèbre de Mondît seigneur le duc Eberhard , le texte a esté pris du 40 Ecclé^ siastique , verset 4.
Le S2 on a desdoublé les gardes en cette sorte , scavolr qu'on monteroit de douze iours en douze iours et ce par ordres expresses de S. A. S. ; qu'il y auroit un corps de garde en la maison de ville à la nuict ; que de ceux qm seroient à la Rochotte , on en prendroit cinq ou six pour envoyer la nuict à S**Nicolas et de la porte S*-Pierre aux Graviers ; que les quatre compagnies , on les partageroit en douze et ainsi on feroit leurs devoirs.
Le il en Aougf^t , Monseigneur le Prince de Condey a fait choquer Messieurs de Souche , le comte de Monterey et le Prince d'Orange , proche de Seneft. Le combat a esté fort opiniastre , où il y a demeuré plusieurs personnes de qualité , tant d'un costé que d'autre , la perte a esté presque égale ; le champ de bataille est demeuré aux morts, la gloire est demeurée tout entière au Prince de Condé de ce qu'il a attaqué trois armées , scavoir ceHe de l'empereur comman^^ dée par le S' de Souche , ceBe des espapols oommandée par le S"" de Monterey et ceBe des hoUandois par le prince
(1) 16 iiiiD. BataiHe de SiaUbeim.
(2) Due régaant de Worteiaberg > fiU de Jeeft rrédérie.
d'Orange , les queOes jointes ensemble faisoient jusqu'à trois vingt et dix mil combattans que le Prince de Condé attaqua avec tant de vigueur , depuis le matin iusques à nuict close , voire iusqu'à minuict passé , à diverses reprises , que jaçoit la maison du Roy T. C. y aye beaucoup souffert , quatre mil tant tuez que blessez y sont demeurez et rendus inutiles au combat , si est-il vériiable qu'il y en a demeuré autant , voire davantage des autres qui ont laissé , outre les morts , trois mil cinq cent prisonniers à Hons. le Prince , entre les quels il y a le prince de Salm , le prince de Nassau , le comte de Salm et le S"" de Waldeck et plusieurs autres personnes de qualité , cent et sept tant estendards que drappeaiOc que l'armée de ces trois confédérés y a perdus avec deux pièces de canon et un mortier. Tout le bagage contenant plus de trois mil charriots où il y avoit plus de cinq cent mil escus pour payer les Hollandois ont esté pris , pillé ou bruslé. Le bon Dieu leur mette à tous au cœur de faire une bonne paix.
Le 14 Octobre les françois qui tiennent Besançon sont venus après midy et ont démoli deux arcades du pont de Voujaucourt.
Le 22 Novembre , M' de Cateux brigadier de M' le Prince de Condé est venu à Béfort à l'effect d'arceller le corps des confédérés.
Le 27 Novembre on a receu nouvelles du sieur capitaine Barbaud , par les quelles il mandoit que l'armée du S' Mareschal de Turenne estoit décampée le 23 du même mois pour passer par la Lorraine et s'en venir en Bourgougne deois aux environs de BatschwiUer.
Le même iour 27 , il y arriva en cette ville un gentilhomme du sieur de Lunebourg pour complimenter S. Â. S. sur le bon quartier d'hyver qu'il a dans ses terres de Reicheville et Orbourg , et le même jour il y en arrive un autre de Mons. le marquis de Baden pour demander quartier en la ville de Hontbéliard , auquel on a fait une réponse négatifve et le lendemain a esté assez osé d'envoyer cercher Champagne le botdanger pour faire cent mil libvres de pain , lequel luy a respondu qu'il y auroit moyen moyennant argent et luy a dit qu'il vouloit estre payé comme les putains devant la main ; que pour luy il n'avoit point d'argent , mais qu'il deut aller treuver Messeigneurs du Conseil les quels luy avoient promis de leur donner du pain , ce que le dit Champagne ayant fait» on lui a répondu cathégoriquement] qu'on ne scavait ce
que c'étoit et que Ton ne s*en méloit point ,• que s*il vouloH avoir dapain , qu'il falloit avoir de Targeot.
Il y avoit arrivé uu peu auparavant du même jour , un certain soy disant estre de Poiigny, uepveu de Mons. Isola, lequel advertit S, A. S. de ne les point recevoir d'autant qu'ib promettront beaucoup et tenront peu. On le prend pour un grand cabaliste. Le grand Dieu nous préserve de leurs mains et nous donne une bonne paix.
Le 27 le S"" de Gâteux a esté enlever un quartier à Montureux ou ils ont tué environ quarante des confédérés, eu ont pris trente prisonniers avec cinquante chevaux qu'ils ont amenés à Belfort.
Le 30 Novembre, le S' de Duras, gouverneur du comté de Bourgoupe a escrit à S. A. S, à la quelle M** Maistre qui est du conté et grand munitionnaire pour S. M, T. G. estant venu en même temps porter la dite lettre , et pour demander du grain pour les troupes de Hons. de Turenne , n'a pas receu toute la satisfaction qu'il s'estoit promis , à cause, sans doubte, que l'intendant, W Camus de Beaulieu avoit escrit aux sieurs Barbaud, leur mandant qu'ils treuvoyent à propos que le S' Maistre delivreroit la lettre à S. A. S.
Le 1" Décembre, Laurent Perrenot, qui est de l'armée de Lorraine , arriva icy venant d'entre Espinal et Remiremont, le quel rapporta que le S"* mareschal de Turenne les chassoit , et le lendemain il y passa par devant Héricourt , seize à dix sept cent chevaux lorrains qui estoient des susdites troupes
3ue Mons. de Turenne avoit écornées, les quelles taschèrent e surprendre la dite ville d'Héricourt , même la menacent que s'ils n'y peuvent entrer de gré qu'ils y entreront de force et qu'il y a iusqu'à IS mil hommes tant de l'armée du S' de Brandebourg que de Bumonville qui font une partie de l'armée des confédérez , qui doibvent entrer en Bourgougne , qui entreront mal gré bon gré qu on en aye au dit Héricourt ; de quoy S, A. S. ayant esté adverti a donné ordre aux dits d'Héricourt de se deffendre et leur fermer les portes.
Le 23 et 24 il y airive à tout moment des troupes impériales et lorraines en cette ville , qui sont désarmées aux portes ; ils nous menacent fort de garnison , mais ils sont si piètres qu'ils font plustôt pitié aux bourgeois de Montbéliard que de leur porter envie. Le grand Dieu nous en délivre , s'il luy plaist ; Ils ruinent tout le plat pays , prennent et pillent tout.
MoDs. le €omte d'Hoettinguen est icy doiz il y a plus de huict iours ; il est régalé tous les jours par S. A. S. , la quelle , non obstant le dégast et la ruine que les troupes impériales font sur ses terres , elle leur fournit du pain , leur en ayant desia donné 40 bichots de bled. Vous diriez encore qu'on leur est fort obligé de ce qu'ils ruynent ce pays: Le bon Dieu nous en délivre.
n y a desia quelques jours que le S' Régnaudot de Poligny , soy disant estre colonel de cavalerie et le S' Aymet sont en cette ville pour cabaDer.
Le -^ de Décembre sont arrivez les lorrains environ entre neuf et dix avant midy , devant Hérieourt , ayant couché à Luze, Chaigey, Eschenan soubs Hontvaudois, But, Ban* villard ; ils devestirent le S' Krafft proveneur de Madame la Douairière d'Héricourt , pillèrent le moulin du dit lieu , après avoir pris toutes les carpes de Mad. la Douairière et eeUes du S** Jacquin qui estoient dans des arches au bas du moulin et demandèrent à la vifie d'Héricourt quartier pour Hons. le Duc de Lorraine avec trois mil libvres de pain ; mais ils n'eurent pas la patience d'attendre qu'on les eust cuit, craignant les troupes de Monsieur de Turenne qui , à leur dire , les suivoient ; ensuite ils s'en \îndrent gister à Tavey , Tremoins , Aibre , Desandans , où ils firent de grands desordres jusqu'au sambedy -^ du dit mois , oii , à la pointe du jour , ils furent à la porte de Montbéliard avant que les portes fassent ouvertes , passèrent ime partie parmy les vergers des Bannots , même il y en eut qui vouloyent descendre tout au long du fossé de la Crotte, s'ils n'en feussent esté empeschéz par une palissade qu'on avoit fait deoiz le bord du fossé jusqu'à la muraille du verger du sieur greflSer Brisechoux. On les récria doiz dessus le boulvard et doiz dessus les murailles , notamment doiz dessus la chaussée estant derrière la maison des Verneur. En même temps , le colonel d'Alamon se présenta i la neufve porte , avec une brigade , et Mons. le marquis de Baden , venant de Dèle avec 4 vingt chevaux , vouloit entrer par la porte S*-Pîerre , les quels furent traitez les uns comme les autres , et ne voulut-on qu'il y entrât que (parante chevaux de ceux du S' marquis ae Baden que 1 on vint cercher au chasteau en carrosse ; vingt cinq chevaux , le surplus de ceux qui entrèrent» estoient de la brigade de
Lorraine ; ils avoient desseing d'entrer à Montbéliard et de le piller , comme on l'a appris du depuis.
Même le marquis de Baden fit une proposition à. S. A. S. aux fins de recepvoir garnison impériale , ce que S. Â. S. luy refusa généreusement , dont il se départit peu satisfait. 11 luy promettoit , de la part de l'Empereur , de luy donner ses fiefs de Bourgougne en droit de souveraineté, mais c'estoit disposer de la peau de l'ourse avant qu'il fut pris.
Les lorrains s'en allèrent coucher à Mandeure la nuict du Dimanche , où ils mirent tout en désordre et en confusion , dois là ils en allèrent à Bure , passèrent en la seigneurie de Pourentruy , pillèrent tout ce qu'ils purent attraper et tirèrent ccmtre Hunningen.
La même nuiet , le marquis de Baden décampa de Délie avec ceux qui estoient à Grandvillard , crainte qu'ils avoient d'estre surpris par les troupes de M*^ de Turenne.
Le 1 S du même mois arriva en cette ville de Montbéliard , un commissaire de M"^ de Turenne , i Feffect d'y faire faire du pain pour son armée , moyennant argent ; il achepta plus de la moitié du pain que l'on avoit cuit icy pour les impériaux , se montant bien à soixante sept mil cinq cent soixante huit rations à une libvre et demie la ration , avec plusieurs grains que ce commissaire achepta et paya. Il demandoit aes greniers et la permission de faire faire des fours en la oeufve ville à ses frais, ce qu'on luy refusa absolument.
Les impériaux n'ont point payé le pain qu'on leur n livré , ains ils ont retenu , contre leur parole , les chars et chevaux de ceux qui les luy menèrent.
Le 17 M' de Turenne est arrivé aux environs de Belfort.
La nuit du 18 Mons. de Turenne coucha au .... S. A. S. l'envoya complimenter pr les S" Reichau gentilhomme de Madame la Douairière d'Héricourt et Thevenot conseifier de S. A. S. Us prirent le S"" Procureur Ponnier et receveur d'Héricourt Richardot ; ils rencontrèrent Mess. Barbaud à Belfort, qui Tavoient desia complimenté. Il a quarante mil combattans.
Le jour du 18, ils allèrent coucher à Fontaine, d'où ils décampèrent le 20 avant jour et arrivèrent proche de Mulhausen, oit estans ils attaquèrent l'ennemy qui estoit Uea plus fort qu'eux, auxquels Mondit S"" de Turenne prit dix
huict estendards , deux paires de tymbales , environ deux ou trois cent prisonniers des quels ils amenèrent environ cent cinquante à Besançon des plus considérables ; il y demeura le baron de Reffenberg et plusieurs officiers lor* rains ; du coté des François , W de Montauban lieutenant général prisonnier , les 4 officiers du régiment de la Reine blessez et de tuez trente ou quarante soldats. Les trois messieurs Barbaud les jeunes y cstoient ; le capitaine tua H' de Reffenberg et fut cause du gain de l'attaque. L*ains« né , après la bataille , fut envoyé par M' de Turenne à Messieurs de Mulhausen pour les complimenter et leur dire que mondit S' de Turenne estoit arrivé sur leurs terres et particulièrement pour apprendre au vrai la disposition du camp de leurs ennemis , et comme il leur disoit adieu et qu'il estoit entre leurs portes , voicy trois cavaliers qui avoient des papiers blancs sur leurs chapeaux qui lui mirent le pistolet à la teste , entre les portes du dit Mulhausen , en présence de plus de cinquante de leurs fusilliers , sans qu'il y en eust un qui se mit en estât de le deffendre, ains le laissèrent comme prisonnier. Ces trois cavaliers le fouillèrent , lui prindrent son chapeau , son manteau , lui osterent la bride de son cheval et l'enmenèrent au quartier général de M' de Bumon ville. Comme voi«y qu'il y sortit deux paysans d'un village qui s'enfuyoient du costé de M' de Turenne et l'alarme qui s'estoit donnée , deux de ceux qui avoient pris le dit sieur Barbaud croyant que ces deux paysans qui couroyent fussent des espions de M' de Turenne, se mirent à les poursuivre et laissèrent M*" Barbaud entre les mains d'un seul , lequel se voyant seul à seul , le dit Barbaud luy saute aux cheveux, l'arrache de dessus son cheval, l'ayant embarrassé dans son manteau, le terras* se et ainsy se sauva heureusement , ayant essuyé deux- ou trois coups de pistolet. Nous avons tous grand sujet de donner grâce et louange à Dieu.
Le 26 Décembre , Monsieur de Turenne a encore attaqué les allemans proche le moulin de Turcklieim , où il les a encore battus , y en ayant bien demeuré trois mil sur la place et plus de 4 mil prisonniers. Des françois sont de* meures Mons. Foucaus lieutenant général de M*" de Turen* ae , M' Mouchy , colonel du régiment de la Reine , 4 capi-* taines, quelques cent simples soldats tuez, plusieurs blessez.
Le 43 Janvier 1C75, Messieurs de Cateux et Boncourt, avec une partie de leurs brigades, passèrent par Fesches, Estupes , Audincourt , Escursey , prindrent le chemin du Pont de Roide , pour aller prendre leurs quartiers en Bourgougne. Ils venoient de Tarmée de Hons. de Turenne , qui est parti par la Lorraine pour aller en cour tout glorieux d'avoir fait que les allemans ont repassé le Rhin..
Messieurs les François ayant inlercepté un traité que Monseipeur TEvesque de Pourentruy avoit fait avec les impériaux 9 ont demandé la même chose , ou à deffaut , ont demandé logement dans ses terres et paroisses, et il y en est venu trois ou quatre mil en quartier.
Le 1 febvrier , le S^ Estienne Barbaud est parti pour aller en cour à Paris ; il n*a pas voulu dire pourquoy il y alloit.
Le 12 sur le vespre est arrivé Mons. Camus de Beaulieu, intendant pour S. M. T. C. en la comté de Bourgougne, se disant avoir ordre et charge du Roy pour demander à S. A. S. de mettre garnison , et , par effect , en fit la proposition à sadite A. S. la quelle luy fit réponse trèssagement et comme Prince d'Empire debvoit faire ; elle luy dit qu*Elle en escriroit au Roy qui lui avoit promis de le maintenir dans la neutrsdité dans laquelle il avoit tousiours vescu et vouloit vivre et mourir.
Le 14 retourna Mons. le Prévost de Riqueville oii il estoit allé pour parler à Mons. de Yaubrun , pour faire desloger des troupes françoises qui estoient logées à Horbourg et Richeveyer , et pour le supplier de surseoir la démolition du chasteau d'Horbourg, mais il ne put rien obtenir. L*on voit que de bien faire , souvent mal en arrive.
Le même jour , entre cinq et six heures du matin , décéda de ce mortel monde le S*^ Macler , très-digne ministre de la parole de Dieu en Téglise françoise de Montbéliard.
Le S5 febvrier est arrivé Mons. de Montclar , brigadier de sa M. T. C. en notre ville de Montbéliard, qui estoit logé dans les terres de S. A. de Pouraintruy ; il est arrivé avec le S' Méchanguy D. médecm , dans le carrosse de sa dite A. Tous les soldats qui estoient dans les terres de S. A. sont deslogéz ; il y en a un parti qui sont couchés à AUenjoye ,
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Dambenoy , Broingnard et lieux circonvoisins ; on dit que les autres doibvent passer demain sur le pont de Youjaucourt.
11 y est arrivé , quelques heures auparavant , le lieutenant du Roy de Besançon pour renouveller, à ce que l'on dit, la proposition que Mons. de Beaulieu, intendant à Besançon, avoit faite à S. A. S. touchant la garnison quMl vouloit mettre à Montbéliard.
S. A. S. s'est submis d'entretenir à ses frais et du pays une garnison de quatre cents hommes.
Le S' Duvemoy, frère de Mons. le conseiller, est capitaine d'une compagnie , et le S' Perrenot , autrement l'Espérance , est capitaine d'une autre compagnie. Je donne , pour les contributions d'icy, au pied de septante deux francs par an , sans compter le logement des soldats.
Le 17 Juillet, tes nouvelles sont venues en cette ville que Mons. de Turenne avoit esté emporté d'un coup de canon ; le S' S*-Hilaire et Mons. de Lisbonne de même; les nouvelles sont icy venues, le 19 seulement et le 25 , que le comte de Roye et le S' de Vaubrun sont demeurez sur la place. Le bon Dieu nous veuiBe donner une bonne paix. Il n'est pas véritable que le comte de Roye y soit demeuré.
Le même iour , «6 , on escrit depuis Besançon que le Roy a nommé le duc de Duras gouverneur de la Franche-Comté , pour estre en 4a place de Mons. de Turenne , lequel est parti de Besançon le 23 pour s'en aller en l'armée d'Allemagne. Il a esté en même temps fait mareschal de France. Dieu fasse réussir le tout à une bonne paix.
Le S' la Grange, intendant pour S. M. T. C. en Alsace, a envoyé une lettre à Mesâeurs les 9 bourgeois jurez de la viBe de Montbéliard en date du 1*' de septembre , style nouveau, la queBe ayant esté communiquée à S. A. S. et ne s'en estant pris garde aussy tost, ains croyant qu'eBe s'adressoit aux bourgeois de RiaueviBe , eBe la mit sur sa table où quelques jours après , rayant relevée et ayant veu quelques mots ambigus dans ieefle , il fit assembler le 20 en septembre les sieurs Roemer et superintendant Beurlin et il fit appeler Mess, du Conseil et le Maire et le 21 on envoya les .dix huict de chaque guet chez tous les particuliers pour sçavoir si l'on n'avoit rien entendu de la dite lettre du S' de la Grange.
Le 9 en Novembre^ W le Prince de Condé repassa par
fielfort « depuis à Lure ^ pour aller en Fra&ce ; Mons. le chevalier de Ronel qui Tavoit accompagné , tenant les mon* tagnes de Lorraine pour le mettre à couvert , passa par devant Montbéliard le jeudy après et alla prendre son quartier à S-Hypolite, Le vendredy 12 du dit mois, Lambert rsa par Chastenois, Nommay, le Pont de Sockaux» par Champagne et le pont de Youjaucourt ; il envoya un gentilhomme pour complimenter S. A. S, auqud on ne donna audience. Mons. de Ranty estoit passé par la même route le iour auparavant ; le ^mbedy 13 passa encore le S' Sylvestre avec quelques autres régiments.
Le 14, veille de notre foire, W Daubigny gouverneur à Belfort vint loger chez H'' Barbaud de Florimond , où il soupa et les S" Prévost et Koënig et moi y soupèrent aussi.
M*" le Prince estant à Belfort heut grande conférence avec H*^ le Duc de Duras et le dit S' de Florimont , touchant notre petit pays , que Ton tient que le Prince debvoit réduire à son obéissance, en prenant la ville de Montbéliard qu'il devoit faire assiéger par M'' de Bochefer et un détachement de son armée , à prétexte que S. A. S. devoit estre traitée avec les Impériaux. Le bon Dieu nous en a deslivréz au moyen du bon M' de Duras et du sieur de Florimont qui luy suggérèrent toutes d'autres pensées. Je crois que le françois a envie de nous avoir à quel prix que ce soit ; il attend seulement son temps , mais le bon Dieu , qui tient les cœurs des princes et des rois entre ses mains , qui nous a pré* servfe jusques icy de sa pure miséricorde , ne permettra point que nous soyons ravis de la domination de notre bon prince et seigneur , ains nous maintiendra contre les efforts et assauts de tous nos ennemis , et nous fera la grâce d'estre tousiours esdairés dé la lumière de sa parole et de mourir dans la vraye et orthodoxe religion dans la quelle nous vivons. bon Dieu ! suggère tousiours de bons conseils à nos conducteurs ; qu'ils ne donnent aidcun subject de mescontentement à ceux qui sont plus forts que nous !
Le 25 Novembre on fit jurer les médecins, chirurgiens et apothicaires de se maintenir dans leurs règles et de n'entre* prendre rien dans le mestier l'un de l'autre.
Le lendemain 26 , le feu se prit au dessus de la dernière porterie du chasteau en un poele qui fut réduit en cendres. On ne scait d'oii le feu pust procéder.
Le 2 en décembre , il y passa. , tant charriots que
charrettes , environ deux cent cinquante par la Champagne d'Audincourt, chargés de poudre, basles, mesches, que Ton mène à Belfort. Le bon Dieu nous préserve.
Le même iour , entre sept et huit heures du soir , la grange de Mons. le Conseiller Duvemoy s*embrasa si subitement que l'on ne la pust recourre et , à moins de deux heures , elle fust réduite en cendres ; il y demeura deux chevaux et bien trente charrées tant de foing , paille que reguains. Le bon Dieu nous veuille assister !
Le i4 Mars 4 les S^ Jules Tueffierd^ maître bourgeois ett thef de la ville de Hontbéliard pour cette année 1676 et Jérémie Prongey aussy dû nombre , furent treuver le sieur Koënig) marchand de Montboliard et neveur du sieur Tuefferd 4 et le qualifièrent de voleur , de traître à la patrie , en présence de beaucoup de monde, parce qu'il s'estoit submis de payer rentrée du brandvin qu'il* amène depuis Aussonne et autres lieux en cette ville et que S. A^ S. à la requête de Messieurs les bourgeois avoit imposé ; et cependant , ils font refus à cette heure de payer ladite entrée audit brand^ vin estranger. Pour cette cause , les particuliers de Montbéliard , comme sont les marchands entre les quels les S'* Koënig , Beurnier , Vessaux et autres , furent convenus le jeudy suivant, 15 du même mois, et condamnez de payer la dite entrée dans le lendemain 16 à peiné de confiscation du dit brandvin et de cinquante libvres d'esmende , ce que le dit S*" Koënig ayant appréhendé , envoya consigner par son beau'fits Yallet l'argent pour le dit brandvin , entre les mains du sieur maire Duvemoy , ce qui le rend de tant plus cou» pable envers la bourgeoisie» De la quelle sentence , ou du quel ordonné , les S" neuf bourgeois jurez en appelèrent formellement à Speyr , et ayant fait des remontrances à S. A. S. sans qu'il y eust un Sérénimme prince ny la moindre submission , ils reçeurent soubs leur protection ceux qui n'avoyent voidu consigner leur argent ; et le sambedy en suivant , le S' Choulet de Pourraintruy , notaire impérial , que le S' Euvrard, aussy des neuf» alla quérir le jour auparavant, donna un acte d'appel aux dits neuf bourgeois. — Le 32 , le S' Koënig s'est réconcilié avec les S'* Tuefferd et Prongey de ce qu'ils l'avoient appelé voleur et traître , et ce , par le moyen du &' Barbaud de Florimond»
On a donné les apostres réfutatoires les quels monstrent les raisons pourquoy on n'a pu déférer à l'appel des dits sieurs maîtres bourgeois.
Le jeudy 27 apvril , le S*^ Chaîne procureur général a convenu les S" maître bourgeois Tuefferd et Prongey pour avoir appelé le S' Koënig traître , bien qu'ils se fussent réconciliés.
La cause ayant esté audiencée et le S' Tuefferd ayant veu
que l'affaire n'iroit pas trop bien pour luy recercha une autre finesse , fit entrevenir la bourgeoisie et fit signer au dit S** Koënig par surprise et non pas autrement que ce au'il avoît dit estoit bien dit. Sur quoy le dit Koëniff ayant fait réflexion en conceut une telle mélancholie qui lui a duré jusqu'à sa mort , le 20 Juillet 1676. Messieurs les Bourgeois ont appelle à Speyr de l'impost que S. A. S. a fait sur le brandvin pour l'entretien de la garnison , parce qu'elle ne leur a donné aucun revers.
Depuis le 5 de May jusqu'au douze du dit mois , sont passés plusieurs régiments François pour passer en Allemagne ; ils sont passez sur le pont de Voujaucourt , sans faire aucun mal aux subjects de S. A. S.
Le mecredy 37 de septembre 1676, retourné de la montagne , nous ayant esté dit par les chemins qu'à peine pourrions-nous venir à Montbéliard , parceque nous debvions estre assiégés des. françois , et , par effect , le 28 du même mois y le S' Estienne Barbaud de Florimont ayant rencontré Monsieur du Plessis-Praslin dans les prez entre Chastenois et Yourvenans , qui luy déclara nettement qu'il venoit pour assiéger Montbéliard, en cas S. A. S. ne voulust entendre aux propositions que Mons. de Ruvigny luy venoit faire, qui estoient pour mettre garnison au dit Montbéliard , ensuite des ordres du Roy qu'il tenoit , mais qu'il ne luy fist pas veoir. Ce qu'ayant entendu , le dit S** de Florimont faisant semblant d'aller plus loing , prit un autre chemin et s'en courrust à toute bride à Montbéliard où estant arrivé à la haste, il advertit S. A. S. de ce qu'il venoit d'entendre et qu'asscurément M*^ de Ruvigny seroit auprès d'elle avant qu'il fust une demie heure , pour luy faire les propositions susdites , ce qui fut fait et dit. S. A. S. advertie comme die estoit, entendit le S' de Ruvigny en ses propositions et , sans beaucoup s'esmouvoir , die luy demanda s'il avoit ordre du Roy de s'emparer , comme ils vouloient faire , de sa place , que Sa Majesté T. C. avoit promis, en foy de Roy, de la maintenir en la neutralité , moyennant une garnison de quatre cents hommes qu'il avoit levée à ses frais et qu'elle entretenoit pour ce subject ; . que le Roy n'avoit qu'une parole en la quelle elle se confioit ; que si , toutefois , on la voidoit forcer, que ce seroit à tort, attendu que tout ce qu'elle, avoit desia fait par cy devant estoit en faveur de la neutralité et que si on Tattaquoit , eUe verroit de se défendre avec
ses bourgeois et subjects jusqu'à la dernière goutte de leur sdng ; que le bon Dieu qui aidoit les oppressa , Taideroit aussy en cette rencontre ; qu*il avoit desia fait la même réponse au sieur de la Poterie , lieutenant de Roy à Belfort , il Y avoit environ neuf iours; qu'elle n'avoit qu'une parole. Ce qu'ayant entendu , le sieiu* de Ruvipy , qui n'avoit iamais peu monstrer un ordre du Roy à Sa dite A. S. , s'en retourna à Bourongne où estoit campé mondit sieur du Plessis , auquel le dit S' de Ruvipy fit récit de sa négociation , et oà il n'arriva que tout au soir.
Le lendemain, qui estoit le 29 de septenfd)re S. A. S. envoya le S"^ conseiller Thevenot , qui prit avec soy Gabriel Richardot , pour réciproquer à Hons. du Plessis les compliments qu'il luy avoit envoyé faire le iour auparavant , et pour luy demander s'il estoit tousiours dans la délibération et résolution de l'attaquer , à quoy le dit sieur du Plessis répondit qu'il suivroit ses ordres , puisque W de Montbéliard n'avoit point voulu recevoir les offres que Monsieur de Ruvigny et de la Poterie luy avoient faits, qu'asseurément Montr béUard seroit a&^iégé le soir même pour s'asseurer de la place plustôt que les allemands , dont ils estoient asseurés par des avis reçeus tant de Vienne que de Suisse que les régiments de Schultz et de Porcia y avoieni leurs quartiers , la place debvant estre livrée par quelques traîtres qui estoyent au lieu , que rintérest du Roy estoit de se saisir plustôt d'une place comme Montbéliard que de la laisser occuper par ses ennemis qui donneroient , à ce moyen , un grand eschecq à ses armes. Le dit S"" Thevenot ayant pris congé de mondit sieur du Plessis , qui lui ayant donné une escorte pour s'en retourner, monta à cheval incontinent après luy avec trente chevaux pour venir recognoistre Montbéliard , où le S^ Thevenot estant arrivé, il alla faire récit à S. A. S. de sa négociation y la quelle ayant entendu la résolution du dit S' du Plessis , qui parut en même temps que le dit S"" Thevenot parloit encore à la dite A. S. avec toute sa cavalerie , l'on crut que c'estoit pour faire les approches , l'alarme estant donnée , le capitaine l'Espérance sortit pour les aller recognoistre , auquel ils récrièrent qu'à la minuict on seroit indubitablement assiégé ; pourquoy tout le mimde se prépara pour les recevoir avec une généreuse résolution de les recevoir et de plus tôt mourir que de les laisser entrer dans nos maisons. A cest effect on tire les canons des arsenaulx ,
on redouble les gardes , mais Dieu , qui veille pour les siens et qui ne sommeille point , nous a préservés , ayant rompu leur desseing.
Sambedi 30 des mêmes mois et an, deux heures après minuict, le prince Sylvius qui est beau-^fils de S. A. S. , que ces Messieurs les françois soubsçonnoient d'avoir quelque intelligence avec les allemans , s'espousseta avec sa dame , à la sourdine^ sans que sceulement sa grand mère en seut rien , et où il y pensa arriver du malheur ; car n'ayant point adverti les corps de gardes de sa sortie , comme il fut devant le pont f ceux qui estoient sur le fer de cheval , croyant estre l'ennemy , affustèrent leur canon et estant prêts pour y mettre le feu , il y en eust un qui dit qu'on ne se deust pas tant presser , qu'il falloit encore veoir ; cependant la ronde passa , qui les advertit que c'estoit le prince Sylvius qui s'en alloit, ce qui accrust de beaucoup la créance aux françois, qu'il estoit quelque chose de ce dont on le soubçonnoit.
Le 30 des dits mois et an , partist d'icy Monsieur de Traust ambassadeur pour Sa M. L en Espagne, qui doibt avoir dit que Messieurs les françois nous voulloient avoir , mais qu'il n'y avoit rien à faire pour eux , que les allemans y seroient devant , et que nous leur avions desia esté donné pour leur quartier d'hiver. 11 y en a ici qui croyent que c'estoit tout des finesses et des prétextes pour entrer en nostre ville , où il y a grande apparence , ayant esté fait de nostre part tous les debvoirs imaginables pour conserver la neutralité, néantmoins Messieurs les françois ayant veu la résolution que l'on avoit prise à Montbéliard, ils renvoyèrent le S' de la Poterie huit iours après , qui demanda un escrit à S. A. S. par lequel elle asseureroit à S. M. T. C. de conserver la neutralité , qu'ils soubsçonnoient aussy sans aucune raison d'avoir intelligence avec Messieurs les allemans , laquelle luy en donna un avec protestation expr^se de se pourveoir contre telles injures et calomnies et de désabuser sa dite M. T. C. Et pour ce coup, nous sommes eschappéz, par la grâce de Dieu , auquel nous sommes obligez d'en rendre grâce , et le prier qu'il veuille estre tousiours nostre garde et protecteur, cy après comme il a esté jusqu'à pr^nt.
Le -^ de novembre on a enterré le sieur cousin M. Charles Duvemoy premier ministre de l'église de Montbéliard. (<)
( I ) Auteur de la Semaine sainte ou prières pleines de dévotion etc. .16156, et, de Trois sermons sur les armes d'Héricourt , etc. etc.
Le bon Dieu le veuille avoir colloque dans son saint Royaume de Paradis.
Le -^ Novembre l'armée de Mons. le duc de Luxembourg, qui n'estoit campé qu'à huict ou neuf heures loing d'icy s'est rendue dans nostre petit pays le même iour qu'esloit un dimanche après le presche du vcspre , nous a surpris et tous nos paysans qu'ils ont tous réduicts à la besace , et , de ce non content a demandé à S. A. de Montbéliard d'avoir sa ville qui est Montbéliard , pour y avoir une garnison ou autrement qu'il réduiroit sa ville à sac et mettroit les habitans d'icelle à feu et à sang , ce qu'ayant esté longtemps concerté par S. A. S. et Messieurs du Conseil et les neuf bourgeois tous désunis, S. A. S. n'estant pas dans la résolution de se mettre soubs la protection de sa majesté T. Ch. Mons. de Luxembourg qui pressoit avec toute son armée qui tenoit depuis Fesches jusqu'à S*'* -Suzanne et deois S'^'-Suzanne iusqu'à Dambenoy ayant fait la circonvallation de toute la ville , tousîours dans la résolution de nous attaquer vigoureusement , ayant fait amener son canon et posté une partie de son monde iusque sur les fossés de la ville , sans que S. A. S. nostre maitre aye iamais voulu donner la liberté aux bourgeois ny à ses soldats de tirer un seul coup ; neantmoings comme Monseigneur de Luxembourg nous pressoit fort de nous déclarer cathégoriquement, les gentilshommes de la cour. Messieurs du Conseil avec Mess, les neuf bourgeois et les trois corps de la ville estant tous d'advis qu'estant incapables de
Kuvoir soustenir une armée royale munie de canons et de mbes , soubs les fossés de la ville sans l'oser insuUer , de faire une composition et de recognoitre le Roy très-chrestien pour leur protecteur , et le traité de protection ou , du moins , les articles du dit traité estant faits , il fut question de le mettre en exécution.
Les S"*' les neuf bourgeois , avec Mess, de Florimont et de GrandviUars, après avoir adverti non seulement S. A. S. mais aussy son Conseil de ce qui estoit à faire cette part et estans dans la résolution de faire voir les articles qu'ils en avoient dressés , les ayant communiqués à Hesseigneurs du Conseil qui ne leur purent donner aucune résolution là dessus , et sont partis pour les faire voir à Monseig. de Luxembourg , ib en furent empeschés par le déni que la garde de leur porte même leur fut fait de sortir , par ordre expresse
de S. A. S. de ne laisser passer personne ; même il y eu eust de si insolents qui osèrent coucher en ioue leur magistrat, lequel ayant veu qu'il ne pouvoit partir, donna la procuration qu*il avoit à H. de Florimont, qui s'en alloit avec H. son frère rendre leurs remets à Mons. de Luxembourg , qui partirent par une autre porte que celle où ils avoient esté desia refusés et les cruels ayant rencontré mondit seig' de Luxembouiig proche les cibles (1) , Mons. de Grandvillard luy présente la sus-nommée procuration avec les articles et où estant , voicy arriver Mons. Gùeldrich , gentilhomme de la cour y qui estoit envoyé à mondit seig' de Luxembourg de la part de S. A. S. pour porter ordre à deux conseillers qui estoient desia là , scavoir Messieurs Thevenot et Charla-
1)aur , afin de trjiter séparément et n'admettre point dans eur traité Messieurs de la bourgeoisie , ce que mon dit S^ de Luxembourg ne voulut faire , ains donna encore trefve jusques le lendemain à midy gui estoit le 8 du même mois que debvoit durer la dite trefve , pendant le quel temps , ayant esté représenté à S. A. S. , tant de la part des gentilshommes, de Messeig^ du Conseil que de Mess, les neuf bourgeois qu'il estoit impossible de se deffendre , que le S^ l'Espérance , capitaine en la citadelle , l'en avoit asseuré , que Tordre de la guerre ne vouloit qu'on demeurast dans la neutrsdité ; que si Montbéliard venoit à estre prise de force , que tous ses revenus seroient confisquez au Roy , qu'il seroit mené prisonnier de guerre avec toute sa cour , et que tout son pays seroit entièrement perdu pour luy ; que la religion orthodoxe, si elle n'estoit entièrement changée, que du moins, elle seroit de beaucoup altérée , et qu'il valloit beaucoup mieui^ y venir par la douceur que de courir hazard de tout perdre par la rigueur des armes, à quoy S. A. S. ne voidut rien du tout entendre ains demeurant dans une irr^lution entre la crainte et l'espérance , permit que le dit S*" de Luxembourg s'approchât tout proche des portes de la ville , sans qu'on osât tirer un coup ; bien vray que la nuict allant au mercredy , les soldats s'estant venus camper aux barrières de la Rochotte , le nepveu du S' Jacques Dargent , chirurgien , qui a l'esprit mal tourné , alla lascher un coup au nailieu de leur feu , sans en avoir offensé aucun , et Messieurs de la cour , du Conseil et neuf bourgeois estant dans une
(1) Le eharop de Cmre actuel.
grande perplexité de voir Firrésolution de S. A. S. qui ne vouloit donner aucune audience à Mess, les françois ; qui envoyait tousiours auprès de Hons. de Luxenobourg pour hiy faire compliment lorsqu'il n*en estoit question , demeura entier en ses sentiments , disant qu'elle n*avoit en aucune façon offensé la couronne de France ; pendant cest intérim Messieurs les neuf bourgeois avec Messieurs Barbaud taschant de faire leur accomodement avec Hons. de Luxembourg , Fallèrent treuver aux buttes, devant le grand-pont où il' estoit , et luy ayant fait le compliment à Tordmaire , ib luy présentèrent les mêmes articles que le S' de Florimont luy avoit desia fait veoir auparavant et comme ils estoient en pourparlers pour accorder et conclure les dits articles, estant desia à b moitié, S. A. S. , par un transport contraire i ses premiers sentiments, parut avec quelques cavaliers sur le grand-pont , de quoy Blondit seig' ùe Luxem-^ bourg ayant esté adverti ^ quitta tout pour luy venir audevant, et rayant rencontré devant la porte, 8. A. S., après les compliments ordinaires , l'introduisit dedâois la ville , luy ouvrant les portes et luy disant seulem^^ qu'il se fioit assez en sa parole et que cela luy suffisoit, ce que le dit seign** de Luxembourg ayant entendu, s^em^mra de la porte du grand^pont , intncNduisit en la ville le régiment de Rambure ou autrement de Peuquière , avec promesse qu'il fit à M** Barbaud et maîtres bourgeois que bien qu'il fut mattre de leur ville, que néantmoings il ne laisseroit de conclure leurs articles tout de même , comme si de rien n'estoit ; Cela arriva le 9* Novembre 1676.
Estant ainsy entrez dans la ville , ils se salirent de là porte du grand-pont, de la porte de tallenays (1) et de la porte proche l'horloge de devant les halles (2) , montèrent en la citadelle, firent descendre la vieille garnison qui y estoit de garde , et estant descendue , la casemèrent dans le collège , la désarmèrent et mirent leurs armes chez Mons. Barbaud , prindrent prisonniers le capitaine rEspérance avee ses deux frères où ils sont encore , et M^ Barbaud , qui veut faire une compagnie suisse « en enroUa plusieurs. (3)
(i) Porte de la prisoa , à Ventrée de la place d'armes par la rue d^eotre les perles.
(S) Ealre la place d^armeft et la rue des febvres, démolie en 1840.
(3) n existe beaucoup de récits du fait qui ?ieat d'dtre ractnité. Nous noua contentons d'en donner an> du 5 an contemporain. Note A. Le
Le lendemain, 10 du même mois de Novembre, on fit les logements; on en chargea des uns et en exempta-on des autres ; toutes nos affaires sont en grande confusion et combustion. Messieurs du Conseil s'exemptèrent au moyen de deux cents louys blancs (|u*ils donnèrent à M" de Feuquières, colonel du régiment iadis de Rembure et commandant en cette ville , à prendre les deux cent louys blancs NB. (i) Les S" neuf oourgeois de même s'en exemptèrent sans sçavoir à quel prétexte ; plusieurs maisons de Montbéliard aussy exemptes de logement, de manière qu'en regardant comme nous sommes gouvernez nous avons iuste subject d'invoquer l'Etemel en nos maux k ce que , par sa grande puissance , il remédie à notre affliction. Ce grand Dieu veuille avoir pitié de nous et nous fortifie.
Le Sambedv se passa conune le vendredy et le vendredy comme le jeudfy. Le dimanche , 12 du même mois , estant à l'Eglise sur S'-Hartin, et le S' Vienot estant au milieu de son presche , on sonna les grosses cloches pour faire la messe à S'-Mainbœuf , ce qui ne s'estoit point veu icy depuis le temps de la réformation ; Q est vray que la messe n'y fut point célébrée.
Le lundy 20 de Novembre , le S' de Gironvelle , lieutenant colonel et commandant en la personne de Mons. de Feuquières, fit difficulté de laisser iouir paisiblement de S*-Hainbœuf, à prétexte , disoit-il, qu'on s'y pourroit cacher et que les soldats seroient trop fatigués s'il y en debvoit avoir ce qu'il convenoit à la porte , mais NB. , ce qu'ayant esté escrit à Hess, de Hontclar , gouverneur d'Alsace et intendant la Grange , ils y mirent le hola par des lettres qu'ils escrivirent au ^' de Gironvelle.
Le 24, vendredy , arriva en cette ville le S' duc de Duras que nous croyons nous debvoir apporter quelque soulagement , mais il estoit venu seulement pour voir si la ville et citadelle méritoit d'estre fortifiée ; on la visita le lundy et mardy on en tira le plan que les ingénieurs , avec Hons. Boizot , intendant des lortifications, portèrent, après la sortie de Hons. de Duras, qui fut le lundy tout au matin, pour de là l'envoyer au Roy et après que le dit S' de Duras fut sorti , et
livre doré de la ville de Montbëliard est , à celle année , d'une briéreté qui prouve que le Magî8U*at redoutait l'examen que l'autorité française pouvait Caire de ses archives.
(I) Perdrix emploie ce signe lorsqu'il craint d'émettre son opinion»
que Ton tiroit le plan , voicy au même luudy , le S' Dau-bigny, gouverneur à Belfort, qui vint, avec un ordre du 3 Dec. 1676, s. n. signé de la Grange intendant d'Alsace» pour tirer le canon de Hontbéliard , Héricourt et Blanmont , après quoy on travailla dez le lundy même , et on en des-^ cendit, tant de la citadelle que au chasteau iusqu'à cinquante pièces , d'Héricourt et de Blamont ouatorze ; op commença à charrier, le vendredy après, celles de Hontbéliard à Belfort , oh il y avoit plusieurs belles pièces ; pendant le quel temps , et même le mecredy après midy , e3t arrivé M*" Ja Provenchère pour cominander icy en chef. L& J}on Dieu nous fortifie et veuille qu'il y mette un peu d'ordre.
Le premier iour de cette année, on a commencé de démolir nostre citadelle. Le bon Dieu nous veuille estre en ayde ; on a commencé à miner la tour le 13 , le S' de B. capitaine.
Le 16 on a mesuré le chasteau, peut-être pour le réduire au même estât que la citadene. Le grand Dieu veuille bien conseiller S. A. S. nostre bening prince et seigneur , et veuille avoir pitié de son pauvre petit pays désolé et mettre une bonne union entre le prmce , le conseil et les bourgeois.
Le 18 de febvrier, la tour de la citadelle a sauté après que les S" de Duras et de Voban ont esté icy, les quels estoient de contraire opinion, disant qu'il la faloit fortifier. (1)
Le 14 on a commencé de démolir nos tours et nos murailles , qui sont toutes rasées et en trës-piteut estât ; le bon Dieu nous veuille fortifier et nous faire la grâce de porter patiemment cette vive affliction.
Le 26 , on a escrit à Monsieur l'Intendant touchant ce que l'on avoit entendu qu'on vouloit démolir l'église sur S'-Martin , avec les Hasles , et on y a envoyé W le Prévost , qui , de retour au pays avec le S' de Beaulieu , nouveau gouverneur en ce lieu, en place de Mons. la Provenchère, rapporta que la démolition de nostre temple et des Hasles seroit surseue jusqu'à sa venue.
Le 2 Mars Hons. le Grand retourna de Brisach.
Le 21 apvril et V may a commencé de desloger de nostre ville le régiment de Monsieur de Feuquiere , Mons. le Grand ,
(1) Le maréchal de Duras et Vauban avaient déjà visité Montbéliard au mois de Novembre 1 676 , et s^étaient opposés au démantèlement de cette place. Vauban avait , à cette occasion , dressé un plan de nos fortifications qui existe encore au dépdt de la guerre et sur le quel il avait tracé un projet d'amélioration de Tenceinte. Malheureusement le mémoire qui accompagnait ce plan et qui serait aujourd'hui si précieux pour nous n'a pas été retrouvé. C'est vraisemblablement après la nouvelle visite de Vauban mentionnée ci^essus, que ce grand ingénieur, qui regardait Montbéliard comme un point dont la conservation importait à la France , dressa le projet d'une nouvelle citadelle , dont le plan , conservé au dépôt des fortifications , fut présenté à Louis XIV qui ne lui donna aucune suite. Le plan général des fortifications de Montbéliard , simplement visuel pour l'enceinte et le château , est très-exact et donne des renseignements fort précis et fort intéressants en ce qui concerne la citadelle.
capitaine de grenadiers , a deslogé de ma maison en même temps avec tout son équipage.
Le 3 est deslogé le reste du régiment , et au soir du mesme iour sont rentrées deux compagnies du régiment de Comminges, scavoir celle du S*" cnevalier son frère et celle du S' Letier maior au dit régiment ; ce dernier a demeuré chez nous une nuit avec quatre sieàs valets et sont marctu^ le lendemain 3 de may , avant le disné.
Le 9 et 19 Juin est passé par dessus le pont du Rin à Strasbourg , Mous, de Saxe Isnach , générai des troupes des Cercles , avec dix ou douze mil hommes ; ils ont campé en* viron quinze iours aux environs de Bennfeld , ont tué le colonel la Brosse dans une rencontre et mis en déroute le parti de 50 maîtres qu'iceluy conduisoit ; ils sont venus à
Colmar, ont haché le capitame Vemier qui estoit à ;
maintenant 6 de Juillet s. n. Ton dit qu'ils sont à Huningue proche de Basle où ils construisent un pont , l'on ne sçait encore à quel dessein^.
Le 15 Octobre, M' de Créquy a pris Friburg en Brisgau qui s'est re&du après cinq iours de tranchées ouvertes ; on y a laissé six mil hommes en garnison.
Le 25 du même mois sont entrées huict compagnies d'Ânglois dans le pays , commandez par M. l'Ânglois , lieutenant colonel de Hons. de Moumutt , dont il y en a deux à Héricourt et les autres six à MontbéUard , chacune de cent homr mes , oultre trois de cavalerie qu'il y a aussy à Hontbéliard ; le régiment de Condé estant de plus dans le pays. Le grand Dieu nous soit en ayde.
Le *^^ 1678 , Tordre vint depuis Brisach aux trois compagnies d'Anguien pour marcher le 37 apvril, les quelles n'ont point marché, ains ont remis la marche au lendemain, qui estoit le dimanche le 38 du même mois d'apvril.
Le vendredy 3 Hay , le colonel du régiment des dragons rouges de la Reine , nommé IT le conte d'Henunville entra à Montbéliard avec son régiment composé de douze compagnies les quelles estoient près de mil hommes , tant les dragons que les serviteurs de Mess, les oflSciers et treize cent chevaux les quels ont esté à la foule et à la surcharge des bourgeois, aux quels on a foumy d*aveine et de fourrage et nourri les maîtres à discrétion jusqu'au huictième du dit mois qu'ils décampèrent pour s'en aller à l'armée , après avoir soustenu le quartier d'hyver et cinq autres estappes. Le bon Dieu nous veuiQe estre en ayde.
Le 28 Octobre , à cinq heures du matin est décédé de ce mortel monde mon frère le conseiller Léonard Perdrix
En même temps , scavoir le 35 d'octobre , sont partis de Montbéliard les S" prévost Vurpillot et maître boui^eois en chef George Euvrard pour s'en aller à Brisach à l'effect de conclure avec Mons. 1 intendant Jacques de la Grange pour exempter ce pauvre petit pays des quartiers d'hyver, et que nous les payons en argent ; le bon Dieu veuille addresser leur voyage et leur fasse la grâce qu'ils réussissent en tous leurs bons desseins et qu'ils rapportent de bonnes nouvelles.
Le mecredy 30 Oct. sont arrivées en cette ville douze compagnies du régiment de Picardie , quatre compapies pour Héricourt et une pour Blanmont , faisant en tout dix sept compagnies , toutes du môme régiment de Picardie pour le quartier d'hyver et deux régimens de cavalerie pour la campagne, scavoir Langelier et S'-Sylvestre , ne sachant s'ils estoient entiers ; le lendemain 31 , par un bonheur non attendu , voicy des lettres de Mons. l'Intendant avec un contre ordre pour les faire desloger. L'infanterie deslogea le vendredy , !•' de Novembre , et la cavalerie le 2 et 3 ; ils nous ont causé beaucoup d'incommodité ; j'avais un capitaine nommé Romécourt avec quatre vaUets et cinq chevaux. La dite lettre de Mons. l'Intendant portoit qu'on deust aller signer le traicté
qui avoit esté agréé du Roy pour la somme de trente mil escus, ou, à deffaut d'y satisfaire, dous aurions 24 compagnies de chevaux légers ; les S" prévost Vurpillol et maître bourgeois Euvrard sont allés à Brisach pour ce subject : le bon Dieu veuille addresser leur voysige.
Le 7 Décembre les S" de Florimont, le prévost Vurpillot et maître bourgeois Titot sont allez à Belfort pour parler, de nos quartiers d hyver au S*" Tintendant Jaques de la Grange ; le vespre du 8 ils sont retournez sans que Ton sceut ce qu'ils ont faict.
Le 21 apvril 1679, lendemain de Pasques, s. n. à neuf heures du soir , le S"* de Beaulieu fit mettre un corps de garde sur les hasles , pour garder les papiers de la régistrature de S. A. S. qui y estoient, disant avoir receu ordre expresse du Roy de ce faire , et le lendemain 32 , le S' Gotard , secrétaire de M. ChauveUn, intendant pour sa majesté T. C. à Besançon avec quelques personnes disans soy estre advocats et procureurs , enlevèrent neuf grandes caisses des dits papiers qu'ils emmenèrent à Besançon le vendredy ensuite 25 du dit mois de may. L'on dit que c'cstoit pour avoir les papiers concernant Héricourt, Chastellot, Blamont et Clément. Dieu, qu3B tempera nobis reservasti.
Le 30 Aougst environ entre 7 et 8 heures du soir, S. A. S. revint en sa ville de HontbéUard ensuite du traité de paix, bien que pour ses seigneuries d'Héricourt, Chastellot, Blamont et Clément, le comte de Poictiers, à l'instigation du Roy de France , luy suscita nouvelles difficultés ; le François ayant, pour ce subject, mis garnison es chasteaux d*Héricourt et Blanmont ; en ce dernier , le S' de Beaulieu qui commandoit icy a esté fait commandant de la part du François qui prétend avoir la souveraineté des dites seigneuries et le comte de Poitiers le domaine utile, bien que S. A. S. les
Î possède par droit d'achapt, par sentence et par compromis ait du consentement de toutes parties au parlement de Grenoble ; le bon Dieu nous veuille délivrer de la main d'un si puissant ennemy.
Le 8 en septembre , entre deux et trois heures après midy^ est arrivé à Blamont Petit-Cuenot , qui autrefois estoit au service de S. A. S. nostre maître en Bourgougne, soy disant avoir charge du comte de Poitiers , a amené avec luy un huissier et suivy d'un laquet du dit comte , a mis pied à terre soubs les hasles dudit Blamont, où il a salué Mons. de Beaulieu gouverneur pour le François au dit lieu, et d'où ils ont envoyé cercher le S' Cuvier greffier au dit Blamont , qui a esté envoyé par le S' de Beaulieu au chasteau du dit lieu , et incontinent suivi par le dit Petit Cuenot , où estant iceluy Petit Cuenot luy a notifié un arrest rendu contre S. A. S. , en la cour qui se tient, pour le service de sa M. françoise, à Besançon , au profict du dit comte de Poitiers , touchant
les seigneuries d'Héricourt, Chastelot, Blamont et Clément, par lequel arrest sadite A. S. de Montbéliard a esté condamnée par contumace, en matière possessoire, 1® à la réparation de deux défauts en suite des quels il a esté contumace par des juges que S. A. S. n'a jamais recognus pour juges compétens , et de laisser iouir librement et paisiblement le dit comte des dites seigneuries ; 2"^ pour les levées des quelles bien à huict cent mil libvres et 3"^, pour les meubles qui estoyent au chasteau d'Héricourt à vingt cinq mil fr :
Et le lendemain , qui estoit le 7 des dits mois et an , le dit Petit-Cuenot fut à Héricourt à Teffect que dessus , mais les oiBciers du dit lieu ne le voulurent point ouir ny cognoistre.
Le 13 en septembre et 14 sont arrivés les S" Cons^ Haimet advocat, Falbert et Petit-Cuenot à Héricourt et Blamont, de la part du comte de Poitiers pour faire tenir justice aux ofiSciers establis de la part de S. A. S: nostre seigneur et mattre , au nom du dit comte de Poitiers et pour faire les affiches et publications des revenus des dites seigneuries , aux quels on ne s'est en aucune façon opposé ; seidement on n'a point déféré à leurs réquisitions.
Le 8 en Octobre , sont arrivez à Blamont les S" de Montauban , gouverneur au comté de Bourgougne en l'absence de M*^ le duc de Duras, Chauvelin intendant pour le Roy au dit comté , le capitaine des archiers avec trente ou 40 archiers, les quels , au nom de Sa M. de France , ont requis le serment de fidélité du S' Ponnier ministre au dit Blamont et des &^ officiers du dit lieu. Il est vray que le S' Chastelain s*estoit retiré quelques iours auparavant en ce lieu de Montr béliard ; le S' greffier fut obligé de prester le prédit serment , à peine oue sa maison seroit réduite au pillage , tous ses biens confisquez et luy chassé hors de Blamont sans y pouvoir iamais retourner, ce qu'ils firent soubs les protestations à faire en td cas. Les S" receveur et prévost du dit Blamont , qui n'estoient du dit Blamont et qui n'avoient point de bien au dit lieu , ayant fait refus de prester le prédit serment, furent aussytost commandés de partir du dit Blamont, et autant en firent-ils à Héricourt. Le bon Dieu nous délivre de leurs mains.
Le S en Mars 1680 , Madame de Poitiers est arrivée en cette ville.
Le 6 Mars, h 8 heures du soir, les corps de Mesdames les princesses, scavoir de Madame nostre Princesse Anne de CoUgny, duchesse de Wirtemberg , comtesse de Montbéliard , épouse , quand elle vivoit , de nostre bénin prince et seigneur George duc de Wirtemberg et de Madame la princesse Henriette sa fille , sont arrivés pour estre inhumez au tombeau des ducs de Wirtemberg au chasteau de Montbéliard , où le 8 des dits mois et an le-corps de Madame de Coligny fut porté par douze gentilshommes ; les capitaines Duvemoy et Bouthenot marchoyent chascun une canne en main couverte de crespe noir , les premiers , à la teste du corps et devant le
S' Birkheim qui représentoit et marchoit seul en deuil
immédiatement après ces deux capitaines ; suivoit le corps
Eorté par douze gentilshommes vassaux de sa dite A. sur un ranquart de bois ; il y avoit deux fils de Mons. l'intendant de Forstner et les deux de Mons. Gueidrich qui tenoient les quatre bouts du drap ; six halebardiers qui estoient les Res , George Henri Rahiot et ejusmodi farins , marchaient à costé du corps , avec six flambeaux qui estoyent portez par six stipendiaires ; Mons. de Forstner représentant S. A. S. nostre maître suivoit immédiatement seul ; M' Gueidrich représentant la maison du prince Julius marchoit seul immédiatement après; le S' Trucksess marchoit aussy seul; le
S"* de Moutier de Bourgougne , représentant la maison de Chastillon Guyot marchoit aussy seul et les autres vassaux suivoient deux à deux ; par après Messieurs du Conseil , et le médecin Binninger marchoit avec le procureur général, les S" prévost et greflfier , et par après tous les ^us bas officiers ; suivoient maintenant les officiers de Blamont les quels, bien qu'ils n'y fussent appelez , pour en avoir esté S. A. S. spoliée par le comte de Poitiers , néantmoins ils ne laissèrent pas que d'y venir ayant demandé permission et congé au S"" de Beaulieu commandant au dit Blamont ; suivoit aussy le maire de Montécheroux ; par après Mess, les neuf bourgeois , notables et dix huit et entre les gentilshommes et conseillers marchoient les dames , et ainsy fut le corps de Madame nostre S. Princesse conduit iasque devant la chaire de l'église
allemande de ce lieu , où estoient les six flambeaux derrière le corps et devant les treilles de fer qui sont en la dite église ; ceux qui les portoient estoient couverts, tout le long que Ton fut dans l'action , et les six halebardiers aussy couverts , demeurèrent droits à costé du corps.
Le S*" Beurlin superintendant pour S^ A. S. , que j'avois oublié , marchoit avec les autres ministres après Hess, du Conseil, monta en chaire, prit son texte au 136 des psaumes de David , vers : 6 ou dernier « bien que S« A. S. en eust donné un autre qui fust icy avec les corps, mais, à cause de la briefveté du temps , Hess, les ministres ne le purent accepter pour ne le pouvoir traiter , ains demeurèrent au 126.
Le lundy au matin , le S^ ministre Barthol fit le prêche funèbre en françois , de madame nostre sérénissime Princesse et prit son texte au même psaume , qu'il traita un peu à la légère. S. A. S. envoya icy la parentation de Hadame, ne contenant rien que de très-modeste , voire trop pour une grande prncesse comme elle estoit.
Les vassaux de Bourçougne estant desia icy la plus part recourent ordre de Honsieur de Hontauban de s'en retourner au plustost chacun en leur lieu , sans assister aux dites funérailles , et à peine ; ce qu'ils firent et n'y assistèrent point sauf H"" de Bermont au quel le S' de Hontauban gouverneur de Besançon avoit donné permission particulière. L'archevêque de Besançon, qui est de la maison de Helezé, malintentionnée à la maison de Wirtemberg, fit tant avec le 1*^ IH*ésident Goubelot qu'ils firent faire deffenses aux susdits vassaux de ne point rendre leur debvoir à leur seigneur , à prétexte des ordonnances du comté de Bonrgougne et de la religion.
Les officiers d'Héricourt et Chastelot n'y comparurent point du tout.
Le lendemain , Hardy 9 en Hars , Hadame la princesse Henriette sa fille, qui mourut de regrets neuf iours après Hadame sa mère , son corps fut mis le même iour auprès de celuy de Hadame sa mère avec les mêmes solennités , sauf que Hess, du Conseil marchoient immédiatement après le corps de Hadame la princesse Henriette, jusqu'au greffier Brisechoux inclusivement. Sa parentation fut faite en langue françoise par S. A. S. même et leue en l'église françoise par le S^ Vienot , premier ministre , qui fit son prêche funèbre
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le mâtin du même iour, et par le S' Walter, diacre en Téglise allemande de ce lieu , qui fit le prcsche après disné ; ils prindrent tous deux leur texte au iV psaume de David, vers* dernier.
Le 18 d'apvrîl 1680, environ les trois heures après midy sont heureusement retournez leurs A. S. père et fils en cette leur ville désolée de Montbéliard. Le bon Dieu veuille qu'ils soient retournez pour mettre ordre à tant de désordres qui nous talonnent et qui nous surprennent tous les iours.
Le même iour est décédé de ce mortel monde Friderich Forstner, qui estoit châtelain en une petite ville du duché de Wirtemberg , et qui estoit venu icy pour y recouvrer la santé ; mais le bon Dieu en a autrement disposé. On fit sa prédication funèbre en l'église allemande du çhasteau où leurs A. S. assistèrent, et depuis, son corps fut conduit à Dambenoy où il fut enterré au sépulchre de Mons. son père ; le bon Dieu luy ayt fait paix et miséricorde.
Le 30 Juin est parti le S'' Cons. Thevenot pour les affaires des. A. S.
Le l"* de Juillet est partie de Mohtbéliard, S. A. S. et Mesdames les icunes princesses pour s'en aller à Reicheville ; le S*" nouveau maire Schoutti est aussy parti avec elle. Le bon Dieu fasse réussir leur voyage , bénisse le salut de S. A. S. tant pour sa propre satisfaction que pour le salut de son pauvre peuple.
Mardy 55 d'octobre , entre deux et trois heures après midy , sont arrivez icy Mons. le marquis de M(mtauban , commandant des chevaux légers du Roy , et soubs-gouverneur en la comté de Bourgougne , M*^ de Ghauvelin intendant aussy en la même comté , Mons. de Lauzière commissaire général de l'infanterie du dit comté , Mons. de Bechevilliers capitaine de cavalerie et plusieurs autres oflSciers , avec cent chevaur, à l'effect de prendre possession de la souveraineté de Montbéliard et du comté , et de vouloir que S. A. S. la recognut du Roy de France, de même comme Sadite A. S. la recognoissoit de l'Empereur, à cause que Sadite A. S. a esté condamnée par contumace par le parlement de Besançon , qui a esté conquis au profit du Roy par droit de guerre , et où Sadite A. n'a iamais voulu comparoitre ; nonobstant on n'a pas laissé • de la condamner, et le Roy ayant fait casser l'arrêt rendu par son grand ])ère Henry le grand , portant que S. A. S.
iouyroit de toutes ses seigneuries en tout droit de souvemi-* neté , MontbéUard ne luy ayant esté iamais contesté pour n'estre un fief de Boui^ougne mais bien d'Empire , sceu et recognu par tous les princes et potentats de TEurope ; cô oéantmoins on n*a pas laissé de procéder comme dessus est monstre. Arrivez qu'ils furent, ils envoyèrent deux officiers au chasteau pour veoir Sadite Â. S. , la quelle leur fit faire réponse qu'ette estoit en prière et qu'il y avoit une Princesse malade , s'il leur plaisoit de retourner au vespre , sur le tard , qu'U y auroit moyen de s'aboucher. Entre cinq et six heures , les S" de Montauban et intendant , avec quelques officiers estans retournez au chasteau, ils rencontrèrent S. A. S. qui les attendoit en la basse cour , et après quelques compliments , lions, de Montauban> luy dit qu'il estoit là envoyé de la part du Roy de France son maître pour recevoir de luy la foi et hommage comme un vassal doibt à son souverain , ce que S. À. S. ayant entendu luy fit réponse qu'il estoit serviteur du Roy lequel il n'avoit iamais offensé , non plus qu'eux tous ; cette proposition le surprenoit bien fort ; que le Roy ne pouvoit pas iporer qu'ayant preste foy et hommage i l'Empereur , il ne la pouvoit meshuy engager à un autre sans son consentement; que^ pour luy, il ne le feroit iamais et qu'il ayraeroit mieux tout perdre. NB qu'il ne les fit iamais entrer en son chasteau , ains qu'il les receut seulement en la basse cour et qu'il ne vouloit point prester le serment de fidélité entre les mains d'un homme qui est bien moindre que luy , en quoy il monstra sa générosité et après les avoir tous prié de luy dire s'il y en avoit quelqu'un qui ftit malcontent de luy , tous luy repondirent : pas un , mais qu'ils estoyent là pour exécuter les ordres du Roy. Ils se séparèrent après que S. A. S. eust donné une lettre à iceluy ouverte s'adressant à IT de Louvois , la quelle il le pria de luy faire tenir ; on n'a pas entendu ce qu'elle contient.
Le ^ d'octobre , au matin , qui estoit le lendemain , les S" intendant , de Lauzière et BecheviUiers avec les ingénieurs, furent à l'entour de la ville de Montbâiard pour prendre le plan de la citadelle , n^ufve ville et de la vieille ville qu'ils commencèrent de toiser pour l'envoyer en cour à Paris , afin de voir si on la veut rebâtir et fortifier pour en faire une ville de guerre.
Après le disné, ils voulurent que les gentilshommes, les
ministres y les gens du Conseil et les neuf bourgeois, au nom de la dite ville ^ prestassent le serment de fidélité au Roy , les quek ayant demandé à son A. S. comme ils se debyoient comporter dans une rencontre si fâcheuse, elle leur fit res-* ponse qu'ils doivent faire ensuite de leur conscience, sans leur vouloir donner autre response. Mess< les François pressant avec grande instance snr le dit serment , avec menace qu'en cas on ne le voulut prester , qu'on n'avoit qu'à se retirer ensuite , ils furent oMigéz de prester le prédit serment , quoy lait, ils mirent les armeç du Roy devant la maison où se tient le Cmiseil , communément appelle les Hasles , et au devant de la maison de ville.
Vendredy, 17 Décembre, entre 5 et 6 heures du soir, a paru une comète d'une prodigieuse longueur dont il sembloit que l'estoile estoit sur les vignes de Rosse et la queue prenoit tout le travers de la ville de l'Orient jusqu'en Occident , et venoit finir au iardin de S. A. S. de Montbéliard ; elle estoii de couleur blancharde , de forme estroite et paroissoit comme les rayons du soleil dans son coucher en un temps pluvieux.
Le 19 décembre de la dite année , le S"" Perrenon , diacre en l'église françoise de Montbéliard , a leu publiquement en l'église , après la prédication du matin faite par le S' Vienot,, les noms de tous ceux qui sont submis aux contributions pour la France , à cause des biens qu'ils possèdent de roture , la dite ville estant cothisée à cent et deux pistoles par an , bien qu'auparavant tous les biens de tous les bourgeois de Hontbélianl fussent déclarée francs par les franchises à eux données et confirmées par S. A. S. nostre Prince et bien que Mess, les Fran^ nous eussent promis de nous maintenir dans nos dites franchises et immunitéz , NE , afin que s'il y en eust quelcun qui se sentit trop chargé, il en peut esmettre ses plaintes à Besançon à Mons. l'Intendant Chauvelin , afin que si elles sont treuvées relevantes , ils en soient deschargéz.
Le 23 de Décembre est arrivé icy depuis Blamont le S*" de Beaulieu qui y estoit gouverneur et qui commandoit desîa ïcy durant nos malheurs, pour y commander trois compagnies d'infanterie ; il s'est emparé incontinent de l'Eglise allemande et de toutes nos grosses cloches , bien qu'il n'eut aucun ordre du Roy pour ce faire, ce qui surprit tellement M*" de Witt qui retourna depuis Paris en cette ville le 5 Janvier de l'an 1681 et qni avoit esté envoyé depuis Stukard pour traiter de
nostre petit pays avec Sa M. de France, le quel a esté rendu , du moins Montbéliard et le comté à nostre ieune Prince et ce à la caution de la S. maison de Wirtemberg ; le Roy n'ayant voulu entendre parler de S. A. S. nostre bénin prince et seigneur Son Altesse père de nostre ieune prince.
Le dit S^ de Witt estant de retour icy demanda au S' de Beaulieu qui luy avoit donné ordre de s'emparer de nos cloches et de l'église allemande ; s'il en avoit quelqu'un qu'il les deut montrer afin de députer auprès de S. H. pour luy faire nds très-humbles remontrances , à quoy le S^ de Beauheu n'ayant rien répondu , ny fait veoir aucun ordre , le dit S^ de Witt en escrivit aussytost à H. l'intendant , par un exprès qui estoit le S^ Titot qui estoit iadis greffier de la mairie , lequd a rapporté que le S' de Beaulieu seroit maintenu en la possession de l'église allemande , et que les cloches se partageroient , bien que le dit de Witt eust rapporté , dans une patente , que les églises et les affaires de la rdigion , de-^ meurent sur le même pied qu'ils estoient en l'an 1624.
Le 31 de janvier 1681 , les S" intendant de Forstner et conseiller Thevenot , ayant ordonné très-sériensemeat au nepveu Jean Jacquin de remettre rière le dit sieur intendant tous les camots, papiers et documents, lettres de constitutiens et obligations qu'il pouvoit avoir rière luy dépendant des receptes du chappitre et des cures , par l'instisation d'une partie de Mess, les Ministres tant de Montbéliard que du comté , qui prirent pour prétexte que' Mess, les françois les leur vouloient ester ; le lendemain , qui estoit le 1* de febvrier, nous fusmes auprès de M"^ de Forstner à l'effeet de déférer au susdit ordonné , ob estant on nous vint advertir qu'il y avoit cinq Ministres chez le dit nepveu Jacquin qui vouloient par force aller enfoncer ses greniers à Teffect de mesurer la graine qui s'y rencontreroit ; de quoy ayant fait plainte au S^ intendant , auquel nous fismes cognoitre que ces Messieurs n'avoient aucun droit de forcer les greniers , si cela se faisoit et qu'il le permit , ce seroit authoriser les violences et qu'on seroit contraint , quoy qu'à regret , de s'en pourvoir ailleurs, et pour luy tesmoigner qu'on ne luy vouloit rien desnier , on luy remit les clefs des dits greniers entre les mains du dit S' mtendant et le suppliant qu'il luy pleust ordonner que les dits S'* Ministres luy donneront des quittances de la graine et de l'argent , tant de cette année que de l'année passée , et qu'avant , rien ne leur seroit délivré , ce qu'ayant obtenu , ils mirent un peu d'eau dans leur vin.
Le 26 en Mars , (1) les bourgeois dç Montbéliard ont preste le serment de fidélité à Monseigneur le duc administrateur , qui a pris à soy la charge et curatelle de Monseigneur nostre ieune Prince , entre les mains de ses ambassadeurs qui estoient les S" Yarnbuller et le docteur Harbrecht.
Le 28 le prédit serment fut continué par les subjects du comté, et dans le dit iour, je donnay une requête à M^ l'intendant de Forstner ; le S^ Yuillemenot arrangua Messeigneurs les ambassadeurs , au nom de tous les subjects.
Le l'' en Mars Mous, l'intendant Chauvelin arriva icy entre iinze heures et midy et s'en est retourné à Besançon le ieudy 8 dit , sans avoir encore appris pour quoy il estoit venu.
(1) Février. '
En même temps l*abbé de Corneu vint en ce lieu pour quelques prétentions qu'il a sur Tabbaye de Belchamp.
Le 18 « à dix heures avant midy, Messieurs Yambuller et docteur Harpreeht, ambassadeurs de Monseigneur le Dtic administrateur des terres et pays de Montbéliard , m'envoyèrent quérir à disaé au chs^teau où ils me conférèrent h charge de procureur général , et me firent faire les prestations en tel cas requises et nécessaires. Ce grand Dieu m'y veuille fortifier , afin que îe Texerce pour la gloire de son nom , au contentement du puMicq et pour la coercition des crimes, sans avoir aucun esgard à l'apparenee des personnes.
Le 3 May , à deux heures après midy partirent d'icy Messieurs les envoyez de Stukard poiu* s'en retourner au dit Stukard , où le bon Dieu les accompagne.
Le 27 j'ay fait présent d'une écueUe d'argent , 50 libvres.
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La nuict du lundy allant au Hardy V Bfay de Fan 1682 , à trois quarts pour trois heures après minuict il s'est fait un terrible tremblement de terre. Le bon Dieu veuille avoir pitié de son pauvre peuple.
Le lendemain 2 du même mois , on vit un hak) à midy autour du soleil.
Le ^ augst , après que le S^ de Belonde nous a heu entièrement fourragé et mangé nos herbes avec deux mil chevaux , il a envoyé , par ordonnance du Roy , six compapies du répment de TiUadet à Montbéliard , en quartier de rafraîchissement. Le beaufrère Euvrard et le S"" Verenet ont pris en commission de fournir aux troupes Vaveîne , le foin et la paille pour huict sols six deniers la ration , qui fait la dite ration 15 libvres de foin, autant de paille et un picotin d*aveine , y en ayant mx dans la quarte , bien que par cydevant on en aye payé aux troupes 16 et dixsept sols la ration.
Le 11 May 1684 , le S^ de Warotniler , envoyé de S. A. S. Monseig' le duc administrateur est arrivé en cette ville après huict heures du soir sonné, pour aller solliciter le procès des seigneuries à Besançon. Le bon Dieu donne une neureuse issue à sa commission.
Le S6 Aoust de l'an 1684 , le S' de WambuHer , après son retour de Besançon , qui fut le 33 des dits mois et an , ayant heureusement gapé le procès des seipeuries pour S. A. S. Honseig' le duc de Wirtemberg et Teck contre le S' comte de Poitiers , a esté avec Hesseig'* de la régence et moy procureur , avons esté à Blamont où nous avons repris po^ession du dit Blamont seigneurie , comme aussy de celle de Clémont, dont et dudit quel envoyé en possession je de* manday acte au nom de la S. maison de Wirtemberg à deui notaires et trois tesmoins allemans, ce qui me fut octroyé en présence des susdits.
Et le lendemain qu'estoit le 27 des dits mois et an nous fusmes de même à Héricourt où nous primes possession de la dite ville d'Héricourt et seigneurie du dit heu avec celle de Chastelot, avec les mêmes solennités qu*à Blamont.
Et le 28 le dit S' de Wambuller s*en est retourné à Stukard et est parti de MontbéUard entre deux et trois heures après midy.
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Lundv 26 du mois de ianyier 1688 , entre sept et huict heures du matin , le S" de Lisie , lieutenant des archiers à Besançon est venu en ce lieu avec auatre autres de sa séquelle , qui ont pris prisonnier le S"* Barthol second ministre en l'égUse françoise de ce lieu , et Tont enm^ à Besançon comme un criminel , bien qu'il n'ayt rien tait que de prescher la parole de Dieu. On cerchait aussy le S" Malblanc superin* tendant de nos églises , pour luy en faire de même , mais le bon Dieu a voulu qu'il a esté à Stukard. Ce grand Dieu veuille consoler sa jpauvre et désolée église.
Le 25 le S^ Widt est de retour de Stukard et a commandé de reprendre tous les comptes que le S' intendant Forstner avoit accordés au S' Jérémie Duvemoy, pour les porter à S. A. S. George.
Le 5 en juillet , nous avons vu en nostre ville ce que n'avions iamais veu depuis la réformation de Lhuter , c'est que nous avons vu les cathoUques nos voisins venir en procession, portans des croix et des images, ckantant hautement et publicquement. Le bon Dieu veulle avoir pitié de son
Le 35 en septembre 1686, Tayesté, par la grâce de S. A. S. Monseig^ radministrateur de Montbéliard , promu à la charge de Conseiller. Le bon Dieu me fasse la grâce de m'en acquitter dipement, à l'honneur et gloire du grand Dieu , pour le pront du public et pour ma propre satisfaction , en toute iustice.
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Le 15 septembre, Mons' le Mareschal de Duras, général des années trançoises en Allemagne , passa par icy , dans une chaise , environ entre 6 et 7 heures du soir et s'en alla encore coucher à Belfort, pour s'en aller coucher à Strasbourg le lendemain , pour aller commander Tarmée françoise qui est allentour de Frankdal , Speyer et Philipsbourg.
Le lendemain 16 du même mois , passa Mons. de Duras fik, Mons. de Hontcau, avec la moitié du train de Monsieur le MareschaL, Fautre partie estant passée par Lure.
Le 5 Octobre 1688 les forges d Audincourt, de Chaigey et du fourneau de Melière dont le S^ Jacquin qui avoit encore en admodiaUon les dites forges et fourneau pour trois ans s'en est désisté et renoncé au reste de son admodiation , par la permission de S. A. S. et cependant , après sa démission , il a esté sy osé que de les remettre à quatorze mil , bien qu'elles et le fourneau du dit Melière fussent à vingt huit mil francs par an ; on en a escrit à S. A. S.
La régence a fait marchef avec les S" Barbaud de Florimont et Sattler , de toutes les graines , sel et vins appartenant à S. A. S. ; le quintal de sel à cinq libvres tournois, la quarte de froment à vingt six sols prédite monnoye , l'aveine à huit sols la mesure d'aveine d'icy , la thine de vin blanc de l'an quatre-vingt et sept , ou , pour mieux dire , de la vendange de quatre-vingt et sept jusqu'à la vendange de quatre-vingt et huit , la thine pour quarante solz de France et la thine de celuy de la vendange de l'an mil six cent quatre vingt et huit jusqu'à pareil iour de l'an 16 quatre-vingt et neuf pour cinquante solz payé en le prenant.
Le mecredy après la foire de la S'-Martin , entre cinq et six heures du matin , il fit un grand tonnerre icy.
Le 30 décembre on eut nouvelles de Stukard que la ville du dit Stukard avoit esté livrée aux François trois iours au pillage , mais les troupes allemandes estant survenues , elles recouvrèrent quelque chose.
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Le 10.... arriva tout au soir le S' Maistre de Besançon, maistre des confiscations du conté de Bourgougne , pour signifier , de la part de S. H. T. C. la confiscation qui a esté faite des biens et revenus de S. A. S. , mais , à cause du desbordement des eaux qui arriva le 11 en suivant, n*ayant pu sortir hors de la Croix d'or où le dit maistre estoit logé , il ne fit la dite signification que le sambedy en suivant.
Le mecredy immédiatement en suivant, qui fut le 16 du présent mois , le S*^ Widt fut à Besançon veoir auprès de Monsieur Tintendant comment on se comporteroit , lequel luy répondit qu'on dût tousiours exercer la Justice comme à l'accoustumé , et , pour le surplus , qu'il en cscriroit en cour.