‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 161 sur 204 · LBS DROITS DB MER · texte numérisé non relu

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loi avaient été donnés. Une antre charte confirmait également ùWfr» jm in tùtorâ maris (1); et, au commisncenient du XIIP siècle, c*ett^ à-dire à l'époque ota Philippe Auguste ai^it conquis la Normandie i Hugues, évêque de Coutances , mentionnait ces mêmes droits datas ane lettre qu'il adressait an gardien des lies du Goteiitfn ^ Pliilipjpè d^lu* bigny , pour lui recommander les biens que les religieot de Cherbourg détenaient dans Tarcbipel normand (2).

D'après les documents que noui arons pu consulter , il tae tremble pas que les coutumes de navires et de marchandises fussent ttoniprîMd dans le gravage qui appartenait à l'abbaye dans les diverses paroisses que nous allons énumérer \ il ne comprenait que le varec des pdlssote gras et des épaves jetés à la côte. Devant Cherbourg , ce droit s'étendait depuis le pont es Curettes de Tourlaville jusqu'au pont de la paroisse de Haineville, ou « siques au pont de Cherbourg et siques à Teaue de Divette », et , de plus , sur les points de la côte , devant Équeurdrevillei Qnerqueville , Herqueville , et Nacquévilte (S) . Les religieux avaient à Barneville une saline qui leur avait été aumônée par Jourdain de Barneville, — et unara sàlinum (in vico Bamevilla) quam Emaldus de PorUe tenùît (4).

L'abbaye de St-Sélier , à Jersey , ayant été réunie à l'abbaye rfu Vœû, en 1184, Tes terres, rentes et revenus, en furent attribués à cette dernière maison, qui fut alors mise en possession du marais de St-Hélîer (5) , auquel était attaché le droit de varec, et de 111e de Herm (6).

Cette petite tle, située à une très-faible distance de Guemesey, avait été donnée à l'abbaye de St-Hélier par Henri Beauclerc , pour y établir un couvent de Chanoines réguliers. La donation comprenait, outre le sol de l'tlot , avec toutes ses apmrtenances , la pêcherie qui 'en dépendait , cum piscatione ad eamdem insulam pertinente (7).

(i) Invenu somm.f n* i978«

Ô) n>îd. , n- 1991 et 1965.

(A) Arch. delaMancbe.

(») Ibidw, Q* 191

(0) Placiu de quo warranto eoram Joh. de FresingfeU ( utkt ée li MattCfce )•

(7) Ma.

EN BASSE-NORMANDIB AD MOYEN AGE. liQl

(Aju XI¥* siède, le roi d'Angleterre soutint que le yareci ainsi que Ves^ perquerie» lui appartenaient* Le prieur de Cherbourg, cité devant les assises des justiciers itiDérant^ qui étaient venus dans les Iles, en iâ09» tenir les plaids de guo warranta^ opposa à la demande une fin de uoprecevoir ^ fondée sur ce que Herm ne faisait pas partie de la baîUie île Gi^rnesey. Les justiciers passèrent outre, et, en s'appuyant sur 1^ tisrmes mêmes de la dbarte de donaâoo,décidèrrat quelles religieux n'ayant pas rempli la condition qui y était stipulée et n'ayant jamais^ envoyé dans nie plus de deux chanoines, qui disaieiU rarement l'office, le mmaslère avait perda les droits qu'il rédaoouiît (i). : . Les archives de la Manche renferment un assez grand nombre de chpta^ et autres documents qui, tout en consacrant la légitimité de 1» I^t^riété de l'abbaye sur le littoral de Cherbourg^ font connaître combien Qt aaeo qiidle persistance on la leur contesta , ^urtQut à partir du X1Y^ ^ècle^ siècle ^ Satal et si désastreux pour la Basse-Normanâie« - En 13(38, îun marsooiù sfét»t échoué sur la grève de Tourlaville ; le châtelain du cbàleau de Cherbourg, Renaut de La Bosce, prétendit qu'il ai^iarteoaift au roi , comme poisson royal. Une instapce s'engagea devwt le bailli chi Cotentin , Fauvel de Wadencourt , tenant ses assises à Ya^ lognes; il fut jugé que le marsouin devait rester aux religieux, parc^ qu'il avait été asséché sans hue ne cry , entre Tean de la Divette et le pont aux Garettes (3).

Ek l&ft7, il s'agissait du mast eFune nefv^na et arrivé à varec eo la^ grève de Tôuriaville* U y ,eut enquête et visite de lieux par le idceotte' de Yalognes, Jehan de.Oraigne; le méft fM adjugé àïabbaye (a).

iiQaatre années plns4ai^, en ijysi , on noiiveau procès» laqnit encéref à recc&sfion d'un .marsoiûo qui avait été pris i par tes gens de noble homme' « Jean de La lieuse , .dit le Ba«dnrir, obaatelaia dai châtel de ChetiNMurg, « .qui disoit âochii mafsonini à ^oy appartenir ii cause en droit dû soif c oflSce et parce que cestoif poismn jcoyal et pavce qu'il estoit e» saisine,, c a cause de son dit office d'avoir tous poissons royaulx qui arri voient et « venoient es mettes où le dit poisson a voit esté pris, p JliottveUe sentence

(i) PlaeiU de quo warranta, snp. cit.

(i) InvenU sam^t n* 2066.

(5) Ibid., n* 8067. • • )

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du bailli du Gotentin, Adam de DampmartiD, en faveur des religieux (1). En 1375, sous Fadministration du trop célèbre Charles de Navarre, on leur disputa la propriété d'une pipe de vin qui avait été saisie et mise ea garde par Gautier Le Clerc, sergent du roi. Après une longue procédure r dont les Trais durent promptement absorber la valeur de Tépave, le bailli, Raoul de Crânes, après avoir pris conseil des prud'hommes qui Fassistaient aux assises de Yabgnes , ordonna de rendre la pipe de vin

à Vabbaye (2).

En l/il2, plusieurs navires flamands, appartenant à des marchands de Bruges et chargés de vin de Poitou, qu'ils rapportaient de La Rochelle, nrent naufrage sur la côte de Cherbourg ; une partie de la cargaison fut sauvée et remise à Tabbaye par Tordre de Jehan , sûre d'Inay , bailli du Cotentin. Mais, en l&â/i, les bourgmestre , échevins et conseil de la ville de Bruges , qui , on le voit, avaient pris leur temps ^ adressèrent à c tous seigneurs, justiciers et oflSciers quielx conques c de la duché de Normandie », une réclamation au nom des armateurs et capitaines des navires pour obtenir la restitution des marchandises sauvées et « qui portent des marques » dont le fac-similé était joint à la lettre (d). Nous ignorons si la réclamation fut suivie de quelque effet.

Plusieurs autres procès s'élevèrent encore : en i&â8, à l'occasion c d'un c petit vaissel ou batel venu à vrec à la coste de Herqueville (&) > et » en 1&55 , pour trois pipes de vin. L'adversaire de l'abbaye était , dans ces deux circonstances , le sieur de Yauville , baron de HottoL

Les siècles suivants ne furent pas plus paisibles. Le gravage d'Équeurdreville donna lieu, au commencement du XYP, à de nombreuses contestations qui obligèrent les religieux à renouveler fréquemment la production de leurs titres. Le gouverneur de Cherbourg élevait, en 1556, la prétention que le gravage appartenait au roi sur tous les points que ses canons pouvaient atteindre (5).

(i) InvenU «om., d* SOdS.

(S) Ibid., n* 2009.

(8) Ibid., n» 2070.

(A) n>id., n« S080.

(5) n>id., n* 2676.

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