RECHERCHES SDR LA POPULATION BB LA GÉNÉRALITÉ
Ckristo patris et domini domini Guiltermi, miseracione divine, episcopi Ostiensis, sacrosancte Romane ecclesie cardinalis de Estoutevillâ et wT'chiepiscopi Rotlwmagensis nnnc ubsenlis, dilecto nostro decano ruraii de Brachiaco seu ejus vices gerenti satutem in Domino. Vacante nuper ecclesiâ parrochiali 5^* Thome de Pohervilta (1), vestri decanatûs, Rothomagensis diocesis^ per obituin sive morlem deffancti domini LafeC'teur , dum viveret, presbyteri, illius ultimi rectoris et possessoris, nobilis vir Jacobus dominas d'Estouteville, de Hambuye, de Vallemont et de Hotot supra Deppam , asserens jus patronatûs et presentandi ad eamdem sibi, ad causam dicti sut dominii de Hotot spectare et pertinere^ dilectum suum atque nostrum dominum Johannem Le Vasseur^ presbyterum, tanquam sufficientem et ydoneum, nobis per suas patentes titteras presentavit. Vobis quapropter aucloritate dicti révérend issimi patris quâ fungimur in liâc parte mandamus quatiniis, vocatis et adjunctis vobiscum duobus rectoribus circumvicinis dicte ecclesie aut aliis , sapientibue tamen et discrctis , factis priiis per vos in eûdem ecclesiâ tribus editis sive subhastationibus per très dies dominicos continuos, prout decet et tnoris est, super eodem jure patronatûs, per testes probos et fide dignos de infra scriptis noliciam habentes, inquiratis et vos^ loco nostrî^ débité informetis prima quis sit verus patronus dicte ecclesie, quis ad eam presentare consuevit et presentavit in eâ rectorem ultimo institutum , que jure et quo titulo; item, si super jure patronatûs hujusmodi fuerit aut sit lis, controversia sive questionis materia, et si fuerit lis terminàta^ quo foro, inter quos et quid inde fuerit judicatum; item, de vità et moribus et etate, natalibus et conversacione dicti presentati, utrùm fuerit aut sit aliquâ interdicti^ suspensi sive excommunicationis sententiâ innodatus aut aliàs impeditus, quominùs possit dictam ecclesiam canonice obtinere, necnon de valore annuo ac numéro parrocAianorum ejusdem et quando ipsa ecclesiâ sic vaccavit et de aliis circa hec inquirendis, informacionem vero ac totum id et quicquid super premissis feceritis et inveneritis nobis, sub vestri decanatûs adjungendorumque vobiscum si' gillis fideliter interclusum remictatis, circa premissa tatiter vos habentes qnad de diligentià vateatis eammendari. Datum Rothomagi sub êigith
(i) Poumlle, près Dieppe.
magno curie Rothom. unacum si^neto nostro, anno Domini 1&71> di0 ^mnâ mensis novembris. Signé : Gisors et un paraphe. Sceau (1).
On caDserve aux arcbiyes delà Scine-Iuférieure un assez grand nombre dHaformations faites au XV« siècle, en vertu de mandements de cette espèce.
Il est très-probable que c^est à Taide de documents analogues que fut composé ie PoulUé d'Eudes Rigaud, qu'il serait plus juste d'appeler le Fouillé de Pierre de Colmieu, puisque c'est sous ce prélat, de lâ36à i2&&, qu'il fut composé (2). Ainsi s'expliquerait l'abspnce, ^m^ œ document, d'un certain nombre de paroisses autre? que celles qui faisqient partie d'une exemption quelconque , telles que celle de Fécamp, de Montivillîers et de St-Cande-le- Vieux. Pour celles-ci, il est tout naturel qu^elles aient été passées sous silence, puisqu'elles étaient en dehors de ta juridiction de l'archevêque. Pour les autres , on peut supposer que les dossiers qui les concernaient n'avaient pas été conservés dans le3 arcbives de l'archevêché et que c'est pour celte raison qu'elles n'ont point été mentionnées par le secrétaire de Pierre de Colmîeu. Cette explication nous conduit à penser que le registre en question n'indique pas la population à une époque unique et précise , mais à des date3 variables, difficiles à déterminer, qui ne sont autres pour chaque paroisse que ceUe de la nomination ou de la prise de possession des curés. Les ehiires représenteraient donc moins la population du diocèse de Rouen sous te règne de saint Louis , que celle de ce même territoire sous Je» règnes de Louis VIII et Philippe-Auguste. Pour plusieurs paroisses , ce serait celte du temps de Gautier, archevêque de Rouen (dl8û-1207) et même cdle du temps de Rotrou, autre archevêque anglo-normand (ll64-:lA8â).
èLe terme de paroissien^ ordinairement employé dans ce Fouillé, (3)» dmande quelques mots d'explication. M. Léopold Delisle, dans l'édition ip'il eo a donnée et, précédemment, dans ses savantes Études sur la condition de la classe agricole en Normandie , voit dans ^ mot l'éqaî^ TOÏent de chef de famille et de feu. Cette interprétation n'est p?s seulement eonjecturale : dte acquiert le caractère de la certitude quand on parcoorl
-•(i) AicUfCtde la adDe-InfiSrifore. G. i«84.
(2) BUtoirê des Gaules , L XXIII, p. SSS ( Uotdtvm de M. Léopold Delisle en tête da Pouillé )• (8) On comptait par paroissiens en dehors du diocèse de Rouen. On lit an U»rt dêê Jurée , MS7 f* : • In parrocbid S. Pétri de Garennâ sunt luizx xyiii parrocliîani. t
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les inrormations faites au XY' siècle, courormémeDt.aux mandements de rarcbevêque. Là , le mot parrochicLnus est employé comme synonyme de domus,mesnagiwn, caput domûs^ ignis, focus (1). On trouve aussi />arro«chiannus ienens focum et locum...^ parrocidanus commums etresidenSp parrochianus capitalis , que Ton voit traduire par dievetaigne dans des documents en français. Quelques passages des mêmes informations donnent aussi lieu de penser que, dans le chiiTre des paroissiens, on ne comprenait , en général , que les cbefs de famille qui avaient quelque aisance , et non point les pauvres et mendiants, ce qui rend complètement admissible une comparaison, entre les paroissiens et les feux indiqués dans les rôles des impositions royales.
La détermination du nombre des paroissiens n'est, du reste, suivant nous, que le complément des renseignements recueillis sur la valeur des cures. Le nombre des paroissiens, au moyen-âge surtout, était loin d*être indiiTérent à la situation temporelle du curé. Les oblations n'étaient point purement obligatoires ; elles figurent dans le revenu régulier et habituel des cures et sont parfois spécifiées par des actes précis. Ainsi nous lisons dans un accord conclu en 1267, entre le curé de Cuverville en Yexin et le chapelain de la chapelle St-Laurent, en la même paroisse : c Cumpia et approbata consuetudo diu obtinuerit et adhuc obtineret et obtineat in dicta parrochid de Cuvervillâ et in aliis parrochiis eidem adjacentibus quod homines tenentes et inhabitantes mansiones in dicld parrochid tenentur per^ solvere dicte ecclesie et ejusdem rectorijura parrochialia ^ videUcet très panes in tribus festivitatibiis anni et très denarios pro quâlibet mansione (2) ; dans une sentence arbitrale à Toccasion d'un procès entre Pierre de St- Pierre , curé d'Octeville , et les trésoriers de ladite paroisse en 1303 : , Item confit entur seteneripro oblacione unum denarium çuilibet parrochianus focum et lociim tenens ad festum Omnium Sanctorum dicto rectori et unum denarium ad festum Nativilatis Domini (3).
A Cressy , au doyenné de Longueville , c'était un ancien usage que tout paroissien tenant charrue oiTrtt au curé, dans l'église, aux fêtes de
(i) On Ht aussi , dans le Journal des États-Géniraum de lASA» p. AO et 68S : Centum igna $im Unusquisqug ignis sive quodque damus, caput, sipe familitu : fS) Ardi. delà S.-Inr. D. 107.
(d) Ibidm, F. de Tabbaye de MoDUviUlen.
la Toussaint, de Noël et de Pâques, un pain faîtis de simili pane quo utuntur parrochiani in suis domibus. kSi-Picrre-d' kuiils, une autre coutume voulait que, lorsqu'une personne caput domûs vel chevetain gallice venait à mourir, on payât au curé 17 sous parisis pour sa sépulture, 1/^66 (1). En 1526 encore , les religieux de Jumiéges (2) avaient droit de prendre sur chaque chef de maison de Jumiéges et du Mesnil, communiant à Pâques, 1 d. t. pour l'entretien de l'huile de l'abbaye (3).
La signification du mot paroissien étant définie et n'étant autre que celle du mot feu^ chef de maison^ nous sommes fondé à établir une compa* raison entre les chiffres du Pouillé d'Eudes Rigaud et ceux que nous trouvons dans un document officiel intitulé : c Estât des feux , droits des registres des baptesmes , mariages et sépultures des paroisses du diocèse de Rouen et des exemptions y enclavez et droits de controlle d'iceux » (4).
Nous le préférons aux documents du même genre que pourrait nous fournir le fonds de l'Intendance , parce que le nombre des feux paraît avoir été fixé dans cet état, d'après les rôles des tailles et à la suite de discussions entre des parties ayant un intérêt contraire , la Chambre du clergé, dont l'intérêt était d'augmenter le nombre des feux , les curés des paroisses, dont l'intérêt, au contraire, était de les réduire.
Nous indiquerons dans le tableau qui va suivre, après le nom des doyennés, rangés dans Tordre que leur assigne le Pouillé d'Eudes Rigaud : 1*" le nombre des paroisses entre lesquelles la comparaison nous a été permise ; — 2^ le nombre des paroissiens au XIIP siècle ; — 3*" celui des feux en 1707.
(1) Arch. de la SMof. Cartul. de Gressj, f* 85 y* (titre de iÂ62}.
(2) /frfV/. F. de Tabbaye de Jumiéges.
(3) Ibid. Aveu de Tabbaye de Jumiéges, 1526.— En iA78, Thomas Garrel, curé d*AmfreTiUe, laissa par testament « à tous les manans et tenans feulz et mesnages en la ville d*AmrreTlUe, à chacun xn d» t. > Ibid, F. du Chapitre de la cathédrale.
(4) Ibid.^ F. de la Chambre du clergé.
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