‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 167 sur 204 · ABBAYE DE BLANCHELAI^DE · texte numérisé non relu

ABBAYE DE BLANCHELAI^DE

y abbaye de Blanchelande , fondée en 115Ji, par Richard de La Haie et Mathilde, sa femme , avait reçu , avec les terres sur lesquelles elle fut construite , des domaines dans diverses paroisses du Gotentin et , en Angleterre, le droit de pêcherie à la mer (/i). Elle possédait notamment ce droit à Ste*Marie-du-Mont. En lâJi7, deux marsouins « ou poissons c que Ton appelle] gras pois > , s'étant échoués sur la côte « es fieux de c Jean de Melun , chevalier , sire de Tancarville et de Yarenguebec » , le sénéchal de ce seigneur s*en était emparé au nom du roi ; mais, sur Topposition faite par les religieux , Berthout Philippe , lieutenant du vicomte de Garentan, leur en adjugea la dlme (5).

(i) JETisc. d% Mant^SuMiehel , par Tabbé Desroches, L I, p. k9à.

(2) lUd., ^ 158.

(8) Oburvationt on the rotts of the norman Exchequer, p. LXVI.

là) Arch. de la Manche. — Invent, samm.^ sér. H^ n* 131.

(5) Ibid., n* 7Si.

hlh IBS DROITS DE MER

A Anfremesnil , Tabbaye avait aussi une pêcherie à la imr et une

imiiiie, nowmée Hober« à Grette ville , Cheteviila ; elle avait les poissons de

fédttse et la pl«e d^un filet à prendre les angaiHes dans le bief do moultii,

et, de plus, une maaire pmr loger le pécheur t In An/i^emosnil m mari

miam piBcatvmm et mlimm Hober ; in Cheiemlla pièces esckise fuocum»

^ modo capîeniw et iismiam retis in nomo moiendini ad capiendm

anguillas et unam mesurtmi terre, ibijuarta <$d hospitundum jÀsoêttorem (!)•

r II réMlte d^^^eux FaHs en HHM. et ea 1560 qu*uoe pêcherie , nomoiée

le ^Qrand"Trait,4HJÙA\^ sur te poroisse de BrettevUle» et ime autre dite Am

Tuftoty assise sur les rocâies de 5tJGeriiiaiii«-Bur-Ay , 'étfifieat du domaine

de Slaiicbelaude. Ces deux pêcheries avaient dooBë nalssanoe à denc

eoutestatioDS. Ëo t67S , le prieur claustral , dom leas-Baptiste Lenier,

rédigea un eiémoive de défenses pour sa maison, n démontrait qiff^Ue

était en possession depuis le temps de sa fondation. La pêcherie au

Turbot dépendait du fief de Colette du Pont et rapportait 6 boisseaux de

froment et 10 deniers de rente ; Léonard du Pont Tavait tenue pendant

de longues années. En 1&03, le livre terrier contenait cette mention :

« Martinus Le Bret, aliter Jdjdour^ pro GuiUatade Ponte X denarios pro

« quadam piscatura vocata Le Turbot. > La pêcherie du Grand-Trait ou

La Bessière relevait du grand 6ef de Blanchelande. D'après le livre terrier,

elle Toiîrdissalt une redevance de 10 sous à la fàte St-Midrel, la moitié

des poissons pris restant aux religieux : c Colinus Haupin X solidos atl

t Testum S*' Mixihadlîs pro piscaria noi^tra vocata le Grand-Trait, medîetate

t piscium ibidem capiendorum nobis rémanente • (2).

Enfin , Blanchelande avait ardicfté de Roger de SurVitle le droH de prendre de 'la tangue dans 1e havre qdi dépendait de son fief et qui poitait Son nom; mais, comme ce fief était une tenure du fief'suzerain, dont le thre appartenait à*la famille des Montiers, de 'Monasteriis ^ une éharte, d^lvvéê, en *J222, par Ridhard des Monfiers, approuva ^a vente et confirma Tabbaye dans ce droit, si important pour elle bu point de vue de la culture de ses terres {S).

(1) Charte de fondation (Ârch. de ia Blandie). (S) Arch. de la Manche. ~ Du dom, moHr., p. '38. (S) Ibid., p. 49.

BN BASSE-N0RMANBI6 AD MOTBN AGE. ^7$

DaB6 les lies 4u Gatentio, Tabbaye avait plusieurs posaeasioQs. A Ooerf- Detey » elle arait le prieuré de Martiovast et la prébeode de GbeitiQQrg, à laquelle était attaché le droit de libre esp^querie , exercé par les hemnes de Salut-Sayok ^ns les eaw d» roi (i). Il y eut, à ce ji^ty uae eDqttète faite., eu i366, à St-Pîerre-Port (Guernesey), devait Im justiciers enquêteurs Robert Scardeburg , Retiert Norton et ftobert Wostr oott. fin préseaee des justifications (kites ipar l'abbé, le bailli de »riie lui adjugea Ve^er^uerie de congres, coutumes de poiseim » (mf^e de conniUe, vereok de meir et very) de 'bestes gaives»

Antérieurement, en 1308, une enquête analogue avait (été faite :pour Tesperquerie de Ftle de Serk devant John de Fresingfeld. L'abbé soutenait que le roi Jean, dans la première année de son règne, en 1199, avait donné à son monastère la prébende de Cherbourg, que Robert de Sainte- Hère-Église tenait à Guernesey , et que le droit de pêche y était attaché. On répondait pour le roi que ce droît appartenait au prince et que , d'ailleurs, Tabbé voulait Texercer sur des terres qui étaient étrangères à la prébende. Les jurés attestèrent que, depuis un temps immémorial, Blan-

chelande en avait la possession sur environ neuf tenants du fief Hal«-

voisin (2).

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