EL
AVGVSTODVRO - LEVCA SEXTA •
L'inscription de cette pierre est à peu près séiitblable à I« précédente, les lettres sont de même forme , d'égâfte dhnendion , !1 n'y a de différetrce que dam le nombre des lienes gautoî^s , ^oi est de six à partir de Ta ville (S Augmtodvre. Elle a subi te même sort que l'autre et n'a pas été conservée davantage ; recueillie d'abord par la GommissioA des Arts du district de Bayeux , elle a été ensufte abandonnée et employée en maçonnerie avec d'autres matériaux de ce genre (Vôy. pi. III, n* 6).
Un troisième fragment de pierre de taille^ recueilli dans les mêmes ruines , a été conservé par nous et déposé dans le musée lapidaire dé notre vitic, à la bibliothèque (Yoy. pK lil, r 7).
Voici l'inscriptioD qu'il porte , telle que noos l'avons rétablie :
IMPERATORIBVS CAESARIBVS LVCIO SEPTÏMIO
SEVERO PIO FELICI AVGVSTO • PATRI • PATRIAE • PONTIFICI • MAXINO • PARTHICO • ARABICO AZABENICO IMPERATORI
n -^ iiiiRc:a * aiyrelw AFfTOPnpcy •
Ge^ débris porte 60 centimètre» de hauteur sur iiie lavgettr égale ; récriture commence à 16 centimètres du haut; la preinière Hgne de <Sà-
ëO iSpigraphie romaine
ractères a 6 ceotimètres, les autres suivantes ont seulement 5 centimètres de hauteur.
Ces monuments de Septime Sévère ont dû être érigés , sur les routes de notre pays , de Tan 207 à Tan 208 de notre ère , au moment où de grands mouvements de troupes devaient avoir lieu dans la contrée , à l'occasion de Tarrivée de Tempereur pour son expédition dans la Grande- Bi^etagne, dont il ne revint point. Il mourut à York Tan 211 , après un règne de dix-sept ans huit mois et trois jours , à Tâge de soixante-cinq ans neuf mois et vingt-cinq jours.
Mais sous un autre point de vue , ces restes de monuments romains ont une grande importance pour notre histoire locale. Les savants du XYIIP siècle et même ceux du commencement' de ce siècle sont loin d'être d'accord pour retrouver l'emplacement et la dénomination à appliquer aux anciennes villes de notre pays. Pour nous , nous ne pouvons plus hésiter , et depuis longues années déjà , nous avons reconnu , au moyen de la dernière ligne inscrite sur deux de ces monuments , que le nom ^ Augmtodiirum était celui que la cité de Bayeux avait dû porter à l'époque romaine. Les témoignages de ce fait sont écrits avec les chiffres de la distance de. lY' et YI* lieues gauloises. La lieue gauloise , comme l'on sait , était d'un mille et demi ou de quinze cents pas romains. Galli non millenis passibus , sed leucis iiinera metiuntur , dit Ammien Marcellin ( lib. XY , cap. xi ) ; or ces quatrième et sixième lieues représentent deux et trois de nos lieues anciennes, de 2 282 toises chacune , ce qui explique comment ces pierres ont pu être rapportées au chef-lieu, d'une aussi faible distance , dans un moment de danger , à l'approche d'ennemis , d'étrangers qui menaçaient d'envahir nos rivages. C'est dans des circonstances aussi pressantes que Ton se hâte de rassembler précipitamment les matériaux propres à élever des murs d'enceintes pour se défendre contre les envahisseurs.