IVIAXIMIM • PII FELICIS • FILIO
AVGVSTOtA^Ra
Ce monument a une hauteur de 1 mètre 60 centimètres dans sa partie ronde, le petit socle qui se trouve au bas, taillé dans le même bloc, porte 25 centimètres , le diamètre est de Û2 centimètres. L'écriture commence à 12 centimètres du haut. Tout l'espace occupé par les lettres est de 62 centimètres. Les caractères ont 5 à 6 centimètres de hauteur. La pierre est briaée en deux par le milieu et elle a été équarrie pour servir d'assise aux fondations des murailles.
Voici la traduction de ce qu'elle contenait , en tenant compte des restitutions que nous avovs opérées : A F empereur César Caius Julim Vérus Maximinus , pieva , Iteureua , Asugxkste , Germanique très-yrand , père de la patrie , jouissant de la puissance tridunitierme pour la troisième fois , empereur, consul, proconsul, et d Caius Julius Vérus Maximus , prince de la Jeunesse , Germanique très-grand, très-noble César, fils du César Auguste, Germaniç^ue, Maaiminus , pieux , heureux. D' Augustodurum
Les caractères de ces inscriptions ne sont pas tracés d^une manière tout-à-rait aussi pure que ceux du 1" siècle , mais cependant ils ne sont pas défectueux, et leur forme est encore assez r^ulière et peut même passer pour assez bonne.
La. dale da ces moujujueius ne présente pas de difficulté ; Maximia et sou fils asaut régné de Taa 235. à Tau 2â8 de notre ère ^ il s'ensuit que
DANS LE DéPARTBMBNT DU CALVADOS. AB
la puissance tribuoitienne troisième, marquée sur le fragment Ë, indique Tannée 287.
BORNE ITINÉRAIRE DE TBTRIGUS LE FILS , TROUVÉE EN NOR&iANDIE.
Dans la première moitié du XYIP siècle , l'on conservait à Rouen , dans la maison de MM. Bigot , anciens magistrats de cette ville , une inscription antique , gravée en lettres majuscules romaines , sur une colonne en pierre de la hauteur de 5 pieds. Ce monument avait été recueilli par l'un de ses membres, le célèbre Émery Bigot (1626-1689), qui Pavait fait placer dans un mur de sa cour, comme témoignage d'antiquité. On avait perdu , déjà depuis bien des années , le souvenir de sa provenance; mais Tautorité de Du Gange (1), qui a rapporté Tinscription dans son Glossaire ^ au mot noùilissirnm , ne peut laisser de doute sur son origine , puisqu'il l'appelle Vêtus inscriptio Baiocensis , comme ayant été trouvée dans le Bessin. Farin, dans son Histoire de Rouen, la cite comme un témoignage authentique de la domination romaine dans la Neustrie. On ne peut d'ailleurs avoir aucune incertitude sur cette origine, puisque les deux dernières lettres initiales suffisent seules , comme le dit Moreau de Mautour (2) , pour prouver que cette pierre a été posée dans les Gaules. Voici cette inscription :
C • P . . EVBIO TE TRICO CAIO PIVESVBIO TETRICO
NOBILISSBIO CAES • NOBILÏSSIIIO CAESARI
p • F i^^ AVG • ABAVGVSTODVRO
L • I • LEVGA PRIMA •
A Caius Pivesubius Tetricus Très^noble César .
U Augmtoduruin Première lieue.
(1) &<0W« cdicrip. MêiL inf. Laim., L IV, p. 1793.
(2) HiêU de l'Acad, des inscrip, et belles-lettres, L H, p. 367, édit. in-il.
8& éPlGBAPHlB ROMAINB
Tétricus (P. Pivesus ou Pivesuviiis), préret d'Aquitaine, fut déclaré Auguste par les soldats de la Gaule pour remplacer Marius , et il prit la pourpre à Bordeaux dans les premiers mois de Tannée 268 , et donna le titre de César à son fils , qu'il s'associa. La pierre qui nous intéresse a donc été élevée sous son fils , connu sous les noms de Caius Pwesuvius Tetriciis ou le jeune, à partir d'une localité nommée Augustodurum ^ avec la distance de première lieue. Nous savons déjà , par les monuments de Septime Sévère , qui précèdent , que ce lieu est Bayeux.
L'abbé Le Beuf est le premier qui ait expliqué , avec raison , l'abréviation AVG, qui se trouve au bas de la pierre, par le nom A^Atiffusto^ durum; mais il appliquait ce nom à Vieux , près Gaen. Ainsi le monument de Tétricus le Jeune, transporté à Rouen et recueilli par le célèbre Émery Bigot, venait de Bayeux et avait été découvert à une bien Taible distance , puisqu'il s'agit seulement d'une demi-lieue , la lieuè gauloise étant moitié plus courte que la lieue nioderne.
Nous ne sommes plus malheureusement à même de pouvoir contrôler ce qu'il pouvait y avoir d'inexact dans les copies qui nous sont parvenues de ce monument, qui n'existe plus aujourd'hui ; mais nous tenons pour à peu près certain que les lettres P et F de l'avant-dernière ligne ont été mal liies , et que ces signes doivent être les restes de la préposition ab.