‹ MémoiresChapitre 47 sur 62 · C. C. LIMMVNIS DIASMyrNES POST IMPetum LiPPitudinis EX OVO · texte numérisé non relu

C. C. LIMMVNIS DIASMyrNES POST IMPetum LiPPitudinis EX OVO

Diasmymes , coUyre trës--Pépandit , dit M. Sichel (3) ^ ayant k myrrhe pour base.

Po^ impetum lippitudinis , après l'invasion de l'ophtalmie , ou après que la force de l'inflammation a cessé , sui^ vaut l'interprétation de Tochon d'Annecy , pour une des pierres de Nais, sur laquelle le même médicament est indiqué pour le même emploi: DIASMYRNE POS. IMPET. LIPPIT.

Ex ovo employé avec de l'œuf.

L'oculiste ou le pharmacien d'Epamanduodunim , C. C. Limmunis , confrère et peut-être concurrent de C. Sulpitius Hypnus déjà connu , employait donc le cachet que voici à éstâfnpillef quatre produits de son officine destinés aux maux d'yeux: l'un, appelé dwp^oricMm, était employé pour éclaîrcîr la vue ; un autre , le cœnon, d«Bs le même bnt et encore contre là rugosité des paupières ; un 3"", en forme de petit pinceau , servait à frotter d'œiif l'œil malade oh menacé ^ moyen préservatif contre l'invasion de l'ophtalmie appelée iij^ pitudo, et le 4'' enfin, médicament à base de myrrne

(i) JMsMrtation sur rinscripUon greeque I/LGÛNOG AYKION, et sut* lés

Sierres anti(|ues qui Mrvaient de cachets aux médecins aculistes . iiar Tocbon 'Annecy. Paris 1816.

(2) Loc. cit.

appelé diasmymes et préparé aussi avec de l'œuf, était employé après Tinvasion de la même maladie.

Je pourrais clore ici cette note ; mais , en raison de l'attention qui s'attache partout aux découvertes du genre de celle qui nous occupe , j'ai pensé qu'il ne serait peut-être pas sans intérêt d'entrer dans quelques détails sur l'histoire de ces découvertes et d'examiner les quelques questions archéologiaues qui s'y rattachent.

Cest au 17*^ siècle seulement, et longtemps déjà après la découverte du premier cachet de Mandeure , qui semble être le plus ancien connu , que Smétius , dans ses Antiquitates Neomagences (1), publia, le premier, les inscriptions de deux pierres sigillaires , dont une se trouve encore au Musée de Leyde ; Spon , dans ses MisceUanœ eruditœ antiquititates^ et Maffei, dans son Muséum Veronense , mentionnèrent chacun une pierre semblable , mais sans réussir , plus que Bauhin, dans leur interprétation. Caybis, le premier, dans son Recueil d'antiquités où il en donne onze , parvint à déterminer le genre d'utilité de ces objets. La voie une fois tracée , un assez grand nombre d'antiquaires s'occupèrent du même sujet. Je citerai Muratori , Walch (2) , Saxe (3) , Schœpflin , Gough (4) , M. de St. Mesmin (5), M. Eloî Johanneau , Grivaud de la Vincelle , Mongès , Dulaure (6) , M. A. W. Zumpt (7) , M. Dufour (8) et surtout Tochon d'Annecy, MM.Duchâlais (9), Sichel et Quicherat.

Le travail de M. Duehâlais est le plus important de tous, c'est , dit M. Quicherat , excellent juge en archéologie , un véritable traité sur la matière ; le mémoire de M. Sichel , oculiste distingué autant qu'antiquaire érudit , fait surtout autorité en ce qui concerne la détermination des médicaments inscrits sur les cachets.

Le nombre des cachets connus et décrits s'élevait, en

(!) Noviomagi J678.

* \i) Sigillum medici oculariî romani nuper in agro Senensi repertum ete 176S.

(3) Veteris média ocularii gemma sphragtde etc. 1774. Mémoire adressé k Van Wyn.

(4) Archeologla T. IX. 1789.

(5) Mémoires de la Commission d'antiquités de la Côte d'Or^ Tome !•'.

(6) Mémoires à l'académie celliqne, T. 4.

(7) Qazette archéologique de Berlin. Février— Mars 1852.

(8) Notice sur un cachet d'oculiste romain , par Ch. Dufour , administrateur du Musée d'antiquités d'Amiens. Broch. in-8<». Amiens 1847.

(9) Observations sur les cachets des médeans oculistes anciens. Mémoires de la Société des antiquaires de France, T. IS, 8' de la nouvelle série. Paris 1846.

i84S, àTépôque de la publication du Mémoire dut)' Sichel, à 47 pour la France et S6 pour le monde entier. En 1853 , M. Taobé Crosnier signala, dans le Bulletin de la Société Nivernaise (1) , un cachet trouvé à Alluy qui prit les N"** 48 et 67 ; un autre trouvé à Néris (2) en 1856 , prit les N^ 49 et 58 , et , comme il semble positif qu'on n en a point signalé depuis , celui que j*ai Thônneur de vous présenter ^ qui porte le N'^ 2 pour Mandeure , portera, pour la France, le N** 50. J'ignore s'il aura , en général, le N** 59 ou un numéro supérieur « mais il est à remarquer qtie ce genre de monuments a été trouvé presaue exclusivement dans les Gaules ; M. Zumpt dit que sur les 54 cachets connus de lui , 45 ont été trouvés dans les Gaules et même plutôt du • cAté de la Germanie et du Nord qu'autre part , i auprès d'Iéna , 5 en Angleterre ; il n'en existe qne 3 en Italie , à Gênes , à Vérone et à Sienne et même , les deux premiers ont pu y être apportés d'ailleurs. A Pompél , on n'en a pas trouvé un seul.

Les condusions du mémoire de M. Duchâlais ont été généralement acceptées par les antiquaires ; je me permettrai cependant d'en attaquer quelques-unes.

Ainsi , M. Duchâlais cherche à démontrer que le nom qui commence toujours les inscriptions , est celui du médecin inventeur du collyre inscrit à la suite , et non pas , comme on l'avait généralement pensé jusqu'à lui , celui de l'oculiste ou du pharmacien qui le vendait. Cette conclusion a été acceptée par le D'' Sichel et par tous les antiquaires qui se sont occupés de la matière , à l'exception de H. C. Dufour d'Amiens.

Cette unanimité ne m'empêche pas de regarder cette opinion comme inexacte et je n'ai pas hésité , tout à l'heure , malgré l'autorité de H. Duchâlais , à attribuer k un oculiste d'Epamanduodurum le cachet qui me sert en ce moment de prétexte pour vous ennuyer. Cette question ayant son importance, je m'y arrêterai un iustant et, pour l'examiner pièces en mains , je vais d'abord faire un dépouillement des inscriptions de 51 cachets , les seuls dont j'ai pu me procurer des copies exactes.

Sur ces 51 cachets, 27 portent 4 inscriptions, 4 en portent 3, 14 — 2 et 6 — 1 seule. 20 des cachets à 4

{%) BuUetin de la Société d'EmuiatiOD de l'AIUer. T. VI.

inscriptions portent le même nom sur toutes leurs tranches , 2 ne portent point de nom , 2 ont le même nom sur 2 tranches et point de uom sur les 2 autres ; 2 n'ont de nom que sur une tranche et i seul porte deux noms. — Des 4 cachets à 3 inscriptions , 2 ont le même nom sur toutes leurs faces, 1 porte 2 Aoms , et, dans le 4^, le nom ne s'est conservé que sur une tranche. — Des 14 cachets à 2 inscriptions, 11 ont le même nom sur les deux tranches, 1 ne porte pas de nom , 1 en porte deux différents , et 1 est brisé de manière à ne présenter que le commencement de Tune et la fin de l'autre de ses inscriptions , et ne peut fournir aucun renseignement certain. — Les 6 cachets à une seule inscription portent tous un nom. En rcsumé , sur les 51 pierres , 48 ont un nom et .3 en ont deux. Les noms sont au nombre de 48 , dont 1 est répété deux fois et un autre trois fois.

^ Ceci posé , voici les raisons fournies par M. Duchâlais k Tappui ae sa thèse acceptée , comme je le répète , par tous les archéologues sauf un ; j'exposerai ensuite celles que je crois avoir de la combattre.

H. Duchâlais réfute , d'après les monuments eux-mêmes, l'opinion que le nom. propre gravé sur le cachet est celui du débitant. « Sur la pierre de Gênes , on lit le nom de » G. GAP. SABINIANVS , et sur la première de Besançon , » celui de G STAT SABINUNVS; sur celle d'Iéna paraît » un PHRONIMVS et l'on voit à Gorbec un T. L. FRONIMVS. » n serait singulier que le même Sabinianus ait débité des « médicaments à Besançon et à Gênes; de même pour » Phronimus , à moins que les deux Sabinianus et les deux

> Phronimus soient des personnages différents , ce qui n'est

> guère admissible. Il est vrai que les deux Sabinianus sont ^ précédés , sur les deux pierres, d'initiales différentes , G. » GAP. sur celle de Gênes et G. STAT sur celle de Besançon, » mais il n'est pas probable que ce soient deux hommes » distincts avec le même agnomen et le même cognomen ; » il est plus simple de croire qu'une des deux pierres aura » été mal déchiffrée , celle de Besançon qui ne porte qu'une » seule inscription ; il faut voir dans les deux cacnets G. GAP. » SABIfflANVS. — n est de toute évidence, (c'est toujours - M. Duchâlais qui parle) , que PHRONIMNS et T. LOLLIVS » FRONIBfVS sont un seul et même homme ; le F se substi- » tue facilement au PH dans les inscriptions... Q y a plus.

» le cachet de Mandeure nous montre un oculiste nontmé » sur une tranche C. SVLP. HYPNVS et sur trois autres ^ » HYPNVS simplement. Il fallait donc que les hommes dont » les noms se trouvent en tête de ces inscriptions , ne fus- » sent ni d'obscurs médecins ni d'obscurs pharmaciens, » puisqu'il suffisait de les faire reconnaître , sans préciser » exactement qui ils étaient... » M. Duchâlais parie ensuite de cachets d'après lesquels on a prétendu , sans fondement, que certains oculistes avaient succédé à d'autres et avaient continué à débiter , sous le nom de leurs prédécesseurs , les médicaments composés par ceux-ci ; et , ayant hérité de leur matérid et de leurs cachets, ils y avaient fait graver leur nom à la suite des autres et celui des remèdes inventés par eux ; opinion , dit-il , qui n'offre guère de vraisemblance... « Dans Fantiquité, et cela se fait encore » aujourd'hui , on donnait quelquefois à un remède le nom » de celui qui l'avait inventé. Cet usage est attesté par tous » les écrivains qui ont traité de matière médicale. Galien, » par exemple , indique les médicaments suivants : Chari- » tonis antidotus ad phalangiorum morms : Flaviani cator- » poHum ad phtisim et sans nul doute , les anciens avaient

* leur antidote de Chariton , leur catapotium de Flavien , » comme nous avons notre pâte de Regnault. , notre vin de » Seguin , etc. Et chacun pouvait préparer ces remèdes sui- >» vaut la formule des inventeurs , car la propriété d'un

* remède n'était pas , comme aujourd'hui , réservée au pre- ^ mier auteur de la découverte. Le cachet de Cessi nous » fournira un nouvel argument, puisqu'on y lit C. CL. ^ PRMI TERENTIANV. Ce que nous expliquons par remède » de Térence , perfectionné par C. Claude Primus.

» n y a plus , c'est qu'A eut été fort difficile aux pharma- » ciens et aux oculistes romains , de préciser d'une manière » à la fois plus brève et plus claire , les remèdes qu'ils » employaient , car , sous le même nom on comprenait » souvent toute une classe de médicaments ayant la même » base sans doute , mais préparés d'une façon différente ,

* puisqu'on les employait dans des cas divers. Ainsi Galien » décrit trois sortes d'audiomeron et ne dit point que , dans » leur composition , on se servit de blancs d'œufe , ce qui » est pour un certain authomeron. On évitait par là d'énu- ^ mérer les propriétés du médicament et on se contentait » de mettre son nom seul ou avec ses qualités. Disons-le

«» sans crainte , les noms qui se lisent sur les cachets des » oculistes sont des noms de médecins câëbres; ces cachets » ne leur appartenaient point et servaient senlement à indi- » quer qu'un remède était composé suivant leur formule. La " plupart de ces oculistes sont inconnus à la science, car il » est probable que leurs écrits ont été perdus et sont seu- » lement cités. Ainsi , en admettant qu'aucun des noms placés » sur les pierres sigillaires ne fut cité par les auteurs , ce » ne serait pas encore une preuve que notre système serait * fautif; heureusement des noms cités par Galien se trouvent » marqués sur des pierres : sur la pierre de Dijon on voit » paraître un M. IVL. GHARITON ; sur la première pierre » de Paris un DECMVS FLAVIANVS, etc., et il serait » singulier que quelques-uns des oculistes des cachets ne » soient pas les mêmes que les médecins cités. Sur le plat » de la pierre de Famars , on remarque les lettres Tl tout » près d une des légendes , qui doivent être, non le nom d*un » médicament ^ mais bien un nom propre qui n*est pas celui » du possesseur du cachet.

En vérité , ces arguments ne sont guère de nature à décider un point d'archéologie contre la vraisemblance , car la vraisemblance est incontestablement en faveur de Topinion qui veut que te marchand ait mis son nom sur sa marchandise , comme cela se pratique encore de nos jours où nous voyons toutes les boites et toutes les fioles de nos pharùiaciens porter leur nom et non pas celui des médecins qui ont signé l'ordonnance , ou composé la formule ; et puis , qu est-ce que ces médecins célèbres dont la célébrité ne s'étendait juste qu'à une officine , dont les formules n'étaiait acceptées que par un préparateur, puisque nous en tnnivoDs juste autant que de cacnets ? Les arguments de M. Duchâlais semblent non seulement insuffisants pour prouver sa thèse , mais il en est qui prouvent victorieusement la thèse contraire. Je ne trouve pas , à la vérité , d'explication plausible de la présence de deux noms propres sur le même cachet ; il serait nécessaire, pour apprécier ce fait, d'être à même d'examiner l'objet lui-même et de voir si toutes les inscriptions sont bien de la même main et du même temps, et si réellement deux noms ne s'appliquent pas à deux propriétaires successsifs.

L'argument qui repose sur la simiUtude de deux noms , l'un à Besançon , l'autre h Gênes , et de deux autres , l'un à léna et l'autre à Gorbec, ne peut se formuler qu'à la conditioA

de changer Torthographe du cognomen ou les initiales du

E renom , ou bien encore de supposer des noms mal lus par is éditeurs des cachets , tandis qu*il n'y a rien qui choque la raison dans la supposition de deux oculistes du nom de Sabinianus et de deux autres du nom de Phronimus. D'ailleurs , si M. Duchâlais veut tirer un argument de la présence du même nom sur deux cachets , il existe de ce fait deux exemples bien autrement précis que ceux qu'il relève , qu'il n'a pas remarqués ou n'a pas voulu signaler , parce qu'ils prouvent, sans réplique, la fausseté de sa thèse. Sur les 51 cachets que j'ai pu comparer des 59 qui sont connus , il n'y a que deux noms répétés identiquement , l'un deux fois, l'autre trois fois ; le nom de MARCVS VLPIVS HERACLES sur les huit tranches des deux cachets trouvés à Nimègue , et avec des noms de collyres tous différents les uns des autres, et le nom de Q. IVN. TAVRVS sur les six tranches des trois cachets trouvés à Nais, aussi avec des noms de collyres différents. Pourquoi ces répétitions exactes n'arrivent -elles que sur des cachets de même provenance , si ce sont des noms de médecins , d'inventeurs ? tandis que cette répétition est très-simple si l'on admet, ce qui est la vérité évidente, que les deux cachets de Nimègue portent le même nom parce oue ce nom est celui du même oculiste à qui ils appartenaient 1 un et l'autre , et que les trois cachets de Nafs portent un même nom pour une raison absolument semblable.

D semble peu important et peu décisif pour la question , de constater ta ressemblance de certains noms grav& sur les cachets avec des noms de médecins cités par les auteurs , et M. Zumpt de Berlin , qui admet cependant la conclusion de M. Duoiâlais , dit que celui-ci veut que 7 noms rentrent dans cette catégorie , savoir : Chariton , Flavianus , Alexander, Dionysiodorus , Philumenus, Paulinus, Heliodorus, et ajoute : « Nous ne voulons pas le contredire , mais certai- » nement il faudra encore quelques recherches pour prouver » l'identité de ces noms cités par les auteurs , avec les » noms qui se retrouvent sur les cachets. »

Quand à l'arpment tiré de la pierre de Famars , je n'y répondrai pas parce que je n'en ai pas saisi la portée , sans doute en raison de l'insuffisance de l'extrait que j'ai eu entre mains , du mémoire de H. Duchâlais.

L'examen sérieux et attentif des monuments et leur comparaison repoussent donc absolument la thèse de M. Duchà-

lais. Si les noms gravés étaient des noms de médecins célèbres, inventeurs des collyres, ces noms seraient en petit nombre; il y en a au contraire autant que de cachets ; — le même nom se retrouverait sur plusieurs cachets rencontrés sur des points quelconques, tandis qu'au contraire, les répétitions, en petit nombre , ne se rencontrent qu'entre cachets de même provenance et ayant évidemment appartenu à la même per* sonne ; — différents noms devraient se trouver souvent réunis sur le même cachet, car, pourquoi un oculiste se serait-il borné à employer ou à préparer les collyres inventés par un seul médecm ? et , au contraire , ce cas est très-rare et , pour Tun des trois seuls cachets où il se rencontre, la

1)ierre de Cessy , M. Duchâlais constate lui-même c[ue , dans 'inscription au nom de Libucus , différente des trois autres , les lettres sont enchevêtrées les unes dans les autres, ce qui n'existe pas pour les trois inscriptions au nom de Primus , et ce qui ferait supposer que cette quatrième inscription est postérieure aux trois autres et due à une cause spéciale.

Si les noms gravés sont , au contraire , ceux des prépa-* rateurs et des marchands de collyres , le même cachet devra porter un seul et même nom sur toutes ses faces , à moins qu'il n'en jporte aucun ; cela arrive presque sans exception ; soit 48 fois sur 51 ; — le même nom ne devra vraisem* blablement se trouver sur deux ou plusieurs cachets qu'autant que ces cachets proviendront d'un même lieu et auront ap-

f)artenu à la même personne ; nous venons de voir que le lait confirme absolument cette hypothèse.

Je crois que , quelquefois , exceptionnellement , un coUyre peut porter le nom de son inventeur ; j'en citerai deux exemples : La pierre de Cessy porte ime inscription ainsi conçue: C. a. PRBII TERENTUNV. que M. Duchâlais interprête par : remède de Terentianus perfectionné par C, Cl. Primus , et que je traduirais par : remède de Terentianus préparé (ou vendu) par C. CL. Primus , comme je dirais pâte de Regnault de M. Fallot , pour dire pâte inventée par Regnault et fabriquée par M. Fallot ; — la pierre de Gotha porte cette inscription : T. CL. APOLLINARIS... CARMEN ÔVINTILIANI , etc. dans laquelle il me semble trouver un médicament nommé Carmen (1) Quintiliani , du nom de son

(1} Carmeo ^ diarme , sorUlégo.

auteur, vendu par T. CL. ApoUinaris; ce Quintilianus, qui était peutrétre un sorcier , pouvait aussi ne pas être un médecin mais un autre préparateur , peut-être celui à oui appar^ tenait le cachet trouvé à St-Bfarcouif en Normandie. C'est sous l'une de ces formes que je crois que le nom des médecins inventeurs peut se trouver consigné sur les cachets des préparateurs.

J'ai msisté peut-être trop longuement sur cette première question , parce qu'il m'a semblé que la théorie de M. Duehâlais avait été acceptée trop a la légère et qn'en fait d'archéologie , comme en toute autre chose du reste , une théorie fausse ne peut conduire qu'à l'erreur. Je passerai plus rapidement en revue les autres questions qui se rattachent à mon sujet.

Tochon d'Annecy pense que les cachets à noms de collyres appartenaient généralement aux médecins oculistes qui accompagnaient les armées romaines , et appuie cette conjecture sur ce que , sur l'une des pierres trouvées à Nimègue , figure un collyre nommé STRATIOTICVM que Marcellus Empiricus désigne comme propre à guérir caligines et cicatrices ex itinere et pulvere collectas. En vérité il faut avoir le goût de la généralisation poussé à un bien haut degré pour faire un raisonnement comme celui-ci: la pharmacie romaine, possédait un remède spécialement appliquable à une ophtalmie provenant de la fatigue des voyages et de la poussière ; les soldats romains voyageaient et étaient exposés à ce genre d'affection; donc... ils avaient seuls mal aux yeux et les médecins militaires seuls traitaient les ophtalmies.

On s'est demandé à quelle époque remontent les cachets. M. Rêver croit que celui de Baveux a été gravé à la fin du II* ou au ni* siècle : M. Duchâlais afiBrme , après l'examen attentif de plusieurs de ces monuments , qu'ils ont du être gravés au temps des Antonins. Je n'émettrai aucune opinion à cet égard : il faudrait , pour oser se prononcer sur cette question importante , être k même de comparer un grand nombre ou même la totalité des cachets connus.

Enfin , plusieurs antiquaires ont agité la question de savoir comment ces cachets étaient employés , et sur quelle matière ils servaient à faire des empreintes. Caylus et M. Dufour pensent que l'empreinte était faite directement sur le médicament à l'état pâteux ; Tochon , que les cachets étaient remis aux potiers chargés de confectionner les vases destinés

à contenir les collyres et imprimés , par ceux-ci , sur h terre encore molle des vases sortant du tour; M. Duchâlais incline à penser que c'est plutôt sur le couvercle plat des vases que sur leur panse arrondie ^ que Tempreinte devait être faite. Cette question, qui n'est, au reste, que d'un intérêt très-secondaire, ne semble pas de nature à être résolue par le simple raisonnement en Tabsence de monuments positifs , et ceux-ci n'existent point , car Finscription en caractères grecs citée par Tochon et qui ne renferme que les deux mots lACONOC AYKION ne semble point provenir d'un cachet de la forme de ceux qui nous occupent et celle qui est imprimée en relief sur le rebord d'un vase trouvé à St-Remi , en Provence , et citée par Caylus est défectueuse ,

Îuoique paraissant incontestablement provenir de la pierre 'Avipon. Si ces cachets étaient de simples estampilles destinées aux potiers, il semble qu'ils devraient le plus souvent, être gravés en relief, pour produire leur empreinte en creux, cette méthode étant plus généralement employé par les potiers pour l'impression de leurs noms ; ils seraient sans doute aussi gravés sur des surfaces plus en rapport avec les formes courbes des vases. Il serait en outre fort étonnant que , dans l'énorme quantité de vases et de fragments qui sont journellement retrouvés dans le sol antique , on n'eut rencontré jusqu'ici qu'une seule de ces empreintes. Il paraît donc prudent , jusqu'à plus ample informé , de s'en tenir à reconnaître, d'une manière générale, que les cachets d'oculistes servaient à marquer , soit les vases eux-mêmes qui contenaient les collyres , soit la cire qui servait à sceller les vases, les boites , le linge ou le papyrus qui les renfermaient. D'ailleurs les collyres liquides , ceux à l'état d'onguent, le penicillum le$ie du cachet qui nous occupe ne pouvaient , évidemment, ni être conservés à Tofficine , les uns et les autres, dans les mêmes vases, ni être livrés aux malades dans le même état, et, conséquemment les cachets devaient avoir des emplois variés.

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