‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 1 sur 204 · Mémoires · texte numérisé non relu

Mémoires

Le mardi 21 décembre, à 3 heures l/h de l'après-midi, la Compagnie est entrée en séance solennelle , sous la présidence de M. Paulin Paris , membre de l'Institut , directeur de la Société pour Tannée académique 1868-1869.

Les membres de la Compagnie ont pris place sur Testrade préparée dans la salle des actes de la Faculté de droit, que le doyen M. Demolombe avait bien voulu mettre à la disposition de la Société.

A droite de M» le directeur , siégeaient :

M. le conseiller Renault , président de la Société ; M. Petit , procureur-général ; M. Bertrand , maire de la ville ; et M. Eug. Chatel , archiviste du département et secrétaire-adjoint de la Société.

A gauche de M. le directeur , siégeaient :

M. Allou , recteur de TAcadémie ; M. de La Sicotière , membre du Conseil général de TOrne ; M. Gervais , conservateur du musée de la Société ; M . Gaston Le Hardy , docteur en droit.

M. Olivier , premier président , et M. Le Provost de Launay , préfet du Calvados , avaient exprimé le regret d'être empêchés par les devoirs de leurs hautes fonctions et par des engagements antérieurs.

n SEANCE PUBLIQUE

M. le direcleur ouvre la séaucc par le discours d'ouverture ; puis il donne la parole à M. Eug. Ghatel , secrétaire-adjoint , qui lit le compterendu des travaux et des actes de la Compagnie pendant Tannée que termine la séance publique annuelle.

M. Léon de La Sicotière lit ensuite son Étude biographique sur M. Georges Mancel , ancien bibliothécaire de la ville.

L'heure trop avancée a forcé M. le directeur d'exprimer le regret de ne pouvoir donner la parole à M. Gaston Le Hardy , qui voulait bien se charger de lire la belle étude sur Robert Guiscard à Rome, que M. le D' baron de Saint*Maclou avait écrite sur le lieu même de Tépisode qu'il adressait à la Compagnie, en vue de la séance publique. Ce travail, inscrit sur le programme de la séance, est imprimé à la suite des précédentes lectures ; de sorte que nos lecteurs ne seront pas privés de cet excellent morceau historique qu'a vivement regretté de ne pas entendre l'assistance d'élite de nos solennités académiques.

Le soir, à 6 heures 1/2, un banquet, offert à notre directeur, réunissait trente-cinq sociétaires et les invités d'honneur dans la Salle des Mariages, à l'Hôtel-de-Ville , que M. le maire avait , selon sa courtoise habitude , mise à la disposition de la Compagnie.

Au dessert , M. le conseiller Renault , président de la Compagnie , a porté le toast suivant à M. le directeur :

c Monsieur le Directeub,

c Un des privilèges du président de notre Société est de souhaiter la bienvenue à l'homme éminent qui consent à dérober quelques instants à ses importants travaux pour venir présider nos assises solennelles, et en relever l'éclat. Ce devoir ne fut jamais plus facile à remplir qu*aujourd'huî,' et nous ressentons vivement Thonnear qui l'attache à nos fonctions. N'avons-nous pas, en effet, à nous adresser à l'un des représentants les plus élevés de la science et de Téradition. Qui ne sait que vous avez fait de l'histoire littéraire du moyen-âge vos

DU 21 DÉCEMBBE 1869. lU

plus chères études, et vulgarisé notre histoire nationale par vos publications des manuscrits français et de nos grandes chroniques de Ft^â»e1e.

c De tous vos ouvrages nous ne voulons citer que celui dans lequel vous avez su mettre en un nouveau langage les romans de la Tablellonde , ou les enHèhissant de recherches pleines d'intérêt sur Forigine 'è\ Yè càt'actérô de ces grandes coïnpositions.

€ Cefe Wcife chevaleresques et merveilleux, ont d'autant plus de prix pour nous autres Normands que Tun des épisodes, le plus souvent reproduit, le Géant du Mont-Tombe, eut pour théâtre la baie au milieu de laquelle s'éleva plus tard la célèbre abbaye du Mont-St- Michel, ce palais des anges, dont Téglise semble monter jusqu'au ciel, non pour le défier, mais bien plutôt comme un hommage de la foi de nos pères, et comme l'expression de leurs prières et de leurs vœux.

c Permettez-nous encore de vous rappeler que dans un rapport , fait à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vous avez, dans les termes les meilleurs et les plus sympathiques, proposé comme un modèle à suivre un des nombreux ouvrages de l'un des fondateurs de notre Société , acclamé par tous comme le créateur de TÉcole française d'arcbéol(^e.

c Vous nous pardonnerez, Monsieur le Directeur, d'avoir> dans cette fête normande, associé à votre nom celui de M. de Caumont, votre collègue à l'Institut, l'honneur de notre Société, et l'une des gloires de notre belle province de Normandie.

c Puissiez-vous , Monsieur le Directeur, emporter de notre Société et de ses travaux une impression favorable en échange des bons souvenirs que nous laisseront votre science profonde et votre caractère plein de courtoisie. Nous sentons maintenant que , pour nos relations d'avenir, la science seule est insuffisante, et qu'il nous faut encore tes liens du cœur.

c Mais avant d'être réduits aux souvenirs^ nous voulons exprimer un sentiment qui est celui de tous, et dont nous ne sommes que l'organe.

c Messieurs et chers confrères, nous portons, en votre nom, la santé de notre éminent Directeur. Peut-être un jour nos successeurs auront-ils à fêter son fils, marchant déjà avec succès sur les traces de

Page 1